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Christianisme
«Les critiques contre le pape sont politiques», affirme Mgr Sfeir
"Le patriarche maronite déplore les réactions au discours de Benoît XVI dans le monde islamique [1]. Si le pape Benoît XVI sest déclaré hier « vivement attristé » par la vague dindignation soulevée par son discours de Ratisbonne mardi, en Allemagne au cours duquel il avait établi un lien implicite entre islam et violence en évoquant le jihad , le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, a « déploré les réactions dans le monde islamique concernant lintervention du pape », qui a été, selon lui, mal comprise. Aussi a-t-il indiqué à lAFP que, pour lui, « les critiques contre le pape sont politiques », en estimant que Benoît XVI navait « pas parlé directement de lislam » dans son discours. « Lislam en général respecte le Christ en tant que prophète. Les chrétiens et les musulmans ont intérêt à coopérer, surtout au Liban », a-t-il ajouté."
18/09/06
Texte repris du quotidien en ligne LOrient le Jour.
Dans le cadre de son homélie dominicale à Bkerké, Mgr Sfeir a rappelé que le porte-parole du Vatican a déclaré : « Le pape na pas donné son opinion sur lislam, qui nétait pas le sujet de son intervention. Il respecte lislam et rejette les fondements religieux de la violence. » « Avant cela, a ajouté le patriarche maronite, le Concile cuménique Vatican II avait affirmé [2]:
"LÉglise regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même sils sont cachés, comme sest soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien quils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils Le vénèrent comme prophète ; ils honorent Sa Mère virginale, Marie, et parfois même Linvoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, laumône et le jeûne. Si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le Concile les exhorte à oublier le passé et à sefforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi quà protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté."
De son côté, lévêque de Jbeil, Mgr Béchara Raï, a estimé, samedi, que le fait que certains dignitaires religieux et hommes politiques musulmans aient réclamé des excuses au pape constitue « un grand affront pour Sa Sainteté et pour ceux qui réclament des excuses ». Dans un entretien accordé à La Voix du Liban, Mgr Raï a mis laccent sur la nécessité de relire les propos du souverain pontife et de séloigner des fausses interprétations. « Normalement, devant chaque problème qui se pose, il faut se référer au texte. Cest ce que jai fait, en lisant la conférence donnée par le pape dans une faculté de théologie en Allemagne. Une conférence sur le thème du lien entre la foi et la raison », a-t-il dit, avant de reprendre les explications du pape.
« Je déplore totalement toutes les positions émanant de personnes qui nont pas lu le texte et qui répètent encore le même problème. (La réaction) nest plus du domaine du rationnel, mais de laffectif. Je déplore cela et souhaite que Dar el-Fatwa au Liban et le Conseil supérieur chiite lisent la conférence et expriment leur opinion au sujet de la question abordée par le pape [...] pour que finissent les guerres de civilisations et de religions qui ne font pas le lien entre la foi et la raison », a-t-il poursuivi.
Il a enfin regretté que certaines personnes soient toujours « conduites par les sentiments, et non par la raison ».
Pour sa part, le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, a affirmé, hier, quil « respecte tout le monde, que ce soit ceux qui se sont rétractés, qui ont déploré ou qui se sont excusés à propos de laccusation qui a été portée contre nous ». Cheikh Kabalan a appelé au dialogue et au rejet de la violence et de la haine, estimant que lislam était une religion de rapprochement entre les peuples.
Dans un communiqué, le Hezbollah a, quant à lui, exprimé son étonnement face aux propos du pape, qui « sont contraires à la réalité de la religion musulmane ».
Le ministre de la Culture, Tarek Mitri, enfin, a estimé quil y avait là un retour vers le passé et les polémiques idéologiques et doctrinales que beaucoup de croyants, chrétiens et musulmans, souhaitent révolus à tout jamais. Loin de ces querelles, M. Mitri a mis en exergue la culture du respect et de lécoute mutuels.
© LOrient le Jour
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Notes de la Rédaction dupjf.org
[1] Voir "'Affaire Ratisbonne', le Pape et lislam: déferlante de protestations dans le monde arabe".
[2] Le patriarche cite ici intégralement le paragraphe 3 de la Déclaration Nostra Aetate, dont on peut lire le texte officiel en français sur le site du Vatican. Voir aussi les articles consacrés par lencyclopédie Internet Wikipedia à Nostra Aetate et au IIe concile cuménique du Vatican".
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Mis en ligne le 18 septembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











