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Non, Elisabeth ! par Albert Capino
A Elisabeth Schemla, rédactrice en chef de Proche-Orient.info27 juillet 2002
Élisabeth, votre éditorial est à la dimension de votre sentiment de culpabilité.
Bien sûr qu’il ne fallait pas tuer ces enfants de Gaza !
Qui peut le nier ?
La question est plus de savoir : pourquoi et comment est-ce arrivé ?
Et là, j’ai des réponses à apporter.
Je suis convaincu qu’il s’agit du piège mortel tendu par un Salah Chéhadé suicidaire, et qui s’est refermé sur nous.
Nous savons que le chef terroriste islamiste Salah Chéhadé préparait de nouveaux attentats sanglants contre des civils israéliens.
Compte tenu de son CV et du sang des nombreux innocents qu’il avait sur les mains, l’Etat-Major a donc pris la décision de le contrer. Définitivement.
Le 20 juillet déjà, une opération avait été annulée, compte tenu des risques qu’elle représentait pour des civils palestiniens.
Traqué par les Israéliens, mis sous pression par les siens pour accepter une "trêve", Salah Chéhadé a décidé de faire coup double : en s’entourant de civils et d’enfants, non seulement sa mort jetterait l’opprobre sur Israël, mais encore elle le mettrait au rang des martyrs, au même titre que les enfants qu’il entraînerait dans la mort.
Certes, c’est bien une bombe israélienne qui a tué ce jour-là, mais c’est comme si Salah Chéhadé l’avait lui-même déclenchée.
Point n’est besoin d’ajouter des voix au concert – quasi unanime - de ceux qui vilipendent Israël et l’accusent de tous les maux.
Vous donneriez une leçon «stratégico-médiatique» magistrale, Elisabeth, en mettant au jour la manoeuvre visant à faire retomber toute la charge de la culpabilité sur les Israéliens.
Alors, plutôt que de dénoncer une bavure de Tsahal, une sous-estimation du risque, j’affirme que nous nous sommes fait avoir.
Et si des vues aériennes – prises par un drone passant avant le F-16 pour caler la cible – faisaient apparaître après analyse (bien après le raid) des traces de vie humaine autour de cette dernière, il était, hélas! déjà trop tard pour rappeler le lanceur.
Salah Chéhadé ne voulait pas d'une «trêve». Il préférait mourir et voulait être certain qu’aucune «trêve» ne lui survivrait.
En tendant ce piège à Tsahal, il a replongé le conflit dans la violence et la confusion.
Alors, Elisabeth, que tous les «Monde», «Libération» et autres «Humanité» hurlent et se déchaînent n’a rien de nouveau.
C’est de clairvoyance médiatique qu'Israël a besoin. Pas que nous hurlions avec les loups pour exorciser notre culpabilité pour la mort d’enfants innocents.
Car dans ce cas, ça n’est pas Israël que l’on doit montrer du doigt, mais celui qui les a placés sous la bombe, volontairement, comme des victimes emblématiques, afin de déclencher une nouvelle vague de violences anti-israéliennes.
Tant que la «stratégie médiatique» que vous nous citez en exemple n’aura pas saisi le côté «utilitaire» des enfants palestiniens, instrumentalisés par des stratèges pervers comme catalyseurs de violence, il sera inutile de se lamenter sur leur mort. Pour nous, ce sont de petits êtres humains victimes d'une guerre qui les dépasse. Pour les Salah Chéhadé, ce sont des OUTILS.
C’est leur version du «laissez venir à moi les petits enfants».
C’est CELA qu’il faut dénoncer, au même titre que les enfants envoyés par les officiers iraniens pour leur frayer un chemin dans les champs de mines – parce qu’ils étaient plus légers – avec une clef autour du cou : celle du paradis...
Je rends hommage aux enfants de Gaza, victimes de ce raid, car ils auront sans doute contribué à éviter de terribles attentats visant d’autres enfants – Israéliens ceux-là – planifiés par Salah Chéhadé.
Mais c’est seulement en dénonçant ces machinations, aussi perverses qu’inutiles, que l’on parviendra à faire cesser le carnage.
Alors, les enfants de Gaza, comme ceux de Tel-Aviv, de Nazareth, de Jérusalem, ou de Netanya ne seront pas morts pour rien.
Et c’est à nous, Elisabeth, que revient ce rôle, cette responsabilité.
Pas celle de se flageller en public pour de mauvaises raisons.
Albert Capino











