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Christianisme
La fondation de la Custodie de Terre Sainte. I. 1217 à 1342, J.-M. Allafort
On ne s'étonnera pas de ce que nous reproduisions sur notre site ce dossier important. Comme on le verra par la suite, il ne s'agit pas seulement d'un chapitre de l'histoire de la chrétienté en Terre sainte. En effet, sous sa forme actuelle, la Custodie de Terre sainte constitue une entité représentative du Vatican et, ne serait-ce qu'à ce titre, ses activités, ainsi que ses prises de position ont une incidence non négligeable sur la politique de l'Etat d'Israël à Jérusalem et concernant les Lieux saints. D'où l'importance de bien connaitre les origines de cette institution et son rôle, passé et actuel. Il faut donc savoir gré, une fois de plus, au site "Un écho d'Israël" - qui, rappelons-le, est géré et documenté par des chrétiens installés en Israël - de mettre à la disposition des profanes que nous sommes, en ces matières, une documentation simple et claire et puisée aux meilleures sources.(Menahem Macina).
17/02/06
Sur le site de "Un écho dIsraël".
Introduction
Pour qui a lhabitude de venir souvent en Terre Sainte, ou dy vivre, une institution originale attire tout de suite lattention : la Custodie de Terre Sainte, entité juridique franciscaine qui jouit dune très grande autonomie et dont la principale mission est la garde des Lieux Saints au Moyen Orient (Israël, Palestine, Jordanie, Syrie, Egypte, Chypre et Liban). En Terre Sainte, le Custode a rang de diplomate, au même titre quil a rang de Père Abbé (il porte les insignes épiscopaux lors des cérémonies liturgiques). Il nest pas soumis à lautorité du patriarche latin de Jérusalem et répond de ses actes et de ses décisions directement à Rome. Nous sommes en présence de lune des plus anciennes et des plus stables institutions de lEglise en Terre Sainte, dont les racines remontent à lépoque des Croisés et du royaume Latin de Jérusalem.
Dans lhistoire de la Custodie on peut distinguer quatre périodes :
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De 1217 à 1342 : le temps de fondation.
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De 1342 à 1517 : la période dorganisation.
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De 1517 à 1852 : la période de la question des Lieux Saints avec ses querelles.
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De 1882 à nos jours : la période du statu quo.
Dans ce premier article, nous étudierons, brièvement et de façon quelque peu panoramique, la première période, qui est la plus déterminante pour comprendre cette institution.
Situation politique de la Terre Sainte à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle
1. Le phénomène des croisades
II aura fallu attendre la fin du XIe siècle pour que lOccident chrétien sintéresse véritablement à la Terre Sainte, en général, et à Jérusalem, en particulier, avec la première croisade lancée par le Pape Urbain II en 1095, dont larmée officielle ne partira pas avant lété 1096. Cest le début dune épopée controversée, mais qui allait laisser des traces indélébiles dans lOccident chrétien, mais surtout et aussi en Palestine.
Le 15 juin 1098, les Croisés entrent dans la Ville Sainte. Cest lacte de naissance du royaume latin de Jérusalem. Chaque croisade (ou tentative de croisade) qui se reproduira par la suite vivra, à chaque fois, en esprit, cette entrée triomphale dans Jérusalem afin de libérer le tombeau du Christ, suivant le voeu pieux des souverains pontifes.
2. Les Etats latins dOrient
Durant tout le XIIe siècle, on consolidera les croisades par des « croisades de secours ». Les villes de Jaffa, Césarée, St Jean dAcre, Sidon et Beyrouth, qui passent aux mains des Francs, seront fortifiées.
Godefroy de Bouillon meurt, à lâge de 42 ans, et cest son frère, Baudouin, comte dEdesse, qui est couronné à Bethléem, le 25 décembre 1100. II est considéré comme le vrai fondateur du royaume latin. Le hasard a voulu quil fût à Jérusalem lors de la mort de son frère Godefroy. Avec lui commence une dynastie monarchique qui présente des aspects à la fois bien occidentaux et bien originaux. Les monarchies mises en place au Moyen-Orient sont peu stables, les souverains comme les suzerains étant bien souvent monarques dun autre royaume du monde chrétien.
Le royaume latin de Jérusalem voit la création originale dordres religieux militaires, comme les hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem. Les territoires conquis par les Croisés sorganisent en quatre districts :
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la Principauté dEdesse au nord-est qui englobe la région de lEuphrate supérieur ;
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la Principauté dAntioche qui va dAlexandrette à Alep ;
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le comté de Tripoli exclusivement maritime formant un trait dunion entre la précédente principauté et le royaume latin de Jérusalem ;
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le royaume de Jérusalem lui-même.
Le but premier et déclaré de ces principautés était dassurer la sécurité de Jérusalem et de former un véritable rempart autour du royaume latin.
Mais ces états manquèrent de cohésion, parce quils ne reconnurent pas une autorité suprême incontestée.
Les croisés noublièrent pas que les Lieux Saints étaient lâme de leur entreprise, aussi semployèrent-ils à restaurer les monuments ruinés et à bâtir des églises sur les sites évangéliques et bibliques. Lactivité des Croisés dans ce domaine ne fut jamais dépassée par personne. En 1130, la première église latine bâtie à Jérusalem fut celle des chevaliers hospitaliers. On restaura, bien sûr, le Saint Sépulcre, restauration qui ne fut achevée quen 1149. Ainsi, beaucoup de Croisés qui choisirent de demeurer en Terre Sainte se reconvertirent dans la construction, mais aussi dans le commerce, et encore dans lagriculture.
Avec les "militaires" arrive toute une couche de population "civile" qui participera a la vie économique du royaume. On fertilise la vallée de Yizréel, les plaines de Lod, dAyalon, ainsi que les terres situées autour du lac de Tibériade, véritable répétition générale de ce que feront les pionniers juifs, à la fin du XIXe s. et au XXe s.
Sur le plan religieux, le Saint Siège fait rétablir le patriarcat latin, en prenant bien soin auparavant de renvoyer le patriarche orthodoxe, qui se réfugiera à Chypre. On érige également plusieurs évêchés latins dans tout le pays, et la population locale abjure les "hérésies orthodoxes" et devient majoritairement latine.
3. Changements politiques
En septembre 1171, Saladin fait lunité du monde musulman en supprimant le califat du Caire. Baudouin IV et Saladin signent une trêve pour éviter un conflit. Malheureusement, le grand maître des Templiers, Renaud de Châtillon, provoque le chef musulman et la guerre est déclarée. Saladin sempare de Tibériade, puis de Jérusalem, le vendredi 2 octobre 1187. Cest la fin du premier royaume latin de Jérusalem. Les Croisés se replient sur un lambeau de terre le long du littoral de la Palestine ; ils prennent comme capitale St Jean dAcre et vivent dans lespoir de recevoir une aide militaire conséquente pour reconquérir Jérusalem.
En 1198, Innocent III devient Pape et relance la croisade. Cest une mobilisation générale de toute la chrétienté. II lui donne une plus grande portée spirituelle que ses prédécesseurs. Malgré cela ce sera une véritable catastrophe pour lempire de Constantinople. Cette croisade narrivera jamais jusquà Saint Jean dAcre.
En 1216, Honorius III se considère comme légataire de son prédécesseur. II lancera la 5ème croisade ; qui recevra une approbation enthousiaste des 'Etats périphériques' comme la Hongrie, lAutriche, le Danemark et la France.
4. La situation à St Jean dAcre en 1217

Jean de Brienne, roi de Jérusalem
En septembre et octobre 1217, le port de St Jean dAcre est rempli de pèlerins. II en débarque tous les jours. Les gens sont enthousiastes et animés dune fièvre messianique. Quand Jacques de Vitry arrive là, il est très vite amené à prendre la direction du diocèse dAcre. II tient un journal de la croisade, qui se déroulera de 1216 à 1218. "Acre, raconte lévêque atterré, est une espèce de monstre à neuf têtes, occupées a se déchirer" (Joshua Prawer, Histoire du royaume latin de Jérusalem, tome 2, p. 220ss).
A propos des murs, voici ce quil écrit : "Il ny en a pas un sur mille qui respecte les lois du mariage, car ils ne croyaient pas que la fornication fût un péché" ; et encore : "Presque chaque jour, chaque nuit, se commettent des homicides publics ou secrets ; la nuit, des hommes étranglent leurs femmes, les femmes empoisonnent leurs maris avec des venins à la mode antique afin de se marier avec dautres hommes. Le commerce des drogues et des poisons sétend à toute la ville".
Le roi de Jérusalem, replié à St Jean dAcre, est Jean de Brienne. II fut désigné roi par le souverain français Philippe Auguste. Le petit baron sétait, en effet, acquis une réputation de hardi chevalier. II débarqua dans la ville portuaire en septembre 1210. Lorsquil arriva il fut accueilli comme un sauveur, tant par la population franque que par les Grecs et les Juifs, qui venaient à sa rencontre à lembouchure du Naman, en portant avec eux les rouleaux de la Tora. Sa réputation de grande bonté Iavait sans nul doute précédé. II fut couronné en 1212. Sa femme, Marie de Jérusalem, mourut peu après. En 1217, Jean de Brienne était trop pauvre pour être un interlocuteur valable aux yeux des musulmans, outre que, délaissé par la chrétienté, même les ordres militaires, véritables corps autonomes, nétaient plus sous son autorité.
Larrivée des franciscains au Moyen Orient
1. Création dune province franciscaine au Moyen-Orient.
Un an après léchec de la 4ème croisade, un jeune homme dAssise, âgé de 24 ans, abandonne sa vie mondaine pour épouser la pauvreté du Christ.
En 1209 il demande au Pape Innocent III dapprouver la règle quil vient décrire. François et ses compagnons brûlent dun zèle ardent pour lannonce de lEvangile sous quelques cieux que ce soit. II écrira en 1220 : "Si quelque frère, poussé par linspiration du Saint Esprit, veut aller chez les musulmans, il peut y aller pourvu quil ait la permission de son ministre et serviteur. Quant aux ministres, quils accordent cette permission et ne la refusent pas à ceux qui paraissent posséder des aptitudes pour ce genre de mission."
Les archives franciscaines disent que le premier religieux à aborder la Terre Sainte fut le frère Egide, ami et confident de François. Les chroniques saccordent sur la date de 1215. Le 14 mai 1217, lors du chapitre général de la Pentecôte, à la Portioncule, François et ses frères adoptent un régime de provinces pour gouverner le nouvel ordre naissant, déjà très florissant, avec à leur tête un ministre provincial.
On décide de la création de 11 provinces avec, en tête, celle dite de "Syrie". Suivant les documents historiques les appellations de cette province sont variées : province doutre-mer, province de Terre Sainte, province de Terre promise, province de Romagne, province de Grèce. Elle comprend, en tout cas : Constantinople, les îles grecques, lAsie mineure, la Syrie, la Palestine, Chypre, lEgypte et tout le reste du Levant.
Elle est confiée à Elie dAssise, dit de Cortone. Le nouveau ministre provincial prend avec lui une poignée de frères et vient installer son siège de ministre de lOrient à St Jean dAcre, dès 1217, après le chapitre général de la Pentecôte.
Dès le début, la présence franciscaine est remarquée par les princes, les seigneurs des ordres militaires et par Jean de Brienne lui-même, qui se dit frappé par leur pauvreté et leur simplicité. Durant trois ans, Frère Elie parcourra son immense province. Les chroniqueurs ne sont pas daccord sur la date de fondation de la première équipe franciscaine. La plupart pensent que la fondation de St Jean dAcre na été érigée quen 1219. Les archives franciscaines parlent de la création dun hospice en plein coeur de la ville portuaire. La seconde fondation franciscaine au Moyen-Orient, qui porte le nom de Damiette, aura également lieu en 1219.
2. St François au Moyen-Orient
Après le chapitre général de Pentecôte, le 26 mai 1219, François dAssise et douze de ses compagnons partent pour lOrient. Ils se dirigent vers lEgypte, qui est considérée par les stratèges de lépoque comme la porte de Jérusalem. Ils arrivent à Damiette, ville immense de 70.000 habitants, qui est entourée de remparts et possède 110 tours. Ce nest pas le lieu, ici, de parler de cet épisode si célèbre de la vie du saint dAssise.
La chronique nous raconte quil impressionna le sultan quil voulait convertir. Ce qui nous intéresse pour notre propos est de savoir si François dAssise est venu effectivement en Terre Sainte. Les historiens sont partagés sur cette question. Après son passage à Damiette, on sait quil effectua un séjour en Syrie, entre février et juillet 1220. Cest durant cette période quon place son voyage sur les Lieux Saints. Nous possédons trois témoignages sur son éventuelle visite en Palestine.
Le premier est un codex du Vatican, publié en 1905 sous le titre de "Legenda antica" : le sultan décréterait que François et tous ses frères pourraient aller au Sépulcre sans payer le tribut. Le second nous vient dAngelo Clareno, franciscain qui vécut avec Fr. Léon, compagnon de Saint François. Voici ce quil écrit, en 1260 :"Le sultan ordonna que François et tous ses frères jouiraient de la faculté daller au Sépulcre librement et sans payer la taxe." Enfin, le troisième témoignage, qui date de la deuxième moitié du XIIIe siècle se trouve dans les Actus [1], il mentionne lui aussi un droit de passage concédé à François et à ses frères lors de leur séjour en terre musulmane.
Comme on peut le constater, on ne nous dit jamais que François a franchi la porte du St Sépulcre ou de léglise de la Nativité. Ce qui est le plus étonnant, cest quune telle visite ne soit jamais mentionnée par François lui-même, ne serait-ce que de manière allusive. Benoît XV a pourtant écrit, le 4 octobre 1918, dans sa lettre apostolique Inclytum, sur le Pauvre dAssise : "que François dAssise soit allé en Palestine et y ait visité le Sépulcre de Notre Seigneur, des arguments certains et clairs le démontrent, au point quil nest pas permis de le mettre en doute."
3. Les premières fondations
On ne connaît pas les détails des premières initiatives du premier ministre provincial. Par contre, nous en savons un peu plus sur son successeur, Fr. Benoît dArezzo, nommé en 1221. Comme son prédécesseur, il sinstalle à St Jean dAcre. En 1223, il établit une fondation à Damas, et, en 1226, il en fonde une autre à Nicosie, sur lîle de Chypre, qui était alors incluse dans le royaume latin dOrient.
Les Frères mineurs se consacrent essentiellement aux pauvres et aux malades, mais deviennent très vite conseillers des seigneurs. Le roi Jean de Brienne, fait souvent venir Benoît dArezzo - daucuns pensent, dailleurs, quil fut son confesseur. Le roi a surtout besoin dun soutien spirituel. En 1223, il sembarque pour les capitales de lEurope, afin de demander aide et assistance. Jean de Brienne, dont la misère était aussi illustre que celle de son royaume, fut reçu malgré tout avec beaucoup dhonneurs. Sans doute lOccident se sentait-il coupable. II marie sa fille unique, Isabelle, à Frédéric II, qui, très vite, revendiquera le royaume latin doutre-mer. Jean de Brienne sinclinera.
Le 16 juillet 1228, dans une circulaire écrite de St Jean dAcre, Gérald de Lausanne, patriarche latin de Jérusalem, intime à tous les diocèses de Terre Sainte lordre papal de célébrer, le 4 octobre, la fête de Saint François, suite à la canonisation du nouveau saint par le Pape Grégoire IX.
Depuis le 7 septembre 1228, Frédéric II est en Palestine. Le 18 février 1229, il conclut un traité avec Melek-El-Kamel. Il sagit dune véritable capitulation de lEmpereur. Certes, le sultan lui cède Jérusalem, Bethléem et Nazareth, ainsi que les routes qui les relient, pour une durée de 10 ans, mais cest pour reprendre leurs possessions que le patriarche, le clergé et les ordres militaires peuvent retourner dans la ville sainte. Frédéric II garantit au sultan Melek-El-Kamel quil ny aura aucune attaque de lOccident contre lEgypte.
La population ne sait pas que Frédéric II a été excommunié ; ce sont deux franciscains qui sont chargés de lannoncer, alors quil vient de se faire couronner roi au Saint Sépulcre. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Fulminant de rage, le roi retourne à St Jean dAcre et décharge sa colère contre les franciscains et les dominicains. II décide de fermer lhospice des frères mineurs.
Mais le nouveau souverain est totalement désavoué par les seigneurs et par la population ; il quitte Acre, presque incognito, un matin de mai 1229. Une nouvelle période souvre pour le royaume latin dOrient, qui devient une oligarchie, tout en conservant un monarque à sa tête. Lhospice franciscain est rouvert, et les frères mineurs vont connaître une expansion.
4. La bulle de Grégoire IX
Il est établi avec certitude quen 1230, les frères mineurs constituent une véritable force en Terre Sainte. Le 1er février 1230, le Pape Grégoire IX publie le document qui constitue, pour les franciscains, la base légale et juridique de leur établissement à Jérusalem et en Terre Sainte :
"Grégoire, Evêque, serviteur de Dieu, aux vénérables frères, les patriarches dAntioche et de Jérusalem, légats du Siège Apostolique, à tous les archevêques et évêques, à nos fils bien-aimés les abbés, les prieurs, les supérieurs, les doyens, les archidiacres et les autres prélats de lEglise à qui nos lettres parviendront, salut et bénédiction apostolique.
Si vous considérez attentivement la religion de lordre des frères mineurs, vous pourrez connaître parfaitement quils ne désirent pas les biens temporels, puisque, depuis leurs débuts, ils ont fait spécialement profession de pauvreté. Aussi, comme il vous semblera opportun, vous leur accorderez votre faveur dautant plus facilement que lon suppose moins chez eux la recherche ou la poursuite de leur avantage temporel. Cest pourquoi nous vous avertissons tous et nous vous exhortons soigneusement en vous commandant ceci par le précepte strict de ces lettres apostoliques : Si des fidèles, ou eux-mêmes pour leurs besoins, veulent construire des oratoires dans vos paroisses, comme ils cherchent le salut de nos âmes et se dépensent à leurs intérêts, favorisez bienveillamment leur projet et permettez volontiers aux frères aptes qui ont lautorisation de leur ministre provincial, de prêcher dans vos paroisses la Parole de Dieu.
Nous voulons cependant quils ne perçoivent pas les dîmes, les prémices, les offrandes, ni quils donnent la sépulture ecclésiastique, si ce nest aux frères du dit Ordre. Puissiez-vous accomplir notre commandement et notre précepte, de telle sorte que vous vous montriez des zélateurs de la religion, que vous méritiez notre faveur et notre bienveillance et que, de notre part, nous ne soyons pas obligé de pourvoir à ces besoins.
Donné à la paroisse, aux calendes de février, la 3ème année de notre pontificat (1er février 1230)."
Le but de cette bulle est évidemment très clair : le Pape veut assurer aux franciscains les faveurs du clergé local. Cet acte suppose quun nombre important de frères mineurs vivent en Terre Sainte et quils ont une réelle activité missionnaire.
Jean-Marie Allafort
© Un écho dIsraël
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Note de la Rédaction d'upjf.org
[1] Actus beati Francisci et sociorum eius, édit. Bigaroni & G. Boccali, Assisi, Edizioni Porziuncola, 1988.
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Mis en ligne le 17 février 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











