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Désinformation
Faire passer un message impopulaire sur le Moyen-Orient ?
17/11/2004Une bonne centaine de personnes étaient présentes, ce mardi 16 novembre, dans le cadre sympathique du Stam café, pour débattre du thème Comment faire passer un message impopulaire sur le Moyen-Orient ?
En l’absence de Pierre Lefebvre, c’est Liliane Messika qui anime la réunion et présente l’association Primo, puis les orateurs.
Kébir Jbil, du MMLF, dénonce le stéréotype qui consiste à classer tous les Français d’ascendance musulmane, y compris ceux qui ont fui leur pays d’origine pour échapper à l’islamisme, dans une catégorie unique et réductrice, les “musulmans”, que l’on suppose monolithique, alors que tous les degrés d’adhésion à la religion et à la culture coexistent, comme chez les Juifs.
Liliane Messika évoque son dernier roman, L’occidenté, et la cécité ou l’indifférence absolue des médias pour tout écrit qui ne va pas dans le sens de la ligne éditoriale. Elle révèle le scoop du Canard enchaîné à paraître le lendemain : Arafat est mort d’une cirrhose du foie.
Frédéric Encel, qui vient de publier, avec François Thual, Géopolitique d’Israël, analyse les ressorts psychologiques de la pensée unique française et décrit quelles techniques il emploie pour placer, par exemple ses étudiants (F. Encel est professeur de géopolitique à l’ENA), devant les contradictions de leurs a priori sur le Moyen-Orient.
Il rappelle l’évolution de la perception des Juifs, et plus tard d’Israël, par la France, et en particulier par la gauche française, depuis l’affaire Dreyfus en passant par la création d’Israël, la guerre des Six Jours et l’Intifada. Des intellectuels de toutes tendances, par ailleurs plutôt laïcs et tolérants (il mentionne Xavier Ternisien, du Monde) sont fascinés par l’Islam, sa pureté, sa ferveur. Cette attirance les place dans la mauvaise position d’un Brasillach d’avant la Collaboration, par rapport au fascisme, d’un Sartre par rapport au communisme ou de nombreux penseurs et médiacrates des années 60 et 70, encore en activité, envers Mao.
Décortiquant plusieurs débats télévisés ou radiophoniques, auxquels il lui fut donné de participer, il explique qu’il faut assimiler la logique très particulière et réductrice de ce mode d’expression, et aller à l’essentiel en un temps minimal, sous peine d’être impitoyablement zappé par le présentateur, même quand celui-ci est de bonne foi. Il résume la tactique à adopter par la formule « plutôt dix fois 'chaud' qu’une fois ‘brûlant’ » et, par des anecdotes, montre comment l’indignation et la dénonciation des médias ne passent pas à la télé.
La France, explique-t-il, peut légitimement avoir intérêt à soutenir le monde arabe. Mais rien ne serait plus dangereux que de déterminer une politique par la crainte des banlieues. Il conclut en se félicitant que la France, hypocrite mais pragmatique, découple son soutien inconditionnel aux thèses arabes de ses relations économiques avec Israël, qui sont plutôt en progression.
Le débat, amical et pertinent, s’est prolongé jusqu’à une heure tardive. Rendez-vous aux prochains mardis de Primo.
En l’absence de Pierre Lefebvre, c’est Liliane Messika qui anime la réunion et présente l’association Primo, puis les orateurs.
Kébir Jbil, du MMLF, dénonce le stéréotype qui consiste à classer tous les Français d’ascendance musulmane, y compris ceux qui ont fui leur pays d’origine pour échapper à l’islamisme, dans une catégorie unique et réductrice, les “musulmans”, que l’on suppose monolithique, alors que tous les degrés d’adhésion à la religion et à la culture coexistent, comme chez les Juifs.
Liliane Messika évoque son dernier roman, L’occidenté, et la cécité ou l’indifférence absolue des médias pour tout écrit qui ne va pas dans le sens de la ligne éditoriale. Elle révèle le scoop du Canard enchaîné à paraître le lendemain : Arafat est mort d’une cirrhose du foie.
Frédéric Encel, qui vient de publier, avec François Thual, Géopolitique d’Israël, analyse les ressorts psychologiques de la pensée unique française et décrit quelles techniques il emploie pour placer, par exemple ses étudiants (F. Encel est professeur de géopolitique à l’ENA), devant les contradictions de leurs a priori sur le Moyen-Orient.
Il rappelle l’évolution de la perception des Juifs, et plus tard d’Israël, par la France, et en particulier par la gauche française, depuis l’affaire Dreyfus en passant par la création d’Israël, la guerre des Six Jours et l’Intifada. Des intellectuels de toutes tendances, par ailleurs plutôt laïcs et tolérants (il mentionne Xavier Ternisien, du Monde) sont fascinés par l’Islam, sa pureté, sa ferveur. Cette attirance les place dans la mauvaise position d’un Brasillach d’avant la Collaboration, par rapport au fascisme, d’un Sartre par rapport au communisme ou de nombreux penseurs et médiacrates des années 60 et 70, encore en activité, envers Mao.
Décortiquant plusieurs débats télévisés ou radiophoniques, auxquels il lui fut donné de participer, il explique qu’il faut assimiler la logique très particulière et réductrice de ce mode d’expression, et aller à l’essentiel en un temps minimal, sous peine d’être impitoyablement zappé par le présentateur, même quand celui-ci est de bonne foi. Il résume la tactique à adopter par la formule « plutôt dix fois 'chaud' qu’une fois ‘brûlant’ » et, par des anecdotes, montre comment l’indignation et la dénonciation des médias ne passent pas à la télé.
La France, explique-t-il, peut légitimement avoir intérêt à soutenir le monde arabe. Mais rien ne serait plus dangereux que de déterminer une politique par la crainte des banlieues. Il conclut en se félicitant que la France, hypocrite mais pragmatique, découple son soutien inconditionnel aux thèses arabes de ses relations économiques avec Israël, qui sont plutôt en progression.
Le débat, amical et pertinent, s’est prolongé jusqu’à une heure tardive. Rendez-vous aux prochains mardis de Primo.
© Jean Terreneuve, pour upjf.org
Mis en ligne le 17 novembre 2004 sur le site www.upjf.org.












