* Voir le texte original sur le site Web Second Draft.
[Sur le procès en appel de Ph. Karsenty, le principal protagoniste du litige avec France 2 et Ch. Enderlin, voir : Véronique Chemla, "Compte rendu d'audience à la Cour d'appel, à propos de l'affaire al-Dura" (et, plus récemment, son compte rendu du visionnage des rushes de France 2, par la Cour d'appel de Paris). Voir aussi le dossier de lenquête détaillée et documentée, réalisée par le cinéaste Pierre Rehov, entre octobre 2000 et juin 2001 (© UPJF), et la remarquable vidéo en français, réalisée et commentée, fin 2006, par le prof. R. Landes, expliquant et illustrant les nombreuses mises en scène réalisées par des Palestiniens, le jour de lincident al-Dura. Celles et ceux qui n'ont pas suivi les débats qui font rage, depuis 7 ans, dans les médias et surtout dans la blogosphère, pourront faire un choix dans la liste de quelque 300 articles relatifs à cette affaire, en ligne sur le site debriefing.org. Voir aussi et surtout les 55 secondes d'images qui ont fait d'Israël le Dreyfus du XXIe siècle, et une autre vidéo (en anglais) qui expose en détail la supercherie.
Documents incontournables : les deux vidéos suivantes : Affaire al-Dura - Rebondissements; Affaire al-Dura nouveaux faits. On me pardonnera de rappeler une fois de plus que l'on peut trouver, sur mon site personnel debriefing.org, plus de 600 articles, majoritairement en français, sur cette affaire. M. Macina].
29 octobre 2006
Traduction française : Pistache
Texte repris du blog Insoumission.
Voici une série de textes qui figurent le site de Richard Landes, The Second Draft, et que jai récemment traduits. Ils examinent les différentes explications possibles de la mort du petit Mohammed al-Dura. Rappelons que cette affaire est toujours dactualité, et que Richard Landes a récemment mis en ligne la version française de son court-métrage Al-Dura, la naissance dune icône.
Introduction aux cinq scenarii
Il y a cinq manières principales dexpliquer les images que Talal abu Rahma a prises de Mohammed et Jamal al Dura, au carrefour de Netzarim. Quatre dentre elles supposent que lenfant a effectivement été tué par balles. Le premier scénario que nous envisageons, celui de lenfant abattu délibérément par les Israéliens, est celui que Talal et Jamal ont soutenu. Le second, selon lequel lenfant a été accidentellement tué par les Israéliens, est celui que beaucoup de gens acceptant la majeure partie du récit des témoins oculaires, mais pas son entièreté trouvent le plus plausible. Les troisième et quatrième scénarii, qui parlent de tirs venus accidentellement ou non du côté palestinien, reflètent une meilleure connaissance de la situation, étant donné à la fois limprobabilité que des balles israéliennes aient pu atteindre les deux personnes protégées par le baril et la probable provenance palestinienne des deux balles que lon voit toucher le mur au-dessus de leur tête sur les images filmées. Le cinquième scénario celui de la mise en scène pallywoodienne représente une approche complètement différente, qui remet en question lensemble des témoignages directs. Cest donc celui qui a semblé le moins vraisemblable à qui ne connaît pas bien les détails du dossier.
Nous soumettons ces scenarii à votre examen, avec les indices témoignant pour ou contre eux, et des liens vers les images correspondantes. Nous vous invitons à examiner les preuves et les arguments, à nous proposer le fruit de vos propres réflexions et de vos observations, et à nous transmettre votre estimation de la plausibilité de chaque scénario sur une échelle de 1 à 100: par exemple, si vous pensez quun scénario est très probable, vous pouvez lui donner une « cote de plausibilité » de 90% (voire plus), et, inversement, si un scénario vous semble hautement improbable, sa cote de plausibilité pourrait être de lordre de 10% (voire moins). Nous essaierons de tenir cette page à jour en utilisant les suggestions de nos lecteurs. Merci de nous faire parvenir votre raisonnement, et non uniquement vos cotes de plausibilité il ne sagit pas dun concours de popularité.
SCENARIO 1: LES ISRAÉLIENS ONT DÉLIBÉRÉMENT ABATTU LENFANT
Les partisans de lopinion selon laquelle les Israéliens ont intentionnellement tué Mohammed al Dura se trouvent principalement dans les territoires palestiniens et le monde arabo-musulman où, grâce à un montage des images, le « meurtrier » est apparu à lécran. Dans cette audience se trouvent des gens convaincus de lexistence dun complot sioniste visant à éradiquer le peuple palestinien de la surface de la Terre et à réduire lhumanité en esclavage. Ils considèrent cet incident comme une confirmation de leurs soupçons et une justification de leurs réactions. Ce scénario a renforcé, pour nombre dentre eux, leurs pires convictions et leurs pires craintes quant aux Sionistes, aux Israéliens et aux Juifs. Nombre de médias et de groupes radicaux européens ont présenté laffaire comme étant un meurtre délibéré.
Pour:
Les principaux arguments qui supportent cette théorie proviennent des témoignages de Talal abu Rahma et Jamal al Dura, donnés à différentes occasions.
Plus précisément, Talal indique que les Israéliens auraient tiré sur le garçon et son père pendant 45 minutes. Il affirme aussi que les Israéliens ont vu le père et lenfant et ont continué à tirer sur eux malgré tout. Talal a réitéré ces propos dans des interviews données à la BBC, à la réalisatrice allemande Ester Schapira, à la télévision israélienne et à la radio nationale. Lors de sa première déclaration officielle sous serment, il affirma que lenfant avait été intentionnellement abattu, et son père blessé, de sang froid par larmée israélienne.
Jamal al Dura, le père de Mohammed, a soutenu cette position dans de nombreuses déclarations et interviews, lors desquelles il déclara que les soldats israéliens lavaient vu et avaient tiré sur lui et Mohammed à maintes reprises, même après quil les ait suppliés darrêter. Jamal a affirmé quil avait été touché par huit balles et Mohammed par quatre.
Les officiels palestiniens, tels que le médecin qui a examiné le corps de Mohammed et le général qui a mené lenquête, sont également daccord avec cette version quant à lidentité des coupables et à leur mobile.
Contre:
1. Tous les arguments donnés ici proviennent de témoins engagés dans le feu de laction. Ces arguments ne se rapportent pas vraiment à ce qui a été observé, mais relèvent plutôt de jugements inspirés des raisons supposées des événements. Aucune des pièces dont nous disposons ne permet de soutenir de telles accusations:
- La fusillade, au moment où nous pouvons localiser le père et lenfant derrière le baril, est limitée et, à en juger par le comportement de certains Palestiniens et de photographes qui semblent ne pas voir la nécessité de sabriter, les tirs sont dorigine palestinienne, peut-être même tirés en lair.
- Il ny a quun plan du poste israélien qui montre une balle tirée depuis cette position, ce qui nexclut pas quil y en ait eu dautres, mais qui ne corrobore guère les affirmations de Talal.
- Aucune image de lenfant et de son père derrière le baril ne montre de tir touchant le mur depuis la position israélienne.
2. Aucune balle israélienne na été récupérée
- ni sur le site
- ni dans le corps de Jamal (pour lequel on fait état de 8 blessures par balles), ni dans celui de Mohammed.
- Lorsquil est interrogé par Esther Shapira, Talal fait des déclarations quil ne peut maintenir.
3. Distance entre les Israéliens et le baril
Talal a dit quil y avait une distance de 150 à 300m entre lavant-poste de larmée et Jamal et Mohammed. Depuis la position du père et du fils, il leur était impossible de voir les soldats dans la tour à loeil nu; laffirmation de Jamal selon laquelle il les a suppliés darrêter ne signifie donc pas quils aient reçu le message. Il est impossible que Jamal ait pu efficacement les supplier darrêter, à travers ce qui était, paraît-il, une assourdissante grêle de balles (Talal: « Je nai jamais vu une telle fusillade de ma vie ») et depuis une distance équivalente à deux ou trois terrains de football.
4. Mobile: Pourquoi tuer un garçon de 12 ans ?
- Que des Israéliens prennent pour cible un garçon de 12 ans naurait aucun sens, ni en termes de relations publiques, ni compte tenu du règlement militaire israélien qui interdit de prendre des civils pour cible. Daccord, ce sont des choses qui peuvent arriver lors dun combat, mais rien nappuie lexistence de tirs délibérément meurtriers de la part des soldats israéliens, qui démentent tous quil se soit produit quoi que ce soit de ressemblant à ce genre de tir.
- Dans une interview donnée sur un forum de discussion sur Arabia.com le 30 octobre 2000, Jamal déclara que « les Israéliens veulent tuer les enfants de moins de 16 ans, de façon à ce quils ne puissent pas grandir et fonder des familles. Cest ainsi quils entendent anéantir le peuple palestinien ». Cette explication constitue un exemple classique de pensée conspirationniste et ressemble beaucoup aux accusations diffamatoires de meurtre classiques, comme celle des « Juifs qui utilisent le sang denfants chrétiens pour pétrir leur pain azyme durant Pessah ». Si les Israéliens prennent délibérément pour cibles des enfants palestiniens, pourquoi alors voit-on de jeunes Palestiniens passer nonchalamment devant la position israélienne et jeter des pierres sans craintes de représailles?
Sites qui défendent cette théorie:
Information Clearing House
The Modern Religion
http://www.cactus48.com/murder.html
http://www.aztlan.net/al_durah.htm
http://www.addameer.org/september2000/focus/dura.html
Support sanity
SCENARIO 2: LES ISRAÉLIENS ONT ABATTU LENFANT PAR ACCIDENT
* Ceux qui adhèrent à ce scénario: Beaucoup de gens en Occident et en Israël.
Pour ceux qui ne veulent pas accuser catégoriquement les Israéliens de meurtre, cest la version plus « soft », qui accepte les grandes lignes de lhistoire présentée par France 2, mais qui voit dans cette mort le résultat tragique dun échange de tirs. Les images originales que France 2 a diffusées donnent limpression dune telle fusillade, avec le père faisant signe aux Israéliens darrêter. Dans cette fusillade, Israël devient le premier coupable: pour reprendre les termes de Robert Fisk, de lIndependent, « lorsque je lis lexpression échange de tirs , je tends la main vers mon stylo. Au Moyen-Orient, cela signifie presque toujours que les Israéliens ont tué un innocent. »
Bien quil laisse aux Israéliens un très mince bénéfice du doute (« Il est vrai que les soldats israéliens qui ont tué lenfant nont pas pu savoir qui ils touchaient »), Fisk est typique dun public qui, en voyant la séquence vidéo retransmise de par le monde, a supposé que les Israéliens et les Palestiniens étaient en train déchanger des tirs et quil était donc normal que Mohammed et son père se retrouvent pris dans la fusillade et atteints par des balles perdues israéliennes. Ce public compte beaucoup dIsraéliens. Pour la direction éditoriale de Haaretz, cet événement symbolise le conflit. Même le porte-parole de larmée concéda que les soldats israéliens auraient pu accidentellement tuer lenfant.
Un article du Boston Globe du 13 octobre 2000, comparant les réactions à lincident al Dura avec les lynchages de Ramallah quelques jours plus tard, montre bien comment nombre dIsraéliens voyaient laffaire al Dura dans les semaines qui suivirent la diffusion de la séquence: « OK, nous avons accidentellement tué lenfant à Gaza, et cest une chose terrible. Mais personne na pris plaisir à ce meurtre. Personne nen a fait une fête. [Eux], ils dansent dans le sang juif , dit une israélienne qui ne nous donna que son prénom, Sarit, dans un café-restaurant de Jérusalem. »
Paradoxalement, cest le scénario le moins probant, et peut-être le plus largement admis, en tout cas aux Etats-Unis et en Israël, où les médias ne se sont pas intéressés à la discussion avec autant denthousiasme quailleurs.
Pour:
Déclarations officielles israéliennes: des représentants officiels israéliens ont admis que leurs soldats avaient répondu aux tirs [palestiniens] ce jour-là, et quils ont pu accidentellement atteindre lenfant.
Échanges de tirs visibles sur les cassettes: on voit bien des échanges de tirs ce jour-là au carrefour près du baril, bien que nous ne sachions pas sils se déroulés pendant le laps de temps où les al Dura se tenaient derrière le baril.
Des balles israéliennes ont pu ricocher sur le mur derrière le baril: ce qui est en accord avec laffirmation faite par Jamal dans une interview et les déclarations de lhôpital selon lesquelles il [lenfant] a été touché au-dessus du mamelon gauche.
Ce scénario est celui qui séduit le plus les honnêtes gens qui ne veulent pas inculper Israël de meurtre délibéré, mais acceptent lessentiel du récit dEnderlin, à savoir lenfant tué par des tirs israéliens.
Contre:
Aucun témoignage explicite: les indices soutenant la thèse de lhomicide accidentel sont moins explicites que ceux pointant vers un meurtre intentionnel: aucun témoin direct de la scène ne suggère un tel scénario.
Les angles de tirs font que les tirs israéliens sont la source des blessures multiples la moins plausible: comme en témoignent le rapport officiel de larmée israélienne édité par le commandant des forces israéliennes à Gaza à lépoque, le général Yom Tov Samia, ainsi que celui de Nahum Shahaf, le médecin chargé de lenquête de lIDF, la position des al Dura derrière le baril empêchait efficacement de les atteindre depuis la position israélienne.
Pas de preuves enregistrées de la fusillade: bien que lon entende le bruit de tirs, aucune image du poste israélien ne montre les soldats en train de tirer ou dêtre la cible de tirs pendant le laps de temps durant lequel les al Dura se trouvent derrière le baril. En fait, une période de 45 minutes de feu nourri, à larme automatique, venant des Israéliens, ne correspond à aucune des séquences filmées ce jour-là.
Une photo prise à lhôpital (vue sur France 2) montre un enfant touché au ventre: les photos prises à lhôpital dont on nous dit quelles montrent Mohammed al Dura présentées dans le documentaire dEsther Shapira ne montrent aucune blessure au-dessus du mamelon, et la photo filmée par Talal (rushes de France 2 du 1er octobre) montrent une blessure béante au ventre, pas à la poitrine.
La photo du baril le lendemain ne montre pas trace de balles ayant ricoché sur le baril, et il ny a pas de cliché pris de plus près permettant de prouver cette théorie.

Sites / articles qui défendent cette théorie:
http://www.supportsanity.org
http://uttm.com/stories/2000/10/24/60II/printable243723.shtml
SCENARIO 3: LES PALESTINIENS ONT ABATTU LENFANT PAR ACCIDENT
* Ceux qui adhèrent à ce scénario: Cest semble-t-il la thèse favorite de nombreuses personnes qui ont suffisamment étudié les témoignages pour relever combien les scénarios 1 et 2 sont peu vraisemblables (par exemple, James Fallows) et de la plupart de ceux qui ont lu ou visionné leurs analyses. Il séduit particulièrement ceux qui ne veulent pas évoquer un scénario extrêmement troublant et politiquement incorrect (Scénario 4) ou être accusés de soutenir des théories conspirationnistes (Scénario 5). Parmi eux, on trouve quelques journalistes de la grande presse qui ont mené leur enquête, ainsi que des dirigeants juifs et israéliens. Ce scénario représente la position minimaliste de ceux qui ont examiné le matériel disponible: il est quasi-certain que les Israéliens nont pas causé cette mort.
Pour:
La plupart des coups de feu enregistrés semblent provenir du côté palestinien: LAP a filmé un policier palestinien tirant depuis un emplacement situé immédiatement derrière la position des al Dura, et la blessure au ventre béante de lenfant suggère un point de sortie dune balle, il est donc possible que ces tirs aient touché Mohammed.
Les Palestiniens ont tendance à tirer frénétiquement, même lorsquils ne peuvent voir où ils tirent, par-dessus des palissades ou au travers des trous dans les murs (voir le petit film sur Pallywood).
Les deux balles que lon voit frapper le mur près du baril proviennent de la position palestinienne. Les tests balistiques montrent que des balles venant du secteur quoccupaient les Israéliens ce jour-là auraient propulsé des nuages de poussière vers larrière du baril, mais que des balles tirées de face produiraient de petits nuages de poussière circulaires avant que le vent ne les disperse. Les deux tirs que lon discerne, qui peuvent expliquer la terreur visible sur les visages du père et de lenfant, viennent du côté palestinien, peut-être de la position « pita ».
Contre:
Les tirs touchant le mur de face semblent délibérés: ces deux tirs sont individuels, pas le produit dune « fusillade sauvage à larme automatique », et, pour toucher le père et le fils par accident, les tireurs palestiniens auraient dû manquer leur cible de près de 90°. Jamal affirme que 8 balles lont atteint et que 4 ont touché Mohammed. Une ou deux balles, ce peut être un accident; douze, cest autre chose.
Tous les signes indiquant que lenfant na pas été tué: voir les arguments « contre » du Scénario 4 ou les arguments « pour » du Scénario 5.
Sites qui défendent cette théorie:
Yom Tov Samya
Esther Schapira
James Fallows
SCENARIO 4: LES PALESTINIENS ONT DÉLIBÉRÉMENT ABATTU LENFANT
Ceux qui adhèrent à ce scénario: Très peu de gens adoptent cette version ouvertement, bien que ceux qui connaissent bien la documentation disponible sachent que les élites palestiniennes sont prêtes à sacrifier leurs enfants et ne se préoccupent guère de considérations politiquement correctes. Les rares personnes à avoir publiquement défendu ce scénario ont subi dimportants préjudices. Parmi eux, Yoseph Dorriel, licencié peu de temps après avoir confié ses commentaires à la presse pour avoir rendu publiques des conclusions avant la fin de lenquête, et David Kupelian (voir plus bas).
Pour:
La provenance des balles indique un dessein: les balles sont tirées depuis la position palestinienne de lautre côté de la route et, comme le confirment les experts en balistique, ne peuvent être venues que de là. De plus, étant donné quil ny avait pas déchanges de tirs à ce moment-là et que les balles ont clairement été tirées une par une (voir discussion du scénario 3), les coups de feu devaient être intentionnels.
Signes que la séquence a été délibérément préparée:
- Les images prises par trois cameramen montrent lenfant et son père derrière le baril bien avant le début des tirs, suggérant quils nont pas été pris par hasard dans une fusillade, mais ont été volontairement placés là.
- La direction des balles suggère la mise en place dun tournage (Scénario 3).
- Lors des funérailles, les proches du défunt avaient déjà des posters de lenfant: pour cela, ils auraient dû se rendre dans sa maison de El-Bureij, y prendre une photo, la faire agrandir, copier et distribuer, tout ça en une à deux heures. Par ailleurs, sa mère affirme avoir appris sa mort par les informations de fin de journée
Mobile: opération de relations publiques très fructueuse pour les Palestiniens. Ces images procurent aux Palestiniens un superbe prétexte à faire dIsraël un bouc émissaire, prétexte quils ont rapidement exploité, avec pour résultat:
- de détruire la sympathie internationale envers Israël, comme lillustre un article dans The Independent (Grande-Bretagne);
- dinciter les Palestiniens et dautres populations arabes et musulmanes à haïr les Israéliens et à vouloir les tuer tous.
Culture du martyre chez les Palestiniens: ce scénario horrible, inconcevable pour légocentrisme cognitif occidental, est imaginable si lon considère le «culte de la mort» que les Palestiniens inculquent à leurs enfants. Les plus grands honneurs sont accordés au chahid, à la fois dans le monde quil quitte et dans celui quil rejoint. Chez les Palestiniens, les enfants sont assurément instrumentalisés de façon indigne.
Contre:
Position moralement odieuse: Il est moralement difficile de défendre cette thèse. On envisage ici un comportement que nous ne pouvons imaginer même chez notre pire ennemi. Gabriel Weimmann, un professeur de lAcadémie Militaire Israélienne, qui a essayé de faire démontrer à ses étudiants que les Israéliens nont pas commis ce meurtre, hésite à croire à ce scénario: «Peut-être même que ça a été mis en scène bien que je ne croie pas que mon pire ennemi soit inhumain au point dabattre un garçon pour faire sa promotion.» En prêtant foi à cette version, on risque de tomber dans le piège de la haine cynique, sans considérer les indices pointant dans une autre direction. Heureusement, nous avons une alternative crédible à cette version selon laquelle il sagirait dun «snuff movie» [1]. Le signe le plus convaincant qui va à lencontre de cette version est le fait que lon ne voit jamais lenfant mourir.
Pas de sang: Talal affirme que lenfant a saigné pendant 15 à 20 minutes dune blessure abdominale (perte de sang qui devrait normalement savérer fatale), mais les cassettes ne montrent pas de sang sur le sol où il se trouve; même le lendemain, il y a du sang sous lendroit où se trouvait le père derrière le baril, mais pas là où Mohammed était couché. Pourquoi Talal na-t-il pas pris ne serait-ce que quelques secondes montrant lenfant saignant sur le sol?
Pas dévacuation par ambulance: Étant donné la grande valeur quont les images dévacuation par ambulance et la rapidité avec laquelle les ambulances ont tendance à arriver, et le fait que nous savons quune ambulance était en attente juste derrière le père et lenfant, on sattendrait à ce quune séquence montrant lévacuation des blessés soit considérée comme extrêmement précieuse. Étant donné sa position parfaite pour tourner une scène particulièrement sanglante montrant le père blessé et son fils mort, il semble incompréhensible que Talal nait pas une seule image de lévacuation par ambulance. Lorsque Nahum Shahaf lui posa la question par téléphone, il répondit de manière évasive: « parce que le conducteur de lambulance sest fait tirer dessus. » Interrogé sur la raison pour laquelle il na pas filmé cela, il expliqua: « Parce quil sest fait tirer dessus avant datteindre lenfant ». Ceci nexplique bien sûr pas pourquoi il na pas filmé lévacuation finale de lenfant. Enderlin rétorque à ces deux anomalies que Talal lui aurait dit être à court de batteries. Mais si cétait le cas, pourquoi na-t-il pas vidé sa caméra en filmant la scène se déroulant devant lui plutôt que de filmer plus tard une séquence dambulance tout à fait banale?
Aucune image de larrivée de lenfant à lhôpital: même si les batteries de sa caméra étaient vides, Talal aurait pu téléphoner pour sassurer que larrivée du père et du fils à lhôpital de Shiffa, environ une demi-heure plus tard, serait capturée sur pellicule. Mais nous nen avons aucune image.
Aucunes balles récupérées: lhôpital de Shiffa, en dépit du fait que deux personnes présentant, paraît-il, un total de 8 à 12 blessures par balles y auraient été soignées, na présenté aucune balle ni aucun fragment de balle. De même pour la police palestinienne qui inspecta le site le lendemain. Peut-être conscient que cette absence de balles fragilisait son récit, Talal dit à Esther Schapira: «Nous avons les balles, le type des balles, je les ai photographiées.» Lorsque Esther Schapira lui demanda où étaient ces balles, Talal lui répondit de «consulter le général il pourrait vous le dire.» Lorsque Schapira lui signala que le général navait pas ces balles, Talal, le seul employé de France 2 sur les lieux ce jour-là, déclara: «France 2 les a collectées ». «Donc vous faites un meilleur travail que les enquêteurs», lui répondit Schapira tandis que Talal comprenait que son affirmation navait aucune crédibilité. «Non, non, non», répliqua-t-il alors avec un sourire, réalisant que son histoire navait aucun sens. « nous avons quelques secrets, vous savez dans notre pour notre sécurité. Nous ne pouvons pas ne rien donner tout donner.»
Sites/articles qui défendent cette théorie:
Yoseph Dorriel
David Kupelian: ici et ici [version française dans l'article de M. Macina, "Al-Dura victime de Palestiniens, pas dun complot journalistique".
* Ceux qui adhèrent à ce scénario:
Ce scénario était virtuellement «inimaginable» de prime abord, et il est aujourdhui encore fréquemment mal compris par les gens, qui ont du mal à lenvisager. Il représente une approche radicalement différente de laffaire, remettant en question lhypothèse de base des quatre scénarii précédents, cest-à-dire le fait que lenfant ait été tué. Le pouvoir de suggestion, et la suspension dincrédulité quasiment instinctive avec laquelle la plupart dentre nous regardons les « images dactualité » ont rendu ce scénario tellement incroyable que beaucoup de gens (y compris des membres importants des gouvernements israéliens et américains) nont même pas conscience de cette option. Au cours des deux dernières années, grosso modo, ce scénario a cependant été de plus en plus fréquemment adopté par ceux qui étudient le dossier attentivement.
Pour:
Tous les arguments tendant à montrer un montage et jouant contre lhypothèse du meurtre délibéré de la part des Palestiniens sont en faveur de ce scénario.
Signes indiquant une mise en scène:
- Les images prises par trois cameramen montrent lenfant et son père derrière le baril bien avant le début des tirs, suggérant quils nont pas été pris par hasard dans une fusillade, mais ont été volontairement placés là.
- La direction des balles suggère la mise en place dun tournage.
- Lors des funérailles, les proches du défunt avaient déjà des posters de lenfant: pour cela, ils auraient dû se rendre dans sa maison de El-Bureij, y prendre une photo, la faire agrandir, copier et distribuer, tout ça en une à deux heures. Par ailleurs, sa mère affirme avoir appris sa mort par les informations de fin de journée
Mobile: opération de relations publiques très fructueuse pour les Palestiniens. Ces images procurent aux Palestiniens un superbe prétexte à faire dIsraël un bouc émissaire, prétexte quils ont rapidement exploité, avec pour résultat:
- de détruire la sympathie internationale envers Israël, comme lillustre un article dans The Independent (Grande-Bretagne);
- dinciter les Palestiniens et dautres populations arabes et musulmanes à haïr les Israéliens et à vouloir les tuer tous.
Pas de sang: Talal affirme que lenfant a saigné pendant 15 à 20 minutes dune blessure abdominale (perte de sang qui devrait normalement savérer fatale), mais les cassettes ne montrent pas de sang sur le sol où il se trouve; même le lendemain, il y a du sang sous lendroit où se trouvait le père derrière le baril, mais pas là où Mohammed était couché. Pourquoi Talal na-t-il pas pris ne serait-ce que quelques secondes montrant lenfant saignant sur le sol?
Pas dévacuation par ambulance: Étant donné la grande valeur quont les images dévacuation par ambulance et la rapidité avec laquelle les ambulances ont tendance à arriver, et le fait que nous savons quune ambulance était en attente juste derrière le père et lenfant, on sattendrait à ce quune séquence montrant lévacuation des blessés soit considérée comme extrêmement précieuse. Étant donné sa position parfaite pour tourner une scène particulièrement sanglante montrant le père blessé et son fils mort, il semble incompréhensible que Talal nait pas une seule image de lévacuation par ambulance. Lorsque Nahum Shahaf lui posa la question par téléphone, il répondit de manière évasive: « parce que le conducteur de lambulance sest fait tirer dessus. » Interrogé sur la raison pour laquelle il na pas filmé cela, il expliqua: « Parce quil sest fait tirer dessus avant datteindre lenfant ». Ceci nexplique bien sûr pas pourquoi il na pas filmé lévacuation finale de lenfant. Enderlin rétorque à ces deux anomalies que Talal lui aurait dit être à court de batteries. Mais si cétait le cas, pourquoi na-t-il pas vidé sa caméra en filmant la scène se déroulant devant lui plutôt que de filmer plus tard une séquence dambulance tout à fait banale?
Aucune image de larrivée de lenfant à lhôpital: même si les batteries de sa caméra étaient vides, Talal aurait pu téléphoner pour sassurer que larrivée du père et du fils à lhôpital de Shiffa, environ une demi-heure plus tard, serait capturée sur pellicule. Mais nous nen avons aucune image.
Pas de balles récupérées: lhôpital de Shiffa, en dépit du fait que deux personnes présentant, paraît-il, un total de 8 à 12 blessures par balles y auraient été soignées, na présenté aucune balle ni aucun fragment de balle. De même pour la police palestinienne qui inspecta le site le lendemain. Peut-être conscient que cette absence de balles fragilisait son récit, Talal dit à Esther Schapira: «Nous avons les balles, le type des balles, je les ai photographiées.» Lorsque Esther Schapira lui demanda où étaient ces balles, Talal lui répondit de «consulter le général
il pourrait vous le dire.» Lorsque Schapira lui signala que le général navait pas ces balles, Talal, le seul employé de France 2 sur les lieux ce jour-là, déclara: «France 2 les a collectées
». «Donc vous faites un meilleur travail que les enquêteurs», lui répondit Schapira tandis que Talal comprenait que son affirmation navait aucune crédibilité. «Non, non, non», répliqua-t-il alors avec un sourire, réalisant que son histoire navait aucun sens. « nous avons quelques secrets, vous savez
dans notre
pour notre sécurité. Nous ne pouvons pas ne rien donner
tout donner.»
Dautres indices proviennent dun examen attentif des images des al Dura derrière le baril à notre disposition.
Nous navons que 59 secondes des cassettes montrant la scène du «meurtre», réparties sur 6 séquences séparées. Plutôt que de filmer de longues séquences du père et du fils pris dans la fusillade ou en train de saigner, Talal tourne de minuscules plans de quelques secondes. Voici les indices suggérant une mise en scène dans chacun de ces plans:
- Scène 1: derrière le baril: une balle est tirée depuis le côté palestinien
- Scène 2: position israélienne: pas de tir provenant de la position israélienne ou la visant
- Scène 3: signe de la main: le père regarde la camera, des gens hurlent que le garçon est mort alors quil est toujours bien vivant.
- Scène 4: par terre, corps recroquevillé: pas de signe de balles ayant touché lenfant, rouge sur la jambe, le père a lair inconscient. Avant quon ne voie limage de Mohammed couché, deux doigts passent devant la caméra et semblent faire le signe « couper », ce qui est inhabituel pour une caméra de journalisme.
- Scène 5: couché, la main au-dessus des yeux, le bras de Mohammed nest absolument pas près de son ventre, ce qui serait une réaction instinctive pour quelquun touché à labdomen ; le père balance sa tête, il est conscient, mais ne fait aucun mouvement vers son fils.
- Scène 6: couché, regardant au loin, Mohammed al-Dura soulève son coude et bouge ses pieds, actions atypiques pour un enfant mort ; le père sest détourné de lenfant, ne faisant toujours aucun mouvement vers lui.
Talal est connu pour être un preneur de vues «pallywoodiennes»; le voici, filmé par un autre caméraman, en train de tourner un faux classique de Pallywood.
Ceux qui ont vu ses rushes de cette journée sont tous daccord pour dire quils sont truffés de séquences mises en scène.
Talal a, paraît-il, rétracté le témoignage quil avait déposé devant le PHRC.
Contre:
Il nexiste aucune preuve manifeste contrant ce scénario. Une fois son incrédulité retrouvée et un visionnement de ces séquences avec en tête la possibilité quelles résultent dune mise en scène, on ne découvre pratiquement plus aucune scène qui paraisse véridique (à lexception de la terreur de lenfant lorsque de vraies balles palestiniennes filent au-dessus de sa tête).
Cest une théorie conspirationniste: la plupart des gens trouvent si absurde lidée que les Palestiniens pourraient faire une chose pareille et que les médias occidentaux pourraient en être dupe quils lécartent demblée. Comme le disait un diplomate de premier plan impliqué dans le processus de Camp David, «le Moyen-Orient regorge littéralement de théories conspirationnistes je ne vais pas croire à lune delles.»
Si cétait une mise en scène, les Israéliens aurait sûrement dit quelque chose. Pourquoi les Israéliens nont-ils pas proposé cette conclusion, surtout compte tenu du fait que leur propre enquêteur, Nahum Shahaf, avait soutenu cette version bien avant déjà? Cela les aurait innocentés et aurait jeté un sérieux doute sur la crédibilité de Talal abu Rahma et de limage des al Dura comme symbole de lintifada.
Qui soutient cette théorie:
La plupart de ceux qui optent pour ce scénario sont des gens qui ont étudié de près le matériel disponible, à commencer par le premier enquêteur ;
Nahum Shahaf, médecin israélien, et de nombreuses personnes à qui il a présenté ses preuves
Stephane Juffa, rédacteur en chef de Metula News Agency
Amnon Lord, journaliste israélien (article)
Gérard Huber, psychanalyste et correspondant permanent à Paris de la Metula News Agency (Livre)
Serge Farnel, journaliste français (page web)
David Kupelian, directeur général du World Net Daily (article)
Alyssa Lappen, auteure à New York (article)
Nidra Poller, romancière et traductrice américaine (article)
David Gelernter, chroniqueur au LA Times (article)
Note: Tous ceux qui ont vu le matériel disponible ne pensent pas nécessairement quil sagisse dun montage. Cest particulièrement vrai pour les journalistes de la grande presse, tels James Fallows et Esther Schapira, qui préfèrent sen tenir à la position minimaliste en affirmant que les Israéliens nont certainement pas tué lenfant.
Richard Landes
© Second Draft
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[1] NdT: Film dans lequel une personne est réellement tuée devant la caméra.











