Voir aussi : "Pie XII, «pape de Hitler»? Certainement pas, mais «Juste des nations», cest pour le moins prématuré".
09/07/07
[Sous le titre "Pie XII et les Juifs, du rabbin David Dalin", Pierre-Marie Monestier a mis en ligne sur le site Pie12.com, une présentation, brève, mais extrêmement élogieuse - pour ne pas dire enthousiaste -, de l'ouvrage du rabbin et professeur américain, David Dalin, entièrement consacré à la défense de la réputation de Pie XII, contre les soupçons et les accusations dont son attitude et ses actes, durant la Seconde Guerre mondiale, ont été l'objet, ainsi que des extraits de deux chapitres de cet ouvrage. On trouvera, ci-après, de brefs extraits de cet article, beaucoup plus substantiels que ce qui figure ici. Ils sont suivis de commentaires de mon cru.]
Publié par les éditions Tempora, l'ouvrage [1] est en vente, dès aujourd'hui, dans toutes les librairies de France, de Navarre et des pays francophones ! Préfacée par le père Blet, vendue à des dizaines de milliers d'exemplaires dans le monde, cette étude sérieuse et fondée sur une avalanche de faits est considérée comme une référence dans le domaine par de très nombreux historiens. Nous pouvons citer, entre autres : le père Pierre Blet, sir Martin Gilbert, Mme Limore Yagil, Jose M. Sanchez, Ronald J. Rychlak, Margherita Marchione, Ralph McInerny, Justus George Lawler, etc.
Présentation de louvrage par l'éditeur
Pie XII n'a pas été le pape de Hitler, comme certains de ses détracteurs voudraient nous le faire croire. Bien au contraire, ce pape de la Seconde Guerre mondiale a lutté, dès les premières heures du régime nazi, pour sauver les victimes de l'antisémitisme.
Par une multitude de faits historiquement établis, le rabbin et professeur David Dalin démonte le mythe qui affirme que Pie XII serait le "Pape de Hitler", prouvant ainsi l'inanité d'attaques
« Imputer la condamnation qui revient à Hitler et aux Nazis, à un pape qui s'opposa à eux et était ami des juifs, est une abominable calomnie. Quels que soient leurs sentiments vis-à-vis du catholicisme, les juifs ont le devoir de rejeter toute polémique qui s'approprie la Shoah pour l'utiliser dans une guerre des progressistes contre l'Eglise catholique. Si un tel combat devait être couronné de succès, cela minerait les fondements du Christianisme ainsi que du judaïsme, du fait de l'incommensurable mépris de la vérité et de la religion traditionnelle, dont ces détracteurs sont animés. »
Rétablir la vérité, c'est le leitmotiv du rabbin Dalin. Et il s'exécute de manière magistrale, nous faisant pénétrer dans les coulisses diplomatiques de l'histoire et réclamant pour Pie XII le titre de "Justes des Nations", en reconnaissance des si nombreuses vies juives sauvées par ce pape.
L'auteur
Le rabbin David Dalin, spécialiste de l'Histoire juive américaine et des relations juives et chrétiennes, professeur d'Histoire et de Sciences-Politiques à Ave Maria University, est auteur de plusieurs livres sur l'histoire juive, en particulier Religion and State in the American Jewish experience, ouvrage sélectionné par Choice comme l'un des meilleurs travaux académiques en 1998.
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Extraits du livre
Extrait du premier chapitre : Le "pape d'Hitler", un mythe préoccupant
Repris du site Pie12.com.
il s'agit d'une utilisation abusive de la Shoah, à laquelle les juifs doivent s'opposer. On n'a pas le droit, honnêtement, d'exploiter cette tragédie à des fins partisanes, dans un pareil débat. Et c'est vrai, en particulier, quand cette pratique aboutit à déprécier le témoignage des survivants qui ont fait l'éloge du souverain pontife pour ses actions en leur faveur. Imputer la condamnation qui revient à Hitler et aux Nazis à un pape qui s'opposa à eux et était ami des juifs, est une abominable calomnie. Quels que soient leurs sentiments vis-à-vis du catholicisme, les juifs ont le devoir de rejeter toute polémique qui s'approprie la Shoah pour l'utiliser dans une guerre des progressistes contre l'Église catholique. Si un tel combat devait être couronné de succès, cela minerait les fondements du Christianisme ainsi que du judaïsme, du fait de l'incommensurable mépris de la vérité et de la religion traditionnelle, dont ces détracteurs sont animés.
Michael Tagliacozzo, la plus éminente autorité sur la rafle des juifs de Rome par les Nazis, et lui-même rescapé de cette rafle, a énergiquement défendu le rôle de Pie XII pendant l'occupation de Rome par les Nazis, rapportant que celui-ci s'impliquait personnellement dans les opérations entreprises pour sauver la vie d'environ cinq mille juifs romains. C'est sur les ordres du pape que ces derniers furent hébergés à l'intérieur du Vatican et dans les nombreux monastères et couvents de Rome. Ayant vécu la terreur de l'occupation nazie à Rome, ayant étudié les documents d'origine sur le sujet, Tagliacozzo n'avait, à l'encontre [lire : à légard] de Pie XII, que des éloges.
Depuis 1962, Yad Vashem, le mémorial et musée de la Shoah en Israël, reconnaît et honore les "Justes des nations", ces non-juifs qui ont sauvé la vie de juifs durant la Shoah. Des millions de gens ont vu le film de Steven Spielberg, "La Liste de Schindler", qui parle d'Oskar Schindler, l'industriel catholique allemand qui sauva la vie de 1 200 juifs. Beaucoup aussi ont entendu parler de Raoul Wallenberg, le jeune diplomate suédois dont il est reconnu qu'il sauva des dizaines de milliers de juifs, à Budapest, pendant la guerre, et de Mgr Angelo Rotta, l'héroïque ambassadeur du Vatican en Hongrie. D'autres prêtres catholiques impliqués dans le sauvetage des juifs, comme le Cardinal Pietro Palazzini, ont été de même, honorés par Israël. Pie XII, lui aussi, mérite d'être reconnu comme "Juste des nations" et c'est ce que je démontre dans le présent ouvrage. Aucun autre pape dans l'histoire n'a jamais, auparavant, été comme lui, aussi universellement loué par les juifs pour ce qu'il a fait pendant la Shoah, pour sauver des vies.
Extrait du deuxième chapitre : Des papes qui défendirent les juifs
La vérité historique cest que les papes se sont souvent manifestés pour prendre la défense des juifs, quils les ont protégés dans les temps de persécution et de pogroms et ont préservé leur droit dexercer librement leur culte dans les synagogues. Ils ont, traditionnellement, défendu les juifs contre toutes sortes daccusations antisémites aberrantes. Ils ont régulièrement condamné les antisémites qui cherchaient à su
Au fil des années 1930, Pie XI en vint à considérer Hitler comme « le plus grand ennemi, de nos jours, du Christ et de lÉglise », et il le comparait à lAntéchrist. Il déclarait :
« La persécution contre lÉglise catholique dAllemagne » est luvre dHitler, entièrement et uniquement son uvre ».
Parlant au Collège des Cardinaux, dans un de ses di
Le 12 mars 1937, il publia sa fameuse encyclique anti-nazie, Mit brennender Sorge (« Avec une vive inquiétude »). Adressé aux évêques allemands et lu en chaire, intégralement, dans toutes les églises catholiques dAllemagne, ce document provoqua une riposte rageuse du gouvernement nazi à Berlin. Lencyclique ne mentionnait pas spécifiquement lantisémitisme nazi, elle se concentrait plutôt sur la manière dont « le paganisme agressif » persécutait lÉglise catholique en Allemagne. Mais elle a certainement touché juste en déclarant :
« Qui veut voir bannies de lÉglise et de lécole lhistoire biblique et la sagesse des doctrines de lAncien Testament, blasphème le nom de Dieu, blasphème le plan de salut du Tout-Puissant, érige une pensée humaine étroite et limitée en juge des desseins divins sur lHistoire du monde. Il renie la foi au Christ véritable ».
Le document pontifical déclare aussi :
« Révélation, au sens chrétien du mot, désigne la parole dite par Dieu aux hommes. Employer ce même mot pour les suggestions du sang et de la race, pour les irradiations de lhistoire dun peuple, cest, à coup sûr, créer une équivoque. Une fausse monnaie de cette sorte ne mérite pas de passer dans lusage des fidèles du Christ ».
Ayant clairement reconnu, dans Mit brennender Sorge, un document décidément favorable aux juifs [2], les Nazis lancèrent une contre-attaque au vitriol contre la papauté. Le ministère nazi de la propagande alla jusquà faire circuler une rumeur selon laquelle Pie XI aurait été à moitié juif, et sa mère, une juive hollandaise.
En 1938, au moment même où le premier ministre britannique, Neville Chamberlain, tentait dapaiser Hitler, à Munich, Pie XI apparut comme lune des rares autorités en Europe à explicitement condamner lantisémitisme. En mars 1938, il dissoudra lAssociation des « Amis dIsraël » (Amici Israel), une organisation catholique qui depuis de nombreuses années sefforçait de convertir des juifs et qui avait commencé à publier des brochures « manifestant des sentiments de haine » envers le peuple juif [3]. On peut lire dans le décret pontifical de dissolution : « Parce quil réprouve toutes les haines et animosités entre les peuples, le Siège apostolique condamne au plus haut point la haine contre le peuple autrefois choisi par Dieu, cette haine quaujourdhui on a coutume de désigner sous le nom dantisémitisme ».
© Pie12.com
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Notes et commentaires de Menahem Macina
[1] David Dalin, Pie XII et les Juifs, le Mythe du Pape d'Hitler, sur le site d'Amazon, et sur celui de librairie catholique.com.
[2] Faire de Mit brennender Sorge, « un document décidément favorable aux juifs », est caractéristique de la tendance à l'apologie, voire au panégyrique des fervents défenseurs de lhonneur de lEglise, en général, et de celui des papes, en particulier, à propos de lattitude de cette institution face au drame de la Shoah, et de laction ou de linaction de certains responsables ecclésiastiques contemporains de ces événements. Il nest que de se reporter au texte de cette encyclique pour se convaincre quelle ne prend pas la défense des Juifs, en particulier, mais celle de lAncien Testament. Il y est si peu question des Juifs, que ce terme ny figure absolument pas. Pas plus dailleurs que ceux d"israélite", ni d"Israël". Pire, les deux seules allusions au "peuple" juif (sans cet adjectif d'ailleurs) sont péjoratives; qu'on en juge : 1) A propos des Livres sacrés, Pie XI explique : "À côté d'innombrables traits de grandeur et de noblesse, ils nous décrivent aussi le peuple choisi, porteur de la Révélation et de la Promesse, s'égarant sans cesse loin de son Dieu pour se tourner vers le monde ; 2) il parle également du "Christ qui a reçu son humaine nature d'un peuple qui devait le crucifier". La phrase introductive de l'encyclique témoigne clairement de sa nature et de son but :
« C'est avec une vive inquiétude et un étonnement croissant que depuis longtemps Nous suivons des yeux les douloureuses épreuves de l'Église et les vexations de plus en plus graves dont souffrent ceux et celles qui lui restent fidèles par le coeur et la conduite, au milieu du pays et du peuple auxquels saint Boniface a porté autrefois le lumineux message, la bonne nouvelle du Christ et du Royaume de Dieu. »
Il est donc bien clair que ce que déplore le pape, ce ne sont pas les misères des Juifs, comme tente de nous le faire accroire le rabbin professeur Dalin, mais celles dont sont victimes l'Eglise et la foi des fidèles. Pour mémoire, une exégèse erronée de même nature a déjà été faite, à propos des sermons du cardinal allemand Faulhaber, réputés prononcés en défense des Juifs, alors quil sagissait dune défense de lAncien Testament, que répudiaient les "Deut
[3] C'est la double erreur la plus atterrante de l'auteur. Tout d'abord, l'association Amici Israel n'a pas été dissoute en mars 1938, mais dix ans auparavant, en mars 1928. (Il suffisait d'entrer les mots "Amici Israel" dans le moteur de recherche de Google pour trouver, en première page des résultats et en cinquième position, l'information suivante :
"Causes de l'abolition par le Saint Office de ... Le décret du Saint-Office abolissant lassociation Amici Israel (25 mars 1928) ...... Une affaire comme celle dAmici Israel neût-elle pu et cela sans... www.rivtsion.org/f/index.php?sujet_id=1017).
Ensuite, non seulement l'association Amici Israel n'avait pas, comme l'affirme le rabbin Dalin, "commencé à publier des brochures « manifestant des sentiments de haine » envers le peuple juif", mais elle s'était, au contraire, distinguée par son zèle (jugé alors intempestif par beaucoup) pour l'expurgation des nombreuses formules blessantes pour les Juifs, qui émaillaient tant la liturgie catholique que les ouvrages de théologie et de piété de l'époque. Sur l'histoire, l'action et la doctrine de cette pieuse association, je me permets de renvoyer à mon essai: "Essai délucidation des causes et circonstances de labolition, par le Saint-Office, de l« Opus sacerdotale Amici Israel » (1926-1928)". Ces inexactitudes graves illustrent le caractère superficiel de la connaissance du sujet, qui est celle du rabbin professeur Dalin. Et elle est d'autant plus impardonnable (a fortiori pour un historien), qu'il est très facile à quiconque d'accéder à une information exacte sur le sujet, par différents moyens. Une simple recherche sur Google, par exemple, eût permis à l'auteur de découvrir, en anglais et en d'autres langues, ce qui est communément connu sous le nom des "Dix points de Seelisberg". En lisant le texte ci-dessous (repris d'un site protestant, mais il figure également sur d'autres sites, catholiques et même juifs et non confessionnels, y compris en anglais), on aura tôt fait de comprendre que l'attitude des Amici Israel envers les Juifs était tout sauf animée de "sentiments de haine":
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Rappeler que cest le même Dieu vivant qui nous parle à tous, dans lAncien comme dans le Nouveau Testament.
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Rappeler que Jésus est né dune vierge juive, de la race de David et du Peuple dIsraël, et que Son amour éternel et Son pardon embrassent son propre peuple et le monde entier.
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Rappeler que les premiers disciples, les Apôtres et les premiers martyrs étaient juifs.
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Rappeler que le précepte fondamental du Christianisme, celui de lamour de Dieu et du prochain, promulgué déjà dans lAncien Testament, et confirmé par Jésus, oblige "Chrétiens et Juifs" dans toutes les relations humaines, sans aucune exception.
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Éviter de rabaisser le judaïsme biblique ou post-biblique, dans le but dexalter le christianisme.
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Éviter duser du mot "Juifs" au sens exclusif de "ennemis de Jésus" ou de la locution "ennemis de Jésus" pour désigner le peuple juif tout entier.
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Éviter de présenter la Passion de telle manière que lodieux de la mise à mort de Jésus retombe sur les Juifs seuls. Ce ne sont pas les Juifs qui en sont responsables, car la Croix, qui nous sauve tous, révèle que cest à cause de nos péchés à tous que le Christ est mort. Rappeler à tous les parents et éducateurs chrétiens la grave responsabilité quils encourent du fait de présenter lÉvangile et surtout le récit de la Passion dune manière simpliste. En effet, ils risquent par là dinspirer, quils le veuillent ou non, laversion dans la conscience ou le subconscient de leurs enfants ou auditeurs. Psychologiquement parlant, chez des âmes simples, mues par un amour ardent et une vive compassion pour le Sauveur crucifié, lhorreur quils éprouvent tout naturellement envers les persécuteurs de Jésus, tournera facilement à une haine généralisée des Juifs de tous les temps, y compris ceux daujourdhui.
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Éviter de rapporter les malédictions scripturaires et le cri dune foule excitée : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants », sans rappeler que ce cri ne saurait prévaloir contre la prière infiniment plus puissante de Jésus : « Père, pardonnez-leur car ils ne savent pas ce quils font ».
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Éviter daccréditer lopinion impie que le peuple juif est réprouvé, maudit, réservé pour une destinée de souffrances.
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Éviter de parler des Juifs comme sils navaient pas été les premiers à être de lÉglise.
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Mis en ligne le 09 juillet 2007, par M.











