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Désinformation
Primo-Europe et la fiabilité du cinéaste Eyal Sivan
Sous le titre "Les romans font souvent de mauvais films", notre confrère met à mal - à juste titre - la réputation du cinéaste israélo-français Eyal Sivan. Nous reproduisons ici ce commentaire pugnace. M. Macina.Un cinéaste israélien a récemment eu l’honneur de voir son film diffusé sur Arte, durant 4 h 30. Nous avons eu l’occasion de dire tout le 'bien' que nous pensions de ce film. Sur le plan cinématographique, il ne laissera pas une empreinte indélébile. Sur le plan du message véhiculé, Primo Europe déplore qu’Arte se soit rendu complice d’une désinformation patente, notamment sur le prétendu « massacre de Lod ».
Mais la vie d’un cinéaste, même modeste et peu doué, est truffée de décisions et d’anecdotes savoureuses. Eyal Sivan a sorti un autre film (3 en tout), le seul qui a su lui apporter un peu de notoriété, sur le procès Eichmann. A l’occasion de la sortie de ce film, il a aussi écrit un livre sur le même thème (Rony Brauman, Eyal Sivan Eloge de la désobéissance - Le procès Eichmann: essai sur la responsabilité, Le Pommier).
Pour ce livre et ce film, Eyal Sivan dut subir le rythme infernal d’une campagne auto-promotionnelle. C’est ainsi qu’il fut interviewé sur une radio périphérique. Lors de cet entretien, il a assuré avec force que le Mémorial du Yad Vashem avait été édifié sur le site d'un village palestinien dévasté pendant la guerre d'Indépendance.
Le journaliste lui fit remarquer qu'après avoir consulté nombre d'universitaires et de spécialistes israéliens de la géographie "palestinienne", il apparaissait qu'un tel village n'avait jamais existé. A la question de savoir où le grand justicier avait pêché une telle information, celui-ci a répondu qu'il l'avait lue dans... un roman. Devant la stupéfaction du journaliste qui se permit de lui demander comment on peut oser affirmer des choses aussi redoutables sur la foi de romans, Eyal Sivan a perdu le contrôle de soi et l'entretien radiophonique a dû être interrompu. Comme quoi, il est indispensable de savoir garder son sang-froid en toute occasion !
Nous ne pouvons qu’inciter Arte à plus de discernement lors des décisions de co-productions. Cela aurait peut être permis aux téléspectateurs français de visionner un film plus abouti, plus rigoureux dans son écriture cinématographique et plus crédible dans son argumentation. Les romans font souvent de mauvais films.
Eyal Sivan, habitué des coups de pub, se prétend "opposant" au régime israélien. Il en a le droit et nul ne songe à lui reprocher ce fait. De là à dire qu’il risque la peine de mort dans la seule démocratie qui n’a jamais prononcé cette peine depuis 50 ans, est parfaitement exagéré. Certes, il a reçu un jour, par voie postale, une balle de calibre 22 mm, accompagnée de la mention "la prochaine n'arrivera pas par la poste" (voir communiqué de presse ci-après). Mais cela arrive à d’autres qui prennent des positions autrement plus courageuses (cf. Patrick Gaubert, de la LICRA, à qui Primo Europe veut manifester ici sa solidarité).
La paranoïa politique n’est jamais excusable. Primo Europe voudrait donc apporter un léger rectificatif à l’appellation que se donne volontiers le cinéaste Sivan, celui qui joue au petit Salomon derrière sa caméra : il est "dans l’opposition". Il n’est pas "opposant". Nous ne reconnaissons ce titre qu’à ceux qui risquent leur vie par leur engagement politique sur le terrain, dans leur pays en butte à un régime dictatorial, ce qui, jusqu’à plus ample informé, n’est pas précisément le cas d’Israël.
© Primo Europe
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Communiqué de presse rédigé le 4 mars 2003 par des sympathisants d’Eyal Sivan (admirons la syntaxe des phrases soulignées)
Le cinéaste et opposant israélien, Eyal Sivan, a reçu aujourd'hui, par voie postale, une balle de calibre 22 mm, accompagnée de la mention "la prochaine n'arrivera pas par la poste". Cette menace de mort fait suite à un harcèlement téléphonique que subit M. Sivan depuis plusieurs mois.
Eyal Sivan - auteur de films tels que "Un spécialiste", "Izkor" ou "Paix sans retour ?" et connu pour son engagement critique à l'égard de la politique israélienne - a déposé plainte auprès des services de police de Paris.
Selon lui, face à l'impunité internationale dont bénéficie le gouvernement israélien et aux crimes commis régulièrement par l'armée israélienne, le milieu ultra-sioniste français se croit autorisé à agir au-delà [sic] des lois et se sent encouragé par les institutions communautaires juives et de [sic] certains intellectuels.
Sivan craint que l'enquête menée suite à sa plainte n'aboutisse pas comme, dans un passé récent, furent bloquées les instructions concernant les menaces et les violences émanant du milieu ultra-sioniste français.
Cette violence n'étonne pas Eyal Sivan qui réalise actuellement un film avec le réalisateur palestinien Michel Khleifi et qui participera prochainement à une importante rencontre réunissant des films [sic] et des cinéastes israéliens et palestiniens à Paris.
Comme les pouvoirs d'Afrique du Sud et du Chili le firent à l'encontre de leurs opposants, le gouvernement israélien essaie systématiquement, par le biais de quelques activistes et officines, de briser toutes les tentatives de rapprochement et de solidarité entre démocrates israéliens et palestiniens. (amsterdam.nettime.org/Lists-Archives/nettime-fr-0303/msg00078.html)
Mis en ligne le 27 novembre 2003 sur le site www.upjf.org











