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Christianisme
La campagne contre le désinvestissement en Israël seffondre, M. Tooley
Cette fin heureuse d'un épisode, aussi honteux pour certains groupes chrétiens que dangereux et humiliant pour les Juifs et Israël, illustre l'importance et l'efficacité du discours de contre-attaque - que nous préconisons ici, depuis des années - pour la défense et l'illustration de notre cause. Certes, cette affaire laissera des cicatrices profondes dans nos coeurs et nos mémoires, mais, entre autres avantages, elle aura eu celui de nous faire mieux discerner qui sont nos VRAIS amis. Il est souhaitable que nous en tirions des leçons de stratégie. Nos ennemis sont indéniablement plus habiles que nous dans l'art de convaincre, même si c'est sur base d'arguments mensongers et fallacieux. Se pourrait-il que nous ne soyons pas capables de l'emporter sur la base d'un discours de vérité convenablement argumenté et étayé par des faits indéniables ? (Menahem Macina)
Rappelons que nous avons largement traité de cette question. Voir :
23 juin 2006
The American Spectator
Original anglais : "Anti-Israel Divstment Collapses"
Traduction française : Menahem Macina
Le mouvement visant à cesser dinvestir dans des firmes qui commercent avec Israël est en train de seffondrer. Même des églises appartenant au courant majoritaire protestant gouverné par la gauche renoncent à cette idée. LAssemblée Générale de lEglise Presbytérienne des Etats-Unis a abandonné son appui au désinvestissement dIsraël cette semaine.
Les idées discréditées survivent le plus longtemps dans les milieux universitaires et les bureaucraties des églises libérales, qui sont, les uns et les autres, déconnectés de la réalité. Les activistes anti-Israël ont perdu de leur énergie dans les campus universitaires de gauche, il y a quelques années, quand des accusations dantisémitisme convainquirent un corps enseignant, au demeurant politiquement correct, de faire marche arrière. Il ne restait plus, comme ultime recours, que les églises en déclin du principal courant protestant.
Influencée par les vestiges de la théologie de la libération, la gauche religieuse dépeint Israël comme la puissance coloniale occidentale et les Palestiniens comme les victimes opprimées du Tiers-Monde. Par conséquent, les élites des principales églises se concentrent intensément sur les abus contre les droits de lhomme commis par les Israéliens tout en ignorant la plupart des crimes commis par des groupes palestiniens, sans parler des abus systématiques à lencontre des droits de lhomme commis par les régimes dun bout à lautre du Moyen-Orient.
Ce ne fut donc pas une surprise quand lEglise Presbytérienne des Etats-Unis, qui compte 3 millions de membres, vota, en 2004, le retrait de ses actifs dans des firmes qui font des affaires avec Israël. Mais cette action déclencha la fureur dans des groupes juifs, dont beaucoup de libéraux, et qui navaient traditionnellement jamais considéré comme des adversaires les Protestants orientés à gauche.
Non sans raison, la Ligue contre lAntisémitisme et la Diffamation (ADL) accusa le Centre Sabeel de Théologie de la Libération, à Jérusalem, dêtre linstigateur principal des campagnes de désinvestissement dIsraël.
"Le Centre Sabeel a longtemps joué, un rôle en coulisse, en encourageant les églises à utiliser le désinvestissement comme un instrument pour faire pression sur Israël", explique Abraham H. Foxman, président de lADL. "Les dirigeants des églises du courant principal protestant ont régulièrement accueilli les dirigeants de Sabeel comme invités à des rencontres et rassemblements nationaux, et linfluence de Sabeel comme avocat du désinvestissement est indiscutable, si déphasé que soit leur discours pour les assistants. Sabeel est le moteur de la campagne de désinvestissement."
LADL et dautres groupes juifs, tel le Centre Simon Wiesenthal entrèrent en action pour renverser la décision de désinvestissement presbytérienne et pour dissuader dautres églises de suivre cette voie. Lannée dernière, les Episcopaliens et les Luthériens Evangéliques décidèrent contre le désinvestissement. LEglise Unie du Christ, qui compte un million deux cent mille membres, adopta le désinvestissement en tant que concept mais ne retira pas ses actifs. La Conférence de lEglise Méthodique Unie de Virginie, le plus grand groupe régional de léglise qui compte 8 millions de membres, adopta le désinvestissement. Mais lEglise dans sa totalité sy refusa.
Les Presbytériens se retrouvèrent seuls à désinvestir, parmi les églises américaines. (Léglise dAngleterre, adopta le désinvestissement avec entrain, mais réalisant la controverse que cela déclenchait, elle refusa de retirer ses actions.). Le président Foxman (ADL) tourna en dérision léquation faite par les presbytériens entre le désinvestissement anti-israélien et celui de la campagne de 1980 qui visait lapartheid en Afrique du Sud.
"Affirmer quil y a une équivalence morale entre la politique raciste de lapartheid et les efforts pour protéger lensemble des habitants dIsraël est immoral", déclara Foxman aux Presbytériens. "Suggérer, de plus, que la tactique de désinvestissement, utilisée pour briser les mesures racistes dapartheid, soit employée contre ceux qui commercent avec Israël cest soutenir cette équivalence morale erronée et injuste."
Des presbytériens conservateurs furent également troublés par les actions de leur église. Une vingtaine au moins de prêtres déposèrent des résolutions appelant à révoquer et à amender la politique de désinvestissement. Des Presbytériens opposés au désinvestissement invitèrent lancien directeur de la CIA, James Woolsey, lui-même Presbytérien, à participer à lAssemblée Générale de Birmingham pour parler de la position partiale de léglise à légard dIsraël.
Woolsey, qui dirigea la CIA de 1993 à 1995, déclara devant une commission presbytérienne quil ne comprenait pas "ce quavait bien pu penser léglise, deux ans auparavant, quand elle avait entièrement pris le parti de lOrganisation de Libération de la Palestine". En soutenant le désinvestissement anti-israélien, "léglise choisit le Hamas", une organisation terroriste, déplora-t-il. "Le Hamas est maintenant lorganisme gouvernemental élu. Il est théocratique, totalitaire, antisémite et génocidaire. Il éduque des enfants de 5 ans à devenir terroriste-suicide. Il ny a rien là qui soit plus éloigné de la modération." Et de mettre en contraste Israël par rapport à ses voisins : "Israël a dans ses frontières près dun million dArabes, qui sont les seuls Arabes du Moyen-Orient à avoir la liberté de culte."
Faisant, avec passion, écho aux reproches de Woolsey, Judea Pearl, le père du journaliste assassiné du Wall Street Journal, Daniel Pearl, déclara aux Presbytériens : "Le désinvestissement ne profitera à aucun membre israélien ou palestinien du camp de la paix". "Les seuls à en tirer bénéfice sont les terroristes, qui y verront un signe dencouragement".
Une coalition de 12 organisations juives a envoyé à tous les membres presbytériens de lAssemblée Générale une lettre contenant cet avertissement : "Le désinvestissement, en tant que politique centrée uniquement sur Israël, vous met à lunisson de ceux qui, constatant létat de la violence qui règne dans le monde, dépeignent honteusement le seul Etat dIsraël comme une nation méprisable." Les signataires, dont lADL, lAmerican Jewish Committee, lAmerican Jewish Congress et le Bnai Brit International, ont déclaré : "Le désinvestissement légitime et soutient lintransigeance palestinienne en leur donnant lespoir quen fin de compte, le monde permettra quIsraël soit détruit et que se réalisent les rêves des Palestiniens extrémistes."
A la différence de leurs positions politiques dextrême gauche, la position presbytérienne anti-Israël leur a valu une énorme publicité, majoritairement négative, au cours des deux années écoulées. A la fin, les responsables presbytériens navaient plus quun souci : classer la controverse et économiser leur énergie pour dautres causes. Le 21 juin, lAssemblée Générale vota, par 438 voix contre 28, labandon de la politique de désinvestissement exclusivement dirigée contre Israël.
Dans leur résolution, les Presbytériens "reconnais[sent leur] responsabilité" pour loffense et lincompréhension causées à de nombreux membres de la communauté juive et à notre communion presbytérienne" par la résolution de désinvestissement. Ils ont remplacé le soutien au désinvestissement par une nouvelle formulation qui promet généreusement des investissements, "uniquement pour des buts pacifiques". Ils ont même modifié leur opposition au mur de sécurité, admettant le droit dIsraël de protéger ses frontières, mais déplorant les sections du mur qui "empiètent illégalement sur le territoire palestinien".
Rabbi Abraham Cooper de lInstitut Simon Wiesenthal a réagi au vote massif qui suspend le désinvestissement : "Nous espérons que cela constituera un tournant qui met fin à une campagne injuste menée par des églises, des groupes universitaires et des ONG pour diaboliser Israël."
Lespoir de Cooper est justifié. Le désinvestissement à lencontre dIsraël est probablement défunt en tant que campagne concrète. Mais, inéluctablement, la gauche religieuse cherchera ailleurs de nouveaux dragons à tuer.
Mark Tooley *
* Mark Tooley dirige la Commission de lEglise Méthodiste Unie, à lInstitut de Religion et Démocratie, à Washington, D.C.
© The American Spectator
Mis en ligne le 26 juin 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











