11/06/08
Jai fait la connaissance de lenvoyé spécial de A2 [aujourdhui France 2] à Jérusalem, au printemps 1994. Ayant remarqué le matériel de tournage de la chaîne nationale française, javais abordé son journaliste pour lui faire part de mon exaspération concernant les reportages, à mon avis pro-palestiniens, quelle diffusait régulièrement.
Olivier Lerner ma alors proposé très gentiment de me rendre avec lui aux locaux dAntenne 2 à Jérusalem pour y rencontrer Charles Enderlin, pour qui il éprouvait le plus grand respect, et qui serait certainement en mesure dinfirmer mes allégations.
Olivier Lerner ma donc présenté à Charles Enderlin, à qui jai immédiatement demandé pourquoi A2 ne présentait que les souffrances des Palestiniens, en occultant, ou en minimisant à lextrême celles des Israéliens.
C'était la question à ne pas poser !
Remarquant ma kippa tricotée au crochet, Ch. Enderlin me demanda immédiatement si jétais un colon.
Je lui ai alors répondu par la négative, nonobstant le fait que jétais effectivement un juif fidèle à son D. et à sa Thora, et que, sans pour autant me considérer comme un extrémiste de droite, jéprouvais simplement un profond sentiment dinjustice devant ses reportages.
Ch. Enderlin nous a alors dit quil ne mettait plus les pieds en Judée-Samarie depuis que des gens d'extrême droite lui avaient, selon ses propres termes, "cassé la figure".
D'ailleurs, disait-il, il avait effectué son service militaire dans l'armée israélienne.
Puis, il sest vanté davoir de si bonnes relations avec le Hamas, quil pouvait obtenir une interview de leurs dirigeants, pratiquement à sa convenance.
Je lui ai alors fait remarquer que je ne trouvais pas tellement glorieux le fait dêtre dans les petits papiers dun groupe terroriste à cette époque, le Hamas était déjà le grand méchant, et Arafat, le gentil. Ch. Enderlin sest alors énervé et ma demandé qui mavait permis dentrer dans ses locaux.
Ne voulant causer aucun préjudice à Olivier Lerner qui, lui, me paraissait être de bonne foi, jai préféré arrêter la discussion et quitter les lieux. Olivier Lerner ma alors raccompagné en sexcusant de la tournure quavaient prise les événements, ce à quoi je répondis quil ny était pour rien et que je le remerciais, de toute façon.
Dans les jours qui suivirent, jai envoyé un petit mot à Ch. Enderlin pour lui demander de mexcuser sil estimait que je lavais dérangé dans son bureau, mais que cela ne changeait rien à mes convictions.
Parallèlement, jai commencé à examiner attentivement les reportages réalisés par Olivier Lerner et Ch. Enderlin ; et là - pardonnez-moi lexpression -, il ny avait pas photo !
Là où lun (Olivier Lerner) essayait de rendre compte de la réalité, lautre (Ch. Enderlin) la transformait.
Là où Olivier Lerner faisait son travail de journaliste, Ch. Enderlin faisait de la propagande pro-palestinienne.
Si des cassettes-vidéo de cette époque existent encore, nimporte qui pourra se rendre compte de la différence.
De plus, lorsque Olivier Lerner réalisait un reportage, il se trouvait, lui, sur le terrain, ce qui était loin dêtre toujours le cas de Ch. Enderlin.
Depuis longtemps, une question me taraude : est-ce France 2 qui exigeait dEnderlin des reportages conformes à sa ligne politique, ou est-ce Enderlin qui, pendant des années et des années, a réussi à imposer les idées de lextrême gaude israélienne sur le conflit israélo-palestinien ?
Il est troublant de constater que tous les intervenants israéliens invités par France 2, épousaient le courant de pensée de la gauche ou de lextrême gauche israélienne.
Et qui, selon vous, recommandait ces intervenants à France 2 ?...
Ce que je veux dire, cest que laffaire Al-Dura nest que le symptôme dune maladie qui a pour nom anti-SION-isme.
Heureusement, comme le dit si bien la formule dun célèbre Rabbi de lantiquité [qui ne cessait de la répéter à chaque événement fâcheux et fut pour cela surnommé Rabbi Gamzo], gam zo le tovah - même cela concourt au bien.
En effet, au-delà de la recherche de la vérité, avec ses conséquences, c'est-à-dire la réhabilitation de Tsahal, dIsraël et du peuple juif, laffaire Al-Dura permet aujourd'hui daborder enfin les vrais problèmes, illustrés par les réactions à la pétition lancée par le Nouvel Observateur.
Entrons un instant dans la logique de nos adversaires. Sil est un point sur lequel saccordent adversaires et partisans de Ch. Enderlin, cest apparemment son grand professionnalisme. Alors, de deux choses lune :
1) Ou bien lenfant Al-Dura a effectivement été assassiné de sang-froid par ces "nazis" de soldats israéliens - tellement tarés, quils ont préféré sacharner sur un père et son fils qui tentaient de se protéger, plutôt que sur tous ceux qui les narguaient en leur jetant tout ce qui leur tombait sous la main. (Voir vidéo).
2) Ou alors, Ch. Enderlin était ou/et est encore complice de la plus grande accusation de crime rituel des temps modernes à lencontre des juifs.
Et cest justement son grand professionnalisme qui, apparemment, ne laisse dautre choix quentre lune ou lautre de ces deux options.
Et puisque Ch. Enderlin ne manque jamais de rappeler quil a servi dans larmée israélienne il y a plusieurs années, il ne pourra contredire les observations suivantes.
Il se trouve quun de mes fils vient de terminer ses trois ans de service, de 19 à 22 ans, alors quil aurait certainement préféré utiliser les trois plus belles années de sa jeunesse, à autre chose, à linstar de tous les jeunes du monde. Mais une chose reste commune aux deux époques celle daujourdhui et celle dEnderlin jeune recrue: un soldat israélien risque le tribunal militaire sil utilise son arme sans ordres.
Dès lors, comment croire que des soldats de Tsahal, qui est larmée la plus morale au monde, aient pu tirer intentionnellement pendant - combien ?... - 45 minutes (!) sur un père et son enfant, sans que personne nintervienne ?
Lors des massacres perpétrés à Sabra et Chatila [Liban] par les phalanges chrétiennes, la Cour Suprême israélienne na pas hésité à ouvrir une enquête qui a conclu à la responsabilité indirecte de larmée israélienne et de son général en chef, Ariel Sharon, au motif que ce dernier na pas su évaluer correctement la soif de vengeance des phalangistes chrétiens.
Il ny a pas si longtemps, le Hamas a accusé Tsahal davoir massacré une famille à Gaza, alors que lenquête interne de larmée israélienne avait démontré que le drame avait pour origine des explosifs du Hamas qui avaient explosé de manière incontrôlée.
Jusquà ces derniers jours, une ONG dextrême gauche israélienne demandait, malgré tout, louverture dune enquête externe.
Et ces demandes denquêtes de la part dONG israéliennes de gauche et dextrême gauche sont systématiques, au moindre soupçon de bavure de larmée israélienne !
Par contre - ô miracle ! - Pour lenfant Al-Dura, Rien.
Comment ? Des soldats juifs tirent sur un enfant et son père pendant 45 minutes, puis exécutent l'enfant, et pas une ONG de gauche ne demande une enquête pour savoir qui est responsable de cette atrocité ?
Daprès Ch. Enderlin, les tirs provenaient de la position israélienne, et une position, cest fixe ! Il aurait donc été facile de retrouver les coupables.
Je peux comprendre que Ch. Enderlin soit extrêmement embarrassé de reconnaître que lui, le "Pro" par excellence, se soit fait "avoir" comme un bleu par son caméraman, si cest bien le cas.
Mais il y a une chose que nous avons tous tendance à occulter : Ch. Enderlin a profité sciemment de sa grande réputation pour faire un faux témoignage !
Car cest son affirmation davoir coupé les images de lagonie de lenfant qui a permis à ce trucage (reportage ?) de simposer comme correspondant à la réalité.
Faisons ensemble un effort de visualisation virtuelle.
Ch. Enderlin découvre la bande : il a donc tous les rushes. Après des minutes de scènes bidonnées, la dernière image lui montre lenfant qui jette un regard furtif vers la caméra, et lui, que prétend-il : quil ne voulait pas montrer son agonie.
Mais Ch. Enderlin a fait beaucoup plus grave depuis !
Après tout, comme il le dit lui-même dans son reportage du 30 septembre 2000, les Palestiniens ont commencé à tirer à balles réelles, les Israéliens ont riposté, et lenfant Al-Dura en est mort.
Ce qui a rendu ce reportage nauséabond, cétait laccusation de meurtre de sang-froid.
En disant, plus tard, que, de toute façon, ce reportage nétait que lillustration de la situation qui prévalait sur le terrain, Ch. Enderlin passe (dans lhypothèse la plus favorable pour lui) de ce qui aurait pu être un accident isolé (tension exacerbée, blessés éventuels parmi les soldats israéliens), à une stratégie délibérée de meurtres commis par Tsahal sur des enfants palestiniens.
Car sil y a malheureusement mort denfants palestiniens, les vrais meurtriers sont leurs frères terroristes qui sen servent comme boucliers humains.
Telle est la vérité, et tous ceux qui présentent les choses autrement, sont leurs complices.
© Dov Gamrasni
Ex-animateur du Centre Communautaire de PARIS (1968-1973)
Mis en ligne le 11 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











