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Propagande anti-israélienne
Pour une Rachel Corrie morte par accident combien de Rachel assassinées dont nul ne parle, T. Gross
"Le Théâtre de la Cour Royale, lun des hauts lieux les plus prestigieux de Londres, met à laffiche une pièce à la gloire dune jeune Américaine radicale qui a trouvé la mort après avoir bondi au devant dun bulldozer de larmée israélienne qui sapprêtait à détruire une structure soupçonnée de cacher des tunnels utilisés pour passer des armes de contrebande. Mais quen est-il des véritables victimes de lIntifada ? Se souvient-on delles ?"
27/10/05
Original anglais "Who would have the integrity and moxie to produce this play?", sur le site de Jewish World Review.
Traduction française : Menahem Macina
[Les clichés ont été ajoutés par la Rédaction d'upjf.org.]
"Mon nom est Rachel Thaler". Ce nest pas le titre dune pièce sur le point dêtre représentée très bientôt à Londres. Thaler, 16 ans, a été victime dune explosion à lintérieur de la pizzeria dun centre commercial israélien. Elle sest éteinte après sêtre débattue onze jours entre la vie et la mort, à la suite de lattentat du 16 février 2002, au cours duquel un terroriste-suicide sest fait exploser près dun groupe de jeunes gens et de jeunes filles.Cétait une citoyenne britannique née à Londres, où ses grands-parents vivent encore. Toutefois, je doute que qui que ce soit, au Théâtre de la Cour Royale de Londres, de même que la plupart des journalistes de la presse britannique, aient entendu parler delle. « Aucun journaliste britannique ne ma jamais interviewée, ni na mentionné sa mort », ma dit Ginette, sa mère, la semaine dernière.
Les parents de Thaler ont fait don des organes de leur fille pour une transplantation (dans lespoir de sauver la vie dun jeune homme russe), et ils ont fait leur deuil en silence. Par contre, après la mort accidentelle de Rachel Corrie, ses parents se sont lancés dans une très importante campagne de publicité. Ils se sont rendus à Ramallah pour recevoir, des mains dArafat, une plaque commémorant la mort de leur fille. Ils ont diffusé des e-mails et des passages du journal intime de Corrie à une presse mondiale avide de les diffuser.
Parmi les médias qui en ont publié des extraits en 2003 figure le très influent journal de gauche, The Guardian. Ceci a ensuite inspiré une nouvelle représentation théâtrale intitulée "Mon nom est Rachel Corrie", qui a débuté, ce mois-ci, au Théâtre de la Cour Royale, lun des endroits les plus prestigieux de Londres. (Le New York Times la récemment décrit comme "le plus important théâtre dEurope").
La représentation est co-produite et dirigée par Katharine Viner, Rédactrice du magazine de fin de semaine du Guardian, et par la vedette de cinéma, Alan Rickman (réputé pour Die Hard et Harry Potter). Leur scénario est tissé dextraits des journaux et e-mails de Corrie.

Pour ceux qui ne se souviennent pas de cette affaire, Corrie était une jeune activiste radicale, qui brûlait en effigie des drapeaux américains lors de manifestations en faveur du Hamas, à Gaza, en février 2003. Peu de temps après, elle mourut en sinterposant devant un bulldozer de larmée israélienne, qui sapprêtait à détruire une structure soupçonnée de cacher des tunnels utilisés pour passer des armes en contrebande [1].
Cest en partie à cause des efforts de Corrie et de ses camarades activistes de lInternational Solidarity Movement [Mouvement de Solidarité Internationale] (ISM), que les Israéliens ont été incapables darrêter lafflux darmes par ces tunnels. Ces armes ont été utilisées plus tard pour tuer des enfants israéliens dans la ville de Sdérot, au sud dIsraël, et ailleurs.
Mais dans des centaines darticles sur Corrie, publiés dans le monde entier, ces deux dernières années, les journaux ont pris soin domettre de mentionner ces détails. Cest ce quont fait Rickman et Viner sans donner d'indications à tous les critiques qui ont couvert la pièce.
"Corrie a toujours été une progressiste dotée de conscience
Elle est partie travailler avec lInternational Solidarity Movement de Gaza", écrivait Michael Billington dans The Guardian, la semaine dernière, sans fournir le moindre éclaircissement sur la nature réelle de ce mouvement. LISM est régulièrement qualifié de létiquette "groupe pacifiste" dans les médias occidentaux. Peu dentre eux mentionnent la rencontre de lISM avec les terroristes-suicide anglais, Omar Khan Sharif et Assif Muhammad Hanif, qui firent exploser, quelques jours plus tard le bar de Tel Aviv, "Chez Mike", tuant trois personnes et en blessant des dizaines dont des citoyens britanniques. Ils ne font pas état non plus du fait que lISM a abrité dans son bureau Shadi Sukia, un dirigeant du Jihad Islamique. Ni du fait que, dans lexposé de ses buts, lISM, affirme que la "lutte armée" est un "droit" des Palestiniens. Ni de ce que Flo Rosovski, la "coordinatrice de presse", clarifie lidée de la paix qui est celle de lISM en ces termes : "Israël est une entité illégale, qui ne devrait pas exister".

Malheureusement pour ceux qui se sont efforcés de présenter Corrie comme une opposante pacifique, des photos la montrant en train de brûler en effigie un drapeau américain et de soulever les foules à Gaza, ont été publiées par Associated Press et sur Yahoo News, le 15 février 2003, quelques jours avant sa mort. Mais la représentation théâtrale nen souffle mot.
Cest ainsi que les critiques littéraires britanniques peuvent dire au public anglais que la pièce est une "réelle tragédie de lexistence" dans laquelle rayonne la bonté désintéressée de Corrie" (Evening Standard).
"Corrie a été assassinée parce quelle sest engagée dans une organisation non violente de résistance palestinienne", écrit Emma Gosnell, dans le Sunday Telegraph. ("Assassinée" est un terme que même les plus ardents défenseurs de Corrie ont hésité à employer jusquà maintenant.)
Dans le Daily Telegraph, Charles Spencer parle de "la préoccupation de Corrie pour lhumanité qui souffre
on quitte le théâtre en pleurant non seulement la mort de Rachel Corrie, mais aussi davoir perdu lidéalisme et le courage intrépide de la jeunesse".
Il nest pas surprenant que la pièce ait été également louée sur le site dAl Jezira et dans le Daily Star de Beyrouth.
Dans un des commentaires les plus étonnants, Michael Billington, le critique du Guardian, écrit à propos de la pièce : "Le danger dune propagande de lexcellence est évité".
Il y a quelque ironie à réfléchir au fait quexistent de vraies victimes de lIntifada, prénommées Rachel et il est difficile de croire que ces critiques en aient jamais entendu parler. Toutes ces autres Rachel sont mortes dans les quelques mois du décès de Corrie, mais contrairement à elle dans des circonstances indiscutables. Elles ont été délibérément assassinées :

Rachel Levy, 17 ans tuée à lexplosif dans un supermarché)

Rachel Levi, 19 ans, abattue par balles, alors quelle attendait lautobus

Rachel Gavish, tuée avec son mari, son fils et son père
alors quils célébraient le repas pascal, à leur domicile

Rachel Charhi, tuée à lexplosif, alors quelle était assise dans un café de Tel Aviv;
elle a laissé derrière elle trois jeunes enfants

Rachel Shabo, assassinée chez elle avec ses trois fils âgés de 5, 13 et 16 ans.
Un seul critique (Clive Davis dans le Times de Londres), écarte des passages de la pièce, quil qualifie de "grossière propagande". A un certain moment, Corrie proclame : "en ce moment-même, tant que je peux le dire, la grande majorité des Palestiniens sengagent dans une résistance non violente, à la manière de Ghandi". Ce qui fait dire à Davis : "Même le défunt Arafat eût certainement été embarrassé par un tel propos."
Katharine Viner, la co-directrice de la pièce de Corrie, est certainement familière des terroristes palestiniens. Par exemple, voici comment elle décrivait, en 2001, une Palestinienne pirate de lair, quelle interviewait :
"La photographie emblématique de Leila Khaled, limage qui a fait delle le symbole de la résistance palestinienne et de la puissance féminine, est extraordinaire à mains égards : Un fusil dans ses mains fragiles, les cheveux brillants serrés dans un keffieh ; un délicat visage, à la Audrey Hepburn, qui se dérobe à votre regard. Fondre un élément de parure féminine et de frivolité avec une balle : cest toute lhistoire de Khaled, la raison de la puissance durable de son image. Une beauté mêlée de violence."
(Depuis cette interview, Viner a été élue, à deux reprises, Rédactrice de lannée dun Magazine britannique de presse.)
Nul doute que la mort de Corrie ait été tragique. Mais, en définitive, dans cette pièce il s'agit moins dévoquer Corrie que de fomenter la haine envers Israël. La représentation a maintenant lieu à guichets fermés, et il est question quelle soit créée en Amérique. Le théâtre de la Cour Royale sort en hâte une édition imprimée de la pièce, qui sera distribuée dans les écoles.
Tom Gross
© The Spectator
Note de la Rédaction dupjf.org
[1] Sur les circonstances de la mort de Rachel Corrie et lexploitation mensongère et éhontée qui en fut faite par la propagande palestinienne et pro-palestinienne, voir, sur notre site, larticle de D. Bedein, "Mort accidentelle transformée en homicide de Tsahal", et "Rachel Corrie est morte victime de son imprudence".
Mis en ligne le 27 octobre 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org











