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Victimes civiles: il n'est pas nécessaire de s'excuser, Ralph Peters *
Traduction par Renée Levy, Montréal pour reinfo-israel.com (reproduction sur site soumise à la mention expresse des copyrights, de la traductrice et du site émetteur (www.reinfo-israel.com].Original anglais
Récemment, cette semaine, Israël a réussi à tuer Salah Shéhadé, un des chefs les plus féroces du Hamas, ainsi qu’un de ses lieutenants. Une dizaine de Palestiniens ont péri lors de cette attaque, y compris des membres de la famille de Shéhadé. Si regrettables qu’aient été ces pertes civiles, elles n’en étaient pas moins justifiées. Un dirigeant terroriste s’est servi de parents et de voisins comme de boucliers, et ils sont morts avec eux. C’est Shéhadé qui est responsable de leur mort, et non Israël.
Une fois de plus, une grande partie du monde a adopté deux poids deux mesures en accusant Israël de barbarie pour avoir causé la mort de civils au cours d’une opération militaire, tandis que les centaines de civils israéliens tués intentionnellement par Shéhadé et ses subordonnés sont passés sous silence. Pour les Européens en particulier, les vies juives ne comptent pas davantage aujourd’hui qu’en 1944.
Pourquoi la communauté internationale ne réagit-t-elle pas lorsque les terroristes palestiniens prennent des civils pour cible, alors que chaque mort accidentelle causée par Israël est considérée comme un crime contre l’humanité ?
Mais le réflexe antisémite européen ne compte plus vraiment puisque, de nos jours, les Européens n’ont plus la puissance, la volonté ni le courage de prendre des mesures contre leur propre fanatisme. L’administration Bush, par contre, devrait cesser de courtiser les régimes arabes corrompus et reconnaître qu’Israël se bat pour sa survie, qu’Israël fait preuve de beaucoup de retenue et que sa lutte contre le terrorisme est tout aussi légitime que la sienne. Au lieu de critiquer la politique d’Israël, nous devrions plutôt l’étudier.
Récemment, nos propres forces [c’est un Américain qui écrit] ont été fortement critiquées pour avoir causé la mort de civils en Afghanistan. Certaines factions afghanes, avec leurs motivations complexes, ont dit que nous avons attaqué une innocente fête de mariage. Bien entendu, les médias internationaux ont vite fait de déplorer la malveillance américaine (malgré le fait que nous ayons renversé un régime politique monstrueux et conquis un pays réputé impossible à prendre, tout en limitant les pertes civiles à quelques centaines de personnes). Même si les vidéos de combat montrent bien que l’on a ouvert le feu sur nous en premier, nous nous sommes quand même confondus en excuses, et nous avons promis de prendre davantage de mesures de précaution à l’avenir.
Tout comme pour les Israéliens, notre riposte militaire était justifiée. Ce sont les excuses qui n’ont pas de sens.
La guerre contre le terrorisme doit être menée intelligemment, mais les terroristes eux-mêmes doivent être poursuivis sans remords. Lorsque des terroristes essaient de se cacher au sein de la population civile, nous devons les poursuivre sans hésiter. Nous ne devons leur accorder aucun havre. Si les terroristes se cachent derrière leurs voisins, c’est à eux que l’on doit reprocher la mort de civils. S’ils tentent d’utiliser leur famille comme protection, c’est à eux que l’on doit reprocher la mort de leurs proches. Le monde doit comprendre que lorsque des civils permettent à des terroristes de se servir d’eux, ces civils deviennent des cibles militaires légitimes. Il ne s’agit pas ici d’avoir de belles manières diplomatiques. Il s’agit d’une lutte pour exterminer des monstres.
Au début de ce mois, on a dénoncé les Israéliens lorsqu’ils ont parlé d’un projet de déportation des familles des terroristes de la Cisjordanie à Gaza. Bien sûr, les Européens et notre propre Gauche en déroute ont commencé à comparer ce plan aux trains de la mort vers Auschwitz. L’incurable nostalgie européenne pour la Conférence de Wannsee (où, en 1942, les Allemands ont élaboré les moyens pour mettre en oeuvre la «solution finale») permet d’une certaine façon de comprendre la haine des Européens envers Israël. Par contre, l’enthousiasme dont la Gauche américaine fait preuve lorsqu’elle compare les survivants de l’Holocauste à ses auteurs est aussi malhonnête qu’il est de mauvais goût.
Les Israéliens ont commencé à établir un lien crucial : les terroristes et leurs familles. En effet, au Proche-Orient, les armées arabes sont peu efficaces parce que leurs soldats ne ressentent pas un attachement profond envers leur État. Dans le monde Arabe, et dans certaines cultures qui lui sont associées, la loyauté s’exprime avant tout envers la famille. Devant l’inévitable, les Israéliens, et nous-mêmes Américains, devons être prêts à poursuivre les terroristes par le biais de leurs familles.
Bien entendu, nos conventions démodées rendent cette proposition anathème. Ainsi, lorsque nous avons à faire avec une culture où seules la foi et la famille comptent pour nos ennemis, nous nous entêtons à combattre leurs gouvernements et à négocier avec des organisations politiques qui ne sont rien moins que des groupes de voyous affublés de représentation diplomatique. Nous perdons notre temps.
En attendant, peu de critiques d’Israël protestent lorsque les mères et les pères palestiniens font l’éloge des suicides macabres de leurs enfants, ou acceptent de l’argent taché de sang en provenance de Riyad ou de Bagdad. On se rend compte de la force de la famille au Proche-Orient lorsque l’on regarde de plus près tous les kamikazes. Aucun d’entre eux n’était le proche d’un chef du Hamas ou d’un leader d’une autre faction palestinienne. Les kamikazes utilisés pour perpétrer des assassinats de masse en Israël proviennent toujours de familles marginales. Les leaders terroristes n’enverraient pas plus leurs propres fils et filles comme kamikazes qu’ils n’iraient eux-mêmes.
Si vous ne pouvez tuer votre ennemi, alors menacez ce qui lui est cher. Forcez-le à se dévoiler et à vous affronter. Aujourd’hui, nous n’avons pas l’audace de faire cela. Demain, par contre, nous y serons peut-être obligés.
Entre-temps, pendant que les États-Unis apprennent lentement le vrai sens de la guerre contre le terrorisme, les Israéliens continuent de se battre contre la vision arabe de l’anéantissement des Juifs. Israël fera ce qui est nécessaire, de la façon la plus humaine possible. Mais quoi qu’Israël fasse ou ne fasse pas, quels que soient sa réussite et le soin qu’il prend d’éviter des pertes civiles, il sera détesté par ceux qui applaudissent les ennemis de l’humanité, ceux qui vivent en sécurité à Strasbourg, à Stockholm ou sur le campus de Harvard.
Les critiques continuent à prétendent que les attaques contre les terroristes ne sont sans effet, puisque les résultats ne sont pas instantanés. Mais la guerre contre la terreur est une guerre d’usure et elle ne peut être gagnée qu’après des décennies. Il se peut qu’il faille attendre des années avant de voir les résultats pratiques des efforts qu’Israël fait aujourd’hui. De toutes façons, rien n’est pire que la lâcheté et l’inaction.
Ces mêmes critiques vous diront qu’en tuant des civils au cours de leurs attaques, Israël ou les Américains font de ces civils des ennemis. C’est absurde. Les civils qui protègent les ennemis d’Israël ou ceux des États-Unis sont déjà anti-Israël et anti-Américains. Par contre, si nos attaques contre les maîtres de la terreur sont perçues comme inévitables, ces mêmes civils se retourneront contre les terroristes qui essaient de se servir d’eux comme boucliers. Cela c’est déjà produit en Afghanistan.
Les terroristes et leurs partisans doivent comprendre qu’ils ne pourront se cacher nulle part. Ni dans leurs maisons, ni dans les églises ou les mosquées, ni dans des pays étrangers. Cette guerre doit être menée sans compromis. Il s’agit avant tout d’une lutte de volontés. Toute excuse est une forme de capitulation.
* M. Peters, officier de l’armée à la retraite, est l’auteur de Beyond Terror : Strategy in a Changing World, Stackpole, 2002. Mis à jour le 25 juillet 2002.
[Merci à Edmond Silber (Canada) qui nous a signalé ce texte et l’a fait traduire.]











