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La fin de la Houdna, Pasteur Gérald Fruhinsholz
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29 Août 2003

Même si sa problématique messianique est inacceptable pour un Juif croyant, il faut savoir apprécier, à sa juste valeur, ce cri d’indignation chrétienne devant le 'lâchage' d’Israël par la majeure partie des non-Juifs, et le silence – complice ou lâche - de ceux qui savent que nos ennemis mentent et veulent notre perte. Cette réaction s’inscrit dans le cadre et l’esprit d’une certaine mouvance protestante, surtout dans son courant 'évangélique', qui fait désormais l’objet d’une appréciation - prudente, mais explicite - de certains dirigeants juifs[1]. Que le Pasteur Fruhinsholz soit ici remercié de sa contribution qui n’est pas la première, tant s’en faut. Menahem Macina.]


Ne fallait-il pas une bonne dose d’auto-persuasion pour croire à la réussite du projet « feuille de route » et de la fameuse trêve appelée « houdna » ? La question demeure : peut-on traiter avec des terroristes ? Ce sont eux qui font et défont les accords, faussent le jeu en détruisant toute possibilité de paix. Encore une fois, Israël paye dans le sang de ses enfants une politique de retenue prônée par les nations !

Tout est faussé, tout est mensonge jusque dans les mots : la houdna, une trêve qui n’en est pas une. Aujourd’hui, elle est rompue, mais la faute demeure sur Israël. Dans cette politique truquée, Israël est perdant. Quelqu’un a défini ce genre de trêve tactique - que Mohamed affectionnait - « Voilà la houdna en bref : être d’accord sur n’importe quoi, gagner du temps pour reconstruire ses forces, et reprendre ensuite la guerre selon ses conditions et au moment de son choix ».



Jusques à quand, Seigneur ?…

Des frères et sœurs [2], à Jérusalem, nous faisaient part de leur désarroi, face au décès de la 21ème victime du dernier attentat de Mea Shearim, et disaient combien il était terrible de voir que d’autres événements allaient effacer cette tragédie de nos mémoires. Des enfants meurtris à jamais, des familles mutilées… Quel pays supporterait de tels carnages ?

Quelle solution maintenant reste-t-il à Israël, et qui s’en inquiète vraiment ?

Tout amoureux du D.ieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob devrait prendre fait et cause pour Israël, que ce soit dans la perspective de l’Avènement du Messie [3], ou par simple reconnaissance de tout ce que le peuple juif a apporté au monde chrétien, pour les alliances et les merveilleuses promesses divines. Il est vrai que les nations sont responsables de la situation au Moyen-Orient, notamment celles qui ont dessiné les frontières et brouillé les cartes. Le monde est facilement antisémite, parce qu’il est aveuglé par l’ennemi de nos âmes, mais qu’en est-il des chrétiens qui ont, ou devraient avoir la connaissance de l’amour de D.ieu pour Sion !

L’Eglise est responsable de non-assistance à Israël en danger ; elle est responsable à cause d’une théologie moyenâgeuse, laquelle envoie dans les oubliettes le glorieux règne messianique [4], ou laisse croire que nous vivons ce règne de paix depuis l’ère du christianisme ! Cette théologie, bien entendu, n’a plus besoin du peuple juif – peuple rebelle et déicide – puisque l’Eglise a remplacé cette nation auprès de D.ieu. Récusé d’autant plus l’Etat d’Israël, illégitime cette nation, pourtant « enfantée en un jour » selon la Parole (Esaïe 66:8)…



Le 'Palestinisme', une nouvelle doctrine

Au nom d’une prétendue théologie, on va donc laisser Israël se débrouiller seul, mais en lui faisant bien comprendre qu’il n’est pas à sa place sur cette terre mémorable ! Il y a les vrais ancêtres, les « Palestiniens », les habitants de la Palestine – Palestine, un nom inventé au XXe siècle [5]. Pourtant, si l’on refuse de considérer Israël comme peuple missionnaire de la fin des temps, quand « dix hommes des nations saisiront le pan du manteau d’un Juif, pour rechercher D.ieu » (Zacharie 8:23), si l’on refuse de croire que le Seigneur a donné Sa terre en héritage à Israël avec comme capitale, une Jérusalem éternelle et indivisible, alors, n’est-on pas là à la fois un incrédule et un insensé ? Pourquoi ces « chrétiens » ne s’attachent-ils pas à défendre la cause des Arméniens ou des Kurdes qui méritent bien d’avoir un Etat à eux, ou aux Tchétchènes, qui aimeraient bien vivre en paix, ou aux Tibétains [qui vivent sous occupation chinoise depuis plus d'un demi siècle?…]

Il existe bien une nouvelle doctrine, le 'palestinisme' [6], qui est en fait l’art de contrer Israël. C’est ainsi que la prophétie de Zacharie (12:3) se vérifie – «Jérusalem, pierre pesante pour les nations», dont les chrétiens. Le 'palestinisme' est l’antithèse du sionisme et rime avec antisémitisme. Que ces militants 'palestinistes' prennent garde à la sainte jalousie de D.ieu, car, dit la Parole, « Celui qui touche à Israël, touche à la prunelle de D.ieu » (Zach. 2:8)…

En ces jours difficiles, je prie pour qu’Israël soit consolé et s’attache à son D.ieu, en ne regardant que Lui. Le D.ieu d’Israël ne faillira pas et ne sera pas en retard dans Ses projets de bénédiction. Il vengera Israël et le relèvera.

«Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel, Oui, dans le feu de ma jalousie,
Je parle contre les autres nations et contre Edom tout entier
(l’Islam) [7],
qui se sont donné mon pays en propriété, avec toute la joie de leur cœur
et le mépris de leur âme, afin d'en piller les produits…
Et vous, montagnes d’Israël, vous pousserez vos rameaux et vous porterez vos fruits…
Ces choses sont près d’arriver.
Voici, Je vous serai favorable, et Je me tournerai vers vous…
Je vous ferai plus de bien qu’autrefois, et vous saurez que Je suis l’Eternel !»

(Ezéchiel 36:5,8,11).



En ce jour de Rosh Rodesh d’Eloul (début de mois lunaire), en union de pensée avec les Juifs qui ont prévu un Yom tefilot – une journée de prières – puissions-nous garder Israël sur nos cœurs, comme Ruth avec Naomi, en priant que D.ieu agisse pour Son nom et en faveur de Son peuple.


Pasteur Gérald Fruhinsholz


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Note de la Rédaction d’upjf.org

[1] Meïr Waintrater et moi-même avons stigmatisé ce silence dans nos articles respectifs parus, le premier, dans L'Arche n° 518, Paris, d'avril 2001 : M. Waintrater, "La Shoah conjurée, le Juif criminel et le chrétien martyr"; le second, dans L'Arche n° 519, de mai 2001 : "M. Macina, "Si les Chrétiens se taisent, les Ecritures crieront".
[2]L’expression « frères et sœurs », est empruntée aux premiers écrits chrétiens. C’est ainsi que se désignaient couramment (comme c’était le cas et l’est encore, parfois, dans les communautés juives) les adeptes de la nouvelle foi. Les membres du mouvement de « Revival » (en français, « Renouveau »), mouvance charismatique, ont repris ce vocabulaire et se désignent ainsi entre eux.
[3] Il s’agit ici, évidemment, de Jésus.
[4] Pourtant, Martin Janecek a établi qu'au XVIIe siècle, de nombreux Protestants avaient repris à leur compte les anciennes vues millénaristes de certains Pères de l'Eglise des premiers siècles de notre ère; voir "Martin Janecek, "Le Millenium et le Sionisme chrétien". J'ai, pour ma part étudié de manière détaillée et en la comparant à celle des anciens Sages juifs, la doctrine de Pères millénaristes, tel surtout Irénée de Lyon - dans un article paru dans une revue catholique, mis ensuite en ligne sur le site rivtsion.net : "Le Royaume de Dieu sur la terre, attentes juives et chrétiennes", M. Macina.
[5]Voir M. Macina, "Ce 'palestinisme' qui fait peur aux Juifs".
[6] En fait, c’est la conception d’un Etat palestinien qui est une invention du XXe siècle. Le nom de Palestine, lui, remonte au IIème siècle de notre ère, quand les Romains le substituèrent à celui de Judée et Samarie, par dérision et pour faire oublier, après la rébellion matée de Bar Kochba, jusqu’au souvenir du nom d’Israël. Il est dérivé de Philistie, nom du territoire des Philistins, qui peuplèrent jadis la bande côtière d’Israël et furent, durant très longtemps, des adversaires implacables d’Israël.
[7] Au sens strict, on ne peut affirmer que l’Edom biblique soit l’Islam, si ce n’est de manière symbolique, et sans garantie traditionnelle. La tradition talmudique considère ce nom comme la métaphore symbolique de Rome (l’étymologie populaire fait, en effet, dériver le patronyme Edom de adom, qui, en hébreu, signifie 'rouge’, couleur de la pourpre romaine).

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