[*] A Hébron, lIntifada des caméras, BTselem équipe les Palestiniens pour filmer les abus des colons.
[**] Voir JT 13h édition du lundi 21 juillet 2008 Cliquer sur le titre "Polémique en Israël autour d'une vidéo montrant une bavure". Voir aussi, sur Infolive.TV : "Na'alin: la vidéo qui fait scandale"
Présentatrice du JT de 13h sur France 2
Au Proche-Orient, ce sont des images qui vont susciter de nombreuses réactions. On y voit un soldat israélien tirant à bout portant une balle en caoutchouc dans la jambe dun Palestinien qui venait dêtre arrêté. Cest une ONG israélienne qui a diffusé cette vidéo. Le soldat israélien, qui a été arrêté, affirme avoir agi sur ordre de sa hiérarchie.
Loïc de La Mornais (correspondant de France 2 en Israël)
(Niin, Cisjordanie, 6 juillet)
Ce Palestinien vient dêtre arrêté par des soldats israéliens. Il a les mains attachées dans le dos et les yeux bandés. Il est emmené dans ce fourgon, et au moment dêtre embarqué, le soldat israélien, à gauche de limage, posément, vise la jambe du Palestinien et tire. Le prisonnier palestinien, tordu de douleur, ne sest douté de rien, les yeux bandés, il na rien vu venir. Cette vidéo a été révélée par une association israélienne de défense des droits de lhomme, qui confie des caméras vidéo aux Palestiniens.
Commentaire de Sarit Michaeli Association Betselem
Cet événement sest passé en présence dun officier de haut rang : un lieutenant-colonel. Quant au prisonnier palestinien, il a été touché à la jambe. Heureusement, cétait une balle en caoutchouc. Il est contusionné, mais son état est stable.
Loïc de La Mornais
Le Palestinien avait été arrêté au cours dune manifestation comme celle-ci, qui oppose quotidiennement des Palestiniens, ainsi que des pacifistes israéliens, aux soldats de Tsahal, près du village de Niin, où le mur est en construction.
[Le reportage enchaîne sur des scènes démeutes, au cours desquelles des manifestants palestiniens sen prennent violemment à des soldats israéliens chargés de contenir lémeute. Très significatif : le vidéaste (visiblement un amateur, sans doute un des Palestiniens que lassociation Betselem a équipés de caméscopes) filme en plans rapprochés les actes de répression des soldats israéliens, et en plans éloignés, les violences palestiniennes. Particulièrement instructive est la scène - bien visible parce quelle commence par un plan rapproché -, où lon voit plusieurs Palestiniens qui frappent violemment un soldat israélien, lequel tombe à la renverse. La caméra se détourne alors rapidement de cette victime-là (sans intérêt, puisque israélienne), pour faire un plan rapproché sur des Palestiniens qui courent, puis sur lun deux, atteint d'une balle caoutchoutée à la jambe. On ne saura donc pas ce quil est advenu du soldat jeté à terre. Na-t-il pas été "contusionné", lui aussi ?...]
Loïc de La Mornais
Le soldat israélien vient davouer quil avait reçu lordre de son commandement de tirer dans la jambe du prisonnier. Larmée israélienne a fermement condamné les agissements de son soldat et ordonné une enquête de police militaire. Elle a également annoncé avoir soigné, puis libéré le manifestant palestinien. De son côté, lassociation Betselem a révélé avoir déjà filmé une cinquantaine de cas de violences perpétrées par larmée israélienne depuis 2007.
Mon commentaire
Certes, une telle scène nest pas faite pour redorer le blason de Tsahal, mais il convient de la replacer dans son contexte, qui est celui de la répression policière. Il faut cesser de voir les Palestiniens comme des brebis déchirées par les loups israéliens. Les Palestiniens sont extrêmement violents. Ils frappent, jettent des pierres, pour faire mal, blesser même, sachant pertinemment que les soldats, filmés de toutes parts et spécialement par les militants israéliens, dits pacifistes, noseront pas répliquer trop durement.
Mon avis est que la scène à laquelle nous avons assisté est un règlement de comptes. Le civil en question était probablement lun des agresseurs violents dont jai parlé ci-dessus. Il est clair que les soldats ont voulu le punir sans attenter à ses jours. Une balle de caoutchouc, surtout quand celui qui la tire sait exactement la partie du corps quil vise, par exemple, le mollet ou le gras de la cuisse, ne rend pas invalide (en témoignent et la responsable de lorganisation Betselem, et le correspondant, Loïc de La Mornais, qui nous apprennnent, lune, quil sagissait dune « contusion » sans gravité, lautre, que le manifestant a été « soigné, puis libéré » par Tsahal), mais elle laisse un souvenir cuisant. Et tel était, me semble-t-il, le but de cet acte. Le gradé qui a donné cet ordre a certainement voulu que lépisode serve de leçon aux manifestants violents. Malheureusement pour lui, le tireur sest fait piéger par une vidéo qui a filmé la scène.
Choquant, certes, mais est-ce si rare ? Toutes les armées, toutes les polices du monde se conduisent avec brutalité. Les membres des forces de lordre sont eux-mêmes lobjet de violences extrêmes, il nest pas étonnant que, de temps à autre, ils aient recours à un exutoire de leur rancoeur. Notons encore quon na jamais réprimé une émeute en récitant des versets bibliques, ou en chantant des chansons damour.
Je voudrais quon distribue des caméras à tous les protestataires du monde et quon diffuse leurs prises de vues à tous les journaux du midi et du soir. Il faudrait des heures pour visionner les centaines d'actes de violence commis par les forces de l'ordre
La question quil faut se poser est la suivante : un incident aussi mineur, qui se produit, en pire, dans toutes les répressions de manifestations violentes de par le monde, valait-il quon y consacre un reportage spécial, dont le but est manifestement dinsinuer, voire de convaincre que cet incident nest ni isolé ni rare, quau contraire, cest la routine à Tsahal ? Car, comme chacun sait, le soldat israélien est violent, bestial, nazi, etc., etc.
Merci à France 2 davoir ajouté au climat de diabolisation dIsraël, en présentant cet incident comme sil était une spécialité de larmée de défense de lEtat juif.
Je termine par un vu : que les Juifs de la Diaspora se cotisent pour acheter des centaines de caméscopes qui seront distribués aux soldats et aux habitants des implantations, afin quils filment les exactions dont ils sont victimes chaque jour, et les violences palestiniennes extrêmes quaucun reporter ne filme jamais. Nous verrons alors si France 2 et d'autres chaînes haineuses à légard dIsraël, consacreront un reportage à ces excès de la prétendue « victime » palestinienne.
Menahem Macina
© upjf.org
Mis en ligne le 21 juillet 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org
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Selon Libération, bidonnage possible
Voir sur le site de Libé: "Une vidéo amateur sème le trouble entre Israéliens et Palestiniens".
Selon l'ONG, l'incident s'est produit le 7 juillet dans le village de Nilin, dans le nord de la Cisjordanie. Une zone à laquelle l'armée a imposé un couvre-feu après des manifestations contre la construction de la barrière de sécurité, qualifiée de «mur de l'apartheid» par les Palestiniens.
Après une plainte de l'association et la diffusion de la cassette vidéo par une télévision palestinienne, l'armée a annoncé l'ouverture d'une enquête sur cet incident.
« Le soldat a été arrêté pour interrogatoire. A la fin de l'enquête, des mesures seront prises »,
a déclaré un porte-parole de l'armée. Cependant, les images soulèvent de nombreuses questions.
« Il est aisé de se rendre compte, en visionnant le film, qu'il y a des ruptures et que les images n'ont pas été filmées en une seule fois (...) Où sont les séquences manquantes ? Que contiennent-elles ? Pourquoi les images ont-elles été montées après coup? »,
s'interroge Avital Leibovich, porte-parole de l'armée chargée de la presse étrangère. Quoi qu'il en soit, le ministre de la défense israélienne, Ehud Barak, a, d'ores et déjà, condamné l'incident.
«Les soldats ne doivent pas agir ainsi»,
a-t-il déclaré lors d'une intervention télévisée.
B'Tselem affirme que le manifestant, Ashraf Abou Rahma, 27 ans, a été légèrement blessé à la jambe. De son côté, l'armée assure qu'il est rentré chez lui avec un doigt de pied enflé et n'a pas porté plainte. La veille, douze Palestiniens avaient été blessés par balles en caoutchouc, selon les services d'urgence palestiniens.
Mis en ligne le 21 juillet 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











