[*] "Affaire Mohammed al-Dura: 1er appel devant la justice israélienne contre France 2".
[**] "Révocation de l'accréditation de France 2 et d'Enderlin, devant la Cour suprême d'Israël".
13/05/08
Certains signes qui ne trompent pas témoignent de la nervosité de lAgence de Presse française. Tout dabord, on constate que la dépêche est exceptionnellement longue : 50 lignes en 16 alinéas. Une telle prolixité est assez rare chez cette Agence, au style plutôt télégraphique, dordinaire.
Le ton, ensuite, frappe par son agressivité. Là aussi, lAgence de presse sécarte de son détachement et de son vocabulaire, habituellement sobres. Ne va-t-elle pas, en effet, jusquà qualifier les avocats de lhonorable cabinet juridique israélien, Suhrat haDin, d « ultra-nationalistes » !
Normal, ces 'ultra-nationalistes' ont osé « réclam[er] à la Cour suprême la révocation des accréditations de journalistes de l'équipe de télévision de France 2 », allant même jusqu'à l'« accus[er] d'avoir "mis en scène" la mort de cet enfant
».
LAFP précise que
« les représentants de l'Etat et de la chaîne française, soutenus par les associations de la presse israélienne et étrangère, ont rejeté cette exigence au nom notamment de la "liberté de la presse" ».
Et de citer Charles Enderlin :
« Ce recours s'inscrit dans une campagne calomnieuse suite à l'impact qu'ont eu ces images, une campagne qui vise à délégitimer le travail des journalistes » qui couvrent le conflit israélo-palestinien.
Selon lAFP, le correspondant de France 2 à Jérusalem « s'est félicité que l'affaire soit portée pour la première fois devant les tribunaux en Israël ». Non sans affirmer que, jusqu'à ce jour « aucune demande en bonne et due forme n'a été adressée à France 2 par une instance judiciaire israélienne », pour faire la lumière sur les circonstances du drame.
LAFP explique :
« Ofir Tal, l'avocat de France 2, a rappelé au tribunal qu'aucune instance juridique israélienne (ou étrangère) n'avait, jusqu'à ce jour conclu à une fabrication, et qu'au contraire, des auteurs de telles affirmations avaient été "condamnés pour diffamation" à quatre reprises devant des tribunaux français, l'un des jugements faisant l'objet d'une procédure d'appel. »
Résumant la position du cabinet d'avocats Shurat HaDin, le communiqué affirme quil
« a soutenu
que les images, filmées par un cameraman palestinien, de la fusillade de Gaza, au cours de laquelle le petit Mohammed avait été tué, "avaient été sans nul doute une mise en scène, et cela à des fins de propagande palestinienne". »
LAgence de presse relate encore :
« L'avocate de Shurat HaDin, Nitsana Darshan Leiner, a estimé que cette " mise en scène a provoqué un dommage terrible à l'image d'Israël de par le monde et suscité des accusations de 'crime rituel' ", comparables à celles lancées contre les juifs au Moyen-Âge. Selon elle, le chef du Bureau de presse gouvernemental, Daniel Seaman, avait repris à son compte cette thèse, dans une lettre à cette association en octobre dernier. M. Seaman avait toutefois déclaré être dans "l'incapacité légale" de retirer les cartes d'accréditation des journalistes, en l'absence de plainte officielle israélienne contre France 2, car aucune atteinte à la sécurité de l'Etat ne pouvait être relevée. »
Après avoir ajouté : « le tribunal a annoncé qu'il déciderait prochainement si l'affaire relève de sa compétence », lAFP croit utile den remettre une couche, en termes pathétiques et accusateurs dIsraël (les italiques sont nôtres):
« Les images poignantes, retransmises en boucle par les télévisions du monde entier, de l'enfant tué dans un échange de tirs entre militaires israéliens et policiers palestiniens à Gaza, avaient plongé Israël dans un profond embarras. On voyait le père, Jamal, supplier des tireurs, apparemment des militaires israéliens, de ne pas tirer. Le film ne montrait pas qui avait tiré, mais concluait que l'enfant avait été victime de balles israéliennes. Dans un premier temps, l'armée n'avait pas opposé de démenti, déplorant la mort de l'enfant et dénonçant "l'utilisation cynique des femmes et des enfants conduits sur des terrains de confrontations" tout en évoquant la possibilité que l'enfant ait été tué par erreur par des Palestiniens. »
Le ton, on le constate est devenu mélodramatique et reproduit, avec, toutefois, l'infime réserve de l'adverbe « apparemment », la version enderlinienne, mondialisée par la vidéo diffusée par France 2.
On notera que lavant-dernier paragraphe de la dépêche flirte avec la calomnie :
« Lorsque la scène est devenue emblématique de la cause palestinienne, des responsables militaires ont affirmé avoir la certitude que l'enfant n'avait pas été tué par des soldats. »
Comprenez : Au début, ils nont rien dit - sous-entendu, ils se savaient en faute, mais ils pensaient que, le temps aidant, on finirait par ne plus en parler. Mais quand ils ont constaté que la cause palestinienne était de plus en plus renforcée par lévénement, ils ont changé de version. Remarquez la construction syntaxique hypocrite : ils « ont affirmé avoir la certitude que l'enfant n'avait pas été tué par des soldats ». Autrement dit, au début, ils navaient pas cette certitude, mais ils se sont convaincus contre toute évidence, pour ne pas continuer à subir cet opprobre (mérité, bien entendu !).
Quant au dernier paragraphe, ce nest pas avec la calomnie quil flirte, mais avec le ridicule. Jugez-en :
« Différents organismes ultra-nationalistes ont alors répandu la thèse d'un véritable complot anti-israélien, certains allant jusqu'à prétendre que le petit Mohammed n'était pas mort. »
Au cas où vous nauriez pas compris, la manuvre de lAFP est du style "Je ne cite personne, mais suivez mon regard". Visés, les sites et les blogs juifs, voire les organisations communautaires tous généreusement qualifiés d « organismes », et qui ne peuvent être - cela ne fait pas lombre dun doute pour le rédacteur de ce communiqué qu « ultra-nationalistes ».
Mest avis que ce journaliste doit prendre des cours de code de la nationalité. Il apprendra ainsi que tant les « organismes » dont il parle, que leurs responsables, leurs membres et leur public, sont, dans leur écrasante majorité, tout ce quil y a de plus Français, pour ce qui est de la France, et de plus Américains, pour ce qui est des Etats-Unis, etc., et qu'à ce titre, les qualifier d'« ultra-nationalistes » relève soit de l'ignorance crasse, soit de la diffamation
Après le lobby juif international, lAFP présente au monde le lobby juif ultra-nationaliste.
"On ne prête quaux riches", dit-on. Et cest vrai ce que les Juifs sont riches
de tous les défauts du monde, que leur "prêtent" leurs adversaires
Qui a dit que si lhistoire ne se répétait jamais à lidentique, il lui arrivait néanmoins de bégayer ?...
Menahem Macina
© upjf.org
Mis en ligne le 13 mai 2008, par M.











