Union des Patrons et Professionnels Juifs de France
Vous êtes : Accueil » Tribune/Opinions» Contributeurs Spécialisés
Contributeurs Spécialisés
L’Union méditerranéenne, le gadget dispendieux, Gabriel Lévy
Imprimer    Envoyer à un ami 
11 avril 2008.
Chronique de l’association des contribuables d’Aubagne.

 

Faut-il le répéter ? L’Union Méditerranéenne est une entreprise coûteuse. Elle l’était avant de naître, elle le sera à partir de juillet 2008, lorsqu’il faudra assurer ses dépenses de fonctionnement, et elle deviendra d’un prix insupportable, à la mise en oeuvre du moindre projet « labellisé union méditerranéenne (Label Med) » (1).


1. D’ores et déjà, la passion des réunions s’est emparée des exécutifs locaux.

« Marseille (organise) en collaboration avec la Région PACA, le 1er forum des autorités locales et régionales de la Méditerranée les 22 et 23 juin 2008 ». Son but : « faire des propositions pour « mettre en œuvre un développement humain harmonieux et durable » en Méditerranée ». Les dépenses incomberont aux collectivités loco-régionales invitantes qui s’estiment pourtant exsangues malgré des budgets en augmentation constante depuis 5 ans.

Ces mêmes collectivités ne sont pas économes lorsqu’elles s’offrent, pour annoncer ce raout, des pleines pages de publicité dans les principaux quotidiens de France. Deux millions d’euros probablement dépensés, sans autre utilité que celle de flatter des dirigeants pour leur vision chimérique d’un « développement humain harmonieux », chimère pour laquelle le président de la région PACA ne fait pas dans la mesure en préconisant la mise en œuvre « d’un véritable plan Marshall ».

Les dépenses qui ont été consacrées par la Mission parlementaire aux travaux préparatoires ne sont certainement pas négligeables : des réunions de juillet à décembre 2007, le déplacement, pour les auditionner, de 22 personnalités dont MM. Boutros Boutros-Ghali et Shimon Peres, la rédaction d’un document de 187 pages (1) dont il ne restera probablement quasiment rien.

Le 13 juillet 2008, le gouvernement français réunira à Paris 47 délégations pour préparer l’organisation de cette Union de la Méditerranée. Cette réunion fera encore l’objet de dépenses d’hébergement pour environ 200 participants.

Toutefois, l’inutilité de cette conférence est déjà évidente. En effet, « sans attendre son lancement officiel en juillet, la Commission (européenne) présente aujourd’hui plusieurs projets » (2). L’Union Européenne estime devoir, d’ores et déjà, « livrer, clés en main une partie du produit, avant même que les questions institutionnelles, les plus sensibles, soient abordées ». Elle préfère « s’appuyer sur les réalisations des organismes existantes (le processus de Barcelone) », et privilégie des liens directs commerciaux, sécuritaires et financiers avec le Maroc.


2. Si le rapport parlementaire était adopté, le fonctionnement prévu engendrerait des coûts très élevés 

«… un « G.Med », sommet des chefs d’Etats et de Gouvernements, calqué sur le format des réunions du G8 », « un volet parlementaire », « une Agence de la Méditerranée », comprenant « un Comité directeur et un comité opérationnel », ces derniers devant procéder à « une consultation régulière du Forum de la Société Civile ». Pour éviter ce foisonnement coûteux, nos partenaires européens préfèrent s’en tenir à « un secrétariat spécifique » et poursuivre le processus de Barcelone, qui ne génère qu’une augmentation modeste des dépenses.


3. Le coût des projets « labellisés union méditerranéenne (Label Med) »

La Mission parlementaire cite, dans sa proposition n° 4, de « très nombreux secteurs de la vie quotidienne » qui pourront faire l’objet du Label Med, mais « accorde la priorité à l’eau, l’environnement, les échanges culturels et de savoirs ».

Comment financer ces projets ? s’interroge la Mission. Elle admet l’existence actuelle « de financements considérables ». Ainsi, quatorze pays (Algérie, Egypte, Maroc, Tunisie, Jordanie, Liban, Syrie, Yémen, Territoires palestiniens, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Serbie-Monténégro, Turquie) ont reçu, de 2000 à 2005, 6,5 milliards de dollars par an, soit 39,58 milliards (3). Le rapport reconnaît l’importance de « l’aide bilatérale française » (en plus de sa participation à l’aide multilatérale de l’Union Européenne), mais il est discret sur la somme, puisqu’il se contente de rapporter que « cette aide représente environ la moitié de cette somme (de 39,58 milliards ?), et l’aide allemande 40 % de l’aide accordée par la France ». En revanche, le rapport précise que « les pays arabes sont, quant à eux, à l’origine d’environ 13 % de l’aide bilatérale au développement, accordée à ces quatorze états méditerranéens »

Si l’origine et l’importance du financement sont imprécises, la Mission a déjà prévu la création d’une nouvelle institution, celle d’un « groupe des investisseurs de la Méditerranée (GIFMED), chargé de coordonner les financements institutionnels des projets ». Toutefois, M. Jean-Louis Guigou, lors de son audition, avait rappelé que « les financements se révèlent être trop destinés à des projets administratifs qui…ne profitent jamais directement aux habitants des pays bénéficiaires » (4).

 

4. Des retombées ?

C’est ce que, trivialement, les français attendraient. C’est ce que les dirigeants politiques leur font croire lorsqu’ils tentent de justifier leur politique étrangère.

Selon le dernier rapport fait au Sénat (5),  les contributions obligatoires de la France aux organisations internationales devraient représenter 836 millions d’euros en 2008. Quelles sont les « retombées » ?

D’autre part, le solde net annuel de la contribution de la France au budget 2005 de l’Union Européenne était négatif de 1,7 milliard d’euros, ce qui signifie qu’elle recevait moins qu’elle donnait.

Des « retombées » grâce au commerce avec les pays qu’elle subventionne ?

Le solde de sa balance commerciale en 2006  avec l’Algérie est négatif ( moins 10 millions de dollars). Il est également négatif (moins 166 millions d’euros) avec la Tunisie. Il n’est positif qu’avec le Maroc. De même, nous achetons pour 2 milliards d’euros de pétrole à la Libye et nous lui vendons pour 430 millions de produits (6).

Le plus souvent, l’arroseuse française passe deux fois. Ainsi, selon une réponse ministérielle (7), si «L’Union européenne est le premier bailleur de fonds de l’Autorité palestinienne : 1,5 milliards d’euros depuis 1993 », « la France a pour sa part décaissé, pour l’année 2001, 12,68 M$ pour 24,74M$ engagés. En 2002, les déboursements de la France se sont élevés à 15,59 M$ ».

 

5. En définitive, le terme de gadget était-il bien choisi ?

Examinons les synonymes proposés par un dictionnaire (8). C’est en effet un bidule, soit un objet complexe, mais ce n’est pas une bricole, compte tenu de son coût. Alors un truc, une astuce pour nous faire admettre la poursuite de la politique pro-arabe du Quai d’Orsay, mais par d’autres moyens (9)?


Gabriel Lévy


©  Chronique de l’association


-------------------------

Notes

1. Rapport d’information n° 449, Assemblée Nationale, décembre 2007.

2. Le Figaro du 10 avril 2008.

3. Rapport d’information n° 449, Assemblée Nationale, 1, page 75.

4. Ibid 1, page 76.

5. Commission des finances du sénat. N° 24 (2007-2008), 9 octobre 2007.

6. Chronique de F. D’Orcival, Figaro Magazine, décembre 2007.

7. Réponse ministérielle, JO 15/06/2004, page 4430.

8. Petit Robert, dictionnaire de la langue française. Edition 1991.

9. G. Lévy, "L’union pour la Méditerranée, un « machin » de plus".

-------------------------


Mis en ligne le 11 avril 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org

World wild web consortium
Moteur de recherche google
Search Engine google
Search Engine Yahoo
Moteur de recherche Yahoo
Moteur de recherche voila
GUYSEN ISRAEL News
AC-Medias.org
Agence Juive pour Israël
Alexandre Del Valle (site)
Aliya (Fondation Leavi)
Ambassade d'Israël en France
Ambassade d'Israël en Belgique
Amitiés Québec-Israël
Antisémitisme.info
Aroutz7
Belsef
Calendrier juif
Chrétiens et juifs
CID-Info
Communauté online
Connec'Sion.com
Conscience Politique
Consistoire de Paris
Coordination Lutte antisémitisme
CRIF
Desinfos.com
Die Jüdische (en allemand)
Europolitica
Facts of Israel (bilingue)
Famous Jews
France-Israël
Franceisrael.info
Guysen
Hébreu (Morim)
Hebreunet.org
Histoire juive
Infoweb-J
Honestreporting
Israel Hasbarah Committee
Israël Magazine (fr)
Isranews.com
IsraTV
Jerusalem Post (français)
JTA
Judeoscope (Québec)
KKL
Laïc-info
Lutte contre le négationnisme
MediaLine
MEMRI (presse arabe traduite)
Middle East sites
Ministère israélien de l'Aliyah
Myths and facts
Négation de la Shoah
Objectif Information
Observatoire Médias Palestiniens
Palestine Facts
Palestinian Medias Watch (PMW)
Presse mondiale sur le Web
Primo-Europe
Proche-orient.info
Révisionisme démasqué
Shalom Israël
Sionisme (un siècle de)
Tsahal en anglais
UEJF
Un écho d'Israël
UNIFAN, portail de l'alyah francophone
Valeurs actuelles