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Rapport d'expertise consacré à la mort et aux blessures présumées de Mohammed et Jamal Al-Dura
Remise en ligne de ce rapport, commissionné par Philippe Karsenty, accessible jusqu'ici sous la forme d'un document pdf., dont le texte et la présentation ont considérablement souffert de leur transfert dans ce format. Etant donné l'importance capitale de cette expertise, je me suis imposé le très lourd travail d'en reprendre l'intégralité en format html. Quiconque veut s'exprimer de façon crédible sur cette affaire, ne pourra se passer de la lecture et de l'étude de ce document. Je ne saurais trop vous recommander de diffuser largement le lien à cette page. (Menahem Macina).
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Le 19 février 2008

 

A LA DEMANDE DE

Monsieur Philippe KARSENTY

 

Les constatations exprimées dans ce rapport ont été réalisées à partir des documents (images de France 2, Associated Press, Reuters, BBC), qui étaient disponibles juste après les faits, c’est-à-dire dans les mois qui ont suivi l’incident du 30 septembre 2000. Nous avons également effectué des recherches concernant les armes utilisées à l’époque des faits et effectué des essais de tir. L’ensemble de ces opérations nous permet de présenter les conclusions suivantes :

                     
         Des manifestants, en grande majorité des jeunes gens et des enfants, jettent des pierres sur le poste israélien. L’ambiance générale est bon enfant, des gens se promènent tranquillement et des véhicules circulent sur la route de Gaza. Des jeunes et un homme près d’une jeep semblent blessés, mais il s’agit de simulations, dans plusieurs cas identifiés. De nombreux coups de feu sont tirés, sans qu’il soit possible d’en définir l’origine. Beaucoup de journalistes couvrent l’événement.
         Le reportage de France 2, d’une durée d’une minute, concerne la «mort» de Mohammed AL DOURA et a été diffusé le 30 septembre 2000. Nous avons constaté qu’un coup de feu atteint le mur, au-dessus de Jamal et de Mohammed. Au total, huit impacts sont présents sur ce mur, après que le fils AL DOURA soit allongé et immobile, et un impact non traversant sur le baril. La séquence correspondant à l’instant où Mohammed a été éventuellement blessé, est floue. De nombreux éléments sont de nature à mettre en doute que le père et le fils ont été atteints par des projectiles.
         Selon les déclarations, Mohammed a été blessé au genou droit et au ventre, alors qu’aucune trace d’impact ou de sang n’est visible sur ses vêtements. Bien que Talal Abou Rahma, photographe de France 2, déclare que l’enfant a saigné pendant dix à quinze minutes, aucune trace de sang n’est visible sur le sol. 
         Si la blessure au ventre avait été transfixiante comme le déclare un médecin, des projections de sang et de chair seraient visibles sur le mur, ce qui n’apparaît pas sur les photographies de la BBC couvrant les dix secondes qui suivent le reportage de France 2. 
         Jamal aurait été touché au bras droit, au ventre et aux membres inférieurs, alors qu’aucune trace d’impact ou de sang n’est visible sur ses vêtements. De plus, l’emplacement des «blessures» était masqué soit par le baril, soit par le corps de son fils, qui étaient en écran entre les tireurs et lui. Il n’a donc pas pu être atteint dans les conditions décrites par France 2. 
         Talal Abou Rahma déclare que des tirs ont été dirigés sur Jamal et Mohammed AL DOURA pendant au minimum quarante minutes. Si tel avait été le cas, et en supposant qu’un seul tireur ait concentré ses coups de feu dans leur direction pendant tout ce temps, ce n’est pas huit impacts qui auraient été constatés sur le mur, mais au minimum deux mille.
         Seul le reporter de France 2 a filmé l’épisode de la «mort» de l’enfant, alors que de nombreux autres cameramen étaient présents sur les lieux.
         Le poste de police israélien est situé à quatre-vingts mètres de l’endroit où Jamal et Mohammed AL DOURA sont réfugiés. En fonction du plan qui nous a été fourni, l’angle de tir est de l’ordre de trente-six degrés par rapport au mur situé derrière eux. Dans cette situation, le père et l’enfant n’ont pas pu être atteints par les Israéliens pour les raisons suivantes :
                 Jamal et Mohammed AL DOURA étaient protégés par un baril qui ne présente aucune trace d’impacts traversants. Dans cette position, ils ne pouvaient être atteints qu’au niveau des membres inférieurs.
                 Les essais de tir réalisés avec les armes utilisées à l’époque des faits par l’armée israélienne ont montré que les impacts caractéristiques de tirs obliques, auraient été nettement de forme allongée et pratiquement horizontale. Ceux visibles sur le mur sont globalement circulaires, ce qui correspond à des coups de feu tirés perpendiculairement au plan de ce mur.
                 Talal Abou Rahma déclare que les tirs provenaient de derrière lui, alors que le poste israélien se trouvait nettement sur sa droite et légèrement en arrière de son emplacement de tournage.
                 Il n’est pas vraisemblable que le cameraman de l’agence Reuters et un autre journaliste se soient placés à coté de Mohammed AL DOURA avant la « mort » de ce dernier, car ils auraient été directement exposés au feu israélien.

      

          Il est incontestable qu’au moins un projectile a touché le mur devant lequel se trouvaient le père et le fils, puisque ce tir est visible sur le film de France 2. Cependant, ce tir correspond à un coup de feu tiré perpendiculairement au mur et ne peut provenir que du poste palestinien « PITA », ou de tireurs isolés situés dans le même axe que ce dernier.

         Les autres impacts sur le mur peuvent provenir de tirs effectués alors que Jamal et Mohammed AL DOURA ne se trouvaient pas derrière le baril, puisque les coups de feu n’ont pas été filmés.

 Si Jamal et Mohammed AL DOURA ont été atteints par balles, les tirs ne pouvaient techniquement pas provenir du poste israélien, mais seulement du poste palestinien « PITA », ou de tireurs placés dans le même axe.

 En tenant compte du contexte général et des nombreuses mises en scène que nous avons constatées sur l’ensemble des documents étudiés, aucun élément objectif ne nous permet de conclure que l’enfant a été tué et son père blessé dans les conditions qui ressortent du reportage de France 2. 

 Il est donc sérieusement possible qu’il s’agisse d’une mise en scène.

le 19 février 2008

1. MISSION

2. REPORTAGE FRANCE 2

3. CONTEXTE GENERAL

4. «BLESSURES» SUBIES PAR LES VICTIMES

5. NOMBRE D’IMPACTS

6. ARMES POUVANT AVOIR ETE UTILISEES

7. ESSAIS DE TIR

8. ORIGINE DU « TIR MORTEL »

9. CONCLUSIONS

 

La mission qui nous a été confiée par Monsieur KARSENTY, le 28 janvier 2008, consistait à étudier le reportage diffusé par France 2 le 30 septembre 2000, ainsi que d’autres documents relatifs aux événements survenus au carrefour de Netzarim. Nous devions déterminer si la « mort » de l’enfant Mohammed AL DOURA et les « blessures » subies par son père, Jamal, ont pu techniquement se produire dans les conditions indiquées dans le reportage de France 2.

Avons accompli avec honneur et conscience la mission qui nous a été confiée,
et de nos constatations avons dressé le présent rapport,
dont nous affirmons le contenu sincère et véritable

 

 

Le reportage concernant la «mort» de Mohammed AL DOURA a été diffusé par le journal télévisé de France 2, le 30 septembre 2000. Le reportage dure 57 secondes.

Le film va être commenté en situant chronologiquement les images par rapport au début du film.

        

La première séquence illustre un groupe de personnes réparti autour d’une jeep. Un homme se trouve à hauteur de la portière gauche ouverte, face à l’avant du véhicule. Il porte sa main derrière sa cuisse droite et s’effondre au sol (figures 1 à 4). Il semble qu’il ait été touché par balle. Cependant, lorsqu’il roule sur lui-même, nous constatons que l’arrière de ses cuisses ne présente aucune trace de blessure (figure 5).


FIGURE N° 1
Un homme est blessé à l’arrière de la cuisse gauche


FIGURE N° 2
Il tombe en arrière


FIGURE N° 3
Il se tient l’arrière de la cuisse droite


FIGURE N° 4
Il ne présente aucune trace de blessure


FIGURE N° 5
L’homme roule sur lui-même dévoilant l’arrière de son corps.
Aucune blessure n’est visible

Apparition de Jamal et Mohammed AL DOURA. Ils sont réfugiés le long d’un mur, derrière un baril cylindrique. Ils sont accroupis, l’enfant derrière le père, et ils courbent le dos et la tête pour se protéger. Trois orifices pouvant être provoqués par des projectiles d’armes à feu sont visibles sur le mur, devant et au-dessus d’eux (figure 6).

Un coup de feu atteint le mur au-dessus d’eux et produit un nuage de poussière (figure 7). Celui-ci dissipé, l’impact du projectile est visible (figure 8).


FIGURE N° 6
Jamal et Mohammed AL-DOURA abrités derrière un obstacle en béton
Des traces pouvant être des impacts sont visibles sur le mur


FIGURE N° 7
Un coup de feu atteint le mur


FIGURE N° 8
L’impact du projectile


FIGURE N° 9
A cet instant, quatre traces sur le mur peuvent correspondre à des impacts

La séquence montrant les deux personnages abrités s’interrompt pour montrer le mirador du poste israélien.


FIGURE N° 10
Le poste israélien et le mirador

Le père et le fils sont à nouveau à l’écran. Le père protège son fils de son bras droit. On dénombre sept traces sur le mur pouvant provenir d’impacts de projectiles (figure 11).

L’enfant, puis le père, regardent la caméra (figures 12 et 13).

Le père lève le bras au-dessus du baril (figure 14).


FIGURE N° 11
Sept traces sur le mur peuvent correspondre à des impacts de projectiles


 
FIGURE N° 12
L’enfant regarde la caméra


FIGURE N° 13
Le père regarde la caméra


FIGURE N° 14
Le père lève le bras au-dessus du baril

Les images deviennent floues et on distingue l’enfant allongé et non plus accroupi. Le père baisse la tête (figures 15 et 16).


FIGURE N° 15
Bien que l’image soit floue, on distingue une modification
de la position de l’enfant, qui n’est plus accroupi, mais allongé


FIGURE N° 16
L’enfant est au sol, la tête sur les genoux de son père, les jambes repliées.

 

Les images sont nettes à nouveau. L’enfant se tient le visage dans les mains et ses jambes sont allongées. La tête du père est appuyée contre le mur, penchée vers sa droite (figures 17 et 18).


FIGURE N° 17
L’image est nette à nouveau. L’enfant n’a pas bougé.
La tête du père est appuyée contre le mur et penchée vers sa droite

 
FIGURE N° 18
La main droite de l’enfant couvre son visage et une tache rougeâtre est visible au niveau du ventre

On distingue huit traces sur le mur pouvant être des impacts de projectiles (figure 19). L’impact A était caché par le corps de l’enfant sur les clichés précédents. Une trace pouvant être un impact est également visible sur le baril.

Le bras droit du père est dégagé jusqu’à l’avant-bras et ne présente aucune blessure.


FIGURE N° 19
Sur un plan plus large, on dénombre neuf traces pouvant être des impacts.
Le bras du père ne présente aucune blessure.

 

 

 Le reportage concernant la «mort» de Mohammed AL-DOURA, d’une durée de 57 secondes, a été diffusé par le journal télévisé de France 2, le 30 septembre 2000.
 
Une première scène illustre la « blessure » d’un homme debout près d’une jeep, atteint par balle à l'arrière de la cuisse droite. Lorsqu’il se trouve au sol et roule sur lui-même, la partie arrière des cuisses ne présente aucune trace d’orifice balistique ou de sang. Il est possible que cet homme ait été touché par balle, mais il est tout aussi vraisemblable qu’il s’agisse d’une mise en scène.
 Au début de la seconde scène, Jamal et Mohammed AL-DOURA sont réfugiés derrière un baril. Ils sont accroupis, l’enfant derrière le père pour se protéger. Trois orifices pouvant correspondre à des projectiles d’armes à feu sont visibles sur le mur. Un coup de feu atteint le mur au-dessus d’eux.
 La séquence s’interrompt pour montrer le mirador du poste israélien, puis, le père et le fils sont à nouveau à l’écran. On dénombre alors sept traces sur le mur pouvant provenir d’impacts de projectiles.
 Les images deviennent floues on distingue l’enfant allongé, la tête sur les genoux de son père et une zone rougeâtre est remarquée au niveau de son ventre. Aucun épanchement sanguin n’est visible sur le sol.
 Huit traces sur le mur et une sur le baril, pouvant être des impacts de projectiles, sont maintenant visibles sur le mur, dont une pouvait être cachée par le corps de l’enfant lorsqu’il était accroupi.
 Il est certain que des tirs ont été effectués en direction du mur, en présence ou en l’absence de Jamal et Mohammed AL-DOURA, puisque le nombre d’impacts augmente au fur et à mesure que se déroule la scène, et que ce mur est touché par une balle pendant la prise de vue.
 
Il faut noter que l’image devient floue et illisible au moment où Mohammed est « touché », ce qui occulte la vision de l’enfant lorsqu’il est « blessé » et tombe. Les parties visibles du corps de Jamal ne portent aucune trace d’impact, pas plus que de sang.
 Il est possible que Jamal et Mohammed AL-DOURA aient été atteints par balles, tout comme il est crédible que nous soyons en présence d’une mise en scène.

De nombreux documents provenant des agences de presse et des journalistes présents sur place ont été consultés. Ils montrent un poste de police israélien situé au carrefour de Netzarim, attaqué à coups de pierres par des manifestants palestiniens, en majorité des jeunes gens et des enfants. Quelques cocktails Molotov et des pneumatiques incendiés sont également utilisés. Si Jamal et Mohammed AL-DOURA sont plusieurs fois filmés derrière le baril, seul France 2 enregistre la «mort» de l’enfant.


FIGURE N° 20
Vue d’un groupe de manifestants


FIGURE N° 21
Les manifestants jettent des pierres en direction du poste israélien

 
FIGURE N° 22
Autres jets de pierres


FIGURE N° 23
Autres jets de pierres
 


FIGURE N° 24
Cocktail Molotov

Un plan et des photographies aériennes permettant de situer parfaitement l’emplacement du poste israélien et celui de Jamal et Mohammed AL-DOURA.

Selon le plan, qui semble à l’échelle, le mirador israélien est situé à environ 80 mètres, et le cameraman de France 2, à une dizaine de mètres du père et de l’enfant (figures 25 à 27).


FIGURE N° 25
Plan des lieux


FIGURE N° 26
Vue aérienne

FIGURE N° 27
Autre vue aérienne

 

L’atmosphère générale ne traduit pas une ambiance de guerre. Beaucoup de journalistes et de cameramen couvrent l’événement, dont Talal Abou Rahma, photographe de France 2, et se promènent tranquillement au milieu des Palestiniens, très agités (figures 28 à 33). Des camions civils, des engins de travaux publics, de nombreuses voitures particulières, des taxis, des vélos, circulent normalement sur la route de Gaza. Les passants sont paisibles, certains téléphonent (figures 34 à 38).

FIGURE N° 28
Le photographe de France 2, Talal Abou Rahma

FIGURE N° 29
Autre cameraman

FIGURE N° 30
Autre cameraman

FIGURE N° 31
Autre cameraman

FIGURE N° 32
Autre cameraman

FIGURE N° 33
Autre cameraman

FIGURE N° 34
L’ambiance devant le poste israélien est paisible

FIGURE N° 35
Des voitures de tourisme circulent sur la route de Gaza

FIGURE N° 36
Autre voiture

FIGURE N° 37
Un cycliste passe paisiblement

FIGURE N° 38
Véhicule industriel

De nombreux coups de feu sont audibles tout au long des reportages, sans qu’il soit possible d’en définir l’origine. Plusieurs Palestiniens sont filmés alors qu’ils tirent, certains même en l’air. Par contre, aucun tir provenant du mirador israélien n’est visible durant toute la séquence.

De nombreux manifestants semblent blessés et sont emportés par des ambulances. Plusieurs d’entre eux simulent des blessures. C’est notamment le cas d’un jeune homme, porteur d’un cocktail Molotov, qui court alors qu’il présente une plaie importante au front. Un autre, mis sur une civière, tombe au sol à deux reprises, se relève et remonte lui-même et sans aide sur le brancard.

FIGURE N° 39
Un jeune homme portant une plaie au front
continue à courir sans manifester la moindre douleur

 De nombreux documents provenant des agences de presse et des journalistes présents sur place ont été consultés. Ils montrent un poste de police israélien situé au carrefour de Netzarim, attaqué à coups de pierres par des manifestants palestiniens, en majorité des jeunes gens et des enfants. Quelques cocktails Molotov et des pneumatiques incendiés sont également utilisés. Si Jamal et Mohammed AL DOURA sont plusieurs fois filmés derrière le baril, seul France 2 enregistre la «mort» de l’enfant. 
 L’atmosphère générale ne traduit pas une ambiance de guerre. Beaucoup de journalistes et de cameramen couvrent l’événement, dont Talal Abou Rahma, photographe de France 2, et se promènent tranquillement au milieu des Palestiniens, très agités. Cependant, seul ce dernier filme la «mort» de Mohammed AL DOURA, ce qui est pour le moins surprenant.
 
Des camions civils, des engins de travaux publics, de nombreuses voitures particulières, des taxis, des vélos circulent normalement sur la route de Gaza. Les passants sont paisibles, certains téléphonent avec leur portable.
 
De nombreux coups de feu sont audibles tout au long des reportages, sans qu’il soit possible d’en définir l’origine. Plusieurs Palestiniens sont filmés alors qu’ils tirent, certains même en l’air. Par contre, aucun tir provenant du mirador israélien n’est visible durant toute la séquence.
 
Beaucoup de manifestants semblent blessés et sont emportés par des ambulances. Plusieurs d’entre eux simulent des blessures. C’est notamment le cas d’un jeune homme, porteur d’un cocktail Molotov, qui court alors qu’il présente une plaie au front, sans manifester la moindre douleur. Un autre, mis sur une civière, tombe au sol à deux reprises, se relève et remonte lui-même et sans aide sur le brancard.

Les blessures provoquées par des armes telles que les fusils d’assaut de type COLT M16 ou KALASHNIKOV sont très spectaculaires et provoquent des dégâts importants. Les deux photographies ci-dessous sont extraites d’un rapport du médecin James PAGET, d’un hôpital anglais (Essex Police Tactical Firearms Group) et représentent des blessures causées par des armes de guerre.

FIGURE N° 40
Blessure à l’abdomen

FIGURE N° 41
Blessure au bras

Nous ne possédons aucun élément concernant la « blessure » mortelle de l’enfant, si ce n’est qu’il a été constaté par un médecin, « une blessure abdominale béante ». Le document de France 2 est flou et peu lisible, et une tache rougeâtre est visible au niveau de l’abdomen. Son père déclare qu’il a d’abord été touché au genou droit, puis au ventre par une balle qui a traversé le baril. Le projectile est ressorti au niveau du rein. Plusieurs éléments contredisent ces déclarations :

Aucune trace de blessure n’est visible au niveau du genou droit. Le mur ne présence aucune trace de projection de sang derrière le blessé. Nous n’avons identifié avec certitude aucune trace de projectile traversant le baril. L’enfant lève la jambe après avoir été touché à ce membre et au ventre.

 L’enfant tient à la main un chiffon rouge qu’il ramène sur son ventre.
 Mohammed AL DOURA bouge la tête et regarde la caméra en relevant la main.
 Aucune trace de sang n’est visible sur le sol.


Aucune autopsie de la victime n’a, semble-t-il, été réalisée et toute visualisation de la blessure est donc impossible.

Un impact de projectile de guerre au genou aurait provoqué un éclatement épidermique et osseux nettement visible sur le jean bleu de la victime. La jambe droite de Mohammed ne présentant aucune trace de blessure à ce niveau, il est donc certain que l’enfant n’a pas été touché à la jambe.

Selon les déclarations d’un médecin, Mohammed a été atteint au ventre par un projectile qui est ressorti au niveau des reins. Si tel était le cas, le mur porterait des traces de projection de sang et de chair. En effet, les projectiles militaires se fragmentent lors de leur trajet intracorporel et produisent des orifices de sortie de taille plus importante que ceux constatés à l’entrée de la balle dans le corps. Or, aucune trace de ce genre n’est visible sur le mur. Par conséquent, si Mohammed a été touché au ventre, la balle n’a pas transfixié le corps.

Nous identifions quatre traces pouvant être des impacts de projectiles, sur la face opposée à la position du père et du fils AL DOURA (figure 42). Par contre aucune trace d’impact traversant n’est visible sur la face située du côté où ils étaient situés (figure 43). Par conséquent aucun projectile pouvant correspondre à la blessure au ventre n’a traversé le baril, contrairement aux allégations du père, Jamal, qui affirme que la balle a traversé cet obstacle avant d’atteindre son fils. Par conséquent, si l’enfant a été atteint à l’abdomen, ce ne peut être que par un tir direct.

FIGURE N° 42
La face opposée à la position de Jamal et Mohammed présente 4 orifices
pouvant être des impacts de projectiles

FIGURE N° 43
La face située du côté où se trouvaient Jamal et Mohammed
ne présente aucune trace de sortie de projectile

Mohammed tient un chiffon rouge dans la main gauche qui repose sur sa cuisse droite. Après qu’il se soit allongé sur les genoux de son père, il ramène peu à peu ce chiffon contre son ventre (figures 44 à 47). Sur toute vue autre qu’un gros plan sur l’abdomen, ce chiffon rouge peut être assimilé à une tache de sang.

FIGURE N° 44
Mohammed tient un chiffon rouge dans la main droite qui repose sur sa cuisse droite

FIGURE N° 45
Il ramène peu à peu le chiffon vers son abdomen

FIGURE N° 46
Il continue son mouvement

FIGURE N° 47
Le chiffon est au niveau de l’abdomen

Après sa blessure, l’enfant s’allonge sur les genoux de son père. Sa main droite couvre son visage. Deux mouvements sont nettement visibles sur le document de la BBC couvrant les dix secondes postérieures à la « mort » annoncée par France 2 :

 Mohammed soulève la main, lève le bras et regarde en direction de la caméra, ce qui prouve qu’il n’est pas mort (figure 48).
 Il soulève également sa jambe droite, ce qui est impossible s’il a été atteint au genou, mais également s’il a été touché gravement au ventre (figure 49).

FIGURE N° 48
L’enfant soulève le bras droit et regarde la caméra

FIGURE N° 49
Sa jambe droite se soulève

Une blessure par arme de guerre à l’abdomen, produit une importante hémorragie et, par conséquent, un épanchement sanguin important et immédiat. L’enfant étant allongé sur le flanc gauche et légèrement vêtu, l’écoulement du sang ne peut se faire que sur le sol, devant et éventuellement derrière la victime si le projectile a été transfixiant. Or, les images les plus nettes du film de la BBC concernant les dix secondes postérieures à la séquence de France 2, ne montrent aucune présence de sang (figure 50).

FIGURE N° 50
Aucune trace de sang n’est visible sur le sol au niveau du ventre

Les images de Jamal AL DOURA, prises à l’hôpital, montrent des bandages au bras et à l’avant-bras droit, à l’abdomen du côté droit, à la cuisse droite, ainsi qu’aux deux jambes (figures 51 à 53). Il n’a pas pu être touché en tous ces points du corps lorsqu’il se trouvait derrière le baril, d’autant plus que son corps était partiellement masqué par celui de son fils. Par conséquent, si ces blessures sont réelles, elles n’ont pas pu se produire dans les circonstances relatées par France 2.

FIGURE N° 51
Jamal AL DOURA sur son lit d’hôpital. Il a été blessé au bras droit

FIGURE N° 52
Il a également été atteint à l’aine et à la cuisse…

FIGURE N° 53
… ainsi qu’aux deux jambes

 « BLESSURE » DE MOHAMMED AL DOURA : Le corps n’a pas été autopsié et nous ne possédons aucun élément, si ce n’est qu’il a été constaté par un médecin « une blessure abdominale béante ». Plusieurs éléments surprenants sont à retenir :

 La jambe droite de Mohammed ne présente aucune trace de blessure au niveau du genou. Or, un impact de projectile de guerre aurait provoqué un éclatement épidermique et osseux nettement visible sur le jean bleu de la victime. Il est donc certain que l’enfant n’a subi aucune blessure à ce niveau.
 
Si Mohammed avait été atteint au ventre par un projectile qui est ressorti au niveau des reins, comme le déclare un médecin, le mur porterait des traces de projection de sang et de chair. Or, aucun indice de ce genre n’est visible. Par conséquent, si Mohammed a été touché au ventre, la balle n’a pas transfixié le corps.
 
Jamal AL DOURA déclare que la balle a traversé le baril avant d’atteindre son fils au ventre. Or aucune trace d’impact traversant, pouvant correspondre à cette blessure, n’est visible sur cet obstacle. Par conséquent, si l’enfant a été atteint à l’abdomen, ce ne peut être que par un tir direct.
 
Vers la fin du film, Mohammed tient un chiffon rouge dans la main gauche qui repose sur sa cuisse droite. Après qu’il ait été soit-disant blessé mortellement, il ramène peu à peu ce chiffon contre l’abdomen. Sur toute vue autre qu’un gros plan sur cette partie du corps, ce chiffon rouge peut être assimilé à une tache de sang.
 
Après sa blessure, l’enfant s’allonge sur les genoux de son père. Sa main droite couvre son visage. Deux mouvements sont nettement visibles sur le document de la BBC couvrant les dix secondes postérieures à la « mort » annoncée dans le reportage de France 2. Il soulève la main, lève le bras et regarde en direction de la caméra, ce qui prouve qu’il n’est pas mort. Il soulève également sa jambe droite, ce qui est impossible s’il a été atteint au genou, mais également s’il a été gravement touché au ventre.
 
Une blessure par arme de guerre à l’abdomen, produit une importante hémorragie et, par conséquent, un épanchement sanguin important et immédiat. L’enfant étant allongé sur le flanc gauche et légèrement vêtu, l’écoulement du sang ne peut se faire que sur le sol, devant et éventuellement derrière la victime si le projectile a été transfixiant. Or, les images les plus nettes du film de la BBC concernant les dix secondes postérieures à la séquence de France 2 ne montrent aucune présence de sang.

 « BLESSURES » DE JAMAL AL DOURA : Les images de Jamal AL DOURA, prises à l’hôpital, montrent des bandages au bras et à l’avant-bras droit, au côté droit de l’abdomen, à la cuisse droite, ainsi qu’aux deux jambes. Compte tenu de la position que la victime occupait, il n’a pas pu être touché en tous ces points du corps lorsqu’il se trouvait derrière le baril, d’autant plus que son corps était partiellement masqué par celui de son fils. Par conséquent, si ces blessures sont réelles, elles n’ont pas pu se produire dans les circonstances relatées par France 2.

Le photographe Talal Abou Rahma déclare successivement que les tirs en direction du père et du fils AL DOURA ont duré 45 minutes, puis 40 minutes. Il fait parvenir à «France 2» six minutes de prise de vue, dont seulement une minute sera retenue pour le passage à l’antenne. Il déclare que des tirs dirigés vers Mohammed et Jamal AL DOURA n’ont pas cessé, du début à la fin de son reportage.

Quelle que soit l’origine des coups de feu, les armes utilisées sont des fusils d’assaut, capables de tirer par rafales et dont la cadence de tir est de six cents à huit cents coups à la minute.

En supposant même qu’un seul tireur ait tiré 50 coups à la minute, le nombre de coups de feu sur une durée de 40 minutes aurait été de DEUX MILLE, alors que huit impacts seulement sont visibles sur le mur et un sur le baril.

Il est donc impossible que des tirs, concentrés sur la zone où se trouvaient Jamal et Mohammed AL DOURA pendant plusieurs dizaines de minutes, comme le déclare le cameraman de France 2, aient pu provoquer si peu d’impacts sur le mur devant lequel ils se trouvaient.

 

 


 Le photographe Talal Abou Rahma déclare successivement que les tirs en direction du père et du fils AL DOURA ont duré 45 minutes, puis 40 minutes. Il fait parvenir à France 2 six minutes de prise de vue, dont seulement une minute sera retenue pour le passage à l’antenne. Il déclare que des tirs dirigés vers Mohammed et Jamal AL DOURA n’ont pas cessé, du début à la fin de son reportage.

 Les armes utilisées sont des fusils d’assaut, capables de tirer par rafales, à raison de six cents à huit cents coups à la minute. En supposant même qu’un seul tireur ait tiré 50 coups à la minute, le nombre de coups de feu sur une durée de 40 minutes aurait été de DEUX MILLE, alors que huit impacts seulement sont visibles sur le mur et un sur le baril.

 Il est donc impossible que des tirs, concentrés sur la zone pendant plusieurs dizaines de minutes, comme le déclare le cameraman de «France 2», aient pu provoquer si peu d'impacts sur le mur devant lequel le père et le fils AL DOURA se trouvaient.

A l’époque des faits, la police israélienne était équipée de fusils d’assaut américains de type M 16, ou de l’un de ses dérivés, ainsi que de pistolets mitrailleurs Uzi. Pour des tirs effectués à une distance de 80 mètres, les militaires utilisent les fusils d’assaut qui peuvent tirer au coup par coup ou par rafales. Les pistolets mitrailleurs sont réservés aux tirs à courte distance.

Les munitions correspondant au M16 sont de calibre .223 Remington, dont la balle mesure 5,56 mm de diamètre. Les militaires utilisent en principe des munitions israéliennes de marque IMI. Leur portée maximum est de 3200 mètres et elles peuvent provoquer des blessures mortelles jusqu’à 800 ou 1000 mètres.

FIGURE N° 54
Fusil d’assaut COLT M 16

Les Palestiniens utilisent des fusils d’assaut de type KALASHNIKOV, de différentes origines (russe, yougoslave, chinoise…) de calibre 7,62 x 39 mm, dont la balle mesure 7,62 mm de diamètre, soit 1,06 mm de plus que le .223.

Les munitions, d’origines également variées, portent à 2700 mètres et sont mortelles à 1600 mètres.

FIGURE N° 55
Fusil d’assaut KALASHNIKOV

FIGURE N° 56
En haut une cartouche 7,62 x 39 mm
En bas une cartouche .223 Remington

 

A l’époque des faits, la police israélienne était équipée de fusils d’assaut américains de type M 16 ou l’un de ses dérivés. Les munitions utilisées sont de calibre .223 Remington, dont la balle mesure 5,56 mm de diamètre. Leur portée maximum est de 3200 mètres et elles peuvent provoquer des blessures mortelles jusqu’à 800 ou 1000 mètres.

Les Palestiniens utilisent des fusils d’assaut de type KALASHNIKOV, de calibre 7,62 x 39 mm, dont la balle mesure 7,62 mm de diamètre, soit 1,06 mm de plus que le .223. Les munitions, portent à 2700 mètres et sont mortelles à 1600 mètres.

Ces armes peuvent tirer au coup par coup ou par rafales.


Des essais de tir ont été effectués afin de déterminer la forme des impacts provenant d’une arme COLT M 16 et d’un fusil d’assaut KALASHNIKOV. Des coups de feu ont été tirés sur des parpaings comparables à ceux qui constituent le mur devant lequel se trouvaient Jamal et Mohammed AL DOURA.

Le plan des lieux qui nous a été communiqué permet de déterminer approximativement l’angle de tir, qui est de 35° (figure 57).

Les tirs ont été réalisés avec les deux armes, perpendiculairement au plan du mur, et selon un angle de 35° (figure 58).

FIGURE N° 57
Détermination de l’angle de tir sur le mur par rapport au poste de police israélien

FIGURE N° 58
Détermination de l’angle de tir sur le mur par rapport au poste de police israélien

Lorsqu’un projectile atteint une surface dure, il se déforme plus ou moins selon la résistance de l’obstacle qu’il rencontre. La forme et les dimensions des impacts peuvent donc varier sensiblement selon la partie du mur qui est touchée. Un parpaing en béton ayant une structure alvéolée, l’impact sera différent s’il se trouve en face d’une alvéole, d’une paroi interne, ou d’un joint réunissant deux parpaings.

Les dimensions des impacts correspondant à nos essais (figures 59 et 60) sont les suivants :

Tirs effectués selon un angle de 90° par rapport au mur : 
        
        
Impact de calibre .223 Remington : 2,0 cm de hauteur sur 2,5 cm de largeur. 
        Impact de calibre 7,62 x 39 mm : 2,0 cm de hauteur sur 2,8 cm de largeur.

Tirs effectués selon un angle de 35° par rapport au mur : 

        Impact de calibre .223 Remington : 1,5 cm de hauteur sur 3,3 cm de largeur.  
        Impact de calibre 7,62 x 39 mm : 2,0 cm de hauteur sur 5,8 cm de largeur.

Les rapports entre la largeur et la hauteur des impacts sont les suivantes :

Tirs effectués selon un angle de 90° par rapport au mur :

        Impact de calibre .223 Remington : Rapport largeur/hauteur = 2,5 : 2,0 = 1,25. 
        Impact de calibre 7,62 x 39 mm : Rapport largeur/hauteur = 2,8 : 2,0 = 1,40.

Tirs effectués selon un angle de 35° par rapport au mur :

Impact de calibre .223 Remington : Rapport largeur/hauteur = 3,3 : 1,5 = 2,20.
Impact de calibre 7,62 x 39 mm : Rapport largeur/hauteur = 5,8 : 2,0 = 2,90.

Ces calculs montrent que les impacts correspondant aux tirs perpendiculaires au mur, ont une forme pratiquement circulaire, alors que ceux provenant des tirs effectués selon un angle de 35° par rapport au mur sont nettement allongés dans le sens horizontal.

Gros plan de l’impact de la balle de calibre .223
Gros plan de l’impact de la balle de calibre 7,62 mm

FIGURE N° 59
Impacts correspondant à nos tirs d’essai effectués perpendiculairement au mur 
 

Gros plan de l’impact de la balle de calibre .223
Gros plan de l’impact de la balle de calibre 7,62 mm

FIGURE N° 60
Impacts correspondant à nos tirs d’essais
effectués selon un angle de 35° par rapport au mur

L’une des images du film de «France 2» permet de visualiser les impacts sur le mur situé derrière Jamal et Mohammed AL DOURA. Ce cliché est illustré en figure 19, page 22 de ce rapport, et est reproduit ci-dessous.

Les impacts ont été numérotés de gauche à droite et de bas en haut, et chacun d’entre eux a ensuite été agrandi afin d’en mieux distinguer la forme (figure 61). Les traces sur le baril n’ont pas été prises en compte.

FIGURE N° 61
Image du film de France 2 montrant les impacts sur le mur

Les agrandissements donnent des images floues, mais il est cependant possible de distinguer la forme des impacts et de calculer approximativement les rapports hauteur/largeur:

rapport hauteur/largeur de l’impact : 14 : 11 = 1,27
rapport hauteur/largeur de l’impact :   9 : 11 = 0,81
rapport hauteur/largeur de l’impact : 25 : 10 = 2,50
rapport hauteur/largeur de l’impact : 16 : 10 = 0,15
rapport hauteur/largeur de l’impact : 16 : 12 = 1,33
rapport hauteur/largeur de l’impact : 12 : 10 = 1,20
rapport hauteur/largeur de l’impact : 16 : 14 = 1,14
rapport hauteur/largeur de l’impact : 11 : 12 = 0,82

     


Impact 1                 Impact 2                   Impact 3                    Impact 4
Impact 5                   Impact 6                    Impact 7                    Impact 8

FIGURE N° 62
Chacun des impacts agrandis, visibles sur une image du film de France 2

La forme de l’impact varie selon l’angle de tir par rapport à la cible. Si le tir s’effectue sur un matériau homogène, comme une plaque de tôle, par exemple, la forme d’un impact pourra être la suivante :

                

Dans le cas d’un obstacle hétérogène, la forme de l’impact selon l’angle de tir sera conservée, mais elle sera irrégulière.

Si l’impact est plus haut que large - ce qui caractérise un tir de haut en bas, ou de bas en haut -, c’est le rapport entre la hauteur et la largeur qui sera pris en compte. Il sera proche de 1 si le tir est perpendiculaire à la cible, et variera plus ou moins en fonction de l’angle de la trajectoire sur le plan vertical.

Si l’impact est plus large que haut - ce qui caractérise un tir de droite à gauche, ou de gauche à droite -, c’est le rapport entre la largeur et la hauteur qui sera pris en compte. Il sera proche de 1 si le tir est perpendiculaire à la cible, et variera plus ou moins en fonction de l’angle de la trajectoire sur le plan horizontal.

Dans le cas des orifices présents sur le mur, l’orientation des tirs est la suivante :

Le rapport entre la hauteur et la largeur de l’impact 1 est de 1,27, ce qui caractérise un tir de haut en bas, ou de bas en haut.
Le rapport entre hauteur et la largeur de l’impact 2 est de 0,81, ce qui caractérise un tir pratiquement perpendiculaire.
Le rapport entre la hauteur et la largeur de l’impact 3 est de 2,50, ce qui caractérise un tir nettement de haut en bas ou de bas en haut.
Le rapport entre la hauteur et la largeur de l’impact 4 est de 0,15, ce qui caractérise un tir perpendiculaire.
Le rapport entre la hauteur et la largeur de l’impact 5 est de 1,33, ce qui caractérise un tir de haut en bas ou de bas en haut.
Le rapport entre la hauteur et la largeur de l’impact 6 est de 1,20, ce qui caractérise un tir de haut en bas ou de bas en haut.
Le rapport entre la hauteur et la largeur de l’impact 7 est de 1,14, ce qui caractérise un tir de haut en bas ou de bas en haut.
Le rapport entre hauteur et la largeur de l’impact 8 est de 0,82, ce qui caractérise un tir pratiquement perpendiculaire.

Les huit impacts relevés sur le mur devant lequel se trouvaient Jamal et Mohammed AL DOURA correspondent donc à des tirs effectués perpendiculairement au plan de ce mur, ou plus ou moins de bas en haut ou de haut en bas.

La forme des impacts obtenus lors des essais effectués par nos soins est la suivante :

Ils sont pratiquement circulaires dans le cas des tirs réalisés perpendiculairement à la cible.

Ils sont nettement ovalaires à grand axe horizontal dans le cas des tirs réalisés selon un angle de 35°.

Par conséquent la forme des impacts observés sur le mur correspond à des coups de feu tirés soit perpendiculairement, soit de bas en haut, soit de haut en bas. Ces traces sont incompatibles avec des tirs pouvant provenir de droite à gauche ou de gauche à droite.

 Des essais de tir ont été effectués afin de déterminer la forme des impacts provenant de fusils d’assaut COLT M 16 et KALASHNIKOV, ces deux armes étant respectivement utilisées par les Israéliens et les Palestiniens au moment des faits. Des coups de feu ont été tirés sur des parpaings comparables à ceux qui constituent le mur devant lequel se trouvaient Jamal et Mohammed AL DOURA. 
 Les coups de feu ont été tirés selon un axe perpendiculaire au plan du mur, et d’autres selon un angle de 35° correspondant à la position du poste israélien, déterminé en fonction du plan des lieux figurant dans les documents qui nous ont été confiés, et qui semble à l’échelle.
 
Nous avons constaté que les impacts produits par l’utilisation des deux armes COLT M 16 et KALASHNIKOV sont de forme pratiquement circulaire dans le cas des essais réalisés perpendiculairement au plan de la cible, et qu’ils sont de forme ovalaire à grand axe horizontal lorsque les tirs sont effectués selon un angle de 35° par rapport à la cible.
 
Les orifices relevés dans le mur devant lequel se trouvaient Jamal et Mohammed AL DOURA sont soit de forme circulaire, soit de forme ovalaire à grand axe vertical, ce qui correspond à des coups de feu tirés soit perpendiculairement au plan de la cible, soit plus ou moins de haut en bas, ou de bas en haut. Ces traces sont incompatibles avec des tirs pouvant provenir de droite à gauche ou de gauche à droite.

 



La position du baril derrière lequel se trouvaient Jamal et Mohammed AL DOURA, celle du poste israélien, et les emplacements de tir des Palestiniens, ont été matérialisés sur la vue prise d’un hélicoptère, et qui figure ci-dessous.

FIGURE N° 63
Situation des protagonistes présents sur les lieux

Nous constatons que si des coups de feu ont atteint le père et le fils, ils ne pouvaient provenir que du poste israélien, du poste palestinien « PITA », ou de tireurs isolés. En effet, Jamal et Mohammed AL DOURA ne sont pas dans le champ de tir des autres postes palestiniens.

Sur un autre document constitué d’images de synthèse, les deux possibilités de tir sur le père et le fils sont représentées (figure 64) et confirment que les seules possibilités d’atteindre Mohammed et Jamal, sont offertes au poste de police israélien, au poste palestinien « PITA », ou à un tireur isolé.

FIGURE N° 64
Positions de tirs possibles en direction de Jamal et Mohammed AL DOURA,
à partir du poste israélien et des postes palestiniens

Le père et le fils AL DOURA sont abrités derrière le baril, pour se protéger des tirs israéliens. Ce refuge est suffisant pour qu’ils soient à l’abri, car, en figurant l’angle de tir, nous constatons qu’ils ne peuvent être atteints, sauf éventuellement aux membres inférieurs (figure 65). Pour que l’enfant ait pu être touché au ventre et le père au bras droit, à une cuisse et à l’aine, par des coups de feu provenant du poste israélien, il aurait donc fallu qu’ils se déplacent pour être pris sous le feu.

Par ailleurs, il est difficile de comprendre pourquoi, en pleine action, le caméraman de l’agence Reuters et un journaliste viennent se placer juste à côté de l’enfant (figures 66 à 69). En effet, si les israéliens tirent effectivement à ce moment-là, les deux journalistes ne sont pas protégés par le baril et risquent donc d’être atteints à tout moment.

La position du père et du fils AL DOURA derrière le baril les met à l’abri des tirs israéliens

FIGURE N° 67

Le cameraman de l’agence Reuters vient se placer derrière Mohammed qui n’a pas été touché.
Il est exposé au feu du poste israélien

FIGURE N° 68

Image de synthèse montrant le cameraman derrière Mohammed, et donc exposé aux tirs des Israéliens

FIGURE N° 69
Un autre journaliste rejoint son confrère et va se placer derrière lui

Si les tirs ont été effectués depuis le poste palestinien « PITA », qui se trouve face au mur devant lequel sont réfugiés Jamal et Mohammed AL DOURA, aucun obstacle ne s’interpose entre les tireurs et les « victimes » (figure 70), qui peuvent donc effectivement être atteints avec facilité par des militaires entraînés. Le ou les tireurs pouvaient également se trouver entre « PITA » et Talal Abou Rahma.

FIGURE N° 70
L’angle de tir correspondant à la position des Palestiniens
(le libellé - mutilé - en bas à droite doit se lire : "Trajectoire des tirs")

Notons que le photographe de France 2, Talal Abou Rahma, a déclaré que les tirs venaient de DERRIERE LUI, ce qui correspond à la position palestinienne, alors que le poste israélien se trouve très nettement sur sa droite et légèrement en arrière de lui.

En tenant compte du fait que Mohammed et Jamal AL DOURA, à l’abri derrière le baril, ne pouvaient pas être atteints par les Israéliens, ils n’auraient donc pu être touchés que par des tirs palestiniens provenant du poste « Pita » ou dans l’axe de ce poste, ce qui n’explique pas la présence du cameraman de Reuters et de son collègue aux côtés de Mohammed, car ils risquaient évidemment d'être blessés ou tués.

 


 
Si des coups de feu ont atteint le père et le fils, ils ne pouvaient provenir que du poste israélien, du poste palestinien « PITA », ou de tireurs placés dans le même axe que ce dernier. En effet, Mohammed et Jamal AL DOURA sont hors de portée des autres positions palestiniennes.
 
Dans l’hypothèse où les coups de feu proviennent du poste israélien, et en tenant compte de l’angle de tir possible, seuls les membres inférieurs pouvaient éventuellement être atteints, car les autres parties du corps étaient abritées derrière le baril, qui, par ailleurs, ne présente pas de trace d’impact conforme aux blessures. La présence d’un cameraman de l’agence Reuters et d’un autre journaliste aux côtés de Mohammed est inexplicable, car ces deux reporters ne sont pas couverts par le baril et peuvent donc être blessés ou tués à tout moment.
 Si
les tirs ont été effectués depuis le poste palestinien « PITA », qui se trouve face au mur devant lequel sont réfugiés Jamal et Mohammed AL DOURA, ou par des militaires situés dans le même axe, aucun obstacle ne s’interpose entre les tireurs et les victimes. Elles peuvent donc effectivement être atteintes facilement par des militaires entraînés. Notons que le photographe Talal Abou Rahma a déclaré que les tirs venaient de DERRIERE LUI, ce qui correspond à la position palestinienne, alors que le poste israélien se trouve très nettement sur sa droite et légèrement en arrière de lui.
 
Si Mohammed et Jamal AL DOURA, à l’abri derrière le baril, ne pouvaient pas être atteints par les Israéliens, ils n’auraient pu être touchés que par des tirs provenant du poste « Pita » tenu par les Palestiniens, ou par des militaires placés dans le même axe.

Les constatations exprimées dans ce rapport ont été réalisées sur des documents (images de France 2, Associated Press, Reuters, BBC), qui étaient disponibles juste après les faits, c’est-à-dire dans les mois qui ont suivi l’incident du 30 septembre 2000. Nous avons également effectué des recherches concernant les armes utilisées à l’époque des faits et effectué des essais de tir. L’ensemble de ces opérations nous permet de présenter les conclusions suivantes :

         Des manifestants, en grande majorité des jeunes gens et des enfants, jettent des pierres sur le poste israélien. L’ambiance générale est bon enfant, des gens se promènent tranquillement et des véhicules circulent sur la route de Gaza. Des jeunes et un homme, près d’une jeep, semblent blessés, mais il s’agit de simulations, dans plusieurs cas identifiés. De nombreux coups de feu sont tirés, sans qu’il soit possible d’en définir l’origine. Beaucoup de journalistes couvrent l’événement.

         Le reportage de France 2, d’une durée d’une minute, concerne la «mort» de Mohammed AL DOURA et a été diffusé le 30 septembre 2000. Nous avons constaté qu’un coup de feu atteint le mur, au-dessus de Jamal et de Mohammed. Au total, huit impacts sont présents sur ce mur, après que le fils AL DOURA soit allongé et immobile, et un impact non traversant sur le baril. La séquence correspondant à l’instant ou Mohammed a été éventuellement blessé est floue. De nombreux éléments sont de nature à mettre en doute que le père et le fils ont été atteints par des projectiles.

 

         Selon les déclarations, Mohammed a été blessé au genou droit et au ventre, alors qu’aucune trace d’impact ou de sang n’est visible sur ses vêtements. Bien que Talal Abou Rahma, photographe de France 2, déclare que l’enfant a saigné pendant dix à quinze minutes, aucune trace de sang n’est visible sur le sol. 
         Si la blessure au ventre avait été transfixiante, comme le déclare un médecin, des projections de sang et de chair seraient visibles sur le mur, ce qui n’apparaît pas sur les photographies de la BBC couvrant les dix secondes qui suivent le reportage de France 2. 
         
Jamal aurait été touché au bras droit, au ventre et aux membres inférieurs, alors qu’aucune trace d’impact ou de sang n’est visible sur ses vêtements. De plus, l’emplacement des «blessures» était masqué soit par le baril, soit par le corps de son fils, qui faisaient écran entre les tireurs et lui. Il n’a donc pas pu être atteint dans les conditions décrites par France 2. 
         
Talal Abou Rahma déclare que des tirs ont été dirigés sur Jamal et Mohammed AL DOURA pendant au minimum quarante minutes. Si tel avait été le cas, et en supposant qu’un seul tireur ait concentré ses coups de feu dans leur direction pendant tout ce temps, ce n’est pas huit impacts qui auraient été constatés sur le mur, mais au minimum deux mille. 
         
Seul le reporter de France 2 a filmé l’épisode de la «mort» de l’enfant, alors que de nombreux autres cameramen étaient présents sur les lieux.

 Le poste de police israélien était situé à quatre-vingts mètres de l’endroit où Jamal et Mohammed AL DOURA étaient réfugiés. En fonction du plan qui nous a été fourni, l’angle de tir est de l’ordre de trente-six degrés par rapport au mur situé derrière eux. Dans cette situation, le père et l’enfant n’ont pas pu être atteints par les Israéliens pour les raisons suivantes :

 Jamal et Mohammed AL DOURA étaient protégés par un baril qui ne présente aucune trace d’impacts traversants. Dans cette position, ils ne pouvaient être atteints qu’au niveau des membres inférieurs.         
 
Les essais de tir réalisés avec les armes utilisées à l’époque des faits par  l’armée israélienne ont montré que les impacts caractéristiques de tirs obliques auraient été nettement de forme allongée et pratiquement horizontale. Ceux qui sont visibles sur le mur sont globalement circulaires, ce qui correspond à des coups de feu, tirés perpendiculairement au plan de ce mur. 
 Talal Abou Rahma déclare que les tirs provenaient de derrière lui, alors que le poste israélien se trouvait nettement sur sa droite et légèrement en arrière de son emplacement de tournage. 
 Il n’est pas vraisemblable que le cameraman de l’agence Reuters et un autre journaliste se soient placés à côté de Mohammed AL DOURA avant la « mort » de ce dernier, car ils auraient été directement exposés aux tirs israéliens.

 

 Il est incontestable qu’au moins un projectile a touché le mur devant lequel se trouvaient le père et le fils, puisque ce tir est visible sur le film de France 2. Cependant, ce tir correspond à un coup de feu tiré perpendiculairement au mur et ne peut provenir que du poste palestinien « PITA », ou de tireurs isolés situés dans le même axe que ce dernier.

 Les autres impacts sur le mur peuvent provenir de tirs effectués alors que Jamal et Mohammed AL DOURA ne se trouvaient pas derrière le baril, puisque les coups de feu n’ont pas été filmés.

 

  Si Jamal et Mohammed AL DOURA ont été atteints par balles, les tirs ne pouvaient techniquement pas provenir du poste israélien, mais seulement du poste palestinien « PITA », ou de tireurs placés dans le même axe.

  En tenant compte du contexte général et des nombreuses mises en scène que nous avons constatées sur l’ensemble des documents étudiés, aucun élément objectif ne nous permet de conclure que l’enfant a été tué et son père blessé dans les conditions qui ressortent du reportage de France 2. Il est donc sérieusement possible qu’il s’agisse d’une mise en scène.

 

Remis en ligne le 1er mai 2008 (1ère mise en ligne le 19 février 2008)

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