Vous êtes :
Accueil » Israël» Désinformation
Désinformation
"Pan sur le bec" du Canard... enchaîné aux idées reçues, L. Messika
Pour ceux qui ne liraient pas régulièrement le Canard Enchaîné, cet hebdomadaire satirique s’est fendu d’un couac, intitulé 'critique littéraire', le 24 décembre 2002 (résultat d’un réveillon trop arrosé ?)Cela concerne le 'roman' Rêver la Palestine, paru chez Flammarion, officiellement sous la signature d’une adolescente.
Voici la 'critique' du Canard.
Ouvrez les guillemets (et débranchez votre neurone critique, car les poncifs succèdent aux clichés reçus) :
«On comprend que ce roman, écrit par une adolescente italienne d’origine égyptienne, ait provoqué la fureur des inconditionnels de la politique israélienne d’occupation et de répression. Avec passion – donc avec beaucoup de partialité – l’auteur fait vivre un groupe, une sorte de fratrie de jeunes Palestiniens : harcelés, blessés, humiliés, qui ont, comme on dit chez nous dans certaines cités, «la haine». L’un d’eux essaie bien, un moment, de vivre une histoire d’amour avec une jeune pacifiste israélienne, mais c’est un échec. Et le groupe sera disloqué dans un combat de rue avec l’armée israélienne. Des pierres contre des fusils, comme toujours.
Alors, bien sûr, comme ce livre d’adolescente est brûlant et bien écrit, il a énervé. Même un rabbin libéral a dit tout le mal qu’il en pensait au Figaro (21/12). Le Crif et la Licra y sont allés de leur demande d’interdiction, mais surtout, il y a eu une manif, le 10 décembre, devant les locaux de l’éditeur, Flammarion. Les quelques dizaines de mécontents étaient conduits par le Président de l’Association pour le bien-être du soldat israélien. Cela ne s’invente pas. Signé C.R.»
Fermez les guillemets.
Cela m’a inspiré une réponse (qui ne sera jamais publiée, car, si le Canard adore la critique, ses « pan sur le bec » sont à jamais réservés à des peccadilles. Sur le fond, seules des chaleureuses félicitations peuvent être adressées à Son Irréprochabilité !)
Ohé du Canard ! Y’a un curé, Alain-René Arbez, prêtre à Genève, qui juge la presse. De quoi j’me mêle ? « Par je ne sais quel tour de passe-passe », écrit-il, « les professionnels de l'info ont réussi en quelques mois à faire avaler n'importe quelles couleuvres au lecteur ou au téléspectateur européen, qui prend tous ces raccourcis ahurissants pour argent comptant et dont on peut jouer des émotions à volonté, mais à sens unique.»
On voit qu’il ne lit pas le Canard Enchaîné, symbole de l’anti-conformisme et de l’intelligence analytique, parangon des iconoclastes !
Quoique… L’époque semble révolue où le Canard ne se laissait pas abuser par les apparences : qui eût cru qu’il tomberait dans le même panneau que les TF1 et autres L’Huma dont il fait des gorges chaudes depuis des lustres ?
Pas moi, a priori. Mais en matière d’information (au singulier : la presse) comme au pluriel (les infos), il convient de voir et non de croire.
Voyons, donc, dans quelles eaux nage maintenant ce volatile.
Après la critique dithyrambique signée par C.R. (Courageux Réac ?) d’un livre pour la jeunesse, paru chez Flammarion, que penseriez-vous de promouvoir un autre roman, tout aussi « brûlant et bien écrit » qui en a énervé plus d’un dans la communauté musulmane de France ?
On n’y lit pourtant que des opinions qui, pour être un peu partiales (privilège de l’âge : on s’adresse à des adolescents) n’en sont pas moins frappées au coin du bon sens : «Les Arabes, ils sont tous comme ça, il faudrait les tuer, partout, tous les jours». «Dieu nous commande de tuer les musulmans et de libérer la France, c’est un devoir sacré». «L’Arabe qui a tué Jeanne d’Arc a été interviewé à la télé et il s’est vanté d’avoir fait ça pour faire souffrir les catholiques».
Attendez, attendez, Monsieur (ou Madame ?) C.R. (Crédule Rudimentaire ?), ne partez pas si vite rejoindre la manif du MRAP et de l’UOIF qui défile devant le siège de l’éditeur. D’autant que le cortège est mené par le représentant de «l’Association pour le bien-être des Islamikazes». Si, si, cela ne s’invente pas : cet envoyé de Saddam Hussein arbore les deux chèques de 25 000 $ qu’il doit remettre, en grande pompe, aux familles de deux combattants à qui l’on doit des actions d’éclat : la mort d’un colon de 6 mois et celle d’un bataillon d’ennemis totalisant 31 ans à eux trois.
C’est étrange, je vous sens tout d’un coup moins serein, et il me semble que, si vous ne vous reteniez pas, vous qualifieriez ces propos de "racisme primaire". C’est parce qu’il est brûlant et bien écrit, que ce texte vous énerve ?
Allons, rassurez-vous : il suffit de remplacer les mots «musulman» et «arabe» par «juif» et «israélien» pour avoir la version originale (1). Ouf ! On se sent mieux, hein ?
On l’avait bien dit, au Canard, qu’il fallait le mauvais esprit du lobby juif pour voir du mal dans l’expression de la juste frustration d’une «bande de jeunes» !
Et vous, Monsieur (Madame ?) C.R. (Canard Raciste ?), si vous deviez adhérer à une bande, ce serait une bande de quoi ?
Je vous prie d’agréer, Monsieur (Madame ?) C.R. (Calomniateur Résolu ?), l’expression de mon mépris le plus virulent.
Liliane Messika, écrivain
------------------
(1) « Rêver la Palestine » chez Flammarion. Critique signée C.R., parue dans le Canard Enchaîné du 24 décembre 2002. Joyeux Noël, les racistes !
© 2002 reinfo-israel.com et Liliane Messika











