
Dans un premier temps, le Saint-Siège et la Conférence des évêques de Pologne, avaient exprimé leur entière confiance au futur métropolite de Varsovie.
Une note du Saint-Siège, affirmait, en effet, le 21 décembre (voir Annexe 1) :
« En décidant de la nomination du nouvel archevêque métropolite de Varsovie, le Saint-Siège a pris en considération toutes les circonstances de sa vie, dont également celles qui concernent son passé. Cela signifie que le Saint-Père nourrit envers Mgr Stanislas Wielgus une confiance totale, et en toute connaissance de cause il lui a confié la mission de pasteur de larchidiocèse de Varsovie ».
Quant à la Conférence épiscopale de Pologne, elle venait énergiquement à la rescousse de son collègue, sélèvant avec scandale contre une « situation » quelle qualifiait de « particulièrement offensante dans le cas dun ecclésiastique », en ce quelle donne un exemple de la manière dont on définit la « responsabilité de collaboration avec les organes de sécurité du régime communiste ». Et de défendre a priori le parti du prélat en affirmant :
«
la simple attestation dune conversation dun prêtre avec les représentants des services de sécurité communistes ne peut, en soi, attester dune collaboration immorale, étant donné que souvent de telles conversations avaient un caractère bureaucratique, ou devaient avoir lieu pour des raisons pastorales, ou de déroulement des études, avec le consentement de lévêque. »
En temps normal, de tels plaidoyers émanant des hautes sphères de lEglise universelle et de lEglise locale eussent suffi à blanchir de tout soupçon un prélat dont la nomination à une aussi haute charge avait déjà été décidée par les plus hautes autorités ecclésiales. Mais il semble que les preuves - quon avait sous-estimées, édulcorées, voire disqualifiées, en haut lieu se sont rapidement avérées incontournables, voire écrasantes. Toujours est-il que spontanément ou sous la contrainte de ses pairs et supérieurs ecclésiastiques, Mgr Wielgus a lui-même confessé sa faute (voir Annexe 2) :
« Jai de nouveau mal agi, ces derniers jours, lorsque, face à la violente campagne médiatique [dont jai été lobjet], jai nié le fait de cette collaboration. »
Un prélat de ce rang a trop dexpérience de la "raison dEglise" pour ne pas comprendre quau point où il en était, il avait, pour se défendre, commis lirréparable : jeter le discrédit que linstitution elle-même qui sétait compromise en lui faisant confiance, au moment de lui confier une haute charge. Dès lors, il ne lui restait plus quà avouer, ce quil a fait pitoyablement en reconnaissant que ce mensonge public avait
« mis en danger la crédibilité des affirmations de personnalités de lEglise, y compris des évêques qui sont solidaires avec moi. »
Ayant enfin réalisé que ce mensonge était peut-être pire que sa collaboration - purement formelle ou réelle, bénigne ou dommageable pour la vie ou la dignité de ceux et celles qui auraient pâti de ses délations éventuelles avec la police secrète, il confesse :
« Je sais que, pour beaucoup dentre vous, le fait de sécarter de la vérité nest pas moins douloureux que limplication [dans la collaboration] dil y a tant dannées ».
Triste constat. Mais ce qui serre le plus le cur, ce nest pas la déchéance de ce serviteur de linstitution ecclésiastique, mais la pensée que ne seront jamais connus les dégâts incommensurables qua causés cette collaboration qui, ce nest plus un mystère, a été le fait dun nombre non négligeable de prélats, de prêtres et de religieux et religieuses, et que cette peste ne sest pas limitée à la Pologne ni au régime soviétique.
Menahem Macina
© upjf.org
ANNEXES
Annexe 1 : Communiqué du 21 décembre 2006
La confiance totale de Benoît XVI dans le nouvel archevêque de Varsovie
Solidarité de la conférence des évêques de Pologne
ROME, Jeudi 21 décembre 2006 (ZENIT.org) La salle de presse du Saint-Siège confirme, à travers une note publiée ce vendredi, toute la confiance de Benoît XVI dans le nouvel archevêque de Varsovie, Mgr Stanislas Wielgus, accusé davoir collaboré avec le régime communiste. Larchevêque reçoit également la solidarité de lépiscopat polonais.
« En décidant de la nomination du nouvel archevêque métropolite de Varsovie, dit cette note, le Saint-Siège a pris en considération toutes les circonstances de sa vie, dont également celles qui concernent son passé. Cela signifie que le Saint-Père nourrit envers Mgr Stanislas Wielgus une confiance totale, et en toute connaissance de cause il lui a confié la mission de pasteur de larchidiocèse de Varsovie ».
Pour sa part, la conférence des évêques de Pologne est intervenue pour défendre son confrère : une intervention du 20 décembre publiée également aujourdhui, en italien, dans le Bulletin de la salle de presse du Saint-Siège.
« Pour ce qui concerne les accusations lancées contre Mgr Stanislas Wielgus par certains médias polonais, la présidence de la conférence épiscopale polonaise attire lattention sur loffense publique quils ont commise contre le droit à la bonne réputation, qui est celui de toute personne.
La situation qui sest créée provoque une inquiétude dautant plus grande quest donné un clair exemple de [
] la procédure de reconnaissance des responsabilités de collaboration avec les organes de sécurité du régime communiste. Une telle situation est particulièrement offensante dans le cas dun ecclésiastique : en effet la simple attestation dune conversation dun prêtre avec les représentants des services de sécurité communistes ne peut pas en soi attester dune collaboration immorale, étant donné que souvent de telles conversations avaient un caractère bureaucratique, ou devaient avoir lieu pour des raisons pastorales ou de déroulement des études, avec le consentement de lévêque.
Cest pourquoi, déclarent les évêques, nous en appelons au respect de la décision du Saint-Père Benoît XVI, qui a manifesté sa confiance à la personne nommée, en lui confiant la charge darchevêque métropolite de Varsovie.
En exprimant notre solidarité avec Mgr Wielgus, nous le confions à Dieu, lui et le nouveau ministère qui lui est confié », ajoutent-ils.
Le message de solidarité est signé par Mgr Józef Michalik, président de la conférence épiscopale polonaise (KEP), par Mgr Stanislas Gadecki, vice-président, Mgr Piotr Libera, secrétaire général.
ZF06122101
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Annexe 2 : Communiqué du 6 janvier 2007
Le nouvel archevêque de Varsovie reconnaît avoir collaboré avec les services secrets communistes
ROME, samedi 6 janvier 2007 (ZENIT.org) Le nouvel archevêque de Varsovie, Mgr Stanislaw Wielgus, reconnaît avoir collaboré avec les services secrets du régime communiste en Pologne.
Les propos du prélat ont été recueillis par « Radio Vatican », après la publication dune déclaration de la Commission historique ecclésiastique de Pologne, présidée par le professeur Wojciech Laczkowski, indiquant que larchevêque avait collaboré avec la Sluzba Bezpieczenstwà (les services secrets polonais).
La Commission précise que sur la base des documents de lInstitut de la Mémoire nationale « on ne peut affirmer que cette collaboration ait eu des conséquences sur les personnes ou les institutions ». Ce type de collaboration était toutefois interdit par lépiscopat.
La prise de possession canonique de larchidiocèse par le nouvel évêque de Varsovie a eu lieu hier vendredi et Mgr Wielgus devrait entrer officiellement dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Varsovie, demain dimanche.
Dans une note publiée par la section polonaise de Radio Vatican, larchevêque affirme :
« Guidé par le désir de faire des études importantes pour ma spécialisation scientifique, je me suis laissé entraîner dans ces contacts sans la prudence nécessaire, le courage et la détermination dy mettre fin. Je confesse cette erreur ».
« Je ne sais si les documents qui mont été présentés par la Commission historique sont les seuls existant ou si dautres documents apparaîtront, mais jaffirme aujourdhui, avec une conviction totale, navoir pratiqué la délation à légard de personne, et avoir cherché à ne faire de mal à personne ».
« Jai de nouveau fait du mal ces derniers jours, lorsque, face à la violente campagne médiatique, jai nié les faits de cette collaboration. Ceci a mis en danger la crédibilité des affirmations des personnes de lEglise, y compris des évêques qui sont solidaires avec moi. Je sais que pour de nombreuses personnes parmi vous, le fait de sécarter de la vérité nest pas moins douloureux que limplication dil y a tant dannées ».
Mgr Wielgus termine en déclarant, avec un cur contrit, vouloir être accueilli dans le diocèse comme un « frère qui désire unir et non diviser, prier et unir le peuple de lEglise, dans lEglise des saints et des pécheurs, que nous sommes tous ».
Le prélat déclare enfin se soumettre humblement à toute décision, quelle quelle soit, prise par le Saint-Père.
Le 21 décembre dernier, la salle de presse du Saint-Siège publiait un communiqué qui précisait :
« En décidant de la nomination du nouvel archevêque métropolite de Varsovie, le Saint-Siège a pris en considération toutes les circonstances de sa vie, dont également celles qui concernent son passé. Cela signifie que le Saint-Père nourrit envers Mgr Stanislas Wielgus une confiance totale, et en toute connaissance de cause il lui a confié la mission de pasteur de larchidiocèse de Varsovie ».
La conférence des évêques de Pologne était également intervenue le 20 décembre pour défendre Mgr Wielgus (cf. Zenit, 21 décembre).
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Mis en ligne le 10 janvier 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org











