Quand des Presbytériens portent un faux témoignage, Diana Appelbaum
Nouvelle pièce à verser au dossier de l'hostilité anti-israélienne de certains membres de l'Eglise Presbytérienne. Dans le présent article, on peut même parler d'antisémitisme. (Menahem Macina)
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The American Thinker
3 juin 2006
Voir aussi :
En octobre dernier, des soldats américains combattant en Iraq ont dépouillé de ses vêtements le cadavre dun jeune homme, lont accroché à larrière dun humvee, et lont traîné dans toute la ville.
Un tel incident na, bien sûr, pas eu lieu. Publier un tel récit constituerait une calomnie à légard d'hommes et de femmes américains en uniforme, et nous serions fondés à nous poser des questions sur les motivations et les préjugés de quiconque non seulement y accorderait créance, mais la répandrait.
Pourtant, cest du déjà vu. Les récits qui présentent les soldats ennemis comme dénués dhumanité, capables non seulement de profaner un cadavre, mais de "tirer aveuglément sur des enfants et des hommes âgés", sont probablement aussi anciens que la guerre.
Oui, des horreurs se produisent en temps de guerre, bien sûr, mais les gens responsables sont très attentifs à ne pas répandre des récits incontrôlés datrocités. Cest pourquoi il est préoccupant de lire ceux qui ont été diffusés récemment par un pasteur Presbytérien, le Révérend Arthur Suggs, de lEglise de lUnion Presbytérienne dEndicott.
"Ils (les Israéliens) ont dépouillé de ses vêtements le cadavre (dun Palestinien) et lont traîné tout autour de la ville (attaché) à larrière de la jeep."
"Ils (les soldats israéliens) ont coutume darriver vers 11 h du soir et de faire irruption dans des maisons, à limproviste, en hurlant et en cassant, chacun deux braquant sa mitraillette sur le visage des membres de la famille."
"(Chez les Israéliens), le taux dabus conjugaux et de sévices sexuels infligés à des enfants est le plus élevé du monde."
"Les Palestiniens sont tellement isolés, par des murs, du reste de la société, que lon constate chez eux davantage de malformations à la naissance, parce que les gens se marient avec des membres trop proches de leur parenté." *
Ce sont des bobards classiques et des assertions manifestement fausses, inventés pour diaboliser des membres dun groupe haï, dans le cas présent, les Juifs israéliens.
Ces quatre racontars, ainsi quune quantité exceptionnelle de rhétorique et de fausse information à lencontre dIsraël, figurent dans une lettre écrite par le Révérend Arthur Suggs, et ont été mis en ligne sur le site Web de son fils, à lépoque où le Révérend Suggs participait à un voyage en Terre Sainte, organisé par le Presbyterian Peacemaking Program (programme presbytérien dinstauration de la paix). Tout en admettant comme possible que le Révérend Suggs soit lauteur de ces bobards, il me semble plus probable quil répétait ce quil avait entendu dire par dautres. Le voyage organisé du Programme Presbytérien dInstauration de la Paix sest déroulé principalement dans les zones sous contrôle de lAutorité Palestinienne, et les conférenciers étaient des opposants à lEtat juif.
Tout cela avait lagrément tant des participants que des membres de léquipe nationale qui avaient organisé lévénement. Les lettres du Révérend Suggs témoignent de sa détestation des
"soldats israéliens (dont chacun maudissait lun dentre eux, armé jusquaux dents, avec un AK-4T, une arme de poing et une matraque)."
Le Révérend Suggs recherchait des Arabes, auxquels il annonçait :
"Je suis un Américain qui étudie loccupation de la Palestine".
Invité à
"masseoir sur ces tapis persans
et à parler politique
jétais aux anges. Je ne parlais quavec des musulmans" (voir les deux passages mis en ligne sur le site ktheory, le 6 mai 2006.
Mais il ne sagit pas seulement dun ministre du culte presbytérien qui fait preuve de peu de jugeote. Le Révérend Clifton Kirkpatrick, secrétaire permanent de lEglise Presbytérienne des Etats-Unis, na pas, comme le Révérend Suggs, diffusé des récits datrocités afférents à de prétendus incidents spécifiques. Mais il a utilisé, sans frein et de manière répétée, une phraséologie dépeignant les Israéliens comme des monstres immoraux, accusant Israël de "tirer aveuglément sur des enfants et des personnes âgées dans les rues", de perpétrer des "attaques impitoyables", de faire preuve de "violente fureur", de "terroriser", "denvahir des hôpitaux", d"attaquer à la roquette des immeubles où habitent des civils innocents", et d"attaquer brutalement la Police palestinienne et des civils, y compris des femmes, des hommes et des enfants résidan dans des camps de réfugiés".
Il est choquant que ce dirigeant de lEglise Presbytérienne des Etats-Unis adopte, pour décrire les Israéliens, le genre de langage quutilisent à légard de leurs ennemis des gens exaspérés et ayant perdu le contrôle deux-mêmes, en temps de guerre. On peut expliquer cela en partie, peut-être, si lon comprend que, pendant de nombreuses années, des membres influents de la hiérarchie de lEglise ont vu le Moyen-Orient au travers du regard des Arabes opposés à lexistence de lEtat dIsraël. Cest le cas de Marthame Sanders, missionnaire de lEglise Presbytérienne des Etats-Unis et missionnaire en résidence à Louisville, qui dit, à propos du Moyen-Orient, qu"une approche équilibrée nest pas du tout la bonne approche".
Je nai pas connaissance dun seul cas où un Juif israélien partisan du droit dIsraël à exister ait été invité à prendre la parole au cours dune réunion de lEglise Presbytérienne des Etats-Unis. Par contre, plusieurs Arabes palestiniens qui nadmettent pas le droit de lEtat juif à exister ont eu cet honneur, dont le Révérend Naim Ateek et le Dr Abu Ekel, qui a été élu Modérateur par lEglise, en 2002.
Les relations de lEglise avec les Juifs américains ont également été singulières.
Le Dr Robert H. Stone, un "Ancien" de lEglise Presbytérienne, professeur retraité de morale chrétienne au Séminaire Théologique Presbytérien de Pittsburg, exprimait probablement les vues dautres dirigeants presbytériens quand il disait à la presse, au cours dune rencontre avec le Hezbollah au Liban en 2004, quil était plus facile de dialoguer avec des terroristes quavec des Juifs à propos du Moyen-Orient.
Des membres de la hiérarchie de lEglise ont écrit des choses tout aussi méprisantes à propos des Juifs américains. Des dirigeants de lEglise ont averti des Presbytériens que "la rhétorique émotionnelle que rencontrent les Presbytériens dans leurs conversations avec des Juifs, peut facilement faire déraper lentretien", et leur ont conseillé de "placer la conversation au niveau de léchange personnel et déviter léchange dopinions". En dautres termes, les Presbytériens américains ne devraient pas avoir avec les Juifs américains des conversations sérieuses dans lesquelles il serait question des faits et des politiques concernant le Moyen-Orient. Il en est ainsi parce que, selon Sarah Lisherness, Coordinatrice du Programme Presbytérien pour létablissement de la Paix, à la différence de ces Juifs émotifs,
"comme chrétiens, nous avons reçu un don de discernement, de manière à ne pas nous laisser dominer par nos passions animales, par notre cerveau reptilien, et à ne pas réagir au conflit par la dispute ou par la fuite."
Mettant ses actes en conformité avec son langage, lEglise Presbytérienne des Etats-Unis a évité tout affrontement sur ces questions avec des Juifs américains, et presque totalement avec des Israéliens, tandis quelle gardait des contacts étroits avec des Arabes palestiniens. Un exemple : en février 2005, des partenaires Presbytériens, préoccupés par la question du désinvestissement, furent invités à participer à une session de formation sur le Moyen-Orient, organisée par létat-major national. Les conférenciers au programme étaient quatre Arabes palestiniens, qui firent état de "contacts déshumanisants avec des soldats israéliens aux points de contrôle". Lun des participants fut perturbé par limpression que les Israéliens sont des oppresseurs cruels, "qui bousculent les femmes et emprisonnent des jeunes sans raison valable".
En écoutant la voix de ceux qui contestent le droit dIsraël à exister, de trop nombreux clercs et dirigeants presbytériens ont commencé à croire que les Israéliens sont, comme dit le Révérend Kirkpatrick, le genre de gens qui "tirent aveuglément
sur des enfants et des gens âgés". En mars 2002, un certain nombre de personnes habitant la Terre Sainte, dont cinq Presbytériens : Christopher Doyle, missionnaire de lEglise Presbytérienne, de Bethléem; Hala Doyle, missionnaire de lEglise Presbytérienne, de Bethléem ; le Révérend Marthame Sanders, travailleur de la mission de lEglise Presbytérienne, de Zababdeh, en Palestine; Mme Elizabeth Sanders, travailleuse de la mission de lEglise Presbytérienne, de Zababdeh, en Palestine; et la Révérende Christine Caton, de lEquipe Chrétienne dEtablissement de la Paix, de Hébron, signèrent le texte dune lettre ouverte adressée au Secrétaire dEtat américain, Colin Powell, dans laquelle ils accusaient Israël de :
"tirs aveugles de soldats de lIDF (Armée de Défense dIsraël), aux points de contrôle, sur des civils, dont des enfants, des femmes, des vieillards et des infirmes
" ;
prétendaient que
"des missiles de fabrication américaine pleuvaient dru et aveuglément sur des zones civiles, tirés par des hélicoptères Apache et des chasseurs F16 de fabrication américaine, ainsi que par des chars israéliens" ;
et, plus généralement, [accusaient les Israéliens] de
"cupidité et darrogance, de violence et de destruction".
Comme lallégation du Révérend Suggs, selon laquelle les soldats israéliens "faisaient violemment irruption, au hasard, dans les maisons", ces assertions diabolisent les Juifs israéliens, en recourant aux stéréotypes, classiques en temps de guerre, de lennemi assoiffé de sang et dépourvu dempathie et de moralité. Le Révérend Suggs démontre sans ambiguïté à quel point il accepte les stéréotypes de Juifs [décrits] comme des assassins brutaux, quand il écrit :
"Un ces jours, je vous parlerai de ce que cela fait aux âmes des Israéliens aussi. Le militarisme est programmé en eux, de manière indélébile, dès leur plus jeune âge, au point que lorsquils ont un problème, cest la solution quils choisissent en premier."
Et
"Les Israéliens assassinent [murder] quelque chose comme une ou deux [personnes] par semaine, habituellement des jeunes hommes."
Cest une affirmation très troublante. Tout dabord, "assassiner" nest pas le verbe approprié pour des morts qui surviennent au cours déchanges de tirs entre hommes armés ; par contre, cest le verbe idéal pour diaboliser un "autre" que lon hait. De plus, accuser des citoyens israéliens qui ont non seulement voté pour négocier des territoires en échange de promesses de paix, mais ont soutenu des gouvernements qui ont réellement fait ces négociations, de toujours choisir des solutions militaristes, cest avancer un préjugé plutôt quune preuve. Mais accuser une nation tout entière dêtre "ancrée" dans le "militarisme", cest un propos raciste.
Il est perturbant de constater que le Révérend Suggs et dautres ont peut-être appris à parler des Israéliens en ces termes en consultant lAgence de Presse Presbytérienne. La Révérende Alexa Smith, dans un article ** écrit de Bethléem, en 2002, se sentait libre de rendre publiques les rumeurs suivantes :
-
"ils (les soldats israéliens) vandalisent tout" ;
-
"des soldats ont exécuté trois hommes dans la ville, mis leurs corps dans une voiture et écrasé la voiture avec un char" ;
-
"le refus par larmée de permettre aux ambulances de lintérieur de la ville de ramasser les morts et les blessés" ;
et tout cela sans quelle ait pris la peine de vérifier, comme le font les journalistes, qui téléphonent aux autorités militaires, aux morgues et aux hôpitaux, pour s'assurer que les informations reçues ne sont pas de purs mensonges. (Voir également ici).
Des Presbytériens qui ne sont pas employés par lEglise nationale Presbytérienne des Etats-Unis, font souvent preuve dune plus grande prudence. Le Révérend Charles Henderson, qui visitait Bethléem lui aussi, rendit compte de ce qui arriva à une famille arabe palestinienne, dont "la voiture avait été criblée de centaines de balles" : "Avant que les tirs ne cessent, Christiane, la fille de Georges, âgée de dix ans, était morte". Pourtant, il naccuse pas les soldats de violence "aveugle", ou "sans discrimination". "La jeune Christiane", explique le Révérend Henderson dans son rapport, "a été linnocente victime de la politique d'assassinats ciblés' du gouvernement israélien. Les soldats israéliens ont pris Georges et sa famille pour des terroristes, simplement parce que sa voiture ressemblait à celle quil avait lhabitude de conduire, comme on le savait". Dans son compte-rendu, il évitait les accusations non vérifiées et les expressions diabolisantes, démontrant ainsi quil est possible de discuter de la situation au Moyen-Orient, et même de se faire lavocat des Palestiniens, sans tomber dans la diabolisation et la haine irréfléchie de lautre.
De trop nombreuses publications de l'Eglise [presbytérienne] tombent facilement dans la diabolisation occasionnelle des Juifs israéliens. Pour prendre un dernier exemple, un poème, intitulé "Sainte Terre", a paru dans inSpire, publication du Séminaire Théologique de Princeton ***, de lEglise Presbytérienne des Etats-Unis. Réalisant la nature contestable de la formulation de ce poème, les éditeurs lassortirent dune note rédigée en ces termes :
Les éditeurs se rendent compte quune certaine expression pourrait choquer quelques lecteurs. Cependant nous espérons que les lecteurs admettront que lobscénité de la violence que décrit ce poème est la véritable obscénité dont nous devons nous inquiéter.
Les éditeurs semblent préoccupés de ce que les lecteurs puissent être choqués par lutilisation dun mot de quatre lettres [fuck], et non de ce quil soit choquant daccuser des soldats israéliens de tirer sur des gens comme sur des chiens sauvages, dassassiner un enfant, de ne pas croire en Dieu, et daffirmer que la vie dun enfant juif israélien a moins de valeur quune seule tache de rousseur sur la joue dun enfant palestinien.
Le plus intéressant de laffaire est peut-être que le drame décrit par le poème selon lequel des soldats israéliens auraient délibérément pris pour cible un enfant palestinien na jamais eu lieu.
A ce jour, inSpire na publié aucun commentaire à ce propos.
Ils ont été abattus dans les rues comme des chiens sauvages
des obus antichars ont été tirés sur des immeubles, des foules, des familles et des corps
Son père réduit à être un bouclier humain suppliant.
nous regardions ce petit garçon [al-Dura] assassiné...
les justifications et le piétinement de son sang sur le sol...
même le conducteur de lambulance qui sétait précipité pour parvenir jusquà lui a été tué...
Et p
d"Oeil pour il"! [2]. Le corps dun enfant israélien de douze ans
néquivaudra pas à une seule tache de rousseur sur la joue de Rami [3].
Je me souviendrai de ce petit garçon assassiné en Palestine par ceux qui ne croient pas en Dieu
une histoire qui se répète, deux mille ans après quun charpentier [4] ait été crucifié pour ses miracles.
Que lon rejette comme propagande de guerre ce poème plein de haine à propos dune prétendue atrocité qui, en réalité, na pas eu lieu, ou quon le condamne comme étant un discours dincitation à la violence, en raison de sa terminologie cruelle, ou encore quon lexcuse en se basant sur le fait que les poètes font usage de licence poétique, les questions suivantes restent posées :
Diana Appelbaum
© The American Thinker
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Notes de lauteur
* Laccusation selon laquelle Israël cause des malformations à la naissance en "enfermant derrière des murs" des Arabes palestiniens, est une présentation frauduleuse du fait que les mariages consanguins, si appréciés dans la société arabe, ont une incidence tragiquement élevée sur les malformations à la naissance dans les pays arabes, et pas seulement chez les Arabes palestiniens.
** Pour en savoir davantage sur la phraséologie utilisée par lAgence de Presse Presbytérienne, voir ici.
*** Des lecteurs attentifs ont identifié inSpire comme étant une publication du Séminaire Théologique de Princeton et non de Pittssburg -, comme larticle original lavait affirmé. Nos excuses à lune et lautre institutions.
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Notes de la Rédaction dupjf.org
[1] Voir aussi "Presbyterian Group Meets All the Usual Suspects".
[2]
and fuck an eye for an eye. On peut aussi comprendre : "foutaise" que [la devise] il pour il ; cest-à-dire, il ny a pas de rétribution équitable pour la mort dun enfant palestinien, pas même la mort dun enfant israélien du même âge.
[3] A lépoque, on croyait que le prénom dal-Dura était Rami.
[4] Il s'agit, bien sûr, de Jésus, qu'on estimait être le fils du charpentier Joseph, aux dires de l'Evangile. On remarquera, au passage, cette allusion, discrète mais probablement intentionnelle - à la théorie du "déïcide", ou à tout le moins, de l'assassinat d'un saint homme, voire d'un prophète, qui a tant contribué à l'antisémitisme populaire à connotation chrétienne et a causé tant de persécutions et de massacres de Juifs au fil des siècles.
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Mis en ligne le 08 juin 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org