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L’Etat d’Israël reconnaît : Le reportage sur la mort de Al-Dura a été mis en scène, Uzi Barouch
C’est un véritable tremblement de terre qui vient de se produire. Après avoir, durant 7 ans, observé un silence total sur l’accusation dont son armée était l’objet - d’avoir tiré intentionnellement sur un enfant palestinien jusqu’à ce que mort s’ensuive -, l’Etat d’Israël vient de se prononcer, en la personne du responsable du service gouvernemental de Presse. Celui-ci affirme officiellement que la scène filmée par le caméraman de France 2 et diffusée à l'échelle planétaire par la chaîne nationale - au grand dam de l’Etat juif et des Juifs du monde entier, ainsi diffamés, diabolisés et mis au pilori de l’opinion publique -, est une forgerie médiatique. La nouvelle réconfortera celles et ceux qui, en Gola, ont lutté contre cette infamie durant des années, le plus souvent seuls et pratiquement sans aucun soutien, même moral, voire en butte à l’hostilité. Par contre, il est à craindre que cette prise de position officielle de l’Etat hébreu ne déclenche un scandale planétaire, surtout dans le monde arabe, voire un incident diplomatique entre Israël et la France, dont la chaîne nationale est ainsi mise en accusation. Je reviendrai sur cet aspect des choses dans un prochain éditorial. En tout état de cause, le juge devra revoir à la baisse son affirmation antérieure : "(la démonstration du prévenu) se nourrit d'affirmations péremptoires auxquelles aucune autorité officielle israélienne - ni l'armée, pourtant concernée au premier chef, ni la justice - n'a jamais accordé le moindre crédit" [*]. (Menahem Macina).
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[*] Voir l'article de Durand-Souffland, dans Le Figaro du 16 septembre 2006 : "L'image choc de l'intifada en procès".

 

[Sur le procès en appel de Ph. Karsenty, voir : Véronique Chemla, "Compte rendu d'audience à la Cour d'appel, à propos de l'affaire al-Dura". Voir aussi le dossier de l’enquête détaillée et documentée, réalisée par le cinéaste Pierre Rehov, entre octobre 2000 et juin 2001 (© UPJF), et la remarquable vidéo en français, réalisée et commentée, fin 2006, par le prof. R. Landes, expliquant et illustrant les nombreuses mises en scène réalisées par des Palestiniens, le jour de l’incident al-Dura. Celles et ceux qui n'ont pas suivi les débats qui font rage, depuis 7 ans, dans les médias et surtout dans la blogosphère, pourront faire un choix dans la liste de quelque 230 articles relatifs à cette affaire, en ligne sur le site debriefing.org. Voir aussi et surtout les 55 secondes d'images qui ont fait d'Israël le Dreyfus du XXIe siècle, et une autre vidéo (en anglais) qui expose en détail la supercherie. M. Macina].

 

2 octobre 2007

 

Sur le site de Aroutz 7 en hébreu.

 

המדינה מודה: כתבת מותו של א-דורה בוימה Titre original

Ha-medinah modah : katavat moto shel A-Dura bouïmah

 

Traduction française de l’hébreu : Menahem Macina

 

 

Suite à une démarche de l’organisation juridique "Shourat ha-Din" [1], l’Etat d’Israël le reconnaît officiellement, pour la première fois : « Le reportage sur la mort de Mohammed al-Dura a été mis en scène par la chaîne de télévision française [France 2]. »

 

 

Il s’agit de l’incident "Mohammed Al-Dura", à propos duquel la chaîne de télévision France 2 a diffusé un reportage qui accuse les soldats de l’Etat d’Israël d’avoir tué intentionnellement ce garçon palestinien, déclenchant ainsi, en Israël et dans le monde entier, une série d'émeutes qui se sont soldées par des centaines de morts et de blessés.

 

Jusqu’ici, l’Israël "officiel" n’avait pas répondu, de manière explicite, aux assertions de la chaîne française ; et dans certains cas, Israël avait réagi de manière contradictoire, un représentant officiel reconnaissant, en des termes hésitants, la mort de l’enfant, tandis qu’un autre la niait.

                 

Daniel Seaman, directeur du Bureau de Presse israélien

Le contenu du reportage a été et est encore l’objet d’une controverse amère, au point que la chaîne a porté plainte [entre autres] contre Philippe Karsenty, qui l’accusait d’avoir mis en scène le reportage. Dans le cadre de l’appel interjeté en cette affaire, Israël a demandé récemment à la chaîne les rushes bruts filmés, tandis que, de son côté, Karsenty demandait l’appui de "Shourat ha-Din". En février de cette année et à plusieurs reprises depuis, jusqu’à maintenant, "Shourat ha-Din" s’est adressée à Dany Seaman, directeur du service de presse gouvernemental, rattaché au bureau du Premier ministre, pour lui demander de retirer leur accréditation aux journalistes de France 2 en poste en Israël, à moins que la chaîne ne rétracte publiquement cette 'calomnie de sang' [2], ainsi que l’imputation à l’Etat juif du meurtre du garçon, et ne présente des excuses publiques à Israël. Après de longs reports, Seaman a fait part de sa décision.

 

Dans sa réponse, sur papier à l'en tête du Bureau du Premier ministre, ce service officiel de l’Etat d’Israël rejette, pour la première fois et sans équivoque, l’accusation du meurtre de l’enfant ; il décrète que les images diffusées dans le monde entier ont été mises en scène, et que l’enfant Mohammed al-Dura n’a pas été tué et ne peut avoir été tué par un tir de soldats de Tsahal, car un tel résultat est contraire aux lois de la physique [= de la balistique].

 

Après quoi, le directeur du bureau de Presse énumère, un à un, l’enchaînement des faits qui ont découlé du reportage mis en scène, et détaille les nombreux incidents et pertes en vies humaines qui ont été la conséquence de sa diffusion (et entre autres, le meurtre du journaliste Daniel Pearl, les émeutes d’octobre 2000, et les nombreux attentats-suicide).

 

A l’organisation ["Shourat ha-Din"], on souligne

 

« Durant 7 ans, l’Etat d’Israël s’est abstenu de faire une semblable déclaration et a, en fait, évité de s’occuper de cette affaire, en raison de la position du ministère des Affaires étrangères, qui estimait préférable de ne pas soulever une polémique internationale à ce sujet. Parallèlement à la position du ministère des Affaires étrangères, durant toutes ces années, le "mythe al-Dura" a fait florès dans le monde entier, sans que rien n’y fasse obstacle, et alors qu'on fermait les yeux sur la politique de l’autruche, pratiquée par le ministère des Affaires étrangères, laquelle a causé un tort immense à l’Etat d’Israël, aux communautés juives du monde entier, et à toute l’entreprise sioniste, comme décrit dans la lettre du directeur général du Service gouvernemental de Presse.

 

La plainte en diffamation de France 2 et Charles Enderlin à l’encontre de Philippe Karsenty, qui a relancé l'affaire, a été jugée recevable par le tribunal français, qui s’est fondé sur le fait que l’Etat d’Israël n’a jamais affirmé que la scène diffusée dans le monde entier était, en fait, montée de toutes pièces, et qu’il n’en a jamais été fait état dans un document officiel israélien. »

 

De même, dit-on à "Shourat ha-Din" :

 

« le gouvernement israélien n’a jamais affirmé que l’enfant n’avait pas été tué, ni ne pouvait avoir été tué par un tir des soldats de Tsahal. Autrement dit, le tribunal français a décidé que le silence de l’Etat d’Israël pendant 7 ans équivalait à un aveu. »

 

Ce sont uniquement la démarche effectuée par "Shourat ha-Din" et sa demande que soit retirée leur carte de journalistes aux membres de l’équipe de France 2 en Israël, qui ont amené le gouvernement, après 7 ans de négligence très grave, à déclarer fermement ce qui est clair pour tout homme sensé dans le monde entier : les Palestiniens ne répugnent pas à la fabrication d’"informations" de presse (dans le style Pallywood) [3].

« "Shourat ha-Din" a l’intention de continuer à agir pour faire émerger la vérité et, entre autres, former un pourvoi devant la Haute cour de justice, afin que l’on retire leur carte de presse et leurs autres accréditations auprès du Bureau gouvernemental de presse, à tous les membres de l’équipe de France 2 en Israël – correspondants de presse, caméramans, producteurs, etc. –, jusqu'à ce que la chaîne reconnaisse publiquement que le reportage sur l’affaire al-Dura a été mis en scène et réalisé de manière tendancieuse. De plus, "Shourat ha-Din" envisage d’exiger des dommages et intérêts pour les torts et leurs effets cumulés, causés par le reportage, et, en particulier, pour la série d’attentats et d’émeutes qu’il a provoqués.»

Pour sa part, la Présidente de "Shourat ha-Din", Nitsana Darshan-Leitner, a déclaré :

 

« Cette version moderne de 'calomnie de sang', dont est responsable France 2, a causé la mort de centaines d’Arabes et de Juifs et allumé le feu de la haine, et ce à seule fin de faire de l'audience et de se conformer à des normes journalistiques médiocres. Nous exigerons que les responsables de ce méfait paient pour ce qu’ils ont commis. »

 

Uzi Barouch

 

© Aroutz 7

 

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Notes du traducteur

 

[1] Shourat ha-Din (voir son site) est une organisation israélienne de droits civiques. Elle se présente comme un bureau de juristes israéliens, enregistré en tant qu'organisation à but non lucratif, qui assure une représentation légale dans le cadre de procédures judiciaires, en lien avec le conflit israélo-palestinien, portées devant des tribunaux israéliens, américains et européens. Cette organisation, qui comprend de nombreux juristes, est financée par des particuliers et des fondations en Israël, aux Etats-Unis et en Europe. Elle fournit, entre autres, une aide juridique aux Palestiniens accusés de collaborer avec les Israéliens, traque les financements et tout soutien matériel, supposés fournis par la Syrie, l'Iran, l'Irak, l'Union Européenne, aux militants palestiniens.

 

[2] L’expression hébraïque est ‘alilat dam, mot à mot, 'accusation de sang'. Elle est souvent traduite, de manière restrictive, par "crime rituel", conformément aux horribles accusations des antisémites qui affirmaient que les Juifs immolaient des non-Juifs, surtout des enfants, pour les vider de leur sang et l’intégrer à leurs aliments, par exemple aux matsot de Pesah. Plus généralement, l’expression connote le fait d’être accusé de verser le sang humain, intentionnellement, voire… avec un plaisir sadique. Faute de pouvoir traduire cette expression de manière satisfaisante, il faudrait la paraphraser, par exemple, en "accusation de vider une victime de son sang", qui serait plus adéquate que celle de "crime rituel", totalement irrelevante dans la plupart des contextes modernes; mais la formule est lourde. 

 

[3] Pallywood : Expression créée par le professeur américain Richard Landes (voir son site). Il s’agit d’une contraction des mots 'Palestine' et 'Hollywood', pour signifier ironiquement que maints reportages palestiniens sont mis en scène, de manière parfois grandiose, comme dans des films hollywoodiens, mais le plus souvent de manière grossière, voire ridicule.

 

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[Texte hébreu aimablement signalé par I. Lurçat, Jérusalem.]

 

Mis en ligne le 2 octobre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

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