Union des Patrons et Professionnels Juifs de France
Vous êtes : AccueilNoeudRacine
Contributeurs Spécialisés
Faire bénéficier les non-Juifs du «Droit, acquis de naissance» à découvrir et connaître Israël
Shmuley Boteach est un original, c’est le moins qu’on puisse dire. Animateur de radio aux Etats-Unis, c’est un Juif convaincu, mais dont la particularité est d’être très (certains diront 'trop') universaliste, ce qui n’est pas du goût de nombre de ses coreligionnaires. J’ai eu l’occasion d’apprécier son franc-parler, cette fois aux dépens du pape, dans un article que j’ai reproduit sur ce site [1]. Nul doute que l’initiative d’un « Israel Birthright » [2], qu’il préconise ici lui vaille, au mieux, le mépris ou la dérision, au pire une opposition farouche. En ce qui me concerne, elle me séduit plutôt, sous réserve de deux légers correctifs : a) Il est souhaitable de ne pas limiter l’initiative aux jeunes ; b) il serait opportun de la mettre sous l’égide de ce verset biblique, étonnamment consonant : "Et de Sion, on dira : Untel et untel y sont nés…" (Ps 87, 5). (Menahem Macina).
Imprimer    Envoyer à un ami 

Voir aussi : Julie Stahl, "Les Palestiniens tentent de copier le programme israélien Birthright".

 

06/04/08

 

The Jerusalem Post

 

Texte original anglais : " A 'birthright' for non-Jews ".

 

Traduction française : Menahem Macina, pour upjf.org

 

Nous ne sommes qu’à quelques semaines du tournant des 60 ans d’Israël, et le silence, partout, en dehors des communautés juives, est assourdissant. Il y a eu plus de battage autour de l’inauguration du Terminal 5 de l’aéroport de Heathrow qu’à propos de la commémoration imminente d’Israël.

 

Participants de Birthright en provenance du Milwaukee. Leurs amis non juifs les envient.

 

Les réalisations monumentales d’Israël, le fait que ce minuscule pays, entouré d’ennemis diaboliquement résolus à l’anéantir, ait tout de même réussi à survivre, ne semblent guère retenir l’attention en dehors du monde juif. Certains diront que c’est normal. Israël est après tout, un Etat juif. Pourquoi n’importe qui d’autre s’y intéresserait-il ?

Mais, vu sous un autre angle, le fait que personne ne célèbre cet événement avec les Juifs en dit long sur notre échec. Israël, à ce qu’il semble, a perdu sa capacité d’inspirer qui que ce soit à l’exception des Juifs et des chrétiens évangéliques. Ces deux groupes considèrent la création et la survie d’Israël comme ayant une signification historique mondiale. Mais pour le reste du monde, Israël est un pays qui fait les gros titres à cause  des attentats et des combats. C’est pourquoi le monde dit, ne le prenez pas mal, vous les Juifs, mais qu’avons-nous à voir avec votre anniversaire ?

Mais, attendez une seconde. L’anniversaire de la mort du grand Martin Luther King Junior a été commémoré vendredi dernier [4 avril 2008], et pas seulement par les Afro-Américains, ni par les Etats-Unis, mais partout dans le monde, y compris en Israël. Le mouvement créé par King, quoique axé principalement sur le sort des Noirs du Sud, est considéré comme un appel mondial en faveur de la liberté et de la justice. Le mouvement des droits civiques a mis fin au racisme, aux préjugés irrationnels dans tous les coins du globe. Il a donc une signification pour les gens où qu’ils soient.

Mais le sionisme n’a-t-il pas été considéré jadis sous la même lumière ? N’a-t-il pas été également un mouvement qui a poussé des gens opprimés, persécutés dans tous les pays où ils résidaient, à trouver un foyer où ils pourraient vivre en paix et en liberté ? Est-il devenu maintenant un mouvement qui ne parle qu’aux Juifs ?

Nous, Juifs, avons contribué, à notre insu, à l’état d’esprit insulaire et exclusiviste qui a fait d’Israël un projet uniquement juif.

Après soixante ans passés dans ce projet, nous devons commencer à penser différemment.

Deux grandes erreurs ont été commises par la communauté juive mondiale à propos d’Israël. La première est de décrire Israël comme une entité moderne n’ayant pas suffisamment de racines historiques. La seconde consiste à présenter Israël comme une entité exclusivement juive, sans grande pertinence pour le reste du monde.

Participants de Taglit-birthright.
Photo: Taglit-birthright

La première erreur est illustrée par une conversation que j’ai eue, il y a plusieurs mois, avec un homme d’affaires, qui m’a dit qu’il était inquiet du fait que l’insistance d’Israël sur son 60ème anniversaire était de nature à apporter de l’eau au moulin de la propagande arabe, selon laquelle Israël est une entité moderne, créée par des Juifs européens colonialistes qui ont usurpé une terre arabe. Au lieu d’appeler cet événement la célébration du 60ème anniversaire d’Israël, arguait-il, pourquoi ne pas choisir une autre formule sur le thème « Trois Mille Plus Soixante », qui rend le caractère ininterrompu de l’attachement du peuple juif à sa patrie ancestrale ?

Il a raison.

Au fil des années, je me rends en Afrique du Sud pour présenter des livres. Les Noirs sud-africains, quoique incroyablement affectueux et réceptifs à l’égard des Juifs, peuvent être ambivalents à propos d’Israël. Israël leur apparaît comme un peuple de Blancs qui ont colonisé les habitants à la peau plus basanée, d’un pays qui n’est pas le leur. Le parallèle avec l’apartheid d’Afrique du Sud engendre une sympathie immédiate pour la partie palestinienne.

Je réponds en expliquant à mes hôtes africains que le parallèle entre les deux histoires est exactement inverse. Comme les Noirs africains dans leur pays, les Juifs étaient le peuple originel qui habitait l’ancien Israël, mais ensuite, les Romains étaient venus, avaient colonisé leur pays, décimé la population juive, et l’avaient exilée en Europe et dans d’autres parties de l’Empire. Mais les Juifs n’avaient jamais perdu le lien avec leur ancienne patrie, ils priaient chaque jour pour y retourner, et une minorité importante de Juifs y était restée même après l’exil. Puis, 2 000 ans plus tard, quand l’opportunité et les moyens de le réaliser s’étaient présentés, nous avons commencé à nous reconstituer en tant qu’entité souveraine. Insister sur le fait qu’Israël a seulement 60 ans renforce le point de vue selon lequel la relation du peuple juif avec le pays, au lieu d’être d’origine ancienne, est un phénomène moderne.

 

La seconde erreur consistant à faire d’Israël quelque chose qui ne concerne que les Juifs, est illustrée dans le programme juif le plus réussi et le plus visionnaire de notre époque, Birthright Israel [droit, acquis de naissance, à découvrir et connaître Israël]. Birthright est rien moins qu’un miracle, et l’une des raisons pour lesquelles je révère tant mon cher ami, Michael Steinhardt, et son homologue Charles Bronfman, est la clairvoyance dont ils ont fait preuve en voyant juste sur la manière dont l’Etat juif moderne peut être source d’inspiration pour une jeunesse juive devenue étrangère à ses racines. Mais pourquoi en rester là ? Israël a la capacité d’inspirer aussi la jeunesse non-juive.

Les Juifs sont le peuple qui a le plus influencé l’histoire, en donnant au monde ses trois fondements : Dieu (la fraternité universelle), les Dix Commandements (la loi), et le Messie (progrès orienté vers le perfectionnement du monde). Ces idées sont toutes nées sur le sol même d’Israël, l’épicentre mondial de la foi et de la transcendance spirituelle. Mais ce n’est pas ainsi que le monde moderne voit les choses. L’Inde et le Tibet sont devenus les lieux de pèlerinage pour des Occidentaux en quête d’illumination. Il suffit de comparer le niveau de sympathie dont le monde fait preuve, à juste titre, pour la lutte du Tibet contre la Chine, avec le manque apparent de sympathie pour le combat d’Israël contre le terrorisme. C’est parce que le monde sent que le sort du Tibet est de son intérêt. L’héroïque Dalaï Lama a, avec succès, donné de sa patrie l’image d’un lieu dont la lumière brille pour le monde entier et pas seulement pour les bouddhistes. Ne pourrions-nous pas présenter Israël dans la même authentique lumière ?

Parmi tous les cadeaux que nous pouvons offrir à Israël à l’occasion de son anniversaire de « 3 000 + 60 ans », rien ne peut être plus utile que d’inaugurer un programme de Droit de naissance (Birthright) pour la jeunesse non juive, qui viserait à amener en Israël chaque année 50 000 étudiants non juifs du monde entier. Les campus universitaires sont les endroits où Israël est le plus attaqué en Occident aujourd’hui. Pourquoi ne pas montrer à des étudiants non juifs à quel point Israël est dynamique et les intéresser à son avenir?

Il est prévu que je dirige un voyage de Birthright pour la presse et les médias pour le compte de Mayanot [3], cet été. Beaucoup de mes collègues non juifs des médias, ont demandé comme une faveur, l’autorisation d’y participer ; des anciens élèves de Birthright vous diront la même chose. Leurs camarades non juifs leur envient ce voyage en Israël qui transforme ceux qui y participent et qui est, jusqu’ici le privilège de la seule jeunesse juive.

Pour ce qui est du coût, les Eglises de tous les Etats–Unis y contribueraient, de même que des fondations et des philanthropes non juifs favorables à Israël. Et ce serait la meilleure des opérations de relations publiques dont Israël puisse rêver.

 

Shmuley Boteach *


©
The Jerusalem Post

 

* L’auteur anime une émission de radio quotidienne aux Etats-Unis.

 

-----------------------------------


Notes du traducteur


[1] Voir : Shmuley Boteach, "Le Pape et les négateurs de l'Holocauste".

[2] L’expression est difficile à traduire. Littéralement, "birthright" signifie 'droit que l’on a de naissance", tel, par exemple, celui de citoyenneté. L’adjonction d’Israël, conformément au style elliptique anglo-saxon, oblige le traducteur français à lui suppléer, plus ou moins arbitrairement, quelques mots de paraphrase, pour rendre l’expression compréhensible. J’ai opté, faute de mieux pour l’instant, pour "droit, acquis de naissance, à découvrir et connaître Israël". Si quelqu’un a une meilleure idée, je lui serais reconnaissant de m’en faire part. On peut consulter le site de l'organisation qui porte le nom complet de Taglit-Birthright. Il existe une branche française, de cette initiative.

[3] Il s’agit de l’Institut d’Etudes juives de Mayanot, une Yeshiva des Chabad de Loubavitch, située dans le quartier de Makor Baruch, à Jérusalem. Voir Wikipedia (en anglais). 


-----------------------------------


Mis en ligne le 15 avril 2008, par M.
Macina, sur le site upjf.org

World wild web consortium
Moteur de recherche google
Search Engine google
Search Engine Yahoo
Moteur de recherche Yahoo
Moteur de recherche voila
GUYSEN ISRAEL News
AC-Medias.org
Agence Juive pour Israël
Alexandre Del Valle (site)
Aliya (Fondation Leavi)
Ambassade d'Israël en France
Ambassade d'Israël en Belgique
Amitiés Québec-Israël
Antisémitisme.info
Aroutz7
Belsef
Calendrier juif
Chrétiens et juifs
CID-Info
Communauté online
Connec'Sion.com
Conscience Politique
Consistoire de Paris
Coordination Lutte antisémitisme
CRIF
Desinfos.com
Die Jüdische (en allemand)
Europolitica
Facts of Israel (bilingue)
Famous Jews
France-Israël
Franceisrael.info
Guysen
Hébreu (Morim)
Hebreunet.org
Histoire juive
Infoweb-J
Honestreporting
Israel Hasbarah Committee
Israël Magazine (fr)
Isranews.com
IsraTV
Jerusalem Post (français)
JTA
Judeoscope (Québec)
KKL
Laïc-info
Lutte contre le négationnisme
MediaLine
MEMRI (presse arabe traduite)
Middle East sites
Ministère israélien de l'Aliyah
Myths and facts
Négation de la Shoah
Objectif Information
Observatoire Médias Palestiniens
Palestine Facts
Palestinian Medias Watch (PMW)
Presse mondiale sur le Web
Primo-Europe
Proche-orient.info
Révisionisme démasqué
Shalom Israël
Sionisme (un siècle de)
Tsahal en anglais
UEJF
Un écho d'Israël
UNIFAN, portail de l'alyah francophone
Valeurs actuelles