[*] "Le monde réel, vainqueur des utopies d'hier".
Sur le Blogue dIvan Rioufol

Mai 1948, Jour de l'indépendance à Tel Aviv, photo de Robert Capa
reprise du blog Rua da Judiaria (signalé par Philosémitisme)
Etat juif et démocratique, Israël célèbre, ce mercredi, le soixantième anniversaire de sa création, alors même que son existence est toujours contestée par une idéologie islamiste qui promet, singulièrement par la voix du président iranien Ahmadinejad, de le rayer de la carte. Ce nest dailleurs pas la moindre des réussites de létat hébreu (7 millions dhabitants, dont 20% dArabes) que davoir ainsi incité ses plus virulents adversaires à apparaître pour ce quils sont. En Iran, cest une secte apocalyptique qui se construit un arsenal nucléaire. A Gaza, cest un parti totalitaire (le Hamas) qui sème la terreur. Or, bizarrement, ces repoussoirs ne suffisent pas à excuser Israël, îlot occidental au Moyen-Orient, aux yeux de nombreux européens.
Ce manque de solidarité, qui marqua la diplomatie de Jacques Chirac, témoigne dune réticence à cautionner une nation multiethnique ayant décidé de préserver son histoire et son identité, en allant même jusquà ranimer sa langue initiale. Je cite cette phrase du premier ministre Ehoud Olmert (Le Monde, 3 août 2006) dans mon dernier livre:
"Des mouvements terroristes, fondamentalistes, extrémistes, violents, cherchent à détruire les bases de la civilisation occidentale (
) Israël est en train de créer un précédent, de fournir un exemple pour beaucoup dautres sociétés. Israël a décidé de dire: « Assez ! Cest assez ! »".
Cest précisément cet exemple dune démocratie combative qui est rejeté par les belles âmes, au nom de lapaisement.
Or, nombreux sont les médias qui se prêtent également au jeu de la dévalorisation dIsraël, rendu volontiers unique responsable de la guerre. Les terroristes du Hamas, qui balancent des missiles Kassam sur Sderot, sont aimablement qualifiés d "activistes". Le bombardement, en septembre 2007, par laviation israélienne, dun réacteur nucléaire nord-coréen dissimulé en Syrie, na guère suscité de curiosité. Quant aux efforts de contre-enquêteurs, notamment français, qui ont mis sérieusement en doute la version dAntenne 2 attribuant à larmée israélienne, le 30 septembre 2000, la mort du petit Mohamed Al Dura, filmé dans son agonie supposée, ils se heurtent à un étonnant mur du silence.
© Ivan Rioufol
[Texte aimablement signalé par R.R., Bruxelles.]
Mis en ligne le 10 mai 2008, par M.











