Voir : "Le pape va-t-il remettre en vigueur une liturgie contenant des formules blessantes pour les Juifs?"
Texte repris du site Zenit.org.
A propos du « Motu proprio » de Benoît XVI sur la liturgie de la messe.
ROME, Jeudi 5 juillet 2007 (ZENIT.org) Le pape Jean XXIII a supprimé lexpression « prions pour les juifs perfides », par laquelle la Liturgie du Vendredi Saint invitait à prier pour le peuple juif jusquau 5 juillet 1959, date du décret romain.
Or, la liturgie que doit autoriser le « motu proprio » de Benoît XVI, qui devrait être publié, accompagné dune lettre du pape, samedi 7 juillet, après consultation des conférences épi
Le missel de Jean XXIII
On ne reverra donc pas, dans la liturgie du Vendredi Saint, cette expression datant de la liturgie du VIIe s, et issue du code de Théodose (438).
Cette expression « oremus et pro perfidis Judaeis », traduite du latin, signifiait au sens étymologique, « prions aussi pour les juifs qui nont pas notre foi », mais elle était devenue gravement offensante dans les langues vernaculaires, et véhiculait des relents dantisémitisme.
La grande prière dintercession du Vendredi saint disait, en effet, en latin : « Oremus et pro perfidis Judaeis : Ut Deus et Dominus noster auferat velamen de cordibus eorum ut et ipsi agno
La fidélité de son Alliance
Le premier Vendredi saint qui suivit son élection, le 27 mars 1959, Jean XXIII supprima cette expression d'un trait de plume et le fit savoir aux paroisses par une circulaire du Vicariat de Rome - le diocèse des papes -, datée du 21 mars. On dirait désormais : « Prions pour les juifs ».
Jean XXIII souligna l'importance de cette décision, le Vendredi saint 1963. Au cours de la célébration, l'officiant prit, par erreur, l'ancien texte. Le pape interrompit la liturgie et ordonna que les grandes invocations liturgiques - les impropères - soient reprises depuis le commencement en suivant le nouveau texte.
Une histoire détaillée de cette expression peut être trouvée dans Les Églises devant le Judaïsme. Documents officiels 1948-1978. Ces textes ont été rassemblés, traduits et annotés par Marie-Thérèse Hoch et Bernard Dupuy (Cerf, Paris, 1980, pp. 350-352).
Aujourdhui, la grande intercession de la liturgie de la Passion, le Vendredi Saint, dit, selon le missel adopté en 1969 et entré en vigueur en 1970, sous Paul VI : « Prions pour les juifs à qui Dieu a parlé en premier : qu'ils progressent dans l'amour de son Nom et la fidélité de son Alliance ».
Indications pour la catéchèse catholique
Notons en outre, quen 1974, le Vatican a publié les « Orientations et suggestions pour l'application » de la déclaration conciliaire « Nostra aetate » [§ 4]. Ce document, que lon trouve en français sur le site du Vatican, à la page de la Commission pour le judaïsme (portail du conseil pontifical pour la Promotion de lUnité des chrétiens), condamne comme opposée à l'esprit même du christianisme, « toute forme d'antisémitisme et de di
En 1980, lors de sa visite à la communauté juive de Mayence, Jean-Paul II a rappelé que l'alliance entre Dieu et le peuple juif « est une alliance qui ne peut être révoquée ».
Et en 1985, des « Notes pour une correcte présentation des juifs et du judaïsme dans la prédication et la catéchèse de l'Église catholique », ont également été publiées par Rome.
Lors de sa visite à la Synagogue de Rome, le 13 avril 1986, le pape Jean-Paul II a employé lexpression de « frères aînés ».
Le pape Wojtyla disait, entre autres : « La prise en considération des conditionnements culturels séculaires ne doit pas toutefois empêcher de reconnaître que les actes de di
De Saint-Pierre à Jérusalem
Une déploration répétée, en la basilique Saint-Pierre, le 12 mars 2000, lors de la célébration de demande de pardon de lEglise, dans le cadre du Grand Jubilé de lAn 2000.
Le cardinal Edward Idris Cassidy, alors président du conseil pontifical pour la Promotion de lUnité des Chrétiens et de la Commission pour les Relations Religieuses avec le Judaïsme, a prononcé cette demande de pardon pour les fautes commises « contre le peuple de lAlliance » : « Prions pour que, dans le souvenir des souffrances endurées au cours de lhistoire par le peuple dIsraël, les chrétiens sachent reconnaître les péchés commis par nombre des leurs contre le peuple de lalliance et des bénédictions, et ainsi purifier leur cur ».
Après un temps de prière silencieuse, Jean-Paul II a proclamé cette oraison, quil a ensuite déposée à Jérusalem dans une fissure du Mur occidental, le 26 mars 2000: « Dieu de nos pères, tu as choisi Abraham et sa de
Les péchés de tous
Le 12 mars 2004, le prédicateur de la Maison pontificale, le P. Raniero Cantalamessa rappelait, lors dune méditation de carême pour la curie romaine: « Aucune formule de foi du Nouveau Testament et de l'Eglise ne dit que Jésus est mort "à cause des péchés des juifs"; elles disent toutes qu'il "est mort à cause de nos péchés", c'est-à-dire des péchés de "tous". »
En visitant la synagogue de Cologne, le 19 août 2005, le pape Benoît XVI a rappelé le 40ème anniversaire de la déclaration du concile Vatican II, « Nostra aetate » [§ 4], qui a constitué un tournant définitif dans la promotion du dialogue judéo-chrétien. Le pape a réaffirmé lengagement de lEglise « en faveur de la tolérance, du respect, de lamitié et de la paix entre tous les peuples, toutes les cultures et toutes les religions ».
Le pape a proposé aux chrétiens et aux juifs de collaborer, « sur le plan pratique, pour la défense et la promotion des droits de lhomme et du caractère sacré de la vie humaine, pour les valeurs de la famille, pour la justice sociale et pour la paix dans le monde ».
« Le Décalogue constitue pour nous un patrimoine et un engagement communs », a rappelé Benoît XVI.
Visite historique
Dans une déclaration aux journalistes, au centre de presse de Cologne, le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, M. Joaquín Navarro-Valls, a ensuite commenté cette deuxième visite dun pape dans une synagogue.
La visite de Benoît XVI à la Synagogue de Cologne a constitué un «événement qui revêt une charge historique extraordinaire », déclarait M. Navarro-Valls, précisant que le pape lui-même avait demandé dintégrer cette visite symbolique dans le programme des Journées mondiales de la Jeunesse de Cologne.
© Zenit.org
Mis en ligne le 6 juillet 2007, par M.











