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Le futur métropolite de Varsovie avait menti à l’Eglise, M. Macina
Un examen des communiqués de l’Agence Zénit rend clair que Mgr Wielgus a menti aux autorités de son Eglise, plongeant ainsi ces dernières dans un cruel embarras. La question n’est donc plus de savoir si celui qui a failli devenir le nouvel archevêque a bien collaboré avec les services secrets polonais, sous l’occupation soviétique, mais celle du pourquoi de son mensonge.
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10/01/07

 

 

Dans un premier temps, le Saint-Siège et la Conférence des évêques de Pologne, avaient exprimé leur entière confiance au futur métropolite de Varsovie.

Une note du Saint-Siège, affirmait, en effet, le 21 décembre (voir Annexe 1) :

« En décidant de la nomination du nouvel archevêque métropolite de Varsovie, le Saint-Siège a pris en considération toutes les circonstances de sa vie, dont également celles qui concernent son passé. Cela signifie que le Saint-Père nourrit envers Mgr Stanislas Wielgus une confiance totale, et en toute connaissance de cause il lui a confié la mission de pasteur de l’archidiocèse de Varsovie ».

Quant à la Conférence épiscopale de Pologne, elle venait énergiquement à la rescousse de son collègue, s’élèvant avec scandale contre une « situation » qu’elle qualifiait de « particulièrement offensante dans le cas d’un ecclésiastique », en ce qu’elle donne un exemple de la manière dont on définit la « responsabilité de collaboration avec les organes de sécurité du régime communiste ». Et de défendre a priori le parti du prélat en affirmant :

«… la simple attestation d’une conversation d’un prêtre avec les représentants des services de sécurité communistes ne peut, en soi, attester d’une collaboration immorale, étant donné que souvent de telles conversations avaient un caractère bureaucratique, ou devaient avoir lieu pour des raisons pastorales, ou de déroulement des études, avec le consentement de l’évêque. »

En temps normal, de tels plaidoyers émanant des hautes sphères de l’Eglise universelle et de l’Eglise locale eussent suffi à blanchir de tout soupçon un prélat dont la nomination à une aussi haute charge avait déjà été décidée par les plus hautes autorités ecclésiales. Mais il semble que les preuves - qu’on avait sous-estimées, édulcorées, voire disqualifiées, en haut lieu – se sont rapidement avérées incontournables, voire écrasantes. Toujours est-il que spontanément ou sous la contrainte de ses pairs et supérieurs ecclésiastiques, Mgr Wielgus a lui-même confessé sa faute (voir Annexe 2) :

« J’ai de nouveau mal agi, ces derniers jours, lorsque, face à la violente campagne médiatique [dont j’ai été l’objet], j’ai nié le fait de cette collaboration. »

Un prélat de ce rang a trop d’expérience de la "raison d’Eglise" pour ne pas comprendre qu’au point où il en était, il avait, pour se défendre, commis l’irréparable : jeter le discrédit que l’institution elle-même qui s’était compromise en lui faisant confiance, au moment de lui confier une haute charge. Dès lors, il ne lui restait plus qu’à avouer, ce qu’il a fait pitoyablement en reconnaissant que ce mensonge public avait

 « mis en danger la crédibilité des affirmations de personnalités de l’Eglise, y compris des évêques qui sont solidaires avec moi. »

Ayant enfin réalisé que ce mensonge était peut-être pire que sa collaboration - purement formelle ou réelle, bénigne ou dommageable pour la vie ou la dignité de ceux et celles qui auraient pâti de ses délations éventuelles – avec la police secrète, il confesse :

« Je sais que, pour beaucoup d’entre vous, le fait de s’écarter de la vérité n’est pas moins douloureux que l’implication [dans la collaboration] d’il y a tant d’années ».

Triste constat. Mais ce qui serre le plus le cœur, ce n’est pas la déchéance de ce serviteur de l’institution ecclésiastique, mais la pensée que ne seront jamais connus les dégâts incommensurables qu’a causés cette collaboration qui, ce n’est plus un mystère, a été le fait d’un nombre non négligeable de prélats, de prêtres et de religieux et religieuses, et que cette peste ne s’est pas limitée à la Pologne ni au régime soviétique.

Menahem Macina

© upjf.org

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ANNEXES

 

Annexe 1 : Communiqué du 21 décembre 2006

 

La confiance totale de Benoît XVI dans le nouvel archevêque de Varsovie
Solidarité de la conférence des évêques de Pologne


ROME, Jeudi 21 décembre 2006 (ZENIT.org) – La salle de presse du Saint-Siège confirme, à travers une note publiée ce vendredi, toute la confiance de Benoît XVI dans le nouvel archevêque de Varsovie, Mgr Stanislas Wielgus, accusé d’avoir collaboré avec le régime communiste. L’archevêque reçoit également la solidarité de l’épiscopat polonais.

 

« En décidant de la nomination du nouvel archevêque métropolite de Varsovie, dit cette note, le Saint-Siège a pris en considération toutes les circonstances de sa vie, dont également celles qui concernent son passé. Cela signifie que le Saint-Père nourrit envers Mgr Stanislas Wielgus une confiance totale, et en toute connaissance de cause il lui a confié la mission de pasteur de l’archidiocèse de Varsovie ».

 

Pour sa part, la conférence des évêques de Pologne est intervenue pour défendre son confrère : une intervention du 20 décembre publiée également aujourd’hui, en italien, dans le Bulletin de la salle de presse du Saint-Siège.


« Pour ce qui concerne les accusations lancées contre Mgr Stanislas Wielgus par certains médias polonais, la présidence de la conférence épiscopale polonaise attire l’attention sur l’offense publique qu’ils ont commise contre le droit à la bonne réputation, qui est celui de toute personne.

La situation qui s’est créée provoque une inquiétude d’autant plus grande qu’est donné un clair exemple de […] la procédure de reconnaissance des responsabilités de collaboration avec les organes de sécurité du régime communiste. Une telle situation est particulièrement offensante dans le cas d’un ecclésiastique : en effet la simple attestation d’une conversation d’un prêtre avec les représentants des services de sécurité communistes ne peut pas en soi attester d’une collaboration immorale, étant donné que souvent de telles conversations avaient un caractère bureaucratique, ou devaient avoir lieu pour des raisons pastorales ou de déroulement des études, avec le consentement de l’évêque.


C’est pourquoi, déclarent les évêques, nous en appelons au respect de la décision du Saint-Père Benoît XVI, qui a manifesté sa confiance à la personne nommée, en lui confiant la charge d’archevêque métropolite de Varsovie.

En exprimant notre solidarité avec Mgr Wielgus, nous le confions à Dieu, lui et le nouveau ministère qui lui est confié », ajoutent-ils.


Le message de solidarité est signé par Mgr Józef Michalik, président de la conférence épiscopale polonaise (KEP), par Mgr Stanislas Gadecki, vice-président, Mgr Piotr Libera, secrétaire général.


ZF06122101

 

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Annexe 2 : Communiqué du 6 janvier 2007

Le nouvel archevêque de Varsovie reconnaît avoir collaboré avec les services secrets communistes

ROME, samedi 6 janvier 2007 (ZENIT.org) – Le nouvel archevêque de Varsovie, Mgr Stanislaw Wielgus, reconnaît avoir collaboré avec les services secrets du régime communiste en Pologne.

Les propos du prélat ont été recueillis par « Radio Vatican », après la publication d’une déclaration de la Commission historique ecclésiastique de Pologne, présidée par le professeur Wojciech Laczkowski, indiquant que l’archevêque avait collaboré avec la Sluzba Bezpieczenstwà (les services secrets polonais).

La Commission précise que sur la base des documents de l’Institut de la Mémoire nationale « on ne peut affirmer que cette collaboration ait eu des conséquences sur les personnes ou les institutions ». Ce type de collaboration était toutefois interdit par l’épiscopat.

La prise de possession canonique de l’archidiocèse par le nouvel évêque de Varsovie a eu lieu hier vendredi et Mgr Wielgus devrait entrer officiellement dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Varsovie, demain dimanche.

Dans une note publiée par la section polonaise de Radio Vatican, l’archevêque affirme :

« Guidé par le désir de faire des études importantes pour ma spécialisation scientifique, je me suis laissé entraîner dans ces contacts sans la prudence nécessaire, le courage et la détermination d’y mettre fin. Je confesse cette erreur ».

« Je ne sais si les documents qui m’ont été présentés par la Commission historique sont les seuls existant ou si d’autres documents apparaîtront, mais j’affirme aujourd’hui, avec une conviction totale, n’avoir pratiqué la délation à l’égard de personne, et avoir cherché à ne faire de mal à personne ».

« J’ai de nouveau fait du mal ces derniers jours, lorsque, face à la violente campagne médiatique, j’ai nié les faits de cette collaboration. Ceci a mis en danger la crédibilité des affirmations des personnes de l’Eglise, y compris des évêques qui sont solidaires avec moi. Je sais que pour de nombreuses personnes parmi vous, le fait de s’écarter de la vérité n’est pas moins douloureux que l’implication d’il y a tant d’années ».

Mgr Wielgus termine en déclarant, avec un cœur contrit, vouloir être accueilli dans le diocèse comme un « frère qui désire unir et non diviser, prier et unir le peuple de l’Eglise, dans l’Eglise des saints et des pécheurs, que nous sommes tous ».

Le prélat déclare enfin se soumettre humblement à toute décision, quelle qu’elle soit, prise par le Saint-Père.

Le 21 décembre dernier, la salle de presse du Saint-Siège publiait un communiqué qui précisait :

« En décidant de la nomination du nouvel archevêque métropolite de Varsovie, le Saint-Siège a pris en considération toutes les circonstances de sa vie, dont également celles qui concernent son passé. Cela signifie que le Saint-Père nourrit envers Mgr Stanislas Wielgus une confiance totale, et en toute connaissance de cause il lui a confié la mission de pasteur de l’archidiocèse de Varsovie ».

La conférence des évêques de Pologne était également intervenue le 20 décembre pour défendre Mgr Wielgus (cf. Zenit, 21 décembre).

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Mis en ligne le 10 janvier 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

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