[*] "Le prix élevé de la menace dIsraël contre lIran".
Lintention sous-jacente à l'article de l'agence de presse officielle iranienne FARS, est dancrer dans lesprit des consommateurs occidentaux lidée d'un seuil. Ce seuil correspond à linélasticité de la demande par rapport au prix. Jusquà ce que les consommateurs occidentaux sasphyxient financièrement eux-mêmes, leur demande de pétrole serait inélastique au prix du pétrole. Ainsi, si Israël ou les Etats-Unis attaquaient, les consommateurs occidentaux ayant tous en tête les conséquences sur le prix du pétrole, c'est-à-dire les 300 dollars annoncés par des "analystes", se précipiteraient pour acheter du carburant et le stocker quel quen soit le prix. Ce qui, effectivement, ferait grimper le prix du pétrole bien plus haut que 300 dollars. Il nexiste aucune équation mathématique permettant de modéliser limpact dun événement géopolitique sur les cours dune matière première : ce chiffre est donc une simple supposition.
Ce chiffre est jeté en pâture aux lecteurs sans évocation de sources ; seule référence : « la plupart des analystes ». Aujourdhui, selon « la plupart des analystes occidentaux » - dont certains font partie de mes relations -, le prix du pétrole ne devrait pas excéder 80 dollars. Les phénomènes abscons qui entourent son prix actuel de près de 140 dollars sexpliquent par une intense activité spéculative. Nous sommes entrés, depuis décembre 2007, dans une période dinadéquation durable entre loffre et la demande de pétrole, en raison de la crise des crédits à risques, ou « subprimes ». Les stocks sont le troisième élément qui contribue à la fixation du prix dune matière première, et lon sait ce que la cartellisation par lOPEP a généré comme épiphénomènes sur le niveau courant des stocks et donc sur les cours du pétrole. Autrement dit, quand lOPEP tousse, les marchés attrapent plus ou moins une pneumonie. Aujourdhui, les marchés financiers ne fonctionnent plus sur les critères usuels de rencontre entre loffre, la demande et les stocks.
LIran par le truchement de ses organes de presse et de ses « analystes » cherche depuis longtemps à perturber les marchés financiers, en donnant des informations fantaisistes (la plus remarquable a concerné la création dun marché à terme du pétrole en euros à Téhéran, en 2005), mais aujourdhui, avec ces chiffres, elle sattaque à lesprit et au moral des consommateurs et non plus à lefficience des marchés financiers. Ces informations ne sont pas sérieuses et relèvent dune propagande habile très dangereuse. Quant aux autres informations sur les disfonctionnements au sein de lArmée américaine, elles sont toutes à vérifier.
Il faut garder en tête le diktat de la géopolitique sur la finance, cest dabord sur les marchés financiers que se joue cette guerre. Ces informations font glisser le conflit en dehors des marchés à terme de matières premières dune part, et sous-entendent quIsraël et les Etats-Unis seraient responsables dun énorme choc pétrolier, conséquence de leur intervention en Iran, qui mettrait à genoux les économies occidentales dautre part. De quoi diaboliser Israël et les USA un peu plus.
Il serait bon que vous signaliez à vos internaute qui maîtrisent langlais le site du Janes Information Group. Certains de ses articles évoquent le conflit opposant Israël aux nations arabes et aux groupes terroristes arabes. Cest un des nombreux sites que je consulte quotidiennement depuis longtemps. Il arrive que sa Rédaction donne la parole à des officiels israéliens. Je ne mengagerai pas quant à son objectivité, car il sagit dune information destinée aux professionnels et nécessaire à lefficience des marchés financiers ; de ce fait, elle est moins polluée par certaines idées nauséabondes.
S. S-J.
Mis en ligne le 10 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











