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Désinformation
Les amis de Ménargues (L'Arche VII)
7. Les amis d’Alain Ménargues
Communiqués de soutien, campagnes de solidarité: le front «antisioniste» fait bloc derrière l’auteur du «Mur de Sharon»
Dès le 10 octobre, le site internet «altermondialiste» Oulala.net (dont L’Arche a signalé, par le passé, les dérapages au sujet des Juifs) titre: «Tentative d’intimidation du journaliste Alain Ménargues» . Il s’agit là d’une réaction au communiqué de la Société des journalistes de RFI, protestant contre les propos «inacceptables» d’Alain Ménargues lors d’un débat sur LCI («Israël est un État raciste»).
Le 16 octobre, on connaît déjà les propos tenus le 12 octobre par Alain Ménargues sur Radio Courtoisie (le Lévitique, le pur et l’impur, le ghetto de Venise créé par les Juifs), à propos desquels la Société des journalistes de RFI a déclaré que «la frontière de l’intolérable est franchie». C’est pourtant à partir de ce jour que se multiplient, dans la frange pro-palestinienne, altermondialiste et islamiste, les manifestations de soutien à Alain Ménargues.
La journaliste suisse Silvia Cattori, elle aussi coutumière de propos outranciers sur les Juifs et Israël, publie un article en ce sens sur les sites pro-palestiniens ISM-France et ISM-Suisse (l’International Solidarity Movement, ou ISM, est un organisme qui envoie dans les territoires palestiniens des militants habituellement désignés par la presse comme des «pacifistes»). L’article de Silvia Cattori, intitulé «Les journalistes intègres ne courent pas les rues», débute ainsi:
En voilà un qui échappe à la règle. Qui a osé dire la stricte vérité. Qui a osé qualifier Israël «d’État raciste». Tirons-lui notre chapeau.
Cet article sera aussitôt repris sur divers sites pro-palestiniens, à commencer par Oulala.net et Quibla.net.
Le 17 octobre, l’intersyndicale de RFI convoque une assemblée générale du personnel pour réagir aux propos d’Alain Ménargues à Radio Courtoisie. Ce même jour, la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP) , un organisme qui envoie lui aussi des «militants pacifistes» dans les territoires palestiniens, publie un communiqué intitulé: «Soutien à Alain Ménargues, directeur de l’information à Radio France Internationale».
La CCIPPP déclare notamment:
L’ensemble des individus et associations ayant à cœur l’établissement d’une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens sont indignés par la campagne de calomnies et les pressions en vue de sanctions à l’encontre de M. Alain Ménargues, directeur de l’information de RFI, pour ses propos condamnant la politique raciste du gouvernement Sharon. (…)
Nous dénonçons avec vigueur les tentatives de faire taire ceux qui, comme M. Alain Ménargues, en dépit du lâche silence de la plupart des média et des multiples intimidations, refusent d’étouffer leur conscience.
Face au racisme, à l’injustice et au cynisme guerrier, l’histoire nous l’apprend, il ne peut y avoir de devoir de réserve comme le prétendent ses détracteurs. Il y a en revanche, une obligation d’indignation et c’est tout à l’honneur de M. Ménargues de s’y être conformé.
Il est urgent de nous mobiliser et de protester contre les menaces d’éviction qui pèsent sur ce dernier et qui n’ont pas d’autre objectif que d’infléchir la ligne éditoriale de RFI au détriment du peuple palestinien.
Appelez d’urgence le standard de RFI au 01-56-40-39-24 et protestez auprès de M. Schwartz [sic], PDG de RFI, et auprès du ministère des affaires étrangères (ministère de tutelle de la station RFI) au 01-43-17-53-53.
Le communiqué de la CCIPPP est aussitôt repris sur les sites Euro-Palestine, Oulala.net, Oumma.com et Indymedia; sur ce dernier site, il est publié avec la double signature de la CCIPPP et de l’AFPS (Association France-Palestine Solidarité).
Toujours le 17 octobre, le site internet Euro-Palestine, qui est en fait un site commun à la Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient (CAPJPO) et au mouvement Euro-Palestine, s’ouvre sur le titre: «Nouvelle chasse aux sorcières, contre le journaliste Alain Ménargues».
Euro-Palestine écrit notamment:
Une nouvelle tentative de chasse aux sorcières est en cours, à Radio France Internationale et avec l’appui impudent du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères (un nommé Hervé Ladsous), contre le journaliste Alain Ménargues, de Radio France Internationale (RFI), coupable de voir en Israël un «État raciste». En réalité, les détracteurs d’Alain Ménargues ne lui reprochent pas seulement de qualifier de la sorte, à juste raison d’ailleurs, cet État fondé sur des critères ethnico-religieux, mais surtout les informations, pertinentes et inédites, fournies par ce journaliste d’expérience, sur les crimes d’Ariel Sharon et plus généralement de l’État israélien. (…)
Alain Ménargues, qui est aujourd’hui directeur général adjoint de Radio France Internationale, dénonce la fusion, désormais totale, de l’idéologie sioniste dominante en Israël, avec les préceptes les plus rétrogrades trouvés dans la Torah: l’enfermement sur soi-même, au nom d’une imaginaire pureté du Juif par rapport au non-Juif.
À Euro-Palestine, on est donc parfaitement informé des thèses d’Alain Ménargues sur le pur et l’impur chez les Juifs. Qui plus est, on les partage et on les diffuse.
Le 18 octobre paraît un communiqué signé «CAPJPO», qui reprend le texte ci-dessus, avec un titre actualisé: «Alain Ménargues contraint de démissionner: Un scandale de plus!» Le paragraphe sur «les préceptes les plus rétrogrades trouvés dans la Torah» et l’«imaginaire pureté du Juif par rapport au non-Juif» est toujours là. On est donc en droit d’estimer que tous les membres de la CAPJPO, comme d’Euro-Palestine, ont sciemment avalisé ces propos antisémites.
Le communiqué de la CAPJPO est aussitôt publié sur le site des «pacifistes» de l’ISM. À cet instant plus personne, dans les milieux concernés, ne peut ignorer les circonstances exactes du départ forcé d’Alain Ménargues et notamment ses déclarations du 12 octobre à Radio Courtoisie. Et c’est alors que les militants de l’antisionisme font entendre leur voix.
Le site internet Vigie Média Palestine, spécialisé dans la publication de textes extrémistes dénonçant à tour de bras tous les médias français coupables de ne pas soutenir suffisamment la cause palestinienne, et qui s’efforce d’orchestrer des envois de courriers en ce sens aux journalistes et aux autorités, lance un appel à soutenir Alain Ménargues. Attribuant la démission forcée de ce dernier à un sombre complot, et ignorant que ce sont les journalistes de RFI qui l’ont imposée au PDG de la station, Vigie Média Palestine écrit: «Les journalistes seraient heureux de voir qu’il reste des consciences prêtes à réagir et empêcher qu’on ne les bâillonne si facilement» et demande à ses fidèles de «faire un mail directement» à Antoine Schwarz, dont il donne l’adresse.
Le 18 octobre, Ginette Skandrani – une ex-militante des Verts, qui fréquente assidûment les milieux négationnistes et figure parmi les enragés de l’antisionisme – publie à travers son association La Pierre et L’Olivier une «déclaration» affirmant qu’«Alain Ménargues vient de payer pour ses déclarations objectives et récentes sur le racisme et l’apartheid d’Israël» et protestant «contre cette dictature de la pensée qui envahi [sic] tous les médias, y compris RFI».
Le 18 octobre toujours, Alain Coutte – un polygraphe marseillais qui inonde les réseaux internet de sa production, et qui s’était manifesté lors du retrait de la vente du livre antisémite d’Israël Shamir L’autre visage d’Israël – publie une «lettre à Antoine Schwartz [sic], PDG de RFI», où il fait part de toute son «indignation» suite à la démission forcée d’Alain Ménargues. «En effet, explique-t-il, le "sionisme politique" représente la dernière idéologie néfaste qui survit encore au monde». Cette lettre est mise en ligne par Quibla.net, «le quotidien online des Musulmans libres et actifs et leurs alliés».
Le 19 octobre c’est une autre vieille connaissance, Marcel Charbonnier, qui prend la plume. M. Charbonnier est le rédacteur du bulletin Point d’information Palestine, qui a traduit et diffusé les textes antisémites signés Israël Shamir. Il écrit une lettre ouverte à Alain Ménargues, qui commence ainsi: «Je viens de lire votre livre courageux, et j’apprends que vous avez été contraint à la démission, par une campagne de diffamation s’assimilant à une curée, de la part de journaleux prétendument “syndicalistes” qui, de surcroît, étaient placés sous votre responsabilité, et je suppose aussi, votre autorité» et s’achève sur son «espoir de vous entendre très bientôt sur des ondes françaises libérées». Libérées de qui? On laisse au lecteur le soin de compléter. Cette lettre est publiée par le site Vigie Média Palestine, sous les seules initiales de l’auteur et avec le titre «La police de la pensée»; elle est publiée également par le site Quibla.net, où elle est attribuée à «notre ami Marcel Charbonnier».
Le site internet des amis de Dieudonné – dirigé par Pierre Panet, ancien candidat sur la liste Euro-Palestine – annonce le 19 octobre: «Une nouvelle victime du sionisme: Démission d’Alain Ménargues».
Le même jour, le site islamiste Quibla.net publie un long article intitulé «Le crime d’Alain Ménargues», où on lit:
"Ils ont eu sa peau en quelques jours d’une campagne parfaitement orchestrée et minutée. Ainsi, au moment même où Michel Barnier rencontrait Ariel Sharon et les autres chefs sionistes à Tel Aviv, à Paris, Alain Ménargues a été contraint de remettre sa démission.
Alain Ménargues n’est pas un «renégat» obscur comme Israël Shamir, l’hérétique israélien, ce n’est pas un comique noir comme Dieudonné, ce n’est pas un chercheur révisionniste comme Serge Thion, ce n’est pas un militant politique et encore moins un révolutionnaire. (…)
Cette affaire est beaucoup plus grave que toutes les affaires qui ont eu lieu ces 3 dernières années. Plus grave que les procès intentés par le CRIF ou la LICRA ou le MRAP, à Roger Garaudy, à Dieudonné, à Serge Thion, à Edgar Morin, Sami Naïr, Danièle Sallenave et tant d’autres. Elle est plus grave que le licenciement de Serge Thion du CNRS (son crime: avoir écrit une lettre à Lionel Jospin pour se féliciter du caillassage de Bir Zeit, sur du papier à en-tête du CNRS), ou les ennuis de Pascal Boniface (son crime: avoir osé titrer un livre: A-t-on le droit de critiquer Israël?).
Alain Ménargues est aujourd’hui le plus haut responsable d’un service public français ouvertement démis de ses fonctions sur ordre du lobby sioniste. C’est inacceptable."
On aura remarqué, dans ce texte, outre l’obsession conspirationniste («une campagne parfaitement orchestrée et minutée»), la référence à deux négationnistes bien connus: Roger Garaudy et Serge Thion. Ce dernier adressera, deux jours plus tard, un courriel au site Quibla.net (un site «au demeurant excellent», écrit M. Thion) où il tient à préciser que le texte pour lequel il a été mise en cause n’est pas «une lettre à Jospin» mais «un article commentant l’affaire de Bir Zeit», que cet article «n’était nullement écrit "sur du papier à en-tête du CNRS"» et qu’il «n’est paru que sur Internet, sur le site [négationniste – ndlr] de l’AAARGH, où il se trouve encore». Serge Thion et ses amis de Quibla.net oublient évidemment de signaler que la vraie raison du licenciement de M. Thion tient à ses activités négationnistes et antisémites, incompatibles avec le comportement d’un chercheur au CNRS.
Quoi qu’il en soit, l’article sur «Le crime d’Alain Ménargues» est repris par le site des «pacifistes» du CCIPPP et par les sites jumeaux de la CAPJPO et d’Euro-Palestine.
Nous n’avons mentionné jusqu’ici que les «têtes de réseaux», sites Internet régulièrement mis à jour. Les textes qui y sont publiés sont ensuite repris par une multitude de sites militants des mouvances islamistes et altermondialistes, ainsi que par des forums permanents dont le plus connu est la famille des sites Indymedia. Or le délire suscité par la démission forcée d’Alain Ménargues (un délire dont nous n’avons donné ci-dessus qu’une faible image) provoque de la gêne dans certains milieux. D’où cette curieuse "Mise au point sur le soutien à M. Alain Ménargues" publiée le 19 octobre au soir au nom de la CCIPPP sur Indymedia-Paris:
La CCIPPP tient à préciser que si elle a justement soutenu M. Alain Ménargues, directeur de l’information de RFI, lorsque celui-ci a été injustement attaqué pour ses prises de position courageuses en faveur du peuple palestinien, partagées par nombres de consciences, y compris en Israël, elle ne peut que condamner au nom des mêmes principes moraux ses dérapages affligeants tenus le 12-10 sur la non moins affligeante radio Courtoisie. Il a alors lié de façon abusive et offensante Bible, histoire des communautés juive et politique israélienne.
Le plus étonnant dans ce texte, apparemment bien intentionné, est qu’on ne le trouve nulle part ailleurs sur le réseau Internet – même pas sur le site de la CCIPPP. La rétractation, si tant est qu’elle soit authentique, demeure donc clandestine. En revanche, le communiqué de la CCIPPP appelant à soutenir Alain Ménargues continue d’être largement diffusé.
Le 20 octobre, quiconque a lu les journaux du matin est informé des derniers déroulements de l’affaire : non seulement Alain Ménargues est démissionnaire de ses fonctions, mais il doit quitter RFI. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est l’article de Libération paru la veille, où Alain Ménargues affirme « avoir été victime d’une "manip" conduite "par un noyau de Juifs communautaires" qui ne supporteraient pas qu’Israël soit critiqué », article qui a entraîné le personnel de RFI, réuni en assemblée générale, à dénoncer « les propos insultants de M. Ménargues qui ne reposent évidemment sur aucune réalité » et à demander au PDG Antoine Schwarz « de prendre enfin ses responsabilités. »
Ce même jour, le site islamiste Quibla.net publie un texte intitulé "L’affaire Alain Ménargues (suite)". On y lit :
La démission forcée d’Alain Ménargues, sur ordre du Quai d’Orsay, a suscité une tempête de protestations et de messages de solidarité au journaliste. Lundi soir [18 octobre - ndlr], la centaine de participants à une assemblée de la liste Euro-Palestine ont voté le principe d’un rassemblement de soutien pour jeudi 21 devant la Maison de Radio France. Mais Euro-Palestine a décidé, à la demande du principal intéressé, de différer la manifestation, car Ménargues « souhaite que le mouvement de solidarité ait le temps de se déployer en profondeur », selon le journaliste Jean-Paul Cruse, membre d’Euro-Palestine. Ce dernier précise que Ménargues « sera présent au concert d’Euro-Palestine le 6 novembre porte de Versailles. Il y dédicacera ses deux derniers livres. Venez tous le rencontrer et lui signifier votre solidarité, en achetant aussi ces deux excellents bouquins, bourrés d’informations inédites. »
La présence, en tant que porte-parole d’Alain Ménargues, du "journaliste Jean-Paul Cruse, membre d’Euro-Palestine", est intéressante. Jean-Paul Cruse est un ancien militant d’extrême gauche qui fut longtemps journaliste à Libération, et dut en démissionner en 1994 après avoir publié, dans L’Idiot International, un article prônant une alliance "rouge-brun" allant des communistes au Front national.
Le 20 octobre, le site islamiste Islamiya.info publie un texte signé "Mahlouq" qui commence ainsi :
« Après que l’on se soit attaqué à des hommes de lettres, à des politiques, à des fonctionnaires, à des particuliers soit par les moyens réglementaires soit par d’autres voies comme les agressions, le chantage, les menaces physiques, les voies de fait… voilà que l’on s’en prend également à M. Alain Ménargues, pourtant journaliste et directeur de l’information de RFI. Il n’est pas nécessaire, cher lecteur, de vous désigner le coupable qui peut agir tant dans la pénombre lorsqu’il veut faire endosser ses méfaits aux autres qu’au grand jour lorsqu’il se sent fort car vous le comprendrez après que vous saurez pourquoi la victime a été immolée sur les autels de l’injustice et de l’intolérance. Et le lobby sioniste… et certainement pas Juif comme certains voudraient nous le faire croire… n’est pas innocent !!! »
Ce texte sera repris par le site Quibla.net, qui l’agrémentera d’une illustration où le nom de RFI devient «Radio France Israël», avec les couleurs de l’État d’Israël. Toujours sur Quibla.net, on trouve une "Lettre ouverte" aux syndicats de RFI, par l’inévitable Alain Coutte, qui accuse les journalistes d’être « aux ordres de la "finance internationale sioniste" qui achète des espaces publicitaires de leurs quotidiens, hebdomadaires et mensuels. »
Le 22 octobre, le club RJLiban publie dans son bulletin la présentation du livre Le Mur de Sharon, faite par Alain Ménargues, le 24 septembre, lors d’une rencontre du club à Paris. Le rédacteur du bulletin, sous le titre "Le sionisme, un intégrisme dangereux pour la France et pour l’Europe", explique que « la France ploie sous le diktat sioniste, véritable terrorisme intellectuel, en phase avec le terrorisme pratiqué au quotidien à l’encontre de la population palestinienne par Israël, depuis la création de cet État raciste » Il ajoute :
« Cette explication est la seule logique que l’on puisse donner au nouvel assassinat médiatique secouant cette semaine Radio France Internationale, à savoir la démission forcée de son directeur de l’information, nommé en juin, notre grand ami Alain Ménargues, accusé d’avoir dit la vérité sur les agissements du gouvernement Sharon se basant le Lévitique appliqué en Israël, pays où il a effectué un séjour en avril. »
Le rédacteur du bulletin croit bon ensuite de préciser : « Nos propos ne sont pas “antisémites”, car les Libanais et les Arabes sont un peuple sémite, avant de conclure sur cet appel : « À la France et aux Nations unies – avec l’Angleterre –, de trouver une solution à la monstruosité de l’État d’Israël… »
Les amis libanais de M. Ménargues sont manifestement très remontés, car, le lendemain, 23 octobre, le directeur de la rédaction du bulletin RJLiban, Naji Farrah, publie un communiqué où il affirme :
« Il ne faut pas avoir peur de combattre l’inquisition sioniste, aussi bien juive israélienne que protestante américaine, à laquelle seuls un catholicisme et une orthodoxie de masse organisés, entre les Amériques du Nord et du Sud, l’Europe et l’Asie peuvent s’opposer, pour enrayer la folie destructrice opérée à partir de l’État d’Israël. »
Pendant ce temps, le site internet Beurfm.net, associé à la radio communautaire du même nom, entretient sur son forum («modéré», c’est-à-dire contrôlé par un membre de la rédaction) une rubrique intitulée «Soutenons d’urgence A. Ménargues» où on lit : « Encore une fois la dictature des Médias a frappé. »
Communiqués de soutien, campagnes de solidarité: le front «antisioniste» fait bloc derrière l’auteur du «Mur de Sharon»
Dès le 10 octobre, le site internet «altermondialiste» Oulala.net (dont L’Arche a signalé, par le passé, les dérapages au sujet des Juifs) titre: «Tentative d’intimidation du journaliste Alain Ménargues» . Il s’agit là d’une réaction au communiqué de la Société des journalistes de RFI, protestant contre les propos «inacceptables» d’Alain Ménargues lors d’un débat sur LCI («Israël est un État raciste»).
Le 16 octobre, on connaît déjà les propos tenus le 12 octobre par Alain Ménargues sur Radio Courtoisie (le Lévitique, le pur et l’impur, le ghetto de Venise créé par les Juifs), à propos desquels la Société des journalistes de RFI a déclaré que «la frontière de l’intolérable est franchie». C’est pourtant à partir de ce jour que se multiplient, dans la frange pro-palestinienne, altermondialiste et islamiste, les manifestations de soutien à Alain Ménargues.
La journaliste suisse Silvia Cattori, elle aussi coutumière de propos outranciers sur les Juifs et Israël, publie un article en ce sens sur les sites pro-palestiniens ISM-France et ISM-Suisse (l’International Solidarity Movement, ou ISM, est un organisme qui envoie dans les territoires palestiniens des militants habituellement désignés par la presse comme des «pacifistes»). L’article de Silvia Cattori, intitulé «Les journalistes intègres ne courent pas les rues», débute ainsi:
En voilà un qui échappe à la règle. Qui a osé dire la stricte vérité. Qui a osé qualifier Israël «d’État raciste». Tirons-lui notre chapeau.
Cet article sera aussitôt repris sur divers sites pro-palestiniens, à commencer par Oulala.net et Quibla.net.
Le 17 octobre, l’intersyndicale de RFI convoque une assemblée générale du personnel pour réagir aux propos d’Alain Ménargues à Radio Courtoisie. Ce même jour, la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP) , un organisme qui envoie lui aussi des «militants pacifistes» dans les territoires palestiniens, publie un communiqué intitulé: «Soutien à Alain Ménargues, directeur de l’information à Radio France Internationale».
La CCIPPP déclare notamment:
L’ensemble des individus et associations ayant à cœur l’établissement d’une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens sont indignés par la campagne de calomnies et les pressions en vue de sanctions à l’encontre de M. Alain Ménargues, directeur de l’information de RFI, pour ses propos condamnant la politique raciste du gouvernement Sharon. (…)
Nous dénonçons avec vigueur les tentatives de faire taire ceux qui, comme M. Alain Ménargues, en dépit du lâche silence de la plupart des média et des multiples intimidations, refusent d’étouffer leur conscience.
Face au racisme, à l’injustice et au cynisme guerrier, l’histoire nous l’apprend, il ne peut y avoir de devoir de réserve comme le prétendent ses détracteurs. Il y a en revanche, une obligation d’indignation et c’est tout à l’honneur de M. Ménargues de s’y être conformé.
Il est urgent de nous mobiliser et de protester contre les menaces d’éviction qui pèsent sur ce dernier et qui n’ont pas d’autre objectif que d’infléchir la ligne éditoriale de RFI au détriment du peuple palestinien.
Appelez d’urgence le standard de RFI au 01-56-40-39-24 et protestez auprès de M. Schwartz [sic], PDG de RFI, et auprès du ministère des affaires étrangères (ministère de tutelle de la station RFI) au 01-43-17-53-53.
Le communiqué de la CCIPPP est aussitôt repris sur les sites Euro-Palestine, Oulala.net, Oumma.com et Indymedia; sur ce dernier site, il est publié avec la double signature de la CCIPPP et de l’AFPS (Association France-Palestine Solidarité).
Toujours le 17 octobre, le site internet Euro-Palestine, qui est en fait un site commun à la Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient (CAPJPO) et au mouvement Euro-Palestine, s’ouvre sur le titre: «Nouvelle chasse aux sorcières, contre le journaliste Alain Ménargues».
Euro-Palestine écrit notamment:
Une nouvelle tentative de chasse aux sorcières est en cours, à Radio France Internationale et avec l’appui impudent du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères (un nommé Hervé Ladsous), contre le journaliste Alain Ménargues, de Radio France Internationale (RFI), coupable de voir en Israël un «État raciste». En réalité, les détracteurs d’Alain Ménargues ne lui reprochent pas seulement de qualifier de la sorte, à juste raison d’ailleurs, cet État fondé sur des critères ethnico-religieux, mais surtout les informations, pertinentes et inédites, fournies par ce journaliste d’expérience, sur les crimes d’Ariel Sharon et plus généralement de l’État israélien. (…)
Alain Ménargues, qui est aujourd’hui directeur général adjoint de Radio France Internationale, dénonce la fusion, désormais totale, de l’idéologie sioniste dominante en Israël, avec les préceptes les plus rétrogrades trouvés dans la Torah: l’enfermement sur soi-même, au nom d’une imaginaire pureté du Juif par rapport au non-Juif.
À Euro-Palestine, on est donc parfaitement informé des thèses d’Alain Ménargues sur le pur et l’impur chez les Juifs. Qui plus est, on les partage et on les diffuse.
Le 18 octobre paraît un communiqué signé «CAPJPO», qui reprend le texte ci-dessus, avec un titre actualisé: «Alain Ménargues contraint de démissionner: Un scandale de plus!» Le paragraphe sur «les préceptes les plus rétrogrades trouvés dans la Torah» et l’«imaginaire pureté du Juif par rapport au non-Juif» est toujours là. On est donc en droit d’estimer que tous les membres de la CAPJPO, comme d’Euro-Palestine, ont sciemment avalisé ces propos antisémites.
Le communiqué de la CAPJPO est aussitôt publié sur le site des «pacifistes» de l’ISM. À cet instant plus personne, dans les milieux concernés, ne peut ignorer les circonstances exactes du départ forcé d’Alain Ménargues et notamment ses déclarations du 12 octobre à Radio Courtoisie. Et c’est alors que les militants de l’antisionisme font entendre leur voix.
Le site internet Vigie Média Palestine, spécialisé dans la publication de textes extrémistes dénonçant à tour de bras tous les médias français coupables de ne pas soutenir suffisamment la cause palestinienne, et qui s’efforce d’orchestrer des envois de courriers en ce sens aux journalistes et aux autorités, lance un appel à soutenir Alain Ménargues. Attribuant la démission forcée de ce dernier à un sombre complot, et ignorant que ce sont les journalistes de RFI qui l’ont imposée au PDG de la station, Vigie Média Palestine écrit: «Les journalistes seraient heureux de voir qu’il reste des consciences prêtes à réagir et empêcher qu’on ne les bâillonne si facilement» et demande à ses fidèles de «faire un mail directement» à Antoine Schwarz, dont il donne l’adresse.
Le 18 octobre, Ginette Skandrani – une ex-militante des Verts, qui fréquente assidûment les milieux négationnistes et figure parmi les enragés de l’antisionisme – publie à travers son association La Pierre et L’Olivier une «déclaration» affirmant qu’«Alain Ménargues vient de payer pour ses déclarations objectives et récentes sur le racisme et l’apartheid d’Israël» et protestant «contre cette dictature de la pensée qui envahi [sic] tous les médias, y compris RFI».
Le 18 octobre toujours, Alain Coutte – un polygraphe marseillais qui inonde les réseaux internet de sa production, et qui s’était manifesté lors du retrait de la vente du livre antisémite d’Israël Shamir L’autre visage d’Israël – publie une «lettre à Antoine Schwartz [sic], PDG de RFI», où il fait part de toute son «indignation» suite à la démission forcée d’Alain Ménargues. «En effet, explique-t-il, le "sionisme politique" représente la dernière idéologie néfaste qui survit encore au monde». Cette lettre est mise en ligne par Quibla.net, «le quotidien online des Musulmans libres et actifs et leurs alliés».
Le 19 octobre c’est une autre vieille connaissance, Marcel Charbonnier, qui prend la plume. M. Charbonnier est le rédacteur du bulletin Point d’information Palestine, qui a traduit et diffusé les textes antisémites signés Israël Shamir. Il écrit une lettre ouverte à Alain Ménargues, qui commence ainsi: «Je viens de lire votre livre courageux, et j’apprends que vous avez été contraint à la démission, par une campagne de diffamation s’assimilant à une curée, de la part de journaleux prétendument “syndicalistes” qui, de surcroît, étaient placés sous votre responsabilité, et je suppose aussi, votre autorité» et s’achève sur son «espoir de vous entendre très bientôt sur des ondes françaises libérées». Libérées de qui? On laisse au lecteur le soin de compléter. Cette lettre est publiée par le site Vigie Média Palestine, sous les seules initiales de l’auteur et avec le titre «La police de la pensée»; elle est publiée également par le site Quibla.net, où elle est attribuée à «notre ami Marcel Charbonnier».
Le site internet des amis de Dieudonné – dirigé par Pierre Panet, ancien candidat sur la liste Euro-Palestine – annonce le 19 octobre: «Une nouvelle victime du sionisme: Démission d’Alain Ménargues».
Le même jour, le site islamiste Quibla.net publie un long article intitulé «Le crime d’Alain Ménargues», où on lit:
"Ils ont eu sa peau en quelques jours d’une campagne parfaitement orchestrée et minutée. Ainsi, au moment même où Michel Barnier rencontrait Ariel Sharon et les autres chefs sionistes à Tel Aviv, à Paris, Alain Ménargues a été contraint de remettre sa démission.
Alain Ménargues n’est pas un «renégat» obscur comme Israël Shamir, l’hérétique israélien, ce n’est pas un comique noir comme Dieudonné, ce n’est pas un chercheur révisionniste comme Serge Thion, ce n’est pas un militant politique et encore moins un révolutionnaire. (…)
Cette affaire est beaucoup plus grave que toutes les affaires qui ont eu lieu ces 3 dernières années. Plus grave que les procès intentés par le CRIF ou la LICRA ou le MRAP, à Roger Garaudy, à Dieudonné, à Serge Thion, à Edgar Morin, Sami Naïr, Danièle Sallenave et tant d’autres. Elle est plus grave que le licenciement de Serge Thion du CNRS (son crime: avoir écrit une lettre à Lionel Jospin pour se féliciter du caillassage de Bir Zeit, sur du papier à en-tête du CNRS), ou les ennuis de Pascal Boniface (son crime: avoir osé titrer un livre: A-t-on le droit de critiquer Israël?).
Alain Ménargues est aujourd’hui le plus haut responsable d’un service public français ouvertement démis de ses fonctions sur ordre du lobby sioniste. C’est inacceptable."
On aura remarqué, dans ce texte, outre l’obsession conspirationniste («une campagne parfaitement orchestrée et minutée»), la référence à deux négationnistes bien connus: Roger Garaudy et Serge Thion. Ce dernier adressera, deux jours plus tard, un courriel au site Quibla.net (un site «au demeurant excellent», écrit M. Thion) où il tient à préciser que le texte pour lequel il a été mise en cause n’est pas «une lettre à Jospin» mais «un article commentant l’affaire de Bir Zeit», que cet article «n’était nullement écrit "sur du papier à en-tête du CNRS"» et qu’il «n’est paru que sur Internet, sur le site [négationniste – ndlr] de l’AAARGH, où il se trouve encore». Serge Thion et ses amis de Quibla.net oublient évidemment de signaler que la vraie raison du licenciement de M. Thion tient à ses activités négationnistes et antisémites, incompatibles avec le comportement d’un chercheur au CNRS.
Quoi qu’il en soit, l’article sur «Le crime d’Alain Ménargues» est repris par le site des «pacifistes» du CCIPPP et par les sites jumeaux de la CAPJPO et d’Euro-Palestine.
Nous n’avons mentionné jusqu’ici que les «têtes de réseaux», sites Internet régulièrement mis à jour. Les textes qui y sont publiés sont ensuite repris par une multitude de sites militants des mouvances islamistes et altermondialistes, ainsi que par des forums permanents dont le plus connu est la famille des sites Indymedia. Or le délire suscité par la démission forcée d’Alain Ménargues (un délire dont nous n’avons donné ci-dessus qu’une faible image) provoque de la gêne dans certains milieux. D’où cette curieuse "Mise au point sur le soutien à M. Alain Ménargues" publiée le 19 octobre au soir au nom de la CCIPPP sur Indymedia-Paris:
La CCIPPP tient à préciser que si elle a justement soutenu M. Alain Ménargues, directeur de l’information de RFI, lorsque celui-ci a été injustement attaqué pour ses prises de position courageuses en faveur du peuple palestinien, partagées par nombres de consciences, y compris en Israël, elle ne peut que condamner au nom des mêmes principes moraux ses dérapages affligeants tenus le 12-10 sur la non moins affligeante radio Courtoisie. Il a alors lié de façon abusive et offensante Bible, histoire des communautés juive et politique israélienne.
Le plus étonnant dans ce texte, apparemment bien intentionné, est qu’on ne le trouve nulle part ailleurs sur le réseau Internet – même pas sur le site de la CCIPPP. La rétractation, si tant est qu’elle soit authentique, demeure donc clandestine. En revanche, le communiqué de la CCIPPP appelant à soutenir Alain Ménargues continue d’être largement diffusé.
Le 20 octobre, quiconque a lu les journaux du matin est informé des derniers déroulements de l’affaire : non seulement Alain Ménargues est démissionnaire de ses fonctions, mais il doit quitter RFI. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est l’article de Libération paru la veille, où Alain Ménargues affirme « avoir été victime d’une "manip" conduite "par un noyau de Juifs communautaires" qui ne supporteraient pas qu’Israël soit critiqué », article qui a entraîné le personnel de RFI, réuni en assemblée générale, à dénoncer « les propos insultants de M. Ménargues qui ne reposent évidemment sur aucune réalité » et à demander au PDG Antoine Schwarz « de prendre enfin ses responsabilités. »
Ce même jour, le site islamiste Quibla.net publie un texte intitulé "L’affaire Alain Ménargues (suite)". On y lit :
La démission forcée d’Alain Ménargues, sur ordre du Quai d’Orsay, a suscité une tempête de protestations et de messages de solidarité au journaliste. Lundi soir [18 octobre - ndlr], la centaine de participants à une assemblée de la liste Euro-Palestine ont voté le principe d’un rassemblement de soutien pour jeudi 21 devant la Maison de Radio France. Mais Euro-Palestine a décidé, à la demande du principal intéressé, de différer la manifestation, car Ménargues « souhaite que le mouvement de solidarité ait le temps de se déployer en profondeur », selon le journaliste Jean-Paul Cruse, membre d’Euro-Palestine. Ce dernier précise que Ménargues « sera présent au concert d’Euro-Palestine le 6 novembre porte de Versailles. Il y dédicacera ses deux derniers livres. Venez tous le rencontrer et lui signifier votre solidarité, en achetant aussi ces deux excellents bouquins, bourrés d’informations inédites. »
La présence, en tant que porte-parole d’Alain Ménargues, du "journaliste Jean-Paul Cruse, membre d’Euro-Palestine", est intéressante. Jean-Paul Cruse est un ancien militant d’extrême gauche qui fut longtemps journaliste à Libération, et dut en démissionner en 1994 après avoir publié, dans L’Idiot International, un article prônant une alliance "rouge-brun" allant des communistes au Front national.
Le 20 octobre, le site islamiste Islamiya.info publie un texte signé "Mahlouq" qui commence ainsi :
« Après que l’on se soit attaqué à des hommes de lettres, à des politiques, à des fonctionnaires, à des particuliers soit par les moyens réglementaires soit par d’autres voies comme les agressions, le chantage, les menaces physiques, les voies de fait… voilà que l’on s’en prend également à M. Alain Ménargues, pourtant journaliste et directeur de l’information de RFI. Il n’est pas nécessaire, cher lecteur, de vous désigner le coupable qui peut agir tant dans la pénombre lorsqu’il veut faire endosser ses méfaits aux autres qu’au grand jour lorsqu’il se sent fort car vous le comprendrez après que vous saurez pourquoi la victime a été immolée sur les autels de l’injustice et de l’intolérance. Et le lobby sioniste… et certainement pas Juif comme certains voudraient nous le faire croire… n’est pas innocent !!! »
Ce texte sera repris par le site Quibla.net, qui l’agrémentera d’une illustration où le nom de RFI devient «Radio France Israël», avec les couleurs de l’État d’Israël. Toujours sur Quibla.net, on trouve une "Lettre ouverte" aux syndicats de RFI, par l’inévitable Alain Coutte, qui accuse les journalistes d’être « aux ordres de la "finance internationale sioniste" qui achète des espaces publicitaires de leurs quotidiens, hebdomadaires et mensuels. »
Le 22 octobre, le club RJLiban publie dans son bulletin la présentation du livre Le Mur de Sharon, faite par Alain Ménargues, le 24 septembre, lors d’une rencontre du club à Paris. Le rédacteur du bulletin, sous le titre "Le sionisme, un intégrisme dangereux pour la France et pour l’Europe", explique que « la France ploie sous le diktat sioniste, véritable terrorisme intellectuel, en phase avec le terrorisme pratiqué au quotidien à l’encontre de la population palestinienne par Israël, depuis la création de cet État raciste » Il ajoute :
« Cette explication est la seule logique que l’on puisse donner au nouvel assassinat médiatique secouant cette semaine Radio France Internationale, à savoir la démission forcée de son directeur de l’information, nommé en juin, notre grand ami Alain Ménargues, accusé d’avoir dit la vérité sur les agissements du gouvernement Sharon se basant le Lévitique appliqué en Israël, pays où il a effectué un séjour en avril. »
Le rédacteur du bulletin croit bon ensuite de préciser : « Nos propos ne sont pas “antisémites”, car les Libanais et les Arabes sont un peuple sémite, avant de conclure sur cet appel : « À la France et aux Nations unies – avec l’Angleterre –, de trouver une solution à la monstruosité de l’État d’Israël… »
Les amis libanais de M. Ménargues sont manifestement très remontés, car, le lendemain, 23 octobre, le directeur de la rédaction du bulletin RJLiban, Naji Farrah, publie un communiqué où il affirme :
« Il ne faut pas avoir peur de combattre l’inquisition sioniste, aussi bien juive israélienne que protestante américaine, à laquelle seuls un catholicisme et une orthodoxie de masse organisés, entre les Amériques du Nord et du Sud, l’Europe et l’Asie peuvent s’opposer, pour enrayer la folie destructrice opérée à partir de l’État d’Israël. »
Pendant ce temps, le site internet Beurfm.net, associé à la radio communautaire du même nom, entretient sur son forum («modéré», c’est-à-dire contrôlé par un membre de la rédaction) une rubrique intitulée «Soutenons d’urgence A. Ménargues» où on lit : « Encore une fois la dictature des Médias a frappé. »
© L'Arche
Mis en ligne le 25 novembre 2004 sur le site www.upjf.org.











