Titre original anglais: "Victim of the Media War, by Tuvia Grossman" (5 novembre 2000).
Depuis, cette affaire a été jugée aux dépens des médias qui ont publié cette image. Voir : Communiqué de presse des avocats
Traduction française et commentaires par Menahem Macina

"Il est bien connu quune image en dit plus quun millier de mots - Mais les images disent-elles toujours la vérité?
Pas toujours.
Cette photographie de lagence Associated Press a été publiée par le New York Times et le Boston Globe, soi-disant pour illustrer le passage à tabac dun Palestinien par un policier israélien.
Le fait que cette photo semble nous rapporter est celle dun policier brutal, armé dune matraque, dominant un Palestinien terrorisé et couvert de sang. [De fait, la légende en anglais dit textuellement : "Un policier israélien et un Palestinien sur le Mont du Temple"].
En réalité, la vérité est tout autre. Le "Palestinien" est en réalité un étudiant juif de Chicago, Touvia Grossman, Lui et deux de ses amis, ont été arrachés dun taxi par la foule palestinienne et brutalement battus et atteints de coups de couteau.
Le "brutal policier israélien" est en fait en train de les protéger de la populace.
Il vaut la peine de garder la leçon en mémoire.
--------------
Récit de Touvia Grossman (sur le site Aish.com):
Jai été projeté sous les feux de la rampe internationale lorsque le New York Times et dautres éditions dimportants médias ont publié une photo de moi - ensanglanté et battu - tapi aux pieds dun policier israélien brandissant une matraque. La légende qui accompagnait la photo me présentait comme une victime palestinienne de la nouvelle intifada. mais en réalité, je suis un juif de Chicago, âgé de 20 ans, et jétudie dans une yeshivah à Jérusalem.
Voici comment tout cela sest produit:
Cétait la veille de Rosh Hashanah, et jai arrêté un taxi avec deux de mes amis pour aller visiter le Mur Occidental. Durant le trajet, le conducteur a pris un raccourci par lun des quartiers arabes de Jérusalem. Nous avons tourné à un angle de rue et soudain une quarantaine de Palestiniens ont entouré le véhicule. Avant que nous ayons compris ce qui se passait, dénormes pierres avaient cassé toutes les vitres du taxi.
Quelques Palestiniens ont ouvert la porte et mont tiré hors du véhicule. Une dizaine dassaillants mont sauté dessus, me bourrant de coups de poings et de coups de pied. Je me suis jeté à terre et jai tenté de me couvrir le visage pour me protéger de mon mieux. Tout ce que jai pu voir, cest une rafale de baskets qui me donnaient des coups de pied au visage.
Alors je me suis senti empoigné par une forte paire de mains, et jai découvert mon visage parce que je croyais que cétait quelquun qui tentait de maider. Mais ce nétait quun autre Palestinien; il a tenu larrière de ma tête et ma boxé en plein visage. Je suis tombé au sol à lhorizontale et les Palestiniens mont à nouveau sauté dessus. Lun deux ma poignardé larrière de la jambe, déchirant muscles et tendons. Deux autres Palestiniens me tenaient la tête, pour que je ne puisse pas bouger, tandis que deux autres me cognaient la tête avec des pierres... encore et encore.
A ce moment, lagression durait depuis environ huit minutes. Javais déjà perdu trois litres de sang et je perdais conscience. Jai prononcé le "Shema Yisrael" - la profession de foi que le Juif récite avant de mourir. Jessayais de ne pas mévanouir, parce que jétais sûr que, dans ce cas, ce serait la fin.
Comme cétait la veille de Rosh Hashanah, limage dun shofar a surgi dans mon esprit, et je me suis souvenu dune histoire biblique que jai apprise à lécole. Le prophète Gédéon et ses 300 hommes étaient en état de très grande dinfériorité numérique face à larmée des Madianites, qui comptait 130.000 hommes. Alors, les troupes de Gédéon sétaient mises à tambouriner sur des pots et à sonner du shofar, dans lespoir que le bruit effrayerait lennemi. Avec laide de Dieu, le stratagème a fonctionné, et Gédéon a gagné la bataille.
Pour ma part, je me suis mis à hurler à pleins poumons. Les Palestiniens ont été momentanément désorientés, et jai pu me lever et menfuir. Malheureusement, je suis très myope et mes verres de contact étaient tombés. Cest ainsi que - à peine capable de voir quoi que ce soit, le sang ruisselant de mon visage et ma jambe durement blessée - je fus pourchassé jusquau sommet dun talus par 40 Palestiniens qui me jetaient des pierres.
Par miracle et je ne sais comment, je parvins à les devancer et à atteindre une station dessence où des soldats israéliens étaient en faction.
Je meffondrai sur le sol, et cest alors quun groupe de photographes indépendants se mit à prendre des clichés. Un policier israélien me protégeait, hurlant aux Palestiniens de cesser le lynchage. Mais la photo - envoyée dans le monde entier par lAgence Associated Press - ma identifié comme étant un Palestinien. Le sous-entendu évident était que le policier israélien venait juste de me frapper. En fait, cétait exactement le contraire. Jétais la victime juive dassaillants palestiniens.
Il est déjà pénible dêtre battu jusquau sang, davoir des points de suture du haut en bas de la tête, et la jambe si sévèrement poignardée quune thérapie a été nécessaire pour que je puisse en recouvrer lusage. Mais servir de pion dans la guerre médiatique, en tant quélément de la propagande palestinienne, pour lui gagner la sympathie internationale, croyez-moi, cest encore plus blessant.
Quand une photo est publiée, beaucoup de facteurs interviennent dans le processus de transmission de linformation, et, en loccurrence, jignore ce qui a causé la légende déformée qui accompagnait le cliché. Mais il est profondément troublant que le New York Times, lAgence Associated Press (et tous les intermédiaires) aient supposé que si victime il y avait, ce devait être un Palestinien.
Une grande bataille se déroule ici, en Israël, et cet événement illustre le pouvoir quont les médias dinfluencer lopinion publique. Si la vérité doit prévaloir, nous ne pouvons pas nous contenter de "lire" le journal. Il faut discerner et prendre part au processus. Sinon, vous nêtes que lobjet passif du but poursuivi par quelquun dautre.
Qui sont les victimes innocentes et qui sont les agresseurs? Jen suis la preuve vivante - la vérité est souvent linverse de ce quelle apparaît être."
Commentaire du traducteur
Linformation nest pas récente (30 septembre 2000). On en a abondamment parlé dans la presse, puis on a oublié. Et ce dautant plus vite que la relation de lincident nétait pas à lhonneur de la presse.
Libération, qui navait pas vérifié linformation avec tout le sérieux quon est en droit dattendre dun quotidien qui se veut fiable, a piteusement reconnu les faits et à vite glissé vers dautres bassesses (cf. la caricature à relents antisémites aux dépens de Sharon). Auparavant, la même erreur avait été commise par le New York Times et le Boston Globe.
Ce qui est grave, dans cette affaire, cest la précipitation dont fait preuve la presse dès quil sagit de crier "haro sur le baudet... juif. En effet, le b-a - ba du journalisme dinvestigation eût commandé de faire lire linscription qui figure sur le panneau routier, que lon distingue nettement sur la photo, en arrière-plan du visage du policier israélien qui vient porter secours (et non frapper) Touvia Grossmann, un étudiant juif américain (et non un pauvre manifestant palestinien).
Mais, objectera-t-on peut-être, les journalistes occidentaux ne sont pas obligés de comprendre lhébreu... Argument ridicule : on sait, en effet, que les salles de rédaction des quotidiens comportent un certain nombre de juifs (pour la propagande arabe, il ny a queux dans la presse), dont plusieurs ont des rudiments dhébreu ou, à défaut, des amis, parents, ou relations, qui comprennent parfaitement cette langue... Il suffisait de leur poser la question.
Last but not least, aucune connaissance de la langue hébraïque nest nécessaire pour reconnaître un panneau de signalisation routière (voir la photo, où lon distingue même le bas du chiffre de la limitation de vitesse, qui devait être parfaitement lisible sur le cliché original; lequel a été soigneusement cadré - mais pas assez cependant - pour faire disparaître complètement cette preuve flagrante de la désinformation inhérente à toute lopération).
Se peut-il quun journaliste ignore que lEsplanade du Temple (euh, pardon, des Mosquées...) - lun des endroits les plus photographiés du monde, nest ni une route, ni un carrefour de circulation, et ne peut par conséquent sorner dun panneau de signalisation routière?
Menahem Macina
10 novembre 2000











