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Editions Hatier, problème de l'eau et projets 'sionistes', H. Pasternak
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Article paru dans L’Arche, n° 553, mars 2004.

(Les mises en exergue typographiques - couleurs et grasses - sont le fait de la Rédaction d'upjf.org.)

[Une enquête remarquable de précision et totalement dénuée de polémique et de parti pris. A lire attentivement et diffuser largement. A noter (voir en fin d'article) que le manuel épinglé, ci-après, par L'Arche, est également utilisé à l'Université Libre de Bruxelles, et l'est probablement dans maints autres établissements d'enseignement secondaire et supérieur francophones en Europe. M. Macina.]


Le manuel de géographie, destiné aux classes de 2nde, et publié par Hatier, contient une double page intitulée «L’eau en Palestine, un enjeu conflictuel» (1). Cette double page s’ouvre sur une grande carte, censée représenter «les ressources hydrauliques d’Israël et de la Palestine» (p. 100). On y distingue les frontières de l’État d’Israël et, en pointillés de couleur grise, les «limites de l’État juif selon les sionistes (1920)». Les élèves de 2nde utilisant le manuel Hatier apprennent ainsi que «l’État juif selon les sionistes» recouvre non seulement Israël et les territoires palestiniens mais aussi le Sud du Liban, la totalité du Golan plus une partie du territoire syrien, une partie de la Jordanie et une partie du Sinaï égyptien. Pour qui s’interrogerait sur ces revendications territoriales, une note précise: «Le plan de l’Organisation sioniste mondiale montre que le contrôle des eaux du Jourdain est une revendication sioniste ancienne: dès 1920, les frontières du futur État juif étaient pensées à partir de considérations hydrauliques.» L’adolescent qui lit ces lignes n’a plus aucun doute, désormais, quant à l’existence d’un complot sioniste visant à annexer de vastes territoires, bien au-delà de l’État juif actuel.

Quelle est la source de ces informations? C’est un professeur de géographie à la retraite, du nom de Georges Mutin. Spécialiste du monde arabe, Georges Mutin a publié, en 2000, un ouvrage intitulé L’eau dans le monde arabe (éditions Ellipses), et en 2001, à la Documentation française, la brochure De l’eau pour tous qui contient un chapitre intitulé «Inégal partage de l’eau en Palestine». Le manuel Hatier donne, pour référence de sa carte, le premier des deux ouvrages; mais dans le second on trouve (p. 44) une carte analogue. Or, si les éditions Ellipses sont une petite maison spécialisée dans les ouvrages parascolaires, la Documentation française, elle, est une institution officielle, dépendant des services du Premier ministre. La caution publique ainsi donnée au fantasme d’un «plan de l’Organisation sioniste mondiale» visant à la conquête du Proche-Orient, est inquiétante : comment réfuter, dès lors, la reprise de ce fantasme par un manuel scolaire?

Trois citoyens, Alexandre Feigenbaum, Bernice Dubois et Georges Biézunski, se sont adressés à Georges Mutin pour lui demander sur quoi il fondait ses affirmations. D’autant qu’il ne s’agit pas seulement d’une carte. Dans ses commentaires, l’auteur dresse le tableau d’un État d’Israël expansionniste et oppresseur. À le lire, les ressources en eau de la région sont accaparées par «les Juifs». En réponse, Georges Mutin a indiqué deux références: Jeffrey D. Dillman et le professeur Hillel Shuval.

Commençons par le premier. Jeffrey D. Dillman est l’auteur d’un article, dont la traduction française a paru dans la Revue d’études palestiniennes, sous le titre «Le pillage de l’eau dans les territoires occupés» (n° 35, printemps 1990). Un extrait de cet article est d’ailleurs repris dans le manuel Hatier (p. 101), avec la mention: «J. D. Dillman, commissariat aux réfugiés». On y lit, notamment: «L’eau utilisée par les colons juifs pour l’irrigation est subventionnée, alors que les Palestiniens doivent payer environ quatre fois plus cher que les Juifs pour l’obtenir».

Qui est ce Jeffrey D. Dillman, dont les écrits sur l’eau au Proche-Orient sont devenus une référence pour les géographes français ? Georges Mutin le présente comme étant «du Haut Commissariat de l’ONU aux Réfugiés (HCR)». L’affirmation est exacte, ou plutôt, elle l’était à l’époque; sauf que le HCR n’a aucune compétence pour ce qui est des réfugiés palestiniens, dont les affaires sont traitées par une agence spéciale, l’UNRWA. D’autre part, Jeffrey D. Dillman figurait bien, en 1991, dans l’organigramme du HCR, mais c’était en tant que conseiller juridique adjoint (il a, par la suite, entrepris une carrière de juriste). En d’autres termes, l’«expert» cité pour analyser les problèmes de l’eau des Palestiniens n’était spécialiste ni des problèmes de l’eau, ni des problèmes des Palestiniens…

Passons à la seconde référence citée par Georges Mutin : le professeur Hillel Shuval. Là, il s’agit d’un véritable expert. Professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, spécialiste mondialement reconnu des problèmes de l’eau, Hillel Shuval est par ailleurs engagé, depuis des années, dans une collaboration étroite avec les scientifiques palestiniens pour une bonne gestion de la pénurie d’eau. (En octobre 2004, il coprésida à Rome, avec le professeur Hassan Dwiek, de l’Université Al-Qouds, la Deuxième conférence internationale et israélo-palestinienne sur le thème «L’eau pour la vie, au Proche-Orient», organisée par le Centre israélo-palestinien de recherche et d’information.) Qui plus est, le professeur Hillel Shuval est connu pour son engagement politique en faveur des droits des Palestiniens, soutenant notamment le programme de Sari Nusseibeh et Ami Ayalon pour la coexistence d’un État palestinien avec l’État d’Israël.

Alexandre Feigenbaum, Bernice Dubois et Georges Biézunski ont donc pris contact avec le professeur Hillel Shuval. Ils lui ont soumis le texte publié par Georges Mutin à la Documentation française, ainsi que la fameuse carte «sioniste» et l’article de Jeffrey D. Dillman.

Qu’en est-il de la «carte sioniste»? Georges Mutin écrit que «les revendications d’Israël remontent à la création du mouvement sioniste, comme le révèle [sic] la lettre de C. Weizmann», dont il reproduit ensuite un passage. La lettre en question, qu’il présente comme s’il s’agissait d’un document, jusque-là inconnu et porteur de «révélations» sur les revendications sionistes, est tout simplement un texte, bien connu de tous les historiens, que Weizmann, alors président de l’Organisation sioniste mondiale, publia en 1919 dans le cadre des débats sur le tracé des frontières à la suite de la Première guerre mondiale. Toute la région était, jusque-là, partie intégrante de l’Empire ottoman; avec la chute de celui-ci, il fallait subdiviser le Proche-Orient – placé désormais sous tutelle franco-britannique – en plusieurs entités viables. Tel était le sens de la proposition sioniste, qui mettait l’accent sur l’approvisionnement en eau de la future Palestine où, selon la déclaration Balfour, devait naître un «foyer national juif». Il n’était évidemment pas question d’«annexer» des territoires jordaniens, syriens ou libanais puisqu’aucun de ces pays n’existait à l’époque.

La question des frontières fut réglée entre les Alliés, en 1920, à la Conférence de San Remo (qui ratifia, par ailleurs, la déclaration Balfour, celle-ci devant être ensuite incorporée au mandat sur la Palestine confié à la Grande-Bretagne par la Société des Nations). Dès lors, les documents de travail soumis par les diverses parties, que ce soit la France, la Grande-Bretagne ou l’Organisation sioniste mondiale, étaient caducs. Nul n’imaginerait d’exhumer aujourd’hui les propositions du gouvernement français de 1919 et de les présenter comme des «revendications» actuelles. Il en va de même du document sioniste de 1919 : entre-temps, des frontières ont été tracées, des pays ont été créés, et les réalités contemporaines n’ont plus rien à voir avec celles d’il y a un siècle.

La carte publiée par Georges Mutin – et, à sa suite, par les auteurs du manuel Hatier de géographie – est donc totalement anachronique. Pourtant, les lycéens qui étudient sur ce manuel en classe de 2nde sont incités à croire que «le plan de l’Organisation sioniste mondiale» est pertinent pour la compréhension des problèmes actuels du Proche-Orient. Il s’agit là, dit le professeur Shuval, d’une présentation «absolument fausse et trompeuse» : ce serait «comme publier une carte de l’Europe sous le règne de Napoléon». La différence, bien sûr, est qu’aucune personne raisonnable ne soupçonnera la France actuelle de revendiquer les frontières de l’Empire napoléonien, alors que le mythe selon lequel les «sionistes» ont des revendications sur les pays voisins d’Israël est, lui, plus vivace que jamais.

Voilà pour la carte censée expliquer les visées israéliennes en matière d’hydrologie. Pour le reste, Hillel Shuval n’est guère plus tendre envers les assertions de Georges Mutin (bien que ce dernier, rappelons-le, se réclame de lui). Ayant reçu de Alexandre Feigenbaum, Bernice Dubois et Georges Biézunski son chapitre intitulé «Inégal partage de l’eau en Palestine», il le leur a rendu, surchargé de ratures, d’ajouts et de commentaires. Car on peut être un spécialiste français du monde arabe, et même un auteur publié par la Documentation française sur les problèmes de l’eau, et ne pas bien connaître les problèmes de la région proche-orientale (ce constat ne signifiant pas que nous mettions en cause la bonne foi de Georges Mutin, ni sa compétence de manière générale).

Des multiples corrections faites par Hillel Shuval sur le texte, nous retiendrons les deux suivantes. La première est d’ordre historique. Au sujet de l’absence de coopération entre les États riverains du Jourdain, Georges Mutin écrit: «Aucun des nombreux plans de partage des eaux proposés n’a été accepté par tous». En fait, dit Hillel Shuval, le «plan Johnston», un projet de gestion rationnelle des eaux du Jourdain, établi entre 1953 et 1955 par un expert américain avec des experts israéliens, jordaniens, libanais et syriens, «fut accepté par Israël, mais rejeté par la Ligue arabe et tous les États arabes du bassin». La version donnée par Georges Mutin, si elle est formellement juste, masque donc l’essentiel, à savoir qu’Israël a accepté de coopérer et que les États arabes ont refusé. (Toutefois, ajoute Hillel Shuval, la Jordanie et Israël – et eux seuls – ont accepté de facto de mettre en œuvre les parts qui leur incombent respectivement dans le plan Johnston.)

Plus grave est l’assertion de Georges Mutin, selon laquelle les Palestiniens doivent aujourd’hui se contenter d’une consommation d’eau représentant «dix fois moins que les Israéliens». Hillel Shuval rectifie: «On estime la disponibilité par personne et par an, en eau potable fraîche et de bonne qualité, à 200 m3 pour la Jordanie, à 250 m3 pour Israël, et 85 m3 pour les Palestiniens les plus démunis». C’est-à-dire que la consommation palestinienne ne représente pas le dixième de celle des israéliens, mais le tiers. À cela, Hillel Shuval ajoute une remarque importante: «Les deux pays en amont du bassin du Jourdain – le Liban et la Syrie – disposent d’une quantité d’eau relativement plus importante: en moyenne, 800 à 1 000 m3 d’eau par personne et par an, soit quatre fois plus que les Jordaniens ou les Israéliens et dix fois plus que les Palestiniens.» Il y a donc des inégalités dans la répartition de l’eau, mais elles ne jouent pas toujours au profit de ceux que l’on croit…

Le manuel Hatier donne à ce sujet un tableau comparatif (p. 101), emprunté à des sources autres que les ouvrages de Georges Mutin (un article de la revue de l’INED et un Atlas paru aux éditions Complexe). On trouve, dans ce tableau, une comparaison des consommations d’eau par personne et par an. Le chiffre indiqué pour les Palestiniens (90 m3 en Cisjordanie et 130 m3 à Gaza) est du même ordre de grandeur que celui donné par Hillel Shuval (85 m3). En revanche, le chiffre correspondant pour les Israéliens est, selon Hatier, de 450 m3, alors que Hillel Shuval donne 250 m3. Le professeur Shuval, de l’Université de Jérusalem, étant manifestement mieux qualifié pour chiffrer la consommation d’eau en Israël que l’auteur du manuel Hatier, on se permettra de suggérer respectueusement à ce dernier de revoir sa copie.

Plus remarquable encore est, dans ce même tableau comparatif figurant en page 101 du manuel Hatier, l’absence de chiffres concernant la consommation d’eau en Syrie et au Liban. Pour ces deux pays, les chiffres sont remplacés par des points d’interrogation. Le lecteur non informé (par exemple, le lycéen en classe de 2nde utilisant le manuel Hatier) supposera que les consommations d’eau y sont analogues à celles des régions arabes que sont Gaza et la Cisjordanie. Bref, les Israéliens sont champions toutes catégories. Or nous avons vu, en lisant Hillel Shuval, que c’est le contraire qui est vrai: les Syriens et les Libanais disposent de quatre fois plus d’eau que les Israéliens (et que les Jordaniens, oubliés par Hatier).

On ne saurait donc trop conseiller aux géographes rédacteurs du manuel Hatier de s’informer auprès du professeur Hillel Shuval à Jérusalem. Outre que cela leur permettra de mettre à jour des bases de données manifestement déficientes, ils pourront faire leur profit de remarques comme celle-ci : «Comme dans le cas de la Syrie et de l’Irak (dont les principales sources d’eau se trouvent en Turquie, hors de leurs frontières), et comme dans le cas de l’Égypte (dont l’essentiel des eaux du Nil provient d’autres pays situés en amont), les deux tiers de la consommation en eau d’Israël proviennent de l’extérieur de ses frontières de 1948. La législation internationale reconnaît aux pays qui partagent les eaux de ressources transfrontalières, telles qu’une rivière internationale ou un flux souterrain coulant d’un pays vers un autre, le droit légal de continuer à utiliser l’eau qu’ils avaient utilisée dans le passé.» En termes clairs: Israël a parfaitement le droit d’utiliser sa juste part des ressources en eau qu’il a en commun avec la Cisjordanie.

Pourquoi cette remarque ? Parce que le manuel Hatier reproduit des passages de l’article de Jeffrey D. Dillman, paru en 1990, dans la Revue d’études palestiniennes. Or, on voit, dans ces passages, que non seulement M. Dillman (une des références de Georges Mutin) n’est pas professionnellement qualifié dans ce domaine, mais qu’il écrit des contrevérités, pieusement reproduites à l’usage des lycéens français.

Prenons cette phrase: «L’eau utilisée par les colons juifs pour l’irrigation est subventionnée, alors que les Palestiniens doivent payer environ quatre fois plus cher que les Juifs pour l’obtenir». Scandaleux, pensera, à bon droit, notre lycéen, et digne d’un État d’apartheid: on subventionne les Juifs et pas les Arabes. Voici la vérité, résumée par Hillel Shuval (qui, au plan politique, est, nous l’avons dit, tout sauf adversaire des droits des Palestiniens): «L’eau utilisée par tous les agriculteurs israéliens, qu’ils soient Juifs ou Arabes, ainsi que par les Israéliens habitant les implantations de Cisjordanie et de Gaza, est subventionnée, dans le cadre des mesures socio-économiques internes à l’État d’Israël. Les Palestiniens, eux, doivent payer le prix plein, soit environ quatre fois plus que ce que paient les agriculteurs israéliens, car les autorités palestiniennes ne subventionnent pas l’eau pour l’agriculture.» Ce qui, dans la version publiée par le manuel Hatier, semblait être une discrimination pratiquée par l’État d’Israël entre Juifs et Arabes, est donc une question de politiques comparées des autorités israéliennes et palestiniennes.

Jeffrey D. Dillman, toujours dans le passage publié par le manuel Hatier, décrit ensuite les dommages causés par Israël: «Le pompage massif des eaux de Cisjordanie et de la bande de Gaza par les colons juifs et par le gouvernement israélien a conduit à une baisse de la qualité de l’eau. Si le pompage excessif se poursuit sur une longue période, il existe une menace réelle d’infiltration des eaux salées dans la nappe phréatique, rendant l’eau impropre à la consommation. Dans beaucoup de cas, le processus est irréversible.» Le professeur Shuval commente sèchement: «Ceci n’est vrai que pour l’aquifère côtier en Israël, et ne s’applique pas à l’aquifère de montagne qui est partagé.» En clair : le problème du pompage massif ne porte que sur les réserves d’eau internes à Israël (l’aquifère côtier). Les réserves d’eau communes aux Israéliens et aux Palestiniens (l’aquifère de montagne) ne sont en rien concernées. Contrairement à l’impression donnée, et à ce que croira de bonne foi le lecteur du manuel Hatier, les Palestiniens ne sont pas affectés par le pompage massif effectué par les Israéliens.

N’y aurait-il donc aucun problème? Si, bien sûr. Mais pas ceux qui sont évoqués – on a vu avec quelle légèreté – par Georges Mutin et le manuel Hatier. «Il est évident, écrit Hillel Shuval, que les Palestiniens souffrent intensément de pénurie d’eau. Ils ont besoin de davantage d’eau pour leur développement social et économique. Dans le cadre d’un traité de paix définitif, Israël devra transférer aux Palestiniens une partie de son allocation d’eau potable provenant de l’aquifère de montagne et/ou du Jourdain. Des officiels israéliens de haut niveau, y compris le directeur du Service national des eaux, ont déclaré publiquement qu’Israël devra, en fin de compte, redistribuer une partie de son eau aux Palestiniens afin de satisfaire leurs besoins urgents, domestiques et urbains.»

Ici, le professeur Shuval rappelle ce qu’il a écrit lui-même en 1996, dans un article publié par le Palestine-Israel Journal : «Israël devrait être intéressé à garantir que les Palestiniens aient suffisamment d’eau, non seulement pour survivre mais pour coexister comme des voisins prospères dans le bien-être et la sécurité». Il ajoute cependant: «Israël, aussi, a des problèmes de pénurie d’eau qui ne font que s’aggraver, et ne pourra jamais satisfaire tous les besoins futurs des Palestiniens». Mais Israël n’est pas seul en cause dans ce partage: «Selon les principes de la loi internationale sur l’eau, tous les riverains – c’est-à-dire tous les pays situés dans un bassin international, comme le bassin du Jourdain – doivent se partager équitablement les eaux de manière à satisfaire les besoins de tous. C’est pourquoi des experts dans le domaine de l’eau ont proposé que non seulement Israël contribue sa part, mais aussi que l’on demande à la Syrie et au Liban, qui sont relativement riches en eau, de transférer une partie de leurs ressources à leurs frères arabes en aidant les Palestiniens à satisfaire leurs besoins urgents

Armés de ces observations, les trois citoyens évoqués plus haut (Alexandre Feigenbaum, Bernice Dubois et Georges Biézunski) se sont adressés à la Documentation française, afin de demander que soient corrigées les inexactitudes figurant dans le chapitre du livre de Georges Mutin relatif au Proche-Orient. À ce jour, ils n’ont reçu aucune réponse.

En ce qui concerne les éditions Hatier, nous n’avons pas connaissance d’une démarche qui aurait été entreprise. Mais ne serait-il pas préférable que les responsables de cette maison prennent eux-mêmes l’initiative de réviser ce chapitre du manuel de 2nde? Ils suivraient en cela l’exemple d’un autre éditeur, Hachette, qui, en 2001, avait, lui aussi, reproduit la «carte sioniste» de Georges Mutin dans un manuel scolaire (Enseignement Scientifique, à l’usage des classes de 1ère littéraire). Alerté par Patrick Gaubert, président de la LICRA, sur les fantasmes d’un complot sioniste qui pouvaient être ravivés par la diffusion de cette carte, le directeur éditorial des publications scientifiques, Dominique Dumur, avait aussitôt répondu par une lettre en date du 20 juillet 2001, où il écrivait: «Nous prenons conscience que l’exemple retenu pour illustrer les problèmes de l’eau dans le monde était sans doute mal choisi du fait de son caractère polémique. Compte tenu de notre vocation d’éditeur scolaire, nous tenons tout particulièrement à garantir l’objectivité et la neutralité de nos ouvrages. C’est pourquoi nous avons pris la décision de réimprimer l’ouvrage, ce qui sera fait dans les meilleurs délais pour le mettre à la disposition des élèves, dès la rentrée scolaire de septembre 2001, après avoir modifié la page 90 en remplaçant le texte de G. Mutin et la carte qui l’accompagne par d’autres documents.» Cet engagement fut tenu.

On attend donc la réaction de Hatier.

Henri Pasternak

© L’Arche


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1. Manuel de géographie pour les classes de 2nde, Hatier, dernière édition: avril 2001. Sous la direction d’Annette Ciattoni, agrégée de géographie, professeur au lycée Louis-le-Grand à Paris.

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Nos remerciements à Meïr Waintrater, Rédacteur en chef de L’Arche, qui nous a transmis ce texte important.

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Update 06/05/04

----- Original Message -----
From: J. M. G.
To: upjf@skynet.be
Sent: Wednesday, May 05, 2004 7:23 PM
Subject: Cours de géographie humaine

Bonjour, Cher Monsieur,

Je suis un habitué de site UPJF, que je consulte régulièrement en raison de son exactitude en matière d'information et de sa diversité.

Je viens de lire l'article intitulé "Editions Hatier, problème de l'eau et projets 'sionistes'", de H. Pasternak.

Je suis étudiant à l'Université Libre de Bruxelles (ULB) [et je vous signale que], dans notre cours de ''Géographie humaine'', il y a, effectivement, un chapitre qui parle de ce sujet, lequel est également matière d'examen. Le cours est directement tiré de l'ouvrage de Georges Mutin. D'ailleurs cela est confirmé par le fait que les références du livre sont mentionnées à la fin du syllabus [polycop].

Les arguments du livre des Editions Hatier se retrouvent, mot pour mot, dans notre cours de géographie humaine. Il faut savoir sachant que ce cours est donné dans plusieurs facultés différentes de l'ULB.

Je tenais à vous en informer.

Bien à vous.

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Mis en ligne les 5 et 6 mai 2004 sur le site www.upjf.org



Update 06/05/04

Un étudiant de l'Université Libre de Bruxelles nous signale que le manuel délictueux est également utilisé dans cet établissement d'enseignement supérieur belge.
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