22/07/08
La diffusion complaisante, sur France 2, hier, dune vidéo amateur montrant un incident, choquant pour lhonneur de Tsahal, ne procédait pas dun simple devoir dinformation des téléspectateurs, comme je vais mefforcer de lillustrer, ci-après.
On y voit un soldat de Tsahal tirant (je cite divers correspondants) « posément dans la jambe [qui savéra ensuite, être le pied, puis lorteil] dun Palestinien menotté et cagoulé ».
Le premier choc passé, des questions surgissent.
· Lincident ayant eu lieu le 7 juillet, pourquoi le diffuser seulement le 21 du même mois ?
· Sachant que la vidéaste est une Palestinienne de 14 ans, et que sa séquence comporte au moins une coupure inexpliquée, nest-on pas fondé à soupçonner que sa vidéo a pu être trafiquée entre temps ? Et si c'est le cas, par qui et pourquoi ?
· Pourquoi ni lofficier, qui expose lui-même le prisonnier au tir, ni le soldat, qui effectue le tir, nont-ils pas pris la peine de se cacher, ou de perpétrer leur "forfait" dans un endroit reculé et à labri des regards des curieux et de loeil du caméscope dune gamine de 14 ans ?
Ma conclusion, à la lumière obscure de ces anomalies, est, comme je le laissais déjà entendre hier (1), que la motivation, consciente ou non, de la Rédaction du JT de France 2, a été de répliquer à lhumiliation qui lui a été infligée par des blogueurs et par une Cour dappel parisienne, à propos de laffaire al-Dura (2), en diabolisant encore un peu plus Tsahal, aux yeux de lopinion publique.
Sinon, comment expliquer que cet événement minime et ridicule, soit monté en épingle au point de bénéficier non seulement dune couverture de plusieurs minutes sur une chaîne de télévision nationale, au journal de 13h, mais dune rediffusion au cours du journal de 20h ?
Entre temps, la blogosphère - encore elle ! - se pose et pose à lopinion publique des questions dérangeantes au sujet de lincident étrange qui, pour reprendre la célèbre formule de Brassens, a pour effet d"exciter le peuple et les folliculaires" (3), et défraie aujourdhui la chronique.
Voici ce que lon peut lire, à son propos, sur le site @rrêt sur Images (4)
"Selon l'association B'Tselem, Ashraf Abu Rahma, 27 ans, a été arrêté par les soldats, qui l'ont menotté et lui ont bandé les yeux durant une demi-heure, durant laquelle ils l'auraient battu. Avant de se faire tirer dessus. Il a raconté que la balle l'avait atteint à l'orteil et qu'il avait été soigné par un médecin de l'armée avant d'être relâché.
« Il est aisé de se rendre compte en visionnant le film qu'il y a des ruptures et que les images n'ont pas été tournées en une seule fois. Cela soulève une série de questions : Où sont les séquences manquantes ? Que contiennent-elles ? Pourquoi les images ont-elles été montées après coup ? », a déclaré Avital Leibovich, porte-parole de l'armée.
Autre compte-rendu, cette fois sur le site de 20 Minutes.fr (5) :
"Au début de la vidéo, on voit Ashraf Abu Rahma, 27 ans, agitant un drapeau palestinien et faisant le signe «V» de la victoire avec la main. Après une première coupure, on retrouve le jeune homme menotté, les yeux bandés, et tenu par le bras par un lieutenant-colonel israélien. C'est alors qu'un soldat israélien, situé à moins de deux mètres de distance, tire dans la jambe d'Abu Rahma. Ce dernier a affirmé avoir été touché à l'orteil. Soigné par un médecin de l'armée israélienne, il est relâché et peut regagner son domicile.
La vidéo a été rendue publique dimanche par le groupe israélien de défense des Droits de l'homme B'Tselem. Les images ont été tournées par une jeune fille de 14 ans présente dans le village.
Un porte-parole de l'armée israélienne s'est toutefois interrogé sur la validité de la vidéo: «Il est clair que les images n'ont pas été tournées en une seule prise. Où sont les séquences manquantes?», a demandé Avital Leibovich. Le porte-parole de l'association B'Tselem a répondu que la coupure juste après le coup de feu était due à une fausse manoeuvre de la jeune fille, effrayée par la détonation."
A mon avis, le lieutenant-colonel devait en vouloir à mort au Palestinien, connu pour être un meneur particulièrement extrémiste. Il aura voulu lui flanquer la pétoche. Il est probable quil ait demandé au soldat de tirer au ras des pieds du Palestinien (dans le style « ça lui fera les pieds! »), et que le tireur (qui nétait pas "délite", hélas), lait pris au mot, volontairement ou non, avec pour résultat "monstrueux" de provoquer une enflure de lorteil du "malheureux".
La cour martiale, voilà ce que mérite ce nazi israélien !
Vous voulez que je vous dise ? Le véritable scandale, dans cette affaire, ce nest pas que cette "punition", qui se voulait symbolique et dissuasive, ait été stupide et maladroite, mais quelle ait bénéficié dune aussi massive couverture de presse.
A croire que lactualité au Proche-Orient est tellement calme, que France 2, nayant rien à se mettre sous la dent médiatique, si ce nest le menu fretin de la menace d'une conflagration israélo-iranienne et celle du réarmement sidérant du Hamas,
ait décidé de "prendre son pied"
en faisant le gros plan médiatique de son 13h et de son 20h
sur lorteil enflé dun homonyme dAbu Rahma, de sinistre mémoire (6).
Menahem Macina
© upjf.org
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(1) M. Macina, "France 2/Israël: Sensationnalisme et diabolisation de Tsahal à une heure de grande écoute".
(2) Voir : V. Chemla, "La Cour dappel de Paris a relaxé Philippe Karsenty dans laffaire al-Dura".
(3) "Les trompettes de la renommée".
(4) Voir : "LIsraélien, le Palestinien et la caméra".
(5) "Une vidéo montre un soldat israélien tirant à bout portant sur prisonnier palestinien".
(6) Talal Abu Rahma, est le caméraman palestinien qui filma, lorsqu'il travaillait pour France 2/Enderlin, la saynète du mitraillage des Al-Dura, qui se termina en drame. Voir, entre autres: M. Macina, Affaire Al-Dura: Le piège palestinien dans lequel il ne faut pas tomber; Al-Dura tué par les siens: accident ou forfait abominable maquillé en crime israélien.
Mis en ligne le 22 juillet 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











