28/04/08

© Le Soir du 29 avril 2008, p. 17
Déconstruction de cet article basé sur un communiqué de l'AFP.
1. On commence par affirmer la culpabilité israélienne, en se prévalant de l'"indication" d'un médecin de l'hôpital local :
Les quatre enfants tués lundi âgés de un, trois, quatre et cinq ans ont été victimes dun tir dobus de char contre leur maison, a indiqué un médecin de lhôpital de Beit Lahya.
2. On ajoute à l'horreur en précisant, toujours sur les dires du médecin palestinien, que la mère a eu le même sort :
Leur mère, Miassar Abou Maateq, 40 ans, grièvement blessée dans lexplosion, est décédée à lhôpital, a précisé le médecin.
3. Ensuite, seulement, on mentionne, sur la foi d'"une "source" au sein du "groupe armé", la présence, sur les lieux, d'un "combattant" du Jihad Islamique, comme s'il avait eu la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment...
La sixième victime est un combattant du Jihad islamique, a déclaré une source au sein du groupe armé.
4. En outre, pour faire bonne mesure, on "ajoute" une autre victime : un "Palestinien", dont la mort a eu lieu ailleurs ("au nord de la bande de Gaza"); on se garde bien de préciser pourquoi il a été tué. Sans doute un autre civil qui, lui aussi, a eu la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment...
En début de soirée, un septième Palestinien a été tué dans le nord de la bande de Gaza, par des tirs de soldats israéliens, selon un responsable des services durgence palestiniens.
5. Puis, on donne les versions contradictoires des circonstances de l'incident dramatique :
Une source de sécurité palestinienne a expliqué que des combats entre membres du Jihad islamique et armée israélienne sétaient produits dans le secteur de la maison familiale, près de la frontière entre le nord de la bande de Gaza et Israël.
Larmée a précisé avoir attaqué des tireurs palestiniens ayant tenté de sapprocher de la frontière, soulignant que les combattants palestiniens avaient tiré des roquettes antichars et des obus de mortier.
6. Enfin, on évoque brièvement la version israélienne de la mort accidentelle des victimes civiles, dont 4 enfants:
Un porte-parole militaire a affirmé que la mort des cinq civils palestiniens avait été provoquée par des explosifs manipulés par des activistes palestiniens.
7. Mais comme il n'est pas question de laisser planer un doute sur la culpabilité israélienne, suit un bref retour en arrière sur le 'précieux' témoignage du père. Au cas où un impudent oserait mettre en doute le communiqué du Hamas, les paroles d'un époux et d'un père éploré constituent un témoignage irréfutable, d'autant qu'il est recueilli dans une cour dont le sol est "recouvert de sang", et qu'il se termine par la mention, aussi "gore" que la photo, des "lambeaux de chair" de la femme et des enfants", qui "déjeunaient"...
Selon le père des quatre enfants, ces derniers mangeaient dans la cour avec leur mère quand un obus a explosé contre la porte dentrée.
« Je suis sorti de la maison quelques instants pour aller chercher un de mes enfants et jai entendu une explosion », a indiqué Ahmed Abou Maateq, 70 ans, dans la cour de son domicile, dont le sol était recouvert de sang.
« Ma femme et mes enfants déjeunaient. Quand je suis revenu, je nai trouvé que des lambeaux de chair », a-t-il ajouté.
8. Et ce n'est certainement pas un hasard si cette dépêche complaisante fait mention des menaces du Hamas, et de son rappel des victimes, "en majorité des Palestiniens", des "violences" qui n'ont pas cessé depuis le début des pourparlers d'Annapolis:
Le Hamas a appelé dans un communiqué sa branche armée et les autres groupes armés à répondre à ce crime et poursuivre leur préparation à laffrontement.
Au moins 444 personnes, en majorité des Palestiniens, ont été tuées dans les violences depuis que les pourparlers israélo-palestiniens ont été relancés dans la foulée de la conférence dAnnapolis...
9. Et voici le bouquet final que Le Soir reprend à son compte - c'est, en effet, sur cette phrase que se termine ce monument de 'collaboration' grossière entre un média occidental et la propagande du Hamas :
Le Premier ministre du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a condamné par communiqué
« le massacre qui révèle le vrai visage de loccupant israélien criminel et de ses tentatives constantes de détruire les efforts régionaux et internationaux pour lever le siège et faire cesser les attaques ».
La propagande islamique, en général, et celle du Hamas en particulier, peuvent se réjouir de voir relayé sur une page d'un média grand public francophone, ce message de haine, illustré par des photos indécentes (*), qu'on lit habituellement dans la presse islamique en langue arabe.
(*) En voici deux exemples (que je dois à l'obligeance de P. Lachaus), entre des centaines d'autres :

Analyse : Menahem Macina
© upjf.org, avec AFP et Le Soir
Mis en ligne le 29 avril 2008, par M.












