25/07/07
Pour les pressés voici quelques extraits significatifs :
« Nous sommes tous les jours confrontés à de graves épisodes dintolérance contre les soi-disant « infidèles » qui vivent en situation de minorité parmi les musulmans
Il est vrai que les terroristes, plus ou moins liés au groupe al Qaeda, sont les vrais responsables de cette situation. Cela dit, aucune réaction populaire ne prend la défense des persécutés
aucun gouvernement nestime de son devoir dintervenir par le biais dun geste dingérence humanitaire, car on considère encore la guerre sainte comme une conséquence de la lutte contre le terrorisme, et non comme un phénomène endogène lié à la nature même de lislam
on assiste à un isolement, interne et surtout international, des victimes, alors que lon trouve toujours quelquun disposé à "comprendre" les raisons des terroristes. De la même manière, sous prétexte de ne pas su
La persécution des chrétiens dans le monde (I)
Texte repris du site de lagence de Presse catholique Zenit, Rome.
Cela fait plus de dix ans que le secrétariat italien de luvre internationale catholique de droit pontifical « Aide à lEglise en Détresse » (AED) publie, chaque année, un « Rapport sur la liberté religieuse dans le monde ». Ce rapport passe en revue les violations de la liberté religieuse et les persécutions dont sont victimes les chrétiens et dautres groupes religieux à travers le monde.
Pour des raisons économiques, et malgré tout le travail danalyse et de repérage concernant les cas de violations en matière de liberté religieuse dans les différents pays, lédition de cette année (2007) ne sera sans doute pas publiée.
Pour une nouvelle mise à jour concernant la situation des chrétiens, victimes de vexation et dintimidation, ZENIT a interrogé Andrea Morigi, journaliste du quotidien italien Libero, animateur de programme sur Radio Maria, et coordinateur du Rapport de lAED depuis 1998.
Zenit - La plupart des musulmans dans le monde ne sont pas des fondamentalistes, et ne sont pas hostiles envers ceux qui pratiquent dautres religions ou ne croient pas en Dieu. Pourtant, dans les pays à majorité islamique, les gestes dintolérance se multiplient, même chez les plus modérés, contre les personnes qui ne croient pas au Coran... des cas de violation de la liberté religieuse sont signalés en Algérie, en Malaisie, au Pakistan, en Palestine, au Liban... Pouvez-vous nous brosser un tableau de la situation ?
A. Morigi - Si nous considérons lactualité, nous voyons que nous sommes tous les jours confrontés à de graves épisodes dintolérance contre les soi-disant « infidèles » qui vivent en situation de minorité parmi les musulmans. Lexode continu des chrétiens de lIrak risque dentraîner la disparition définitive de certaines communautés très anciennes, comme la communauté assyrienne. Il est vrai que les terroristes, plus ou moins liés au groupe al Qaeda, sont les vrais responsables de cette situation. Cela dit, aucune réaction populaire ne prend la défense des persécutés.
Jignore si cette attitude est dictée par la peur, la peur de simpliquer, après de longues années passées sous le régime de Saddam Hussein, lorsque les gens avaient lhabitude de ne pas se mêler des affaires des autres, pour une question essentiellement de survie, ou sil sagit plutôt dune attitude idéologique proche du fondamentalisme. De fait, on assiste à un isolement, interne et surtout international, des victimes, alors que lon trouve toujours quelquun disposé à « comprendre » les raisons des terroristes. Hommes politiques et diplomates, soucieux de se montrer plus sensibles, sont même arrivés à concevoir un plan qui créerait une sorte de « réserve indienne » dans le nord de lIrak, pour abriter tous les chrétiens réputés en danger.
Mais aucun gouvernement nestime de son devoir dintervenir par le biais dun geste dingérence humanitaire, comme cela a été le cas durant la guerre de Bosnie, car on considère encore la guerre sainte comme une conséquence de la lutte contre le terrorisme, et non comme un phénomène endogène lié à la nature même de lislam. De la même manière, sous prétexte de ne pas su
En Arabie Saoudite, il existe une police religieuse, la Muttawa, qui veille sur le comportement correct (conforme à la loi islamique) de la population, et entre de force dans les habitations dimmigrés philippins ou indiens, réunis pour réciter le chapelet ou lire la bible, une activité considérée, sur le territoire sacré de lislam, comme un très grave délit, passible de prison, de confi
Ailleurs, la pression sexerce de façon différente. La loi empêche toute conversion à dautres religions, ou limite, au plan administratif, la diffusion publique et privée du message évangélique. Ceux qui abandonnent lislam risquent la peine de mort en Iran, au Soudan, en Mauritanie, alors quau Pakistan, ils risquent de perdre la garde de leurs enfants et le droit dhériter des biens de leurs parents musulmans. Ceci constitue un problème de violation de la liberté religieuse par les musulmans eux-mêmes. Un problème complètement ignoré au nom du relativisme culturel, selon lequel les us et coutumes doivent être respectés si lon ne veut pas être accusé de vouloir imposer, dans un esprit colonial, les règles de la civilisation occidentale.
Zenit - Ces problèmes datteinte à la liberté religieuse et de sécurité personnelle en milieu musulman existent également en Europe. Les femmes et les musulmans qui refusent et dénoncent le terrorisme et le fondamentalisme en sont les premières victimes. Quel est votre point de vue à ce sujet ?
A. Morigi - Le même modèle multiculturel se répète partout. En Italie, le fait que ce soit un musulman, vivant sous e
Alors, je vous dis: si ces instrumentalisations servent à dévoiler la réalité des viols et des e
Zenit - Il existe aussi des mesures contre lactivité missionnaire des chrétiens au Tadjikistan et en Ouzbékistan, nest-ce pas ?
A. Morigi - Les séquelles de lhéritage soviétique nont pas encore disparu. Les régimes soviétiques ont écrasé, pendant 70 ans, toute possibilité de témoignage religieux, et aujourdhui, les Etats successeurs traitent la question religieuse comme un problème dordre public. Il est clair que, dans les pays frontaliers de lAfghanistan, la menace terroriste liée au fondamentalisme existe, et quelle est concrète, mais la solution nest pas dans le dirigisme confessionnel ou dans la fixation de limites aux religions non islamiques. Au Tadjikistan, un récent projet de loi rendra pratiquement impossible la vie des catholiques, des protestants et des bahai, qui protestent en vain sans que personne, au niveau international, ne veuille les écouter, si ce nest lOSCE (lOrganisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe).
Tout ceci pour étouffer les protestations des musulmans auxquels a été fixé un nombre limité de mosquées et qui ont l'interdiction de former des partis confessionnels. Entre temps, au Turkménistan, les témoins de Jéhovah, Nuryagdy Gayyrov et Bayram Ashirgeldyyev, ont été arrêtés, tandis que des fidèles de lEglise baptiste ont été condamnés à une peine de trois ans de travaux forcés pour avoir simplement dit quils étaient des objecteurs de con
Par ailleurs, en Ouzbékistan, on assiste à un véritable déchaînement contre certaines minorités, comme lEglise pentecôtiste de lamour de Dieu, contre des musulmans et des adeptes de la secte Hare Krishna : livres et vidéos sont confisqués, des personnes sont arrêtées, des procès ouverts sous prétexte - aussi paradoxal que cela puisse paraître - datteinte aux lois sur la liberté religieuse. Signalons pour finir, bien que le sujet soit sans fin, le cas, en Biélorussie, des 19 catholiques et protestants, dont deux jeunes filles, Feodora Andreyevskaya, 16 ans, et Yuliya Kosheleva, 14 ans, emprisonnées du 5 au 7 juillet, après avoir présenté une pétition demandant à ce que la loi de 2002 sur la liberté religieuse soit modifiée. Pourtant, dans la Constitution de Minsk, les pétitions sont tout à fait légales.
Zenit - Les années passées, le « Rapport de lorganisation Aide à lEglise en Détresse » ne soccupait pas seulement du sort des catholiques, mais aussi de celui des membres dautres confessions et des nouveaux mouvements religieux. Pourquoi ?
A. Morigi - Agir autrement naurait pas été catholique. Ce nest pas par souci politique ou cuménique que nous dressons la liste des violations commises contre les membres dautres religions, mais parce que le droit à la liberté religieuse est un droit que le Concile Vatican II, dans sa déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis humanae, reconnaît comme lapanage de chaque individu, avant tout, et ensuite de la communauté. Ceci tendant, me semble-t-il, à signifier que notre Seigneur Jésus Christ sest incarné et quil est ressu
[Fin de la première partie]
© Andrea Morigi et Zenit











