23/08/09
Texte repris du journal La Croix du 16 septembre 2008
À Berne, 85 théologiens de tous pays ont mis leur discipline à contribution pour une « paix juste » au Proche-Orient.
Que peut la théologie face au conflit israélo-palestinien ? "À sa manière, beaucoup", ont répondu les 85 théologiens et théologiennes réunis par le Conseil cuménique des Églises (COE), pour quatre jours de débats autour du concept biblique de "terre promise", à Berne (Suisse).
« En son cur, le conflit israélo-palestinien nest pas un conflit religieux, mais la dimension religieuse lui est intimement mêlée, a souligné le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE, dans son discours daccueil. Les Églises ont donc un rôle à jouer dans la démystification et lexposé de la manipulation de la religion dans cette situation. »
Elles doivent aussi travailler « pour le respect et la place légitime de toutes les religions dans la région », a ajouté le pasteur kenyan. Depuis lAppel dAmman, lancé en juin 2007, le COE est engagé dans la recherche dune « paix juste » au Proche-Orient. Plus de 500 personnes ont déjà été envoyées pour des missions d« accompagnement cuménique » de trois mois, afin dobserver et de témoigner de la vie quotidienne des populations locales.
"Confrontation constructive"
« La différence dapproche entre chrétiens remonte bien avant la création dIsraël, avant lHolocauste, rappelle Michel Nseir, responsable du colloque pour le COE. Elle se situe aux débuts du christianisme, et elle est liée aux différentes conceptions sur la place des juifs dans lhistoire du salut. »
Cette diversité sest accentuée avec lhistoire tragique du XXe siècle. En effet, rappelle Michel Nseir, il existe
« une différence entre théologie orientale et occidentale, les Orientaux nayant pas vécu le dialogue avec les juifs avec le sentiment de culpabilité sous-jacent à la théologie occidentale après lHolocauste ».
À cela sajoutent les différences liées à la situation de chacun.
« Certains chrétiens ont vu la création de lÉtat dIsraël comme une bénédiction, la réalisation des promesses de Dieu envers son peuple. Pour dautres, ce fut une catastrophe »,
commente Michel Nseir.
"De grands points de convergence"
« occasion dentendre des chrétiens palestiniens parler de leur expérience et de leur compréhension biblique et théologique de la terre et de la promesse ».
En revanche, aucun théologien juif ou musulman nétait là.
« Pour linstant, nous avons besoin dêtre entre chrétiens pour essayer de trouver un dénominateur commun. Cest la première fois que nous travaillons ensemble ce sujet, explique Michel Nseir. Mais nous sommes bien conscients que létape ultérieure sera nécessairement douvrir notre dialogue à nos partenaires juifs et musulmans. »
Quel bilan, après ces quatre jours de débats ? Le responsable du colloque est satisfait :
« Nous sommes arrivés à de grands points de convergence, assure-t-il. Parmi ceux-ci, lidée que lon ne peut pas séparer théologie et éthique, quil faut faire la différence entre lhistoire "historique" et lhistoire biblique, et que nous devons être conscients que nos théologies ont des conséquences sur la population qui vit sur place. »
Dans une déclaration finale, le COE a réaffirmé sa volonté de poursuivre le dialogue
« en y incluant les lectures de la Bible et les manières de faire de la théologie, qui ont émergé dans dautres contextes de conflits, de privation de terre, de dépossession, doppression et dexclusion »,
pour analyser « plus rigoureusement » le conflit israélo-palestinien et
« questionner des idéologies comme lantisémitisme et le sionisme chrétien ».
A lssue de la rencontre, le Conseil cuménique prévoit lélaboration dun manuel destiné aux pasteurs et aux prêtres pour quils puissent animer des groupes de discussion sur la « terre promise » dans leurs paroisses.
Elodie Maurot
© La Croix
--------------------------------
Réaction de linternaute qui nous a informés (23.09.08)
Méthode :
1. Dabord, « être entre chrétiens, pour essayer de trouver un dénominateur commun ». Donc, pas de participants musulmans ou juifs.
2. Puis, « inclure les lectures de la Bible (
) qui ont émergé dans dautres contextes de conflit ».
3. Puis encore : élaboration dun manuel pour pasteurs et prêtres animant des réunions de discussion sur la "terre promise".
Craintes (les miennes et peut-être aussi les vôtres) :
Ces gens
- qui ont déjà souligné quon ne peut séparer théologie et éthique,
- qui ont fait bon accueil à la déclaration de Palestiniens critiquant lidentification entre lIsraël de la Bible et lEtat dIsraël,
- qui ont déjà décidé que le sionisme chrétien est une idéologie (
),
vont diffuser un texte qui risque de renforcer lanti-israélisme - lEtat juif voyant ses "responsabilités dans le conflit", soulignées - et d'en convaincre lopinion publique.
Pierre Roux
--------------------------------------
Mis en ligne le 23 septembre 2008, par











