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Nous pouvons sourire ! Charles Dalger (à propos de "Décryptage")
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Le 22 janvier 2003.

Les Dupond et Dupont de la propagande pro-terroriste islamique en France ont parlé. Avec habileté pour l’un, et avec clarté pour l‘autre.

Il n’y a pas de surprise. Voulant rester fidèles à eux mêmes, ils pouvaient difficilement dire autre chose. Vous pouvez lire les blagues ci-dessous après le commentaire. Bien entendu, vous avez tous reconnu, dans cette description, deux ex-grands quotidiens parisiens.

Le premier Dupond, c’est le quotidien du soir. Soyons beau joueur : sa critique du film "Décryptage" ne manque pas d’habileté. Il fallait, en effet, oser admettre la situation largement engendrée par sa propre persévérance et ténacité. Persévérance et ténacité qui remonte, pour ce quotidien, à la guerre d’Algérie. Cela ne date donc pas d’hier.

Précisons, pour les distraits, que cette remarquable opiniâtreté du journal, s’applique à l’apologie des thèses arabo-islamiques les plus hégémoniques. Donc, faisant l’innocent sur le rôle primordial joué par son employeur dans ce résultat, le "critique" admet bien volontiers, que l’image d’Israël en France est bien détériorée. Cela dit, notre brave "critique" se lance, à corps perdu, dans une démonstration - véritable séance de travaux pratiques - de tous les procédés que les auteurs reprochent précisément à ce journal. Bref, si c’est amusant, tout cela reste profondément stérile.

Quant au second Dupont, c’est le vieillissant quotidien gauchiste dont il ne subsiste, de cette époque, essentiellement que la haine farouche d’Israël et de la politique américaine. Le reste est complètement tombé en désuétude, si ce n’est lors d’évocations rituelles, généralement en période électorale, de ces grands mythes fondateurs de la publication. Toutefois, "la critique" préposée à l’éreintement du minutieux travail des compères Tarnero et Bensoussan, a le mérite de ne pas faire dans la nuance ni la subtilité perfide.

Non, elle ne fait pas perdre de temps à ses lecteurs, qui, de toutes les façons, ne seraient tout de même pas allés voir le film. Ils sont quand même nunuches les nunuches juifs ! Cette dame confirme simplement que son journal a clairement choisi le camp des terroristes et qu’il n’a pas l’intention d’en changer, pour le moment. Donc, tout ce qui tente de nuire à l’image très positive des terroristes en France, ce n’est que de la vulgaire propagande sioniste, au point qu’on se demande même pourquoi ces machins racistes ne sont pas encore interdits. Ah ! là, là ! ce Sarkozy et ses complaisances pro-américaines !

Les Dupond et Dupont de la propagande anti-juive auraient pu se taire, mais, sûrs de la déliquescence de l’opinion française sur la question - qu’ils se sont acharnés à créer -, ils ont préféré parler. Félicitons-nous en. En 'descendant' ainsi ce film, qui veut faire la preuve de l’évidence par les faits, les Dupond et Dupont de la propagande anti-juive ont confirmé, si besoin était, que le débat intellectuel et la discussion sereine sont strictement impossibles, face au parti pris, à la mauvaise foi et à la haine anti-juive. Ce que, pour ma part, je ne cesse de rabâcher depuis octobre 2000.

Ce film n’a d’intérêt que s’il est vu par un grand nombre de non-Juifs. Le sera-t-il ? Sans la moindre illusion, souhaitons quand même bonne chance au film "Décryptage", sorti aujourd’hui à "L’Arlequin", dans le cinquième arrondissement de Paris.

Charles DALGER

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"Décryptage", un documentaire de Jacques Tarnero et Philippe Bensoussan | D.R. (critique du journal "Le Monde")

"Décryptage" : le prisme des médias sur le conflit du Proche-Orient

Jacques Tarnero et Philippe Bensoussan font le procès à charge des journalistes occidentaux, dont le traitement de l'information est jugé systématiquement défavorable à Israël.

Le conflit israélo-palestinien, qui voit deux peuples se disputer une même terre, est une tragédie historique. Voilà plus de cinquante ans que ses protagonistes s'affrontent sans merci, sur le terrain des armes comme sur celui des idées, ce conflit devenant au fil du temps l'un des plus médiatisés au monde. C'est de cette réalité, telle qu'elle est plus particulièrement répercutée en France, dont entendent rendre compte Jacques Tarnero et Philippe Bensoussan dans Décryptage. Dans un déroulant qui sert de prologue au film, les auteurs annoncent d'emblée la couleur : Décryptage ne prétend pas à la "neutralité du documentaire", il se veut tout au contraire une œuvre qui exprime un sentiment d'"indignation" face à un traitement médiatique du conflit jugé systématiquement défavorable à Israël.

Cette opinion, qui a le mérite, sinon de la nuance, du moins de l'honnêteté, doit encore être prouvée. C'est ce que va tenter le film, non sans que ce dessein semble d'emblée mal engagé, tant il est vrai qu'en revendiquant aussi expressément la vérité de son point de vue on ne saurait démontrer autre chose que la fausseté de celui que l'on conteste. Autant dire que Décryptage, par son postulat même, reconduit, à distance, les ressorts qui oeuvrent à la perpétuation de ce conflit, où chacun, s'efforçant de délégitimer les raisons d'autrui, n'a jamais raison que pour lui-même.

Le film recense ainsi un certain nombre de faits précis, et entend démontrer, pour chacun d'entre eux, que la réalité y a été dévoyée par des médias, considérés comme a priori acquis à la cause palestinienne. Il appartiendra aux spécialistes, davantage qu'au critique de cinéma, de se prononcer, au cas par cas, sur le bien-fondé de ces analyses. Encore ne faut-il pas être grand clerc pour juger, par exemple, du caractère lacunaire de celle qui ouvre le film, qui consiste à attribuer la rupture du processus de paix aux seuls Palestiniens en démontrant que la reprise de l'Intifada était programmée bien avant la provocation d'Ariel Sharon sur l'esplanade des Mosquées, sans le moins du monde envisager la moindre responsabilité israélienne dans la dégradation de ce processus.

La mise en scène du film est par ailleurs, à elle seule, discutable. Elle relève, ni plus ni moins, du procès à charge. Soit un montage d'images et de témoignages, souvent tronqués et imprécis, qui ne sont manifestement requis que pour étayer le point de vue des auteurs et constituer les preuves, désespérément accumulations [sic], d'un dossier préalablement ficelé. Ce genre de mise en scène procède, au mieux, de la partialité, au pire, de la malhonnêteté. C'est d'autant plus regrettable que ce film soulève au passage des questions qui méritent d'être posées, et qui auraient gagné à ne pas être noyées dans la dénonciation tous azimuts à laquelle se livrent les auteurs, enclins à rapporter la sensibilité pro palestinienne, qu'ils décèlent dans les médias français, à l'histoire de l'antisémitisme et à ce qu'ils considèrent comme son succédané moderne, l'antisionisme.
C'est, de toute évidence, jeter le bébé avec l'eau du bain. Car si l'on peut témoigner, dans le traitement de l'information, d'une forme d'empathie aux victimes d'une injustice sans pour autant être soupçonné de malveillance, il n'est pas moins vrai que l'antisionisme, tel qu'il s'exprime dans une grande partie du monde arabe et dans certaines franges, dites progressistes, de l'opinion occidentale, ressemble bel et bien à une continuation de l'antijudaïsme sous une autre forme.

SÉQUENCE EFFRAYANTE

Il s'agit ici et là – en faisant du sionisme un mouvement dépourvu de lien historique à la terre qu'il revendique et en le stigmatisant comme un processus procédant par essence de la colonisation - de nier toute légitimité à l'existence de l'Etat d'Israël ; un peu de la même manière qu'on a dénié aux Juifs, en terres chrétiennes et islamiques, le droit de vivre sur un pied d'égalité avec les autres communautés nationales, avant de leur dénier le droit de vivre tout court.

Deux séquences de ce film sont particulièrement frappantes à cet égard. La première, à proprement parler effrayante, est constituée d'un extrait récent de la télévision officielle palestinienne où des enfants, chauffés à blanc dans un décor de club Disney, exaltent, en chantant, le culte du martyre.

La deuxième montre un José Bové, que sa sympathie à [sic] la cause palestinienne, associée au louable désir de ne pas être dupe des apparences, incite à envisager - avant de se rétracter plus tard, mais le film n'en dit mot - l'implication du Mossad dans les attentats-suicides qui déciment la population israélienne. Il y a là, davantage qu'un engagement politique, une attitude qui relève du symptôme, et qui perpétue, délibérément ou non, le vieil enseignement du mépris et de la haine à l'égard d'un peuple sur lequel pèse l'immémorial grief de la trahison et du complot.

Le film aurait conquis sa légitimité à circonscrire et à creuser cette question, trop rarement évoquée dans l'analyse de l'enkystement de ce conflit. Au lieu de cela, il procède par amalgames et affirmations péremptoires, au risque d'exposer au même opprobre un traitement de l'information et des opinions politiques parfaitement légitimes.

Jacques Mandelbaum

Film documentaire français. (1 h 40).



LE MONDE

Analyse

"Décryptage" : le refus de la complexité de l'Histoire

Il y a dans le film de Jacques Tarnero et Philippe Bensoussan des propos pertinents, et autant d'omissions. Le film de Jacques Tarnero et Philippe Bensoussan prend pour point de départ une réalité qui n'est guère contestable : en Europe, l'image d'Israël est mauvaise. La version médiatique du conflit la plus largement partagée est manichéenne : d'un côté, les méchants (les Israéliens), de l'autre les bons (les Palestiniens) ; d'un côté, tous les torts ou presque ; de l'autre, le droit absolu de la victime. Cette relation du conflit ne rend pas compte de la singularité et de la complexité de la bataille qui oppose les deux peuples.
Pour illustrer leur propos, Tarnero et Bensoussan reviennent, notamment, sur l'échec des négociations de paix conduites aux Etats-Unis, à Camp David (été 2000), puis à la frontière israélo-égyptienne à Taba (début 2001). Ce fut le dernier avatar du processus d'Oslo, une séquence de négociations ouverte en 1993 et qui aurait dû aboutir à la création d'un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza. Au lieu de quoi, il y eut la deuxième Intifada. Peu d'historiens contesteront que la responsabilité principale de la rupture de Camp David incombe à Yasser Arafat. Les négociations de Taba, elles, ont été interrompues par les Israéliens (ce que le film ne précise pas).

Tarnero et Bensoussan ont recueilli les témoignages de responsables de la gauche israélienne qui disent le désespoir provoqué dans leurs rangs par ce qu'ils considèrent comme la "trahison" de Yasser Arafat. Ils ont interviewé Shlomo Ben Ami, colombe, ministre israélien des affaires étrangères, qui pointe ce qui est, selon lui, l'une des raisons de l'échec : M. Arafat, au regard de l'Histoire, préfère rester un mythe, l'incarnation de la lutte du mouvement national palestinien, plutôt que d'endosser l'habit de l'homme qui sera, dans son camp, le notaire empirique d'un partage foncier avec l'adversaire. Bill Clinton, parrain de ces négociations, a également accusé M. Arafat de n'avoir pas su décider. L'importance de Camp David eût mérité que le film donne la parole aux membres de la délégation américaine, Dennis Ross et Robert Malley, qui ont livré une version plus nuancée de la réunion. Il ne le fait pas - les auteurs manifestant eux aussi beaucoup de difficulté à vivre avec la complexité de l'Histoire, reproche qu'ils font à la presse du début à la fin du film.

Même approche avec l'Intifada. Jacques Tarnero et Philippe Bensoussan ne manquent pas de témoins et d'acteurs sérieux pour expliquer qu'elle n'éclate pas à cause de la visite d'Ariel Sharon sur l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem, le 28 septembre 2000. Depuis plusieurs semaines déjà, les accrochages se multipliaient dans les territoires ; certains, dans l'entourage de Yasser Arafat, étaient convaincus qu'il fallait exercer "une pression militaire" sur Israël. Mais le film ne rapporte pas les propos d'un Shlomo Ben Ami sur le sujet. Il qualifie d'"erreur" ayant relancé la violence les tirs nourris des forces israéliennes contre les Palestiniens manifestant le lendemain sur l'esplanade. Toujours la complexité...
L'AFP INCRIMINÉE
Au fil de Décryptage, on entend des propos plus que pertinents : l'exposé de la glorification des attentats-suicides par un appareil médiatique palestinien qui démonise Israël ; celui de la banalisation du vieil antisémitisme européen dans la presse arabe et au sommet de Durban. Et on constate autant d'omissions : rien sur un mouvement d'implantations accéléré dans les territoires qui rend les Palestiniens sceptiques sur la volonté d'Israël d'accepter un Etat en Cisjordanie. La perception des uns et celle des autres : encore la complexité...
Faire croire que le bureau de l'AFP à Jérusalem (dont les trois quarts des reporters sont des journalistes israéliens expérimentés) est, du fait d'une dépêche mal titrée, responsable des violences qui suivirent la décision du gouvernement de Benyamin Nétanyahou en 1996 d'ouvrir un tunnel en vieille ville de Jérusalem relève du fantasme. Depuis des semaines, tous les responsables de la sécurité israéliens avaient mis en garde le premier ministre : pareille décision allait entraîner une réaction violente des Palestiniens. Ce n'est pas l'AFP qui a créé l'événement, une AFP que le film incrimine gravement - et, nous semble-t-il, d'une manière bien légère. De même que le procès fait à Libération pour une légende photo due non pas au quotidien mais à l'agence américaine AP.
Journaliste israélien, Emmanuel Halperin dit dans le film tout ce qu'il faut de perspective et intelligence des faits pour parler de ce conflit. C'est un conseil que Décryptage ne suit pas.
Alain Frachon


ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 22.01.03 le mercredi 22 janvier 2003 -

LIBERATION

A l'affiche

La faute aux médias et à Arafat

Le message de "Décryptage", docu propagandiste.

par Ange-Dominique BOUZET

mercredi 22 janvier 2003

Dans "Décryptage", il n'y a de violence que palestinienne. Décryptage.

Une analyse des représentations du conflit israélo-palestinien

documentaire de Jacques Tarnero et Philippe Bensoussan, 1 h 40.
Il n'y a guère de sujet international aussi sensible en France que le conflit israélo-palestinien. Depuis un demi-siècle, il ne cesse de mobiliser les passions. Sa complexité semble cependant résister au foisonnement de l'information quotidienne.

Accéder à une vue plus synthétique et plus objective, permettant de mieux comprendre ce conflit surmédiatisé, c'est ce qu'espère le spectateur en allant voir ce Décryptage, coproduit par l'Ina. Rendons cette justice aux auteurs qui signalent très vite que leur film "n'est pas un documentaire prétendant à la neutralité".

"Démonisation". Au lieu d'"une analyse des représentations du conflit israélo-palestinien" promise, c'est un réquisitoire sélectif qu'ils entonnent, dénonçant un "acharnement médiatique", selon eux aussi général que diffamatoire, visant à "démoniser Israël". De la diabolisation d'Israël, de fait, le film montre des exemples terribles, par le biais d'extraits de la télévision palestinienne : exaltation du martyre enfantin, camps de jeunesse consacrés à l'entraînement militaire où des bouts de chou sanglés dans des ceintures de dynamite débitent des couplets réclamant un destin de bombe humaine...

Cette propagande est-elle totalement dépourvue de pendants en Israël ? La question ne sera pas posée.

Le film axe plutôt sa "démonstration" sur l'interpellation incantatoire de la couverture médiatique française, incriminée de partialité à l'encontre d'Israël, à travers des émissions télé ou des articles de presse de l'AFP, de Libération, du Monde... En contrepoint, des interviews de journalistes et d'intellectuels français (Finkielkraut, Adler, Taguieff) ou d'universitaires israéliens (Charbit, Greilsammer). Leurs interventions, toutes convergentes, servent l'instruction d'un double procès.

D'une part, les articles négatifs sur la politique israélienne, et certains ratés (une photo AP accidentellement légendée à contresens par l'agence de presse, la variation rédactionnelle d'une dépêche d'agence), sont systématiquement assimilés à des manifestations racistes, attribués à une volonté de nuire, n'exprimant que le tropisme revanchard et antisémite d'une opinion française "marquée par la double dette de Vichy et de l'Algérie".
Par opposition, la "bonne version" des faits est fournie via les interventions d'hommes politiques israéliens, Ehud Barak (ex-Premier ministre) ou Shlomo Ben Ami (ex-ministre chargé des Relations extérieures), qui rejettent la responsabilité de l'Intifada et de l'échec de Camp David sur Arafat. Le film ne fait aucune place à la parole adverse, toute responsabilité israélienne est éludée.

"Analyse" ? Mieux vaut savoir que Yitzhak Rabin, constamment invoqué dans le film comme la "voix de l'espoir assassiné" a été tué par un extrémiste israélien. ça n'est pas précisé, et tout suggère le contraire : dans Décryptage, il n'y a de violence que palestinienne.

Ce manifeste confusionniste fondé sur l'omission et l'amalgame se veut une "analyse".
On dira plutôt qu'il s'agit d'une entreprise de désinformation militante.

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