Mise à jour: 11h 30 - Ch. Enderlin tient à préciser que le nom de l'ouvrier palestinien injustement abattu par Israël, n'est pas Mohammed Kuntar, mais Houssam Dawiyat, 30 ans, père de deux enfants, de Sour Baher (Jérusalem-est). Le correspondant de France 2 reconnaît son erreur et s'en excuse en invoquant les difficultés de l'exercice du métier de journaliste dans les zones de conflit, et, en particulier, la nécessité de faire vite pour être à la pointe de l'information. Voir dépêche AFP intitulée "LAFP sinquiète non des victimes de lattentat, mais de la destruction de la maison du terroriste".
03/07/08
Un caméraman palestinien, du nom dAbou Sineh Rama, qui travaille pour la chaîne nationale de télévision France 2, a pu filmer en direct la mort du conducteur palestinien de la pelleteuse, qui en avait perdu le contrôle. Selon ce fixeur local, lhomme a été assassiné, de sang-froid, par des membres des forces de sécurité israéliennes, visiblement désireux de jouer les Rambo.
Sineh Rama affirme avoir assisté au drame de bout en bout. Il raconte que le conducteur palestinien de la pelleteuse, dont, semble-t-il, laccélérateur sétait malencontreusement bloqué, faisait des signes désespérés en direction des policiers qui tiraient dans sa direction durant la course folle de son véhicule, au cours de laquelle, accidentellement, un autobus a été renversé, et plusieurs véhicules ont été endommagés, causant la mort de trois personnes.
Toujours selon ce caméraman, le désespoir du pauvre conducteur était visible, même de loin. Mais c'est en vain qu'il agitait les bras en direction de la source des tirs. La fusillade, qui dura une quarantaine de minutes, ne lui a laissé aucune chance. Et pour couronner la barbarie de cette attaque, des agents des forces de sécurité israéliennes ont pris dassaut le véhicule - qui avait fini par simmobiliser - et ont sauvagement abattu ce pacifique père de famille palestinien de 30 ans, qui travaillait sur un chantier israélien de construction, proche du lieu de laccident.
Choqué, mais professionnel comme toujours, Charles Enderlin, le correspondant de France 2 à Jérusalem - qui ne se trouvait pas sur les lieux au moment du drame, mais auquel Abou Sineh Rama avait dûment relaté lépisode en lui transmettant les images qu'il avait filmées -, a réalisé en hâte le reportage dramatique dune minute environ, diffusé au journal de 20 h, hier soir. On notera que la chaîne nationale française a pris l'initiative, inhabituelle et généreuse, de mettre gracieusement cette séquence à la disposition de tous les médias audiovisuels qui en feront la demande.
Le commentaire qui laccompagne, réalisé et prononcé, d'une voix posée mais énergique, par le journaliste chevronné qu'est Charles Enderlin, restera sans doute longtemps gravé dans les mémoires :
« Il est quinze heures, tout vient de basculer, rue de Jaffa, au centre-ville de Jérusalem-ouest. Houssam Dawiyat, le conducteur palestinien dune pelleteuse, dont il a visiblement perdu le contrôle, est la cible de tirs israéliens. Il fait des signes, tente de stopper la course folle de son véhicule, qui simmobilise enfin. Mais des policiers se ruent dans la cabine. Une nouvelle rafale : Hossam est mort. »
© Menahem Macina
En collaboration avec Image.e.nation [prononcer : imagination] et Hoax.com
Mis en ligne le 3 juillet 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











