13/06/08
Lancé le 27 mai 2008, lappel à signatures « Pour Charles Enderlin », comptait une soixantaine de journalistes et 3 personnalités. Nous en donnions la liste dans notre article du 4 juin, intitulé "Appel à signatures en faveur dEnderlin, dans le Nouvel-Obs: Un « Monument Henry » de papier journal".
Depuis, le nombre de signataires est monté en flèche : près de 300 journalistes, une trentaine de personnalités supplémentaires, et près de 400 internautes, soit, au total plus de 700 personnes.
Cela semble beaucoup, mais cest peu en chiffres relatifs.
- Il y a des milliers de journalistes (jen ignore le nombre précis).
- Des personnalités (encore faut-il définir ce quon entend par ce nom), il y en a également pléthore.
- Quant aux internautes, le chiffre de 400 est carrément insignifiant pour un appel à signatures (nous en avons recueilli des milliers pour dautres causes.)
Mais si lon se penche sur la rubrique ouverte aux commentaires par le Nouvel Observateur (qui a néanmoins usé dastuce pour en rendre la découverte difficile), force est de constater que, même sils sont majoritairement défavorables à la pétition, la petite centaine dinternautes qui les ont émises ne fait évidemment pas le poids.
Est-ce à dire quil sagit dun verdict sans appel, que la cause est entendue et que la supériorité numérique des soutiens à la pétition traduit le sentiment général de lopinion publique ? Certainement pas.
Mais voyons dabord à qui nous avons affaire.
I. Les points forts de nos adversaires
- Les "déboutés", dabord. Ils sont prestigieux : une chaîne nationale et un journaliste respecté, voire vénéré, et ce dautant plus quil est post-sioniste, très critique du gouvernement israélien, et quil fait preuve dune empathie ostentatoire pour les Palestiniens, auxquels il donne systématiquement le beau rôle victimaire face à une société israélienne habilement présentée comme brutale et cynique. Il nen faut pas plus pour lui conférer une cote élevée dans de larges couches du journalisme français, dont on connaît lhostilité larvée, voire déclarée, envers lEtat dIsraël, mais également chez un nombre non négligeable de citoyens contestataires, toujours prêts à se pencher avec empathie sur quiconque se rebelle contre un pouvoir, quel quil soit. A linstar de ce que la "dictature du prolétariat" et lattente du "Grand Soir" étaient pour leurs aînés de gauche, aux yeux des philopalestinistes daujourdhui, le sionisme, voilà lennemi. Et mieux vaut passer pieusement sur les chrétiens paganisés et déjantés pour qui le Palestinien daujourdhui est le Jésus dhier, en butte à loccupation romaine et à la brutalité de sa soldatesque
- Les journalistes, ensuite. Professionnels de linformation, ils ont lesprit de corps et serrent les rangs lorsque lun deux est pris à partie ô horreur par des non-journalistes, entendez : des ignares en matière dinformation. Ils peuvent très facilement sensibiliser des centaines de leurs collègues et de leurs lecteurs, en raison de leur notoriété, réelle ou supposée. Et surtout cest humain ! la solidarité professionnelle nest pas un vain mot pour eux.
- Les personnalités, quant à elles, sont relativement faciles à mobiliser, pour peu quon leur présente les choses de manière honorable, en les dispensant de se pencher sur les vrais problèmes, soigneusement escamotés, en loccurrence. Ma tendance à la médisance me souffle quil y a gros à parier quils ne se seraient pas bousculés pour soutenir un obscur employé, ou un ouvrier, ou plus généralement un quidam dont ils ne savent rien, sauf ce quon leur en a dit - et pas en bonne part, ainsi quon sen serait douté. Comme largent va à largent, les notables vont aux notables. Et la Direction de France 2 et Charles Enderlin sont des notables. Néanmoins, accordons également à certains de ces supporters de marque le bénéfice de la bonne foi.
- Passons au "tout venant", je veux dire quils me le pardonnent - aux plus ou moins obscurs et sans grade quidams, rassemblés par le Nouvel Obs sous la catégorie générique d"Internautes" comme si les journalistes et les personnalités étaient peu familiers de la Toile, voire ignares du clavier. Ces internautes, dans leur grande majorité, je suppose, ont dû être impressionnés par le prestige et de linstitution mise en cause France Télévision -, et de son correspondant à Jérusalem Charles Enderlin, dont la voix enrouée et bonhomme et le célèbre battle-dress leur sont si familiers. De lavantage dêtre médiatique et/ou grand et considéré
Cette rubrique plébéienne est apparue récemment. Et ce nest certainement pas le fruit du hasard. Je suis bien placé pour vous dire quil faut une solide organisation et pas mal de "petites mains" pour gérer ce genre dopération. Mais France 2 a tout cela à sa dévotion, et plus encore
aux frais du contribuable (qui a déjà financé les deux procès et sera mis à contributions pour le coût de la Cassation, dont les tarifs nont rien de prolétariens, croyez-moi !). Et nul doute que ces "internautes" ont été impressionnés par les personnalités (même sils ne connaissent pas leur nom, pour certaines) et surtout par le contingent serré des gens de presse, dont certains patronymes leur sont connus, ou, à défaut, bénéficient de laura des médias qui les emploient, et dont les titres quils arborent sont autant de quartiers de noblesse
Pour eux tous, ou presque, miséricorde ! La notoriété des "accusés" suffit à les rassurer sur le fait quils soutiennent le bon camp. Et - cest humain on aime être du côté du manche
Mais pas de médaille sans revers. Malgré les renforts dont ils se sont pourvus, le mastodonte français de linformation et son prestigieux journaliste-écrivain ont leur talon dAchille.
II. Les faiblesses de nos adversaires
1. Tout dabord, leur indéniable supériorité sappuie majoritairement sur des journalistes aux tendances corporatistes et/ou politiquement orientées, et non sur des professionnels de lopinion publique, conscients des lacunes de linformation et des ravages potentiels de lidéologie. Quand les langues et les claviers se seront enfin déliés, bien des idées reçues et des faits passés sous silence viendront sur le devant de la scène publique et les téléspectateurs feront vite les recoupements nécessaires avec les comportements haïssables dont ils ont souffert de la part de journalistes autocrates et arrogants - ils ne le sont pas tous, mais ceux qui le sont compensent largement, par leur audace et leur cynisme, la déontologie des uns et la médiocrité des autres.
2. La mauvaise humeur des professionnels de linformation à lencontre des citoyens de la société civile, qui, selon eux, jouent aux journalistes, voire se prennent pour tels, sera bientôt je le prédis ici matière à sketches désopilants, comme dans le théâtre populaire, où cest Guignol (= le blogueur) qui flanquera la raclée au gendarme (de la pensée unique et de la version imposée). Cela prendra peut-être encore du temps, mais lopinion publique finira par être au courant de ce quon a tenté de lui cacher. Et entre autres, ce quont dû endurer celles et ceux qui ont osé faire pression sur France 2 pour quelle les éclaire au lieu de les mépriser, pour quelle cesse de leur cacher ces rushes que, selon elle, nous ne saurions voir
Le grand public apprendra quil leur a fallu attendre des années pour quune injonction de la Cour oblige cette Grande Dame arrogante à produire enfin ces rushes. Et le procès en sorcellerie quelle a instruit contre nous finira en farce.
3. Rappelons tout de même que le long discrédit et lostracisme tenace dont ces chercheurs de vérité ont été lobjet, a porté certains fruits délétères. Discrédités par tous les moyens, les dénonciateurs des lacunes du reportage Al-Dura ont été perdus de réputation. Traités - par un avocat, en plein prétoire - d « imbéciles de tous bords », tandis que leur "champion", Philippe
III. Proposition pour contribuer à ce que lopinion publique citoyenne puisse exercer son droit à une information digne de ce nom
1. Au lieu dadresser des commentaires au Nouvel Obs, procéder comme lont fait France 2 et Charles Enderlin. Demander à cet organe de presse daccorder aux "internautes" qui ne sont pas daccord avec le texte de soutien à Charles Enderlin, le même droit quà France 2 : que le journal accepte, en guise de commentaire, les signatures de tous ceux qui se contenteront denvoyer une formule comme « Pas daccord avec votre pétition », ou tout autre libellé, et quelles soient comptabilisées de la même manière, sous réserve que les signataires opposants indiquent clairement leurs nom, prénom, qualités (éventuellement) et e-mail (qui nest pas communiqué, comme vous le savez sans doute).
2. Au cas, fort probable, où cette demande serait refusée, il faudrait le faire savoir largement à lopinion publique, et sorganiser pour créer, nous aussi, une page dappel à signatures au bas dun manifeste, dont le texte fera lobjet dune élaboration commune. En attendant, je me permets de proposer celui que jai moi-même rédigé. Il ne prétend pas simposer à tous, mais il a au moins le mérite dexister.
On en trouvera le texte ici.
Toute correspondance le concernant doit être adressée à mon e-mail personnel :
m.macina@skynet.be
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Mis en ligne le 13 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











