A loccasion du 60ème anniversaire de lEtat dIsraël, lémission de Marie Drucker, "Droit d'inventaire", sur France 3, « Israël : quand le rêve fait l'Histoire », consacrait, hier, 14 mai, son cinquième numéro à lEtat juif.
Comme beaucoup dautres Juifs, sans doute, jétais devant mon petit écran, hier soir, un peu anxieux, je lavoue. Rares, en effet, sont les programmes télévisuels français, qui traitent de ce thème, ou de sujets connexes, sans écorcher, plus ou moins gravement, au passage, la réputation de lEtat juif.
Au demeurant, outre la présence rassurante de Max Gallo, historien sérieux et dont la réputation dimpartialité et de moralité nest plus à faire, le programme, que javais consulté sur le site de France 3, promettait dêtre passionnant, à en juger par les titres des enquêtes :
· LE JOUR OÙ ISRAËL EST NE
· EXODUS : LES DESSOUS DE L'ODYSSEE
· L'EPOPEE DES KIBBOUTZ
· 1967 : FRANCE / ISRAEL, LE DIVORCE
· QUAND LE MOSSAD FRAPPE EN FRANCE
Et je nai pas été déçu. Mieux, jai été édifié par lobjectivité des reportages. Il nempêche, jétais sur mes gardes. On allait bien finir par parler de « linjustice causée aux Palestiniens par la création de lEtat dIsraël », et jallais attraper des petits boutons, me disais-je.
Et, de fait, les sujets qui fâchent Israël et ses supporters ont été évoqués, mais avec une discrétion qui ma surpris (une fois nest pas coutume). Visiblement, le ton était à la modération, comme si lon voulait éviter de gâcher les festivités des 60 ans dexistence de lEtat dIsraël.
Je ne dirais pas quil ny a pas eu quelques allusions à l « occupation des territoires », au « Mur », à la question de Jérusalem, à lEtat Palestinien « qui tarde à venir », etc. Mais cela a été évoqué sans acrimonie.
Omniprésent dans ce type démission, et donc incontournable, puisquil est historien, ancien ambassadeur dIsraël en France, et
quil habite en France, Elie Barnavi participait à lémission. Membre de la gauche israélienne, partisan de Shalom Akhshav, Barnavi na pas que des partisans dans le monde juif de la Gola, surtout chez les supporters (quasi) inconditionnels de lEtat dIsraël. Mais cest un homme honnête (et habile), qui connaît bien les données géopolitiques de la région et défend toujours lhonneur dIsraël. Et sil lui arrive encore trop souvent de projeter sur sa lecture des événements du Proche-Orient, sa grille de lecture idéologique pacifiste, à « la Paix le plus vite possible", ce nétait pas le cas ce soir-là, et jestime que, pour le coup, il a été plus représentatif de son Etat que de ses convictions politiques.
Il ny a eu quune dissonance. Le coupable en a été Roland Dumas, qui fut ministre des Affaires étrangères de la France, de 1988 à 1993. Sans doute saisi dun sentiment dinfériorité dans cet aréopage distingué, et désireux de se distinguer en disant le contraire des autres, lhomme politique français lança quelque chose comme (je cite de mémoire) :
« Si, en 1948, les juifs ont bien eu leur Etat, les Palestiniens attendent toujours le leur ! »
Cétait gros. Je ne doutais pas un instant quElie Barnavi allait se récrier :
"Voyons, en 1948, il ny avait pas de peuple palestinien, mais des Arabes de Palestine, et en refusant le Plan de partage de la Palestine voté par lONU, ils se sont eux-mêmes privés dun Etat ».
Ou quelque chose de similaire. Mais il ny eut aucune réaction.
Quun ancien ministre des Affaires étrangères soit à ce point ignare en histoire du Moyen-Orient, cest déjà grave, mais que lIsraélien et ancien ambassadeur Barnavi nait pas pipé mot, cest consternant.
Mais, comme disait le Renard au Petit Prince :
« Rien nest parfait
»
Menahem Macina
Note
Ceux qui ont manqué lémission et veulent en avoir un écho, pourront consulter les 4 vidéos que France 3 met en ligne :
- Les Juifs : 4000 ans dhistoire, Max Gallo
- La création dIsraël
- Israël la revanche de lhistoire
- La Paix impossible ?
© upjf.org
Mis en ligne le 15 mai 2008, par M.











