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L'absence de l'Europe aux cérémonies du 60e anniversaire d'Israël: Pas bon pour les Juifs, M. Macina
Dans une libre opinion, publiée sur Ynet News [*], le 1er juin, un ancien ambassadeur dIsraël à Washington fait remarquer que, parmi les nombreux hommes politiques et diplomates étrangers venus assister aux cérémonies du 60ème anniversaire de lEtat dIsraël, il ny avait pratiquement pas un seul Européen. Que faut-il en penser ?
[*] Voir Zalman Shoval, "Dont count on Europe".
02/05/08
Qui manquait à lappel aux festivités du 60ème anniversaire d'Israël ? sinterroge Zalman Shoval, ancien ambassadeur d'Israël à Washington, et il donne lui-même la réponse, qui ne laisse pas dêtre effarante. Selon lui, en effet, brillaient par leur absence à la réception, les chefs dEtat ou plénipotentiaires des pays européens suivants :
· France,
· Allemagne,
· Hollande,
· Belgique
· Luxembourg,
· Norvège,
· Suède,
· Finlande,
· Danemark,
· Islande,
· Grèce,
· Italie,
· Irlande,
· Autriche,
· Suisse,
· Portugal,
· Espagne *.
* A lexception de M. Miguel Moratinos, souligne M. Shoval, mais, précise-t-il malicieusement, cest un habitué des vols pour Israël - entendez : effectués dans le cadre de sa mission de représentant spécial de lUE pour le processus de paix au Moyen-Orient.
Cela fait tout de même pas mal de "défections". Et le phénomène vaut quon sy attarde, ne serait-ce que pour sassurer quil ne sagit pas dun boycott qui nose dire son nom. Pour Zalman Shoval, cest bien le cas. Et il en tire les conséquences :
« Il apparaît donc que beaucoup de ministres européens des Affaires étrangères ont encore une attitude "spéciale" envers lEtat juif, et pas au sens positif du terme. Il en découle aussi que des sentiments antisémites et anti-israéliens, qui sont les deux côtés de la même pièce, ont une influence non seulement sur lopinion publique européenne et sur le ton de ses médias, mais aussi dans les couloirs des ministères des Affaires étrangères de ces pays. »
Shoval tente de relativiser le dommage, en soulignant que
« les Etats européens nont pas suivi lexemple du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, qui a adressé un message spécial aux Palestiniens à loccasion du "Jour de la Nakba". »
Mais il semble quil ne parvienne pas à se convaincre lui-même, puisquil ajoute aussitôt :
« dans la pratique, labsence des [dirigeants européens aux cérémonies du 60ème anniversaire de lEtat dIsraël] a envoyé [aux Palestiniens] un message similaire. »
« dans la pratique, labsence des [dirigeants européens aux cérémonies du 60ème anniversaire de lEtat dIsraël] a envoyé [aux Palestiniens] un message similaire. »
Je ne mattarderai pas ici sur les conséquences que tire, de ces constatations moroses, lex-ambassadeur dIsraël aux Etats-Unis à savoir, que lEtat juif ne doit pas compter sur lEurope (cest le message du titre de son article !), mais plutôt sur les Etats-Unis, qui, insiste-t-il, restent les alliés indéfectibles dIsraël. Par contre, je reviens à ma question initiale :
Que faut-il penser de ce camouflet car cen est un infligé à Israël par cette Europe, si désireuse, par ailleurs, de peser sur les négociations entre les Israéliens et les Palestiniens ?
Cette influence au Moyen-Orient, qui fut longtemps lapanage et la chasse gardée des deux principales puissances coloniales de lépoque moderne ; lAngleterre et la France, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que ces deux pays ne se sont jamais consolés de lavoir perdue, et pour constater quils mettent tout en uvre pour la reconquérir pour le compte de lEurope, avec lappui de leurs "amis arabes".
Eurabia attend patiemment, dans les couloirs feutrés de lUnion européenne et ceux des institutions internationales, que lIrak soit le Vietnam dAmerica, ou, du moins, que le succès éventuel de sa croisade contre le terrorisme international soit une victoire à la Pyrrhus, qui laisse son économie exsangue, au point quelle cède, bon gré mal gré, aux sirènes européennes qui entraîneront sa politique moyen-orientale vers les récifs meurtriers de lintransigeance islamique.
Ici, plus que jamais, vient à lesprit linterrogation traditionnelle ressassée par notre peuple, de génération en génération, quand les aléas de lhistoire faisaient peser sur lui des menaces inquiétantes : "Est-ce bon pour les Juifs ?"
Jai la faiblesse de croire que non.
Menahem Macina
© upjf.org
Mis en ligne le 2 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











