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Désinformation
Rectifiez, rectifiez! Il en restera toujours quelque chose! M. Macina
24/08/03Sous le titre "Reuters érige la mauvaise foi en savoir-faire", Sophie Chauveau stigmatise – avec juste raison - l’agence Reuters, sur le site de notre confrère Primo-Europe (www.primo-europe.org/actus.php?numdoc=Ac-326433191).
En cause, les premières lignes de cette dépêche du 22 août :
"NAPLOUSE, Cisjordanie (Reuters) - Les forces israéliennes ont tué vendredi trois activistes palestiniens dans un hôpital de Naplouse, en Cisjordanie". (www.reuters.com/locales/newsArticle.jsp;jsessionid=3ad%3A3f472559%3Abff4751dcc81ca2?type=topNews&locale=fr_FR&storyID=3324372)
Et la journaliste de s’exclamer :
«Il n'est nullement précisé que ces trois activistes s'étaient réfugiés sur le toit de l'hôpital pour mieux tirer sur les forces israéliennes. Pourquoi ? C'est trop long à écrire "sur le toit" ?»
Sur la même page du site Primo-Europe, Albert Capino enfonce le clou :
«Reuters laisse entendre que les Israéliens se sont introduits dans un hôpital dans le but de tuer des hommes qui s’y trouvaient : "les soldats ont tiré dans la pièce où se trouvaient les trois hommes et les ont abattu[s]".»
Et voici le contexte, dans la dépêche même :
"Dans la ville de Naplouse en Cisjordanie, des témoins ont déclaré que l'hôpital Rafidya avait été investi par les forces israéliennes qui cherchaient trois activistes qui s'y étaient cachés. Une fusillade a pris naissance et les soldats ont tiré dans la pièce où se trouvaient les trois hommes et les ont abattu[s]."
Me voilà ôté d’un doute. En effet, ce 22 août, précisément, j’avais cru mal comprendre le commentaire d’une brève séquence (palestinienne, bien sûr !) diffusée par Euronews, à propos de cet incident. Le 'journaliste' de cette chaîne (dont je ne recommanderai l’objectivité à aucun juif, en matière de couverture du conflit palestino-israélien) disait, en substance: "Les militaires israéliens n’ont pas hésité à tuer les militants jusque dans l’hôpital de Naplouse.".
J’avais sursauté, d’autant que cette assertion était illustrée d’un balayage, par la caméra, d’un des murs, taché de sang, de l’hôpital…
Cela m’avait paru si 'gros', que je m’étais promis de vérifier le fait, à bonne source, ce dimanche. Sophie Chauveau et Albert Capino m’ont épargné cette peine, grâce aux éclaircissements et au démenti qu’ils apportent concernant cette affaire, sur le site Primo-Europe. C’est à eux que je dois le lien à la honteuse dépêche de Reuters et l’essentiel de ces réflexions.
Nos deux confrères expliquent que les agences de presse répercutent presque exclusivement les dépêches et les images palestiniennes. Et Sophie Chauveau de s’exclamer douloureusement:
«…trois ans que dure la seconde guerre d'intifada : une systématique désinformation. Comment croire les images d'un cameraman palestinien, d'un journaliste palestinien, non parce qu'il est Palestinien, mais parce que l'orientation de ses propos est trop énorme pour n'être pas flagrante.»
Que dire, après cela ?
D'abord on se sent submergé par un sentiment d’accablement…
On pense : «Combien de dizaines, voire de centaines de milliers de téléspectateurs auront entendu cette version des faits et vu ce sang sur les murs de l’hôpital ! Et nul doute que la plupart d’entre eux y auront cru et se seront dit (dans le meilleur des cas !) : "Tout de même, ils poussent le bouchon un peu loin, les Israéliens ! D’accord, ils ont eu 20 morts (21, au dernier bilan) dans un attentat, mais un hôpital, c’est sacré, sauf pour les criminels de guerre…" - Ou quelque chose d’approchant…»
Puis, on se reprend. On se dit : «Ne pas céder au découragement. Ne pas donner cette joie à nos ennemis.»
C’est le bon réflexe : celui de la survie. Et d’ailleurs, tant de contradictions, de calomnies, de haine gratuite sont la preuve a contrario que notre cause est juste. C’est pour cette raison que nos détracteurs nous diabolisent et nous accablent d'opprobre.
Courage, donc, et ténacité!
Et surtout, protestons. Ne disons pas que cela ne sert à rien ! Cela sert toujours, ne serait-ce que parce que notre version des faits est écrite, noir sur blanc, et qu’elle peut toucher des consciences non encore corrompues.
Et puis, même si vous étiez le/la seul(e) à proclamer la vérité face au mensonge, il faudrait le faire, ne serait-ce que pour que le mal n’ait pas le dernier mot.
Profitons donc de ce qu’Albert Capino a pris la peine d’indiquer le lien complet vers l’interface de courrier électronique, pour protester auprès de la Rédaction de REUTERS : aboutreuters.custhelp.com/cgi-bin/aboutreuters.cfg/php/enduser/site_fdbck.php
Que notre devise soit le fier et ironique pastiche de la phrase désabusée de Voltaire.
A son "Calomniez, calomniez ! Il en restera toujours quelque chose", substituons notre :
"Rectifiez, rectifiez ! Il en restera toujours quelque chose."
Menahem Macina
© upjf.org et M. Macina
Mis en ligne le 24 août 2003 sur le site www.upjf.org











