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Al-Dura: Charles Enderlin poursuit en justice un chrétien ami dIsraël, Véronique Chemla
Retenu par une affaire urgente, je n'ai pu être présent à l'audience de ce 8 janvier, alors que j'avais largement sensibilisé les visiteurs de notre site à s'y rendre en nombre. Dans ces circonstances - frustrantes pour moi -, je ne peux qu'apprécier le compte-rendu qui suit. Concis, allant droit à l'essentiel, sans passion ni mollesse, ce texte ne déroge pas à l'excellente réputation de Véronique Chemla, que j'ai souvent louée ici, comme elle le mérite. Il faut lui en savoir gré. Inutile d'insister sur le fait que, quelle qu'elle soit, la décision du tribunal aura valeur de test de l'attitude de la justice concernant la liberté de critique. Sur ce point, au moins, il faudra bien que la législation soit aménagée, d'une manière ou d'une autre. En effet, si l'on appliquait les critères de sévérité, appliqués à la dénonciation de France 2 et de Charles Enderlin à propos de l'affaire al-Dura, à la couverture de presse des médias français dans diverses affaires - où ce qui est dit de leurs protagonistes est tout aussi grave, voire davantage -, il faudrait ajouter à la liste des excès de presse que réprime la loi : le "délit de critique"... Dès lors, le droit à la liberté d'expression serait mis à mal. Affaire à suivre. (Menahem Macina).
[Sur cette affaire voir : " Al-Dura (retombée): Le webmaster du site voxdei poursuivi pour «antisémitisme» ". Sur l'affaire al-Dura en général, voir : Affaire Al-Dura, développements récents ; Affaire Al-Dura, tous les articles.]
13/01/08
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Sur le site de Guysen International News |
Le 8 janvier 2008, la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance de Paris a entendu Nicolas Ciarapica, directeur de publication du site Internet Blogdei/Bethel. Celui-ci, protestant évangélique ami dIsraël, est poursuivi par le journaliste Charles Enderlin, pour diffamation raciale en raison de la mise en ligne dun article de Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Metula News Agency (Mena), évoquant, en 2006, notamment l'affaire al-Dura. Une audience marquée par un « incident ». Cest un « article très long dont on na que la 2e partie, vive critique du traitement des médias et intellectuels français du conflit entre les Israéliens et les Palestiniens », résume Nicolas Bonnal, président de cette chambre spécialisée dans le droit de la presse, à Nicolas Ciarapica.Celui-ci y comparaît pour avoir mis en ligne le 24 février 2006 la 2e partie de larticle Le grand ras-le-bol des Français juifs écrit par Stéphane Juffa, et en date du 23 février 2006. Il est poursuivi pour diffamation raciale par Charles Enderlin, correspondant de France 2 en Israël, qui vise dans sa plainte du 15 mars 2006 trois passages dudit texte. Lauteur dudit article y dénonce la politique arabe de la France : « Il sagissait, au début, de prendre ses distances avec le petit Etat hébreu et de se rapprocher de la grande sphère arabo-musulmane. Cela a pris du temps mais ça a fini par fonctionner, et par sauto-régénérer, jusquà rendre la vie des Juifs invivable dans lHexagone ». Puis, Stéphane Juffa classe les juifs en quatre catégories. Ceux qui figurent dans la 3e catégorie « sont les plus lâches, mélange de haine de soi et de leurs origines ; ils devancent lautocritique que lon attend deux, nhésitant pas à imputer à leurs frères des meurtres rituels de leur invention, tout droit sortis des cabales tsaristes ou de la propagande nazie. Cest lassassinat sadique des enfants non juifs par Charles Enderlin, véritable pyromane de guerre ». » Me David Dassa-Le Deist, avocat du prévenu, soulève des irrégularités : la prescription, puis des nullités, liées notamment à lincertitude sur les propos poursuivis et sur le fondement juridique de la plainte. Des arguments qui ne convainquent pas Alexandre Aubert, Procureur de la République. Après une pause, le tribunal joint les incidents au fond.
Une « polémique médiatique intense » Nicolas Ciarapica est « un chrétien évangélique (1), directeur de publication de deux sites Internet, Blogdei et Bethel, ayant la même adresse ». Sa profession : responsable du développement dune entreprise dinsertion. - « Ces sites sont-ils liés à une association ? », interroge le président. - « Non », répond Nicolas Ciarapica. - « Quel but poursuivez-vous ? », senquiert le président. - « Jessaie de [mettre en ligne des articles] qui intéressent la communauté protestante évangélique. Comme beaucoup de mes coreligionnaires, nous regardons Israël A chaque fois que les juifs sont accusés, cest que la société va mal. Le Français moyen voit la télévision, cest toujours pareil. Il ne voit jamais un sujet sur les juifs en ayant de lempathie pour eux. Ceci me heurte. Nous essayons de faire de la réinformation, de présenter un autre son de cloche. Nous avons cherché dautres sources dinformation. On a trouvé la Mena. Metula se trouve en face des camps du Hezbollah », explicite le prévenu. Il a « voulu informer [ses] lecteurs. Larticle est parfois excessif. Chacun senvoie des noms doiseaux. Jai enlevé larticle dès que jai vu quil pouvait causer un trouble. Le 13 octobre 2006, la page nétait plus accessible. Jessaie dapaiser les tensions. Sur le fond je suis daccord, mais pas sur la forme ». Lors de son audition par la police, il a dailleurs présenté des excuses, réitérées auprès du juge dinstruction et devant le tribunal. Et il explique le contexte de la publication : « Cétait après lassassinat crapuleux dIlan Halimi dont la France a eu de la peine à reconnaître le caractère antisémite. Cest une critique à chaud qui fait état des blessures du peuple juif ». « Il ny a pas davertissement particulier », relève le président. « Larticle est mis dans la rubrique Antisémitisme, sous-rubrique Désinformation Javais la puce à loreille quand ce reportage [des al-Dura] a été offert gracieusement. Ceci a entraîné des centaines de morts en Israël. Je me suis documenté. Jai trouvé en Israël des gens qui disaient : « On nest pas responsables », et des experts. Certains disent : « Lenfant nest pas mort ». [Mohamed al-Dura] est devenu une icône ! » Ce philosémite ne comprend pas pourquoi il a été attrait en justice alors quil a « essayé de défendre les juifs qui sont calomniés ! » Une « statue du commandeur qui vacille » Me Bénédicte Amblard entame la même plaidoirie que lors des trois procès de lautomne 2006 : son client, « Charles Enderlin, est un citoyen franco-israélien Lauteur douvrages reconnus Un journaliste respecté A lhonnêteté intellectuelle incontestée » Ce « 26 février 2006, Charles Enderlin a découvert des propos dune particulière violence, repris dun organisme, la Mena, que le tribunal connaît bien
relayés par certains sites qui ont fait lobjet de poursuites et de condamnation. Ces propos font suite à la longue campagne de diffamation contre Charles Enderlin par une agence condamnée déjà ».
Ce journaliste est visé « en sa qualité de journaliste et de juif. Nicolas Ciarapica a repris tels quels les propos invérifiés, très médiocres, de la Ména ». Me Bénédicte Amblard insiste sur le mot « désinformation, sur lequel un jugement a estimé y avoir lieu à diffamation. Cest une incrimination insupportable : un mauvais juif ! » Et de poursuivre : « Nicolas Ciarapica affirme sans nuance : « Il ny avait quun seul son de cloche ». Sil avait vu les reportages de Charles Enderlin au lendemain de lincident dramatique [plusieurs secondes (dhésitation ?)] de la mort de Mohamed al-Dura, il aurait su quil y avait plusieurs sons de cloche par Charles Enderlin ». Le procureur de la république nestime pas diffamatoires les deux premiers passages incriminés. Quant au 3e extrait sur la haine de soi animant certains juifs, Alexandre Aubert est décontenancé par ce « raisonnement tortueux, paradoxal, un peu délicat, assez confus au final ». Il sen remet à lappréciation du tribunal. « Ne pas galvauder les mots » « Jai plaidé devant cette chambre pour Pierre Lurçat, poursuivi par Charles Enderlin et France 2 (2). Jai gagné pour un vice de procédure. Après sept ans, laffaire al-Dura na pas fini de faire parler delle. On a vu [enfin] les rushes (3). Lopacité [qui la entourée] a créé les conditions dune réinformation légitime... Mon client est un humaniste chrétien, responsable dun site spirituel. Il néprouve aucune animosité pour Charles Enderlin, un journaliste de qualité. Peut-on le condamner comme Faurisson et Dieudonné ? », sindigne Me David Dassa-Le Deist, avocat dun « dossier difficile », découvert quelques jours plus tôt. Il émaille sa plaidoirie, dont la longueur suscite lirritation du président, de citations littéraires, et sétonne de labsence de poursuites contre Stéphane Juffa, auteur de larticle incriminé. Il ne trouve aucune justification à laccusation de diffamation raciale dans les deux premiers passages de cet « article stupide ». Charles Enderlin ny est ni cité ni identifiable.
Quant au 3e passage, il « identifie les juifs selon leurs comportements : les pleutres adoptant un profil bas, les courageux qui portent leur judaïsme comme un drapeau, les juifs honteux cumulant haine de soi et lâcheté, et les sionistes qui ont tout compris au drame et ont fait leur aliyah. « Charles Enderlin [est qualifié de] véritable pyromane de guerre [pour avoir imputé à ses frères des meurtres rituels de son invention] ». Est fustigé non pas le fait dêtre juif, mais un comportement : la lâcheté. Cest un propos outrageant, une invective, une injure, mais pas une diffamation raciale ».
Cet avocat demande donc la relaxe de son client. Jugement le 12 février 2008.
Une affaire judiciarisée par Charles Enderlin Que retenir de ce procès ? Dabord, laffaire al-Dura déborde le cadre juif : des chrétiens amis dIsraël, peuple et Etat, sy intéressent intensément. Actes manqués ? Comme Guysen International News, Me Bénédicte Amblard reprend la terminologie anglo-saxonne : « The al-Dura incident ». Surtout, par son bref silence étonnant dans une antienne archi-connue, elle semble hésiter sur la réalité dun fait allégué par son client la mort de Mohamed al-Dura -, et cèle un autre élément, majeur et controversé, de la thèse du journaliste : lorigine israélienne des tirs.Quant à Charles Enderlin « retenu à Jérusalem » le 8 janvier 2008, il a mandaté Me Louise Sportas pour exprimer sa « ferme protestation » contre la tenue, le 9 janvier 2008, dun colloque universitaire sur laffaire al-Dura (4) alors que « la justice examine cette matière » (5). Lenjeu est là. Par des procédures judiciaires, Charles Enderlin et France 2 ont ciblé les sites Internet qui diffusent les articles écrits par ceux ayant enquêté sur lincident al-Dura, listé les incohérences et invraisemblances de la thèse des parties civiles et avancé des arguments pertinents. La seule exception à cette règle est la plainte contre Media-Ratings . Une plainte que Charles Enderlin et France 2 doivent amèrement regretter davoir déposée (5). Ils souhaitent ainsi obtenir des condamnations judiciaires de ces sites pour diffamation. Ainsi, seraient prohibés, sous peine de condamnation automatique, tout débat, pourtant propre à la démocratie, tout questionnement sur la version de Charles Enderlin, plaquée sur les images de son cameraman palestinien, Talal Abou Rahma (6), reprise par France 2, et qui deviendrait La seule Vérité autorisée. Véronique Chemla
© Guysen International News
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(1) Les protestants évangéliques espèrent que le retour des juifs en Israël sera annonciateur de celui du Christ (parousie), à la fin des temps, pour établir le royaume de Dieu sur terre. Selon cette croyance, les juifs se convertiront au christianisme. (2) Il sagit de laudience du 24 octobre 2006, présidée par le juge Nicolas Bonnal. (3) Véronique Chemla, "Mohamed al-Dura est vivant à la fin des rushes de France 2 !". (4) Interview de Richard Landes, par Véronique Chemla. (5) Richard Landes, "France2 begins to sweat, tries to bully", 8 janvier 2008, et, en français, "Affaire al-Dura: France 2 commence à transpirer". (6) Talal Abou Rahma sest rétracté le 30 septembre 2002, après avoir initialement affirmé sous serment, le 3 octobre 2000 : « Lenfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par larmée israélienne ».
© Photos : V. Chemla Vos réactions ici:
redaction@guysen.com -----------------------------------------
[Article aimablement signalé par Pierre Lurçat, Jérusalem.]
Mis en ligne le 13 janvier 2008, par M. |












Le 8 janvier 2008, la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance de Paris a entendu Nicolas Ciarapica, directeur de publication du site Internet Blogdei/Bethel. Celui-ci, protestant évangélique ami dIsraël, est poursuivi par le journaliste Charles Enderlin, pour diffamation raciale en raison de la mise en ligne dun article de Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Metula News Agency (Mena), évoquant, en 2006, notamment l'affaire al-Dura. Une audience marquée par un « incident ».
Cest un « article très long dont on na que la 2e partie, vive critique du traitement des médias et intellectuels français du conflit entre les Israéliens et les Palestiniens », résume Nicolas Bonnal, président de cette chambre spécialisée dans le droit de la presse, à Nicolas Ciarapica.
Surtout, par son bref silence étonnant dans une antienne archi-connue, elle semble hésiter sur la réalité dun fait allégué par son client la mort de Mohamed al-Dura -, et cèle un autre élément, majeur et controversé, de la thèse du journaliste : lorigine israélienne des tirs.