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Plaider la cause dIsraël, oui, mais avec un dossier solide, Menahem Macina
Un article, paru dans le "Jerusalem Post" en français, et malencontreusement intitulé "LEglise accuse", a soulevé des protestations et des mises au point de la part de lun ou lautre membres de lEglise réformée. Il sagit dune réaction à la déclaration récente du Conseil Mondial des Eglises, imputant à Israël lentière responsabilité de la détérioration de la situation des Palestiniens. Cette importante organisation oecuménique de la gauche chrétienne affirme que les actes dIsraël à légard des Palestiniens nont pas de justification morale, légale ou même politique, et qu'en ne se "conformant pas à la loi internationale", Israël a amené la situation sur le terrain à un point de non-retour. Le problème est que le titre de larticle du "Jerusalem Post" en français attribue à "lEglise" tout entière ce qui est le fait dune organisation cuménique protestante, certes imposante, mais non universelle. Ayant lu sur notre site la traduction dun article du "Jerusalem Post" en anglais, dont le titre est sans ambiguïté et correspond à la réalité des faits (1), lun de nos internautes nous rappelle « que le point de vue de ce qu'il est convenu d'appeler l'Eglise n'est pas univoque à propos d'Israël ». Et il ajoute : « Vous devriez vous en faire l'écho ». Ce que nous faisons, ci-après, en profitant de loccasion pour canaliser et orienter, autant quil est possible, dans la bonne direction, le courant de protestation légitime qui se dessine, en réaction à un dénigrement d'Israël, aussi partial que systématique. (Menahem Macina).
07/06/06
Le 28 mai, le Pasteur Henri Lefebvre, membre de lEglise réformée Evangélique dAlès, et président de lassociation CUR (Comité cuménique dUnité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif), nous adressait un message contenant le texte dun article du Jerusalem Post en français qui résumait drastiquement une déclaration, particulièrement négative et accusatrice de lEtat dIsraël, du Conseil Mondial des Eglises. Malheureusement, son titre-choc - "Léglise accuse" -, donnait involontairement à penser que ce texte exprimait la position de lensemble de la chrétienté ou de sa hiérarchie.
Nous reproduisons, ci-dessous, le texte de ce bref article, suivi du commentaire du Pasteur Lefebvre, ainsi que la copie de la lettre de protestation, que ce dernier a adressée au président de la Fédération protestante de France.
S'y ajouteront mon propre commentaire et la suggestion que j'émets pour promouvoir une réaction constructive et, si possible, efficace.
M. Macina
1. Article du Jerusalem Post Edition Française
23 mai 2006
L'église accuseIsraël porte la responsabilité de la crise actuelle au Moyen Orient : ainsi en a décidé le Conseil mondial des églises (CME) à la réunion de son comité exécutif à Genève du 16 au 19 mai. Le CME réunit 340 églises membres dans 100 pays, et représente 550 millions de chrétiens orthodoxes, anglicans, et protestants.
L'organisation a déclaré que les actions d'Israël envers les Palestiniens "ne pouvaient être justifiées ni moralement, ni légalement, ni politiquement". L'échec "à se conformer à la législation internationale" a conduit la "situation à un point de non retour".
Le CME a condamné l'assassinat de civils innocents "des deux côtés", et appelé les Palestiniens à respecter leur cessez-le feu unilatéral, et les Israéliens à négocier.Le CME a affirmé que la communauté internationale favorisait Israël, et a demandé à l'Europe et aux USA de lever les sanctions prises à l'encontre du Hamas.
2. Réaction du Pasteur Lefebvre
Bien sûr, ce titre est volontairement excessif, et la référence au « Jaccuse » de Zola, qui a lancé laffaire Dreyfus, est évidente.Mais ne peut-on comprendre cette réaction israélienne ?Et doit-on prendre pour argent comptant cette décision du CME (ex COE ?) et laccepter sans rien dire, comme si cette instance avait la faculté de nous dire ce que nous devons penser ?Tel nest pas mon avis : je suggère donc que tous les chrétiens qui ne se reconnaissent pas dans cette « décision » expriment leur opposition aux différents échelons de leurs hiérarchies ecclésiales sous forme de « lettre ouverte » et en fassent copie pour information aux consulats et ambassades dIsraël.Il nest pas admissible quun organisme, au demeurant respectable, prenne de telles positions publiques et, en simmisçant sans vergogne dans le domaine politique pour lequel il nest pas normalement mandaté, donne à croire à lopinion publique mondiale que les chrétiens que nous sommes sérigent, à la légère, en juges dune situation internationale éminemment complexe et discutée.Jestime quune telle déclaration ne peut être que douloureusement ressentie par le peuple israélien et, par voie de conséquence, par lensemble du judaïsme, avec lesquels nous avons bien plutôt le désir détablir et dapprofondir des liens de confiance et damitié.Nous devons donc faire connaître que nous jugeons cette déclaration complètement irresponsable et que les instances qui en sont responsables devraient recevoir notre désaveu public et solennel.
3. Lettre du pasteur Henri Lefebvre au pasteur Arnold de Clermont, Président de la Fédération protestante de France
28 mai 2006
Monsieur le président,Dans sa livraison du 23 mai 2006 dont je vous donne copie ci-joint, le périodique Jerusalem Post donne une information relative à une déclaration du Conseil Mondial des Eglises.Je me permets délever ici, par cette lettre ouverte, une protestation solennelle à ce sujet et vous serais reconnaissant de faire connaître au public que le protestantisme français se désolidarise totalement de cette initiative, que lon peut qualifier de malencontreuse compte tenu de la situation actuelle, et de déplacée, puisque ne pouvant en aucun cas prétendre être lexpression du protestantisme français dans son ensemble.Il est évident quen choisissant le titre, « LEglise accuse », ce journal a employé volontairement une expression forte, et une référence au désormais célèbre « Jaccuse » de Zola qui a fait éclater laffaire Dreyfus. Ce choix montre combien linformation donnée peut douloureusement choquer lopinion publique israélienne, lamenant, une fois de plus, à considérer que les chrétiens, et ici il sagit surtout des chrétiens protestants, se sont rangés dans le camp de leurs adversaires.Certes, je ne prétends pas ici que quiconque critique la politique suivie actuellement par le gouvernement israélien est, de ce fait, à ranger dans la catégorie antisémite. Mais jaffirme ne pas reconnaître au Conseil Mondial des Eglises le droit de prendre de telles positions publiques pour lesquelles, à ma connaissance, il nest aucunement mandaté par les églises-membres.Dautant plus que cette position est notoirement opposée à celle dune large fraction des membres du protestantisme, et que la publication de cette déclaration ne peut quêtre douloureusement ressentie par le peuple israélien et, par voie de conséquence, par lensemble du judaïsme avec lesquels nous avons bien plutôt le désir détablir et dapprofondir des liens de confiance et damitié.Jen témoigne ici, non seulement en tant que protestant membre dune église faisant partie de la Fédération Protestante de France, mais aussi en tant que président dune association cuménique engagée dans une recherche dun nouveau regard chrétien vers le judaïsme.Je demande donc publiquement que la dite déclaration fasse, le plus rapidement possible et de la façon la plus claire, lobjet dun désaveu public et solennel de la part de la Fédération Protestante de France.En vous remerciant de votre attention, je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, lexpression de mes sentiments respectueux,
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4. Ma réaction à ces trois textes
Je comprends l'émotion du Pasteur Henri Lefebvre. Je l'estime pleinement justifiée et elle me semble de nature à relativiser la portée de ce très mauvais coup que vient de porter le Conseil Mondial des Eglises au peuple israélien et, indirectement, aux membres du peuple juif de par le monde, qui considèrent Eretz Israel comme "leur Etat", conformément au titre allemand du livre du visionnaire de lEtat Juif, Théodore Herzl, Die Judenstaat, lEtat des Juifs. Nul doute quelle fera chaud au cur de certain(e)s dentre nous, en leur rappelant que de nombreux chrétiens non seulement ne partagent pas les jugements partiaux de cette grande organisation chrétienne, mais sont littéralement horrifiés par son parti pris.
Toutefois, sans minimiser aucunement la valeur de la protestation du Pasteur Lefebvre, jespère ne pas le blesser en émettant l'avis qu'elle a très peu de chances d'influer sur le cours des choses. Certes, elle constitue un geste symbolique et amical significatif et, à ce titre, nous ne loublierons pas, mais, disons-le tout net : ni "Cur", ni les différents groupes et groupuscules de chrétiens amis dIsraël ne font, pour linstant, le poids face au mastodonte quest le Conseil Mondial des Eglises, qui se targue de près de 50 millions de membres. En outre, la mauvaise réputation qu'elle inflige à l'Etat d'Israël est, en quelque, sorte confirmée et justifiée par la branche américaine de l'Eglise Presbytérienne américaine (30 millions de fidèles dans le monde), qui vient d'entériner la décision, longuement débattue, de cesser d'investir en Israël et dans les sociétés internationales qui font des affaires avec l'Etat juif.
J'éprouve le même scepticisme quant à la lettre que le Pasteur Lefebvre adresse au Président de la Fédération Protestante de France. Outre que ce dernier na pas, pour autant que je sache, une sympathie particulière pour les chrétiens pro-israéliens, il me semble qu'il ne soit pas en position dintervenir efficacement auprès du Conseil de cet immense organisme, américain de surcroît.
Jai une suggestion plus pragmatique. Mais auparavant, voici quelques réflexions pour éclairer larrière-fond de la démarche proposée.
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5. Ma proposition
On sait peut-être que lun des plus grands dangers qui menacent Israël dans le monde, cest la détérioration qui semble inexorable de son image et de sa réputation. La diaspora palestinienne, extrêmement bien implantée, tant dans le monde anglo-saxon que dans les pays européens, compte en son sein, surtout sur les campus universitaires, une intelligentsia militante particulièrement douée, qui, en moins de deux décennies, a réussi - ce que la politique américaine peine à réaliser, bien quelle sy efforce avec la conviction de lactuelle administration et les moyens financiers colossaux qui sont les siens à "gagner les curs et les esprits".
La cause palestinienne est immensément populaire, non seulement dans les populations issues de limmigration, mais dans de très vastes secteurs de lopinion publique. Elle est lenfant gâtée de la quasi-totalité de tout ce que la gauche européenne compte de "belles âmes", pour lesquelles le "faible et lopprimé" ont toujours raison, ont tous les droits, même celui de tuer. Et si les plus délicates de ces "belles âmes" nosent approuver les massacres terroristes, ils ne se gênent pas pour leur trouver toutes les excuses du monde, et surtout pour abattre leur joker incontournable, qui met en échec les meilleures stratégies pro-israéliennes, dans les 'tournois' médiatiques où saffrontent pro-palestiniens et défenseurs dIsraël. Et ce joker, cest l"OCS" - Occupant, Colon, Sioniste. Ce sigle, forgé par moi pour les besoins de la cause, résume les trois termes les plus haïs, en Europe, par beaucoup dintellectuels de cet acabit. Pour eux, lEtat dIsraël nest ni plus ni moins quun précipité de ces trois "tumeurs malignes".
Lindignation que déclenche la seule évocation de l"OCS" israélien constitue une arme dautant plus redoutable, que cette souche maudite, dûment répertoriée et vitupérée, figure en très bonne place dans largumentaire idéologique du politiquement correct. Si bien que, même si quelquun ny croit pas trop, il se gardera de le dire pour ne pas être ostracisé par ses collègues de travail, ses relations, voire par des inconnus dont il na, a priori, rien à faire ni à craindre. Le politiquement correct engendre la honte sociale, épreuve que fort peu de gens sont capables de supporter.
Tel est - sans les nuances quil conviendrait dapporter à ce sombre portrait - le "mal qui répand la terreur" et dont limpact est tel, quil pourrait, sans problème, se forger un slogan, calqué sur le célèbre « Touche pas à mon pote !» anti-raciste, dans le genre : « Touche pas à mon Palestinien ! ».
Mais, trêve de plaisanterie, car cest tout sauf une plaisanterie.
Vous me direz peut-être : alors, que faut-il faire ?
Je lai dit plus haut et le titre de la présente chronique y fait allusion : pour commencer à inverser la tendance, il faut un dossier solide.
Certes, même un dossier solide ne convainc pas les fanatiques, ni les gens de mauvaise foi. Mais précisément ce nest pas à cette "clientèle"-là quil faudra présenter notre dossier, mais aux hommes et aux femmes à lesprit droit et sain (si, si, cela existe encore !).
En voici un exemple remarquable et qui vaut le détour. Je le résume en quelques phrases, pour ne pas allonger démesurément cet article.
Il y a une quinzaine de jours, lEglise Presbytérienne des Etats-Unis a décidé de retirer ses avoirs financiers de léconomie israélienne. En anglais, on appelle cela "divestment", souvent transcrit en français par le disgracieux substantif "désinvestissement", faute dalternative.
Bien entendu, tous les Presbytériens nont pas approuvé cette décision. Mais, quy faire ? Elle a été votée en Assemblée générale. Peu de gens, sans doute, croyaient quelle serait adoptée, et, faute de navoir pas milité contre linitiative quand cétait encore possible, ils se sont trouvés mis devant le fait accompli. Les partisans presbytériens de lEtat dIsraël, conscients de linjustice de cet ostracisme, se sentaient impuissants, et la plupart ont estimé quil ny avait rien à faire.
Telle na pas été lattitude dun laïc presbytérien, du nom de Will Spotts. Cet homme intègre et courageux sest dressé, seul, contre ce quil estime être une mesure inique. Mais au lieu de proférer des « Jaccuse », ou des « Ô temps, ô murs ! », et de vitupérer ses opposants, il a réalisé un dossier impressionnant (2), dans lequel il a consigné des citations pertinentes, extraites de documents incontestables qui figurent sur les sites presbytériens, sur lesquels les membres de la Commission exécutive de lEglise Presbytérienne se sont fondés pour mettre Israël au pilori, sous le chef d"OCS" (voir plus haut), emportant finalement la décision de désinvestissement (3).
Le génie de Will Spotts a été de mettre à nu, méthodiquement, les sources du document de boycott des investissements presbytériens en Israël, et den montrer le caractère le plus souvent extravagant, calomniateur et insultant, voire carrément mensonger.
Et cest là que se nouent les fils du présent exposé.
Ce qui se lit, dans le rapport remarquable (en cours de traduction) de Spotts, est le résultat de plusieurs années de ce quil faut bien appeler un lobbying palestinien, dautant plus efficace que le témoignage dun membre de ce peuple, considéré comme opprimé par les Israéliens, est "parole dEvangile". On écoute religieusement ses plaintes, même lorsquelles suintent la haine et frôlent linvraisemblance, et ce en vertu de lidée reçue, considérée comme indiscutable dans les sphères 'droit-de-lhommistes', selon laquelle le pauvre et lopprimé sont naturellement bons, puisquils sont malheureux. Certes, reconnaissent-ils, il arrive que les 'témoins' exagèrent, que leurs affirmations soient excessives, voire erronées. Les dépositaires de leurs déclarations, le savent mais les absolvent généreusement, "parce quils souffrent". Et dailleurs, que pèse une entorse à la réalité des faits, en face des exactions quotidiennes dune armée israélienne, "brutale et impitoyable", dont "la soldatesque" n'hésite pas à tirer sur des enfants ? Et puis, il y a les chars, le "Mur de la honte", les démolitions de maisons de terroristes, les exécutions ciblées de semeurs de mort, et surtout lappui du diable (les Américains), etc., etc. Avec un tel pedigree, Israël et ses avocats, quils soient Juifs ou chrétiens, devraient avoir la pudeur de se taire, pensent - et disent même, parfois - les "défenseurs du faible et de l'opprimé"... palestinien. Exprimés ou non, ces états dâme, tissent inexorablement la trame, solide et imperméable à toute autre considération, du tissu d'accusations que l'on fait endosser à Israël - comme la "robe d'apparat" dont, par dérision, Hérode fit revêtir Jésus après qu'il eut été tourmenté par sa garde (cf. Luc, 23, 11) -, et dont la seule évocation intimide celles et ceux qui seraient tentés délever la voix en faveur de lEtat des Juifs, dénigré, vilipendé et diabolisé à longueur de temps et en toute occasion.
Eh bien, le pasteur Will Spotts, ne sest pas laissé intimider, lui. Il y a beau temps quil a su discerner le bon grain de livraie dans les accusations, qui s'expriment, au sein de l'Eglise Presbytérienne, d'atteintes réelles ou supposées aux droits de lhomme et à la liberté des peuples à disposer deux-mêmes, qui, selon les détracteurs chrétiens dIsraël, seraient monnaie courante dans lEtat des Juifs. Il sait faire la différence entre plaintes fondées et propagande. Il est allé sur place, en Israël et dans les Territoires. Il n'a pas fait acception de personnes en se limitant, comme l'ont fait les membres de la Commission de son Eglise, à enquêter en milieu palestinien. Il a recueilli quantité de témoignages, à charge et à décharge, de l'une et l'autre parties; il a comparé ce quil a entendu avec ce qui figure dans le rapport de la Commission de lEglise Presbytérienne qui a voté le boycott des investissements en Israël, et son verdict est sans appel : les membres du Comité denquête qui a préparé le matériau (en fait, le dossier daccusation) ont fait fond, presquexclusivement sur les accusations les plus virulentes des intervenants et témoins chrétiens palestiniens, les uns Presbytériens, les autres non.
Ce dossier accablant se lit comme un livre noir. Il en ressort - même si rien de tel ny est dit - quIsraël a repris, dans limaginaire dun nombre non négligeable (et croissant) de chrétiens daujourdhui, le rôle de "Juif des nations", qui fut durant de longs siècles, celui que jouèrent, avec brio, les Juifs de la diaspora, avant la création de lEtat dIsraël.
Après ce tour dhorizon trop bref, hélas, et très incomplet il est temps démettre la suggestion, promise plus haut, sur ce quil convient de faire pour rétablir limage dIsraël dans sa vérité.
Il faudrait que se lèvent des dizaines de Will Spotts chrétiens et juifs (4), qui pratiqueraient systématiquement une veille médiatique des sites des organisations chrétiennes majeures et des organisations caritatives de même obédience ayant le statut dONG - souvent sursaturés dune propagande anti-israélienne qui nest, au mieux, quun décalque servile de la pire littérature dincitation à la haine dIsraël, que lon trouve couramment sur les sites palestiniens ou pro-palestiniens (5) -, pour mettre au jour la stratégie de propagande qui sy exprime, plus ou moins explicitement, plus ou moins brutalement.
Ils découvriront, avec stupeur, que le discours palestinien, victimaire et accusateur du peuple juif qui vit en Israël, voire des Juifs du monde entier, y est régulièrement importé par des belles âmes qui reviennent dIsraël avec des certitudes exterminatrices et des idées meurtrières toutes faites. Pour eux, la cause est entendue : Israël na pas le droit à lexistence politique. Ils ne disent pas "à lexistence" tout court, car ce ne serait pas politiquement correct. Peut-être même ne se rendent-ils pas compte des conséquences - qui, à la longue, pourraient savérer fatales pour lexistence même des Israéliens -, de ce quils disent et de ce quils font, mais ils le disent et ils le font, avec une inconscience coupable, sans se soucier des conséquences, précisément.
Il faut réagir. Pour cela, il faut un ordre du jour. Nous lempruntons symboliquement au premier paragraphe du texte même de la "Déclaration du Comité exécutif de lEglise Presbytérienne sur Israël et la Palestine", modifié et paraphrasé comme suit, pour les besoins de la cause (6), et en concluons le texte par le titre même de la dite Déclaration:
« Puisque des Eglises et des organisations chrétiennes sérigent en juges du conflit palestino-israélien, qui fait monter la tension dans le monde entier, et imputent presque exclusivement à Israël la responsabilité de ce que les différents plans de paix demeurent sans effet, des hommes et des femmes de bonne volonté, soucieux de vérité et dobjectivité, parviennent à une conclusion lucide : la vérité doit se faire jour au plus vite, sinon, la paix ne viendra pas avant longtemps pour les deux peuples. »
« Il est temps de faire ce qui est juste »
Menahem Macina
© upjf.org
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Notes
(1) Voir George Conger, "Le Conseil Mondial des Eglises critique sévèrement Israël". Le phénomène nest pas nouveau. Déjà en 2002, Melanie Phillips publiait, dans The Spectator, un véritable cri dalarme, dont la traduction française est en ligne sur notre site, sous le titre "Des chrétiens qui haïssent les Juifs".
(2) Le texte original de Will Spotts figure sur le site Bearing-Witness Divestment and the Presbyterian Church (voir note 4, ci-après), sous le titre "Pride and Prejudice : The Presbyterian Divestment Story" (Orgueil et préjugé : histoire du retrait et de la cessation des investissements des Presbytériens en Israël). Ce rapport est en cours de traduction, mais on peut, dores et déjà, en lire, sur notre site, le résumé introductif traduit en français ; voir "Justice ou partialité ? Lectures chrétiennes du conflit palestino-israélien (III)".
(3) On peut lire le texte de cette décision, sur notre site. Voir "Justice ou partialité ? Lectures chrétiennes du conflit palestino-israélien (I)". Voir aussi larticle de Conger, cité dans la note 1, ci-dessus. Rappelons quen son temps, lEglise anglicane avait failli adopter la même mesure ; ce qui avait inspiré au Centre Simon Wiesenthal un pamphlet retentissant, dont la lecture est instructive. Voir, sur notre site, «Retirez les fonds investis en Israël» = «Kaufen nicht bei Juden». Voir aussi "Campagne de boycott des investissements en Israël".
(4) Il faut savoir que le site Bearing-Witness Divestment and the Presbyterian Church, évoqué ci-dessus (note 2), est animé par le Presbytérien, Will Spotts (voir ses articles), conjointement avec Jon Haber, qui, lui, est Juif (voir ses articles). A cet égard, il est intéressant de lire leur commune déclaration dintention, intitulée humoristiquement : "Ce que nous ne sommes pas" : "Ce site résulte dune collaboration entre deux auteurs, lun, chrétien, et lautre, Juif, qui se sont connus sur Internet et se sont découvert un intérêt commun pour la formation des gens de bonne volonté au problème litigieux de la cessation des investissements dans lEtat dIsraël. Aucun dentre nous ne représente quelque organisation officielle que ce soit, ni ne se fait lavocat dune doctrine officielle, dun mouvement religieux ou politique spécifique, ni dun point de vue particulier concernant le processus de paix au Moyen-Orient. Nous souhaitons plutôt utiliser lInternet pour faire partager nos écrits, recherches et expériences pour aider une institution importante, lEglise Presbytérienne, à éviter le piège que lui tendent les partisans du désinvestissement."
(5) Concernant ce phénomène alarmant, outre la brève présentation de l'Observatoire des ONG, qui figure sur notre site, il est recommandé de lire larticle séminal de G.M. Steinberg, "Les ONG sont en guerre avec Israël". Voir aussi lexcellente analyse de Jacky Mamou et Bertrand Lebeau, "Amis et ennemis au temps du terrorisme". Et "Israël cible des ONG à la Commission ONU des Droits Humains". La référence obligée est le think tank NGO-Monitor, dont le site est une mine dinformations et danalyses de premier ordre. Précisons également que certaines de ces ONG pro-palestiniennes sont particulièrement virulentes ; cest le cas, en particulier, de Christian Aid (voir, sur notre site : "'Christian Aid': ONG caritative ou pro-palestinienne ?"). Voir aussi : "Les ONG palestiniennes et leurs sites: un défi".
(6) Voici le texte original qui a servi de base à ce pastiche (il figure dans la traduction française mise en ligne sur notre site) :"Puisque les autorités offrent peu de perspectives viables pour lavenir dIsraël et de la Palestine, que le conflit fait monter la tension dans le monde entier et que les différents plans de paix demeurent sans effet, le Comité exécutif du Conseil Mondial des Eglises, réuni du 16 au 19 mai 2006, parvient à une conclusion lucide : la paix doit venir bientôt, sinon elle ne viendra pas avant longtemps pour les deux peuples."
Mis en ligne le 07 juin 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











