29/04/08
The
Texte original anglais : "The myth of Palestinian moderation".
Traduction française: Menahem Macina
George W. Bush est bien connu pour maltraiter la langue anglaise, mais il sest surpassé, la semaine dernière.
Assis à côté de Mahmoud Abbas à la Maison Blanche, Bush sest répandu et pâmé à propos du dirigeant palestinien quil accueillait, le décrivant en des termes habituellement réservés aux héros et aux saints.
« Le Président est un homme de paix »,
a assuré Bush au troupeau de journalistes présents.
« Cest un homme déterminé. Il rejette lidée de recourir à la violence pour atteindre ses buts, ce qui le distingue dautres gens de la région. »
Alors que, contrairement à lhabitude, la grammaire de Bush a été correcte, ce jour-là, ce nétait absolument pas le cas de sa description dAbbas. Car même un survol superficiel des explosions verbales du président palestinien, au cours des derniers mois, révèle un homme qui ne mérite pas du tout une telle louange.
· Le 1er mars, Abbas a eu le culot dinsulter la mémoire des six millions de Juifs assassinés par les nazis, quand il a déclaré que les opérations anti-terroristes de Gaza étaient « pires que lHolocauste ». (Jerusalem Post, du 2 mars).
· Et dans un entretien avec le journal jordanien Al-Dustur, le 28 février, Abbas sest vanté davoir été le premier Palestinien à tirer sur Israël après la naissance de lOLP, en 1965.
· Ce prétendu « homme de paix » sest glorifié du fait que son mouvement le Fatah a entraîné des terroristes, et il na pas exclu de reprendre la « lutte armée » contre Israël à lavenir.
· Et il y a seulement trois semaines, Abbas prévoyait de décerner la distinction honorifique Al Quds la plus haute décoration de lOLP - à deux femmes terroristes palestiniennes qui avaient pris part au meurtre dIsraéliens (Radio dIsraël, 16 avril). La cérémonie avait été annulée après avoir fait lobjet dune large diffusion dans les médias.
· Faut-il encore évoquer le refus du président palestinien, lan dernier, de reconnaître Israël comme un « Etat juif » ?
Ceci montre, à lévidence, ce quil y a de trompeur dans lentêtement de Bush à traiter Abbas comme un dirigeant raisonnable et intelligent sur lequel on peut compter pour sceller un accord de paix. En réalité, le président palestinien a démontré, à plusieurs reprises, quil était un impulsif immodéré. Pourtant cela ne semble pas empêcher Washington de lui accorder le titre envié de dirigeant "modéré", avec lequel Israël peut traiter.
· "Le gouvernement dAbbas, modéré et soutenu par les Occidentaux, a le contrôle de la Cisjordanie", expliquait, pour notre utilité, lagence Associated Press, dans une récente dépêche (25 avril).
· Selon Reuters (24 avril), Abbas est "un modéré pro-occidental".
· Et lundi [28 avril], lAgence France Presse évoquait le "président palestinien modéré, Mahmoud Abbas", comme si lappellation de "modéré" faisait partie intégrante de ce titre.
Toute cette honteuse flagornerie du gangster en chef palestinien pose une simple question, rarement soulevée : pourquoi y a-t-il une insistance aussi généralisée à faire croire faussement au public quAbbas est un dirigeant "modéré", qui incarne la majorité des Palestiniens ?
La question na rien dacadémique. En fait, elle va directement au cur de la politique des gouvernements américain et israélien.
En fin de compte, tout le fondement intellectuel de lidée daccorder un Etat aux Palestiniens repose sur lhypothèse douteuse quune majorité dentre eux sont des gens réellement raisonnables et épris de paix. Il est dommage que toutes les preuves disponibles semblent indiquer le contraire.
La semaine dernière, par exemple, le Centre de Jérusalem pour les Médias et les Communications, dobédience palestinienne, a publié les résultats dune enquête qui révèle quune majorité de Palestiniens (50,7%), approuvent les attentats-suicide à lexplosif contre des civils israéliens.
Ce résultat corrobore les précédents sondages, qui ont toujours démontré que les Palestiniens soutenaient massivement le terrorisme anti-israélien. En effet, le mois dernier, le Centre Palestinien de Recherches et dEnquêtes Politiques, dont le siège est à Ramallah, a constaté quun pourcentage étonnant de 84% des Palestiniens, approuvaient laffreux assassinat, en forme dexécution, de 8 adolescents israéliens par un terroriste palestinien, dans la Yeshiva Mercaz HaRav de Jérusalem.
Et [toujours selon ces sondages] avec un écart de 64% contre 33, soit près de deux contre un, les Palestiniens étaient favorables aux attaques incessantes de roquettes contre les villes et les agglomérations israéliennes.
Ces faits bruts, dans leur froideur, constituent un grave problème pour les partisans du processus de paix, ne serait-ce que parce quils confirment que lidée même de la modération palestinienne est un mythe. Cest un fruit de limagination, une quête dun mirage qui ressemble peu à la réalité. En fin de compte, ce nest pas comme si une infime minorité de Palestiniens approuvaient le meurtre de Juifs. La plupart dentre eux lapprouvent. Et vouloir que ce ne soit pas le cas ne fait pas quil en soit ainsi.
Alors, cessons de nous faire des illusions. Donner un Etat aux Palestiniens, alors quune majorité dentre eux veulent notre mort, est à la fois dangereux et irresponsable. Cest une recette pour la catastrophe, et cela ne servira quà créer encore un autre Etat radical et parrainant la terreur dans la région.
Et cessons dappeler Mahmoud Abbas un "modéré". Quiconque refuse de reconnaître Israël comme un "Etat juif", tourne lHolocauste en dérision, et menace de revenir à la violence, ne mérite certainement pas un tel qualificatif. Au contraire, appelons Abbas pour ce quil est réellement. Car
· il ressemble à un extrémiste,
· parle comme un extrémiste,
· et agit comme un extrémiste.
· Il y a donc toutes les chances pour quil en soit un.
Et plus important encore : commençons à le traiter comme tel.
Michael Freund
© The Jerusalem Post
Mis en ligne le 1er mai 2008, par M.











