Haaretz, 23 février 06
Traduction française : Cécile Pilverdier
Sur le site de Un écho d'Israël
La querelle entre le patriarche démis de ses fonctions, Irénéos et le patriarche nouvellement élu et intronisé, Théophilos se poursuit. Qui des deux patriarches présidera les cérémonies des jours saints et de Pâques ? En attendant que le tribunal de grande instance prenne une décision, la police israélienne essaye de trouver une solution à lamiable.
« La réalité actuelle est inacceptable. Ce qui se passe va contre le bon sens et lindépendance de lEglise. Il sagit dune pression insupportable ». Cest en ces termes que le patriarche grec orthodoxe, Théophilos, décrit la façon dagir de la police de Jérusalem et du gouvernement israélien.
Ce mercredi 22 février, à midi, en vieille ville, a eu lieu la fête de Saint Charalampos, lun des saints les plus populaires de lorthodoxie. Après des essais épuisants de compromis, les officiers de la police de Jérusalem annoncèrent à Théophilos que la police, tenant compte de la demande du gouvernement, avait pris la décision de répartir les cérémonies officielles de la fête, entre lui-même et le patriarche grec qui avait été démis de ses fonctions, Irénéos.
Tout ceci a lieu après ces derniers mois où, dans les rues de la vieille ville, couvents et églises ayant pris parti pour Théophilos ou pour Irénéos se font une guerre dusure : alors que Théophilos se fonde sur la décision des institutions ecclésiales qui ont démis de ses fonctions Irénéos pour l'élire, lui, élu patriarche successeur, Irénéos soutient quIsraël continue de lappuyer et ne reconnaît pas le nouveau patriarche.
Dans trois semaines, deux mois avant les cérémonies de Pâques, les cérémonies les plus grandioses de lannée et les plus importantes pour lEglise avec la participation de milliers de personnes, le tribunal de grande instance et le comité gouvernemental présidé par le ministre chargé des affaires de Jérusalem, Tsahi Hanegbi, devront trancher ce problème. Pendant ce temps, lors de chaque cérémonie les deux partis continuent de se disputer.
Depuis que Théophilos a été élu à la fin de lannée dernière, les deux protagonistes se sont durement battus sur les questions suivantes : qui a le droit de recevoir le courrier postal officiel de linstitution, qui supervise le service des comptes et à qui revient le droit de demander au gouvernement dIsraël des visas pour les prêtres. Sur une brève liste des disputes ayant eu lieu ces dernières semaines il est possible de relever les incidents suivants : disputes de rue, arrêts de prêtres, coups et blessures, etc. Théophilos occupe jusquà présent uniquement la partie nord du patriarcat. Quant à Irénéos qui est sous la surveillance et de la police et de gardes privés, il refuse de quitter la partie sud.
Avant-hier, ce fut le pire moment de la dispute entre les deux camps, lorsque des officiers de haut rang de la police de Jérusalem ont décidé dintervenir et, contrairement à leur habitude, ont annoncé leur décision : Théophilos et ceux qui le soutiennent dirigeront la prière à louverture de la fête, tandis quIrénéos et ses partisans, qui possèdent les clés du couvent, présideront le reste des cérémonies.











