[*] Voir l'article de Durand-Souffland, dans Le Figaro du 16 septembre 2006 : "L'image choc de l'intifada en procès".
2 octobre 2007
Sur le site de Aroutz 7 en hébreu.
המדינה מודה: כתבת מותו של א-דורה בוימה Titre original
Ha-medinah modah : katavat moto shel A-Dura bouïmah
Traduction française de lhébreu : Menahem Macina
Suite à une démarche de lorganisation juridique "Shourat ha-Din" [1], lEtat dIsraël le reconnaît officiellement, pour la première fois : « Le reportage sur la mort de Mohammed al-Dura a été mis en scène par la chaîne de télévision française [France 2]. »
Il sagit de lincident "Mohammed Al-Dura", à propos duquel la chaîne de télévision France 2 a diffusé un reportage qui accuse les soldats de lEtat dIsraël davoir tué intentionnellement ce garçon palestinien, déclenchant ainsi, en Israël et dans le monde entier, une série d'émeutes qui se sont soldées par des centaines de morts et de blessés.
Jusquici, lIsraël "officiel" navait pas répondu, de manière explicite, aux assertions de la chaîne française ; et dans certains cas, Israël avait réagi de manière contradictoire, un représentant officiel reconnaissant, en des termes hésitants, la mort de lenfant, tandis quun autre la niait.
Le contenu du reportage a été et est encore lobjet dune controverse amère, au point que la chaîne a porté plainte [entre autres] contre
Dans sa réponse, sur papier à l'en tête du Bureau du Premier ministre, ce service officiel de lEtat dIsraël rejette, pour la première fois et sans équivoque, laccusation du meurtre de lenfant ; il décrète que les images diffusées dans le monde entier ont été mises en scène, et que lenfant Mohammed al-Dura na pas été tué et ne peut avoir été tué par un tir de soldats de Tsahal, car un tel résultat est contraire aux lois de la physique [= de la balistique].
Après quoi, le directeur du bureau de Presse énumère, un à un, lenchaînement des faits qui ont découlé du reportage mis en scène, et détaille les nombreux incidents et pertes en vies humaines qui ont été la conséquence de sa diffusion (et entre autres, le meurtre du journaliste Daniel Pearl, les émeutes doctobre 2000, et les nombreux attentats-suicide).
A lorganisation ["Shourat ha-Din"], on souligne
« Durant 7 ans, lEtat dIsraël sest abstenu de faire une semblable déclaration et a, en fait, évité de soccuper de cette affaire, en raison de la position du ministère des Affaires étrangères, qui estimait préférable de ne pas soulever une polémique internationale à ce sujet. Parallèlement à la position du ministère des Affaires étrangères, durant toutes ces années, le "mythe al-Dura" a fait florès dans le monde entier, sans que rien ny fasse obstacle, et alors qu'on fermait les yeux sur la politique de lautruche, pratiquée par le ministère des Affaires étrangères, laquelle a causé un tort immense à lEtat dIsraël, aux communautés juives du monde entier, et à toute lentreprise sioniste, comme décrit dans la lettre du directeur général du Service gouvernemental de Presse.
La plainte en diffamation de France 2 et Charles Enderlin à lencontre de
De même, dit-on à "Shourat ha-Din" :
« le gouvernement israélien na jamais affirmé que lenfant navait pas été tué, ni ne pouvait avoir été tué par un tir des soldats de Tsahal. Autrement dit, le tribunal français a décidé que le silence de lEtat dIsraël pendant 7 ans équivalait à un aveu. »
Ce sont uniquement la démarche effectuée par "Shourat ha-Din" et sa demande que soit retirée leur carte de journalistes aux membres de léquipe de France 2 en Israël, qui ont amené le gouvernement, après 7 ans de négligence très grave, à déclarer fermement ce qui est clair pour tout homme sensé dans le monde entier : les Palestiniens ne répugnent pas à la fabrication d"informations" de presse (dans le style Pallywood) [3].
« "Shourat ha-Din" a lintention de continuer à agir pour faire émerger la vérité et, entre autres, former un pourvoi devant la Haute cour de justice, afin que lon retire leur carte de presse et leurs autres accréditations auprès du Bureau gouvernemental de presse, à tous les membres de léquipe de France 2 en Israël correspondants de presse, caméramans, producteurs, etc. , jusqu'à ce que la chaîne reconnaisse publiquement que le reportage sur laffaire al-Dura a été mis en scène et réalisé de manière tendancieuse. De plus, "Shourat ha-Din" envisage dexiger des dommages et intérêts pour les torts et leurs effets cumulés, causés par le reportage, et, en particulier, pour la série dattentats et démeutes quil a provoqués.»
Pour sa part, la Présidente de "Shourat ha-Din", Nitsana Darshan-Leitner, a déclaré :
« Cette version moderne de 'calomnie de sang', dont est responsable France 2, a causé la mort de centaines dArabes et de Juifs et allumé le feu de la haine, et ce à seule fin de faire de l'audience et de se conformer à des normes journalistiques médiocres. Nous exigerons que les responsables de ce méfait paient pour ce quils ont commis. »
Uzi Barouch
© Aroutz 7
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Notes du traducteur
[1] Shourat ha-Din (voir son site) est une organisation israélienne de droits civiques. Elle se présente comme un bureau de juristes israéliens, enregistré en tant qu'organisation à but non lucratif, qui assure une représentation légale dans le cadre de procédures judiciaires, en lien avec le conflit israélo-palestinien, portées devant des tribunaux israéliens, américains et européens. Cette organisation, qui comprend de nombreux juristes, est financée par des particuliers et des fondations en Israël, aux Etats-Unis et en Europe. Elle fournit, entre autres, une aide juridique aux Palestiniens accusés de collaborer avec les Israéliens, traque les financements et tout soutien matériel, supposés fournis par la Syrie, l'Iran, l'Irak, l'Union Européenne, aux militants palestiniens.
[2] Lexpression hébraïque est alilat dam, mot à mot, 'accusation de sang'. Elle est souvent traduite, de manière restrictive, par "crime rituel", conformément aux horribles accusations des antisémites qui affirmaient que les Juifs immolaient des non-Juifs, surtout des enfants, pour les vider de leur sang et lintégrer à leurs aliments, par exemple aux matsot de Pesah. Plus généralement, lexpression connote le fait dêtre accusé de verser le sang humain, intentionnellement, voire avec un plaisir sadique. Faute de pouvoir traduire cette expression de manière satisfaisante, il faudrait la paraphraser, par exemple, en "accusation de vider une victime de son sang", qui serait plus adéquate que celle de "crime rituel", totalement irrelevante dans la plupart des contextes modernes; mais la formule est lourde.
[3] Pallywood : Expression créée par le professeur américain Richard Landes (voir son site). Il sagit dune contraction des mots 'Palestine' et 'Hollywood', pour signifier ironiquement que maints reportages palestiniens sont mis en scène, de manière parfois grandiose, comme dans des films hollywoodiens, mais le plus souvent de manière grossière, voire ridicule.
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[Texte hébreu aimablement signalé par I. Lurçat, Jérusalem.]
Mis en ligne le 2 octobre 2007, par M.











