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Appel à l'assassinat des juifs à la TV palestinienne, A-C Fouillet

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[Anne-Catherine Fouillet ne fait pas mystère de sa foi catholique et se montre cohérente avec l’éthique qui en découle – selon laquelle, en particulier, le croyant a le devoir de porter témoignage de la vérité, quoi qu’il doive lui en coûter. Elle se profile comme une journaliste courageuse, qui ne cède pas au politiquement correct et ne craint pas de prendre des positions qui reflètent la réalité des faits et non une idéologie politique que l’on plaque sur les événements pour s’efforcer de les faire correspondre à ce qu’on voudrait leur faire dire. Nous avons déjà reproduit un de ses textes, intitulé "Les médias contre Israël". Celui qui suit est de la même veine. Menahem Macina]
Durant les six premiers jours de l’opération «Jours de pénitence», les télévisions occidentales ont diffusé longuement les images de bombardements israéliens, d’enfants palestiniens en sang, et de maisons en ruines, dans la bande de Gaza. On n’a pu voir que brièvement deux roquettes dirigées contre les Israéliens et quelques plans d’un enterrement juif. Dans l’éternel rôle de David contre Goliath : les Palestiniens contre les Israéliens. Indépendamment du fait que cette représentation est fausse sur le plan militaire et stratégique, Israël étant entouré de pays qui ne souhaitent majoritairement que sa disparition pure et simple, la nature de ces reportages est perverse.
Les médias ont souvent omis, en mentionnant le nombre de morts du côté palestinien - plus de 120 -, de rappeler les 3 morts israéliens. Un peu comme si la différence de tués dans les deux camps réduisait à néant les victimes israéliennes. Soudain, le corps sans vie d’un juif devient quantité négligeable. Nos confrères en parlent seulement le jour même et éventuellement le lendemain. Les semaines suivantes, ces morts-là sont passés sous silence. Mais le comble de la malhonnêteté journalistique vient du fait qu’aucune télévision française n’a diffusé, en les dénonçant, des extraits des sermons haineux de religieux et de notables musulmans retransmis à la télévision officielle palestinienne avant les premiers tirs de roquettes.
Ainsi, cet extrait du sermon du vendredi, du Cheik Ibrahim Madiras, par exemple, diffusé le 10 septembre :
«Le Prophète a dit : la Résurrection n'arrivera pas avant que les Musulmans ne combattent les Juifs et que les Musulmans les tuent. Les Musulmans tueront les Juifs, s'en réjouiront, se réjouiront de la victoire d'Allah. Les Musulmans tueront les Juifs et ceux-ci se cacheront. Le Prophète a dit : les Juifs se cacheront derrière l'arbre et le rocher, et l'arbre et le rocher diront : "Ô serviteur d'Allah, Ô Musulman, il y a un Juif derrière moi, viens le tuer." Pourquoi cette virulence ? Parce que personne n'aime les juifs sur la surface de la terre : ni l'homme, ni le rocher, ni l'arbre. Tous les haïssent. Ils détruisent les arbres, ils détruisent les maisons. Tous veulent se venger des Juifs, de ces porcs, sur la surface de la terre, et le jour de notre victoire viendra, si Allah le veut.»
Deux jours plus tard, le 12 septembre, c’est au tour du Dr Muhammad Ibrahim Maadi, lors de son programme hebdomadaire à la télévision palestinienne, de tenir les propos suivants :
«Nous sommes engagés dans une guerre cruelle avec les frères des singes et des porcs, les Juifs et les fils de Sion. Les Juifs vous combattront et vous les vaincrez. Jusqu'à ce que le Juif se tienne derrière l'arbre et le rocher. Et l'arbre et le rocher diront : oh! Musulman, oh ! serviteur d'Allah, il y a un Juif derrière moi, viens le tuer.»
Les clips diffusés sur la chaîne officielle incitant les enfants palestiniens au martyre sont omniprésents. On y voit leurs mères se réjouir d’avoir mis au monde de telles merveilles prêtes au sacrifice suprême.
La France et l’Europe sont impuissantes devant les diatribes des assassins palestiniens. En revanche, elles ne le sont pas quant à leur diffusion du fait qu’elles apportent une aide financière et technique ponctuelle à la télévision officielle palestinienne. Et elles sont responsables quand les télévisions publiques françaises et européennes ne dénoncent pas, en omettant d’en diffuser des extraits, les discours hystériques des fascistes verts qui incitent à l’assassinat des juifs et accessoirement à celui des «Croisés».
Il semble qu’il y ait deux poids deux mesures dans la réaction de l’Occident face au conflit israélo-palestinien, et qu’il n’y ait qu’un drame, celui des Palestiniens face à un état super-puissant, qui aurait à peine le droit de se défendre, à la condition, toutefois, que ses répliques soient proportionnées. Or, il n’est point besoin de lire Clausewitz pour savoir que seule une réponse forte est dissuasive.
Les télévisions françaises ont également été très brèves sur les attentats contre les églises chrétiennes en Irak. Cette fois-ci, il n’y a pas eu de victimes, cela n’a donc pas la gravité des meurtres d’enfants israéliens, mais ces attaques sont néanmoins significatives de la haine et de la volonté d’anéantissement qui mobilise les islamistes.
Les reportages succincts des médias français, influencés par ceux qui ont fait de la laïcité en France une religion d’Etat, à la limite parfois du fanatisme, ne se rendent même plus compte que, dans ce pays, les chrétiens pratiquants en ont par-dessus la tête de se voir montrer à Noël, depuis trois ans, l’image de la chaise vide de Yasser Arafat à la messe de Noël, alors qu’il n’y a pas une parole de compassion ni d’indignation lorsque les églises partent en cendres.
Qu’importe aux chrétiens qui entendent chaque dimanche parler de la nécessité de pardonner et d’aimer son prochain, quel qu’en soit le prix, de voir Yasser Arafat assister ou non à une messe comme à un spectacle, lui qui n’est même pas capable de censurer les messages de haine diffusés par sa télévision, qu’il contrôle pourtant d’une main de fer.
Ce double visage d’Arafat est insupportable et il est temps que la France et l’Europe s’alignent sur ceux qui constatent cruellement que cet homme n’est pas un interlocuteur valable pour faire la paix au Moyen-Orient.
Anne-Catherine Fouillet *
© Glacis.org
* Anne-Catherine Fouillet est journaliste freelance. Elle fut envoyée, en 1997, par le ministère français des affaires étrangères, comme expert audiovisuel dans la bande de Gaza, pour aider les Palestiniens de la chaîne officielle, après deux missions similaires au Cambodge et en Syrie.
Mis en ligne le 02 novembre 2004 sur le site www.upjf.org.











