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Nouvel essai de Millière "Qui a peur de l'Islam !"
Update 12/03/04Guy Millière *, Qui a peur de l'islam ! La démocratie est-elle soluble dans l'islam ?
Editions Michalon. 140 pages 12 €
ISBN 2-84186-227-5

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Le nouveau livre choc de Guy Milliére
- Islamophobie. Le mot est apparu au mois d'août 2003.
- Il s'est depuis répandu comme une traînée de poudre et a fini sur les lèvres du Premier ministre.
- Islamophobie. Une nouvelle forme de racisme.
- A-t-on le droit de critiquer l'islam aujourd'hui sans se faire taxer d'islamophobe ?
- Est-il permis de pratiquer l'irrespect, d'aborder la question d'un point de vue rationnel et agnostique ?
* Guy Millière est philosophe, économiste, professeur d'histoire des idées et des cultures a Paris VIII.
Il participe aux travaux de plusieurs think tanks, dont l'American Enterprise Institute et la Hoover Institution. Spécialiste des Etats-Unis, ou il enseigne également.
Mis en ligne le 06 mars 2004 sur le site www.upjf.org
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Le livre
Une offensive planétaire de l’islam militant est en marche. En France même, les propos de certains représentants de la communauté musulmane peuvent inquiéter. Les problèmes posés par le port du voile à l’école reviennent sans cesse, des jeunes femmes, face à une oppression qui monte dans les banlieues se sont revendiquées "ni putes ni soumises".
Par cet essai - parfois féroce -, qui tranche nettement avec ce qui se publie en général sur le sujet, Guy Millière dit que les façons utilisées jusqu’ici pour aborder la situation sont trop biaisées, trop timides, trop frileuses pour que des solutions soient trouvées. Le voile, ce doit être dit et redit haut et fort, n’est pas un "signe religieux": c’est l’emblème d’une coercition, d’une infériorité des femmes et d’un islam qui se veut à nouveau conquérant. L’oppression qui monte dans les banlieues est un autre emblème de cette coercition et de cette conquête, qui a ses réseaux et ses soldats.
Quiconque veut agir ne doit pas baisser les yeux ni céder à l’intimidation, mais poser nettement et sans fausse politesse des questions à l’islam et des questions sur l’islam.
- Pourquoi la porte de l’interprétation s’est-elle fermée en terre d’islam depuis huit siècles environ?
- Pourquoi le monde arabo-musulman est-il dans une situation de blocage où ne surnagent que peu d’indices de démocratisation et de développement humain?
- Pourquoi, plutôt que de s’interroger eux-mêmes, nombre de dignitaires musulmans préfèrent-ils la stratégie du bouc-émissaire, et reportent-ils la responsabilité de la triste condition du monde musulman aujourd’hui sur les autres, Juifs, Américains, Occidentaux?
- Pourquoi toute tentative de poser un oeil froid sur l’islam débouche-t-elle sur des invectives et sur des accusations calomnieuses plutôt que sur un débat rationnel?
L’auteur
Guy Millière, philosophe, économiste professeur d’histoire des idées et des cultures à Paris VIII, traducteur, a déjà publié plusieurs livres, dont Ce que veut Bush (Editions La Martinière).
Editions Michalon – 35 rue Berger – 75001 Paris
Tél. : 01 42 33 50 50 – Fax : 01 42 33 50 55
sophie.mairot@michalon.fr
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EXTRAITS
Huit siècles
Quelles que soient les allégeances, essayez de dire à un musulman que, peut-être, le Coran n’est pas la parole de Dieu, essayez de lui dire qu’il n’est pas évident, si même Dieu existe, qu’il parle l’arabe littéraire sans le moindre accent étranger ou le moindre défaut de syntaxe. Essayez même simplement de lui rappeler que le Coran a été mis sous forme écrite trois décennies après la mort du Prophète et qu’après tout, peut-être, il a été écrit par les hommes. Laissez mijoter trois minutes. Ecoutez monter les cris gutturaux.
Quelles que soient les acceptions, essayez de dire à un musulman que les hadith sont divers, parfois très contradictoires et que, comme le Coran, ils sont sujets à caution et devraient être examinés d’un oeil froid, lucide, agnostique, sceptique, ironique peut-être. Inutile de laisser mijoter. Si vous courez assez vite, vous n’entendrez que les cris gutturaux, mais pas les imprécations ou les insultes...
La vérité oblige à dire que, depuis huit siècles au moins, on répète, en terre d’islam, les mêmes textes, les mêmes interprétations, à peu de différences et de nuances près. La vérité oblige à dire que la raison et la création ont été laissées dans le placard fermé à clé où on range les accessoires inutiles et dangereux, et qu’ils y gisent en compagnie de l’esprit d’initiative et de l’individualité. Pour faire bonne mesure, ajoutez l’esprit de responsabilité, avant de fermer la porte à double ou à triple tour.
Huit siècles, c’est long
Huit siècles, quand cela vous arrive en plein visage, cela vous confronte à des décisions que vous prenez nécessairement à la hâte et le déséquilibre. Nationalisme, république, retour aux sources ?...
Huit siècles de retard, si on les voit vraiment comme des siècles de retard, voire des siècles de déclin, c’est angoissant. On peut, en conséquence, essayer de les voir comme autre chose que des siècles de retard, voire des siècles de déclin...
On peut parler de siècles de conspiration contre l’islam, dont celui-ci serait en passe de se délivrer, de siècles d’une oppression qui se briserait enfin...
On a la fierté. On l’a eue tout au long du temps. On n’a pas de leçons à prendre ailleurs! On a tout, tout, vous dis-je, puisqu’on dispose de l’ultime vérité révélée.
L’islam est pluriel, oui...
Il ne se résume pas à l’islamisme, non...
Il y a les islams traditionnels, mystiques, en retrait du monde...
Il y a, balbutiantes, très minoritaires, quelques voix qui parlent de modernité nécessaire. Avec beaucoup de prudence. Un mauvais coup est si vite arrivé.
Il y a le réveil brutal de l’islam qui prend la forme de l’islamisme, ou islam militant (1).
Tous les musulmans ne sont pas islamistes, non.
Mais, comment le nier, comment ne pas le dire, comment ne pas reconnaître cette évidence : tous les islamistes sont musulmans...
Quasiment tous les terroristes
Il y a des intégristes ou des fondamentalistes dans toutes les religions, mais, comment ne pas le dire encore, seules les franges militantes de l’islam peuvent en venir à une violence qui prend la forme d’attentats-suicide.
Quasiment tous les terroristes qui agissent au nom d’une religion agissent au nom de l’islam.
Nous sommes dans une ère de relativisme, où une mode cloacale consiste à dire que tout s’équivaut, je sais... Mais qui pourrait oser sérieusement comparer les débordements très regrettables, et parfois meurtriers, de chrétiens-ultras luttant contre l’avortement au fait de faire exploser avec soi deux cent kilos de TNT devant une synagogue pleine d’enfants. Allons...
Tous les islamistes sont musulmans, et c’est, je l’affirme, difficile, très difficile pour un musulman de dire à un autre musulman qu’il se trompe, voire qu’il se conduit comme une gouape ou un criminel. C’est difficile, très difficile, pour ne pas dire impossible, d’exclure de la communauté des croyants quelqu’un qui s’en réclame et qui se dit pieux. Devant l’étranger, l’infidèle, on peut dire que ceux qui font cela ne sont pas des musulmans...
Takyia, disait-on autrefois chez les chiites : ne pas clamer la vérité devant l’ennemi.
Mentir éventuellement, si c’est pour Dieu.
Devant l’étranger, l’infidèle, on peut dire que ceux qui font cela "ne sont pas des musulmans", non. Et on ne se prive pas de le faire... On peut même dire, comme l’affirment, la main sur le coeur, tant de chefs d’Etat occidentaux, que l’islam est une “religion de paix”.
Certains musulmans le croient, sincèrement, je sais...
Certains musulmans écoutent des imams, rares, qui sont de vrais modérés, et qui font des efforts admirables pour disséminer la modération. J’en connais.
Certains musulmans, qui n’ont jamais lu le Livre, sont authentiquement stupéfaits aussi, cloués sur place quand vous leur citez certains versets du Coran, et ils vous rétorquent en général que votre traduction n’est pas la bonne (2).
C’est si difficile de traduire le Coran, dit la rumeur. Et d’ailleurs, peut-on traduire le Coran.... Dieu l’a dicté en arabe, dit le Coran lui-même, et traduire, n’est-ce pas trahir déjà?
C’est ce qui se murmure souvent alentour des mosquées....
D’autres musulmans, eux, lisent le Coran, dans la version originale des années 650.
Certains d’entre ces musulmans peuvent, avec des efforts, essayer de prendre leur distance avec le texte. Essayer seulement... Essayer… s’ils sont en Occident...
Peuvent-ils essayer ailleurs qu’en Occident?...
Posez-vous la question.
Répondez-y en regardant le monde.
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Proche-Orient
Je réclame, face à l’islam tel qu’il est, le droit de dire qu’au Proche-Orient, j’insiste (et je n’ai pas fini d’insister) : les juifs ont le droit plein et entier de retrouver un Etat où ils seront souverains, en paix, à l’abri de toute forme de persécution. Et je réclame le droit de dire que c’est une question de principe... Le vingtième siècle a vu tant de mouvements de libération nationale et en a approuvé tellement, qu’il semble aisé de poser la question : que déduire du fait que le mouvement de libération nationale juive soit, peu ou prou, strictement le seul à se trouver raturé, défiguré, sali, calomnié, soumis à l’opprobre et à la vindicte? Que déduire, surtout, lorsque tout cela survient après une tentative de génocide si monstrueuse, que nul aujourd’hui n’ose la nommer par un autre mot que shoah, et après des pogroms multiples, partout, y compris, souvent, en territoire arabo-musulman...
Je réclame, face à l’islam tel qu’il est, le droit de dire que si les populations arabes et musulmanes du Proche-Orient étaient à même de vouloir seulement, simplement la paix et la prospérité, elles disposeraient de l’une et de l’autre depuis longtemps.
Je réclame, face à l’islam tel qu’il est, le droit de dire que si les populations arabes et musulmanes du Proche-Orient menaient leur existence sans prédicateurs religieux incitatifs, sans endoctrinement, sans falsifications, sans dirigeants dépourvus de tout scrupule et imprégnés d’islam, elles vivraient en paix et dans la prospérité...
Je réclame, face à l’islam tel qu’il est, le droit de dire que ce qui fait problème au Proche-Orient n’est pas que "des juifs ont expulsé des Arabes" : quiconque connaît l’histoire sait qu’il n’y a pas eu d’expulsion de quiconque par quiconque, mais une guerre voulue par les pays arabo-musulmans et les conséquences de la guerre (3).
Je réclame le droit de dire que le problème n’est pas qu’au Proche-Orient, des juifs aient mis en culture des terres qui ne leur appartenaient pas : quiconque connaît l’histoire sait que les achats de terre se sont faits de façon contractuelle et que les terres désertiques vendues n’étaient pas mises en culture avant que les juifs ne les cultivent... Des juifs, par contre, peuvent-ils avoir, au Proche-Orient islamique et selon les termes de l’islam, le droit d’être souverains sur des terres qu’ils possèdent ?...
Je réclame le droit de dire que le problème n’est pas qu’un "peuple palestinien souffre" : le problème, j’ose l’affirmer, est que le peuple palestinien a été inventé, au milieu des années soixante. Et là, pas besoin même de connaître l’histoire pour le savoir : il suffit de feuilleter les journaux des années cinquante. A l’époque, la Cisjordanie était une part de la Jordanie, Gaza une part de l’Egypte, les pays arabo-musulmans de la région étaient en guerre contre Israël non pour "libérer le peuple palestinien" (on n’y avait pas encore pensé) mais pour jeter les juifs à la mer et effacer Israël. La tentative d’une seconde shoah, en quelque sorte.... Ce n’est que plus tard, après avoir oscillé de défaites honteuses en trépignements haineux, que certains dirigeants ont eu l’idée d’essayer autre chose. Ils ont inventé l’Organisation de Libération de la Palestine et le "peuple palestinien"... Les immigrés arabes de fraîche date qui avaient rejoint le territoire d’Israël pour occuper les nouveaux emplois créés par des entrepreneurs juifs, et qui, en 1947-48, étaient partis, à la demande des dirigeants musulmans, et ne sont pas revenus (les juifs avaient remporté la victoire : quel dommage!) ces anciens immigrants ont été soigneusement maintenus dans des camps en vue de constituer une masse de désespérés à manoeuvrer et à utiliser.
On a dit, un jour, quinze ou seize ans après, à cette masse ce qu’elle était : le peuple palestinien. On le lui a tellement répété qu’elle a fini par le penser. Que nul ne la condamne, ce n’est pas sa faute.
Je réclame le droit de dire que c’est, par contre, la faute des gouvernements des pays arabo-musulmans de la région. Pas vraiment des démocrates, c’est vraiment le moins qu’on puisse dire! Des gens prêts à massacrer leur propre population à la mitrailleuse, comme Hafez, père de Bachar al Assad l’a fait dans la ville de Hama, en 1982... Vingt mille morts, au bas mot... Pourquoi voudriez-vous qu’ils aient eu du respect pour ces Arabes qu’ils ont trompés, dupés, ruinés, condamnés à croupir si longtemps?
Je réclame le droit de dire qu’il y a derrière tout cela une cause plus fondamentale et plus essentielle : dar el islam. La terre de l’islam... Et il faut le dire...
Compassion
Je réclame le droit de dire que j’ai beaucoup de compassion pour les Arabes qui vivent en Cisjordanie et à Gaza. Mais je réclame le droit de dire aussi que leurs vrais bourreaux, leurs seuls bourreaux sont les monarques et les dictateurs qui se sont succédé à la tête de la Syrie, de l’Irak, et, longtemps, de la Jordanie et de l’Egypte...
Les Arabes de Cisjordanie et de Gaza ont été trompés par ceux qui leur ont dit de faire place nette pour quelques jours seulement. Vous savez : le temps qu’on extermine quelques dizaines de milliers de juifs... Ils ont été ensuite maintenus dans des conditions de vie ignobles par ceux qui leur avaient dit de faire place nette. Après les avoir trompés et maintenus dans le ciment mal séché et la pourriture, pendant des années, on leur a donné le rôle de leur vie. Le peuple palestinien! On a tout fait ensuite pour que soit créé un Etat palestinien à côté d’Israël, en attendant mieux, sans aucun doute... Quand l’embryon d’Etat a été créé, après les accords d’Oslo, il a été décidé que le chef serait le chef de l’OLP, bien sûr. Arafat a pris le relais : le peuple palestinien n’a plus été opprimé par les dictateurs du Proche-Orient. Il a pu disposer de son propre oppresseur, et l’oppresseur a disposé de moyens de propagande dignes d’un Goebbels des temps modernes (4)... Laissez des gens crever de faim quelques années, inculquez-leur la haine, la rage et l’esprit de djihad à jet continu. Attendez le résultat.
Oslo fut un beau rêve, disent certains. Oslo aurait pu fonctionner si la décence avait été installée en Cisjordanie et à Gaza, la décence et la désintoxication mentale. Compter sur le charmant monsieur Arafat, l’inventeur du terrorisme moderne à haut rendement mortifère pour instituer la décence quelque part, équivaut à compter sur un pyromane récidiviste, maniaque et obsessionnel pour devenir un efficace chef des pompiers… (5)
Je réclame le droit de dire que ce que je viens de décrire, chacun le sait, mais personne n’ose le dire. Je réclame même le droit de dire que ce que personne n’ose dire s’oublie quelquefois et se trouve aisément recouvert par l’amnésie... Pourquoi?
Au coeur noir des mensonges
Parce que les protagonistes principaux sont des Juifs et des Arabes ? Peut-être. Parce que divers gouvernements occidentaux se sont compromis avec des gens infréquentables et se conduisent comme de faux innocents aux poches vraiment pleines ? Sans doute aussi.
Parce que l’islam est concerné ? Bien sûr...
Parce que l’islam est concerné!
Parce qu’au coeur noir de tous les mensonges, de toutes les falsifications qui courent concernant le Proche-Orient, il y a l’islam et sa vision du monde.
Parce que l’islam ne connaît que deux sortes de territoires sur la terre : dar el islam, territoire déjà conquis par l’islam et dar el harb, territoire de la guerre, pas encore conquis par l’islam. Et il faut le dire.
Tout le Proche-Orient est devenu un jour, autrefois, dar el islam, et doit, par conséquent, le rester pour toujours. Que des Juifs prétendent se gouverner eux-mêmes sur une terre de dar el islam est, en conséquence, intolérable pour l’islam tel qu’il est...
Que l’histoire humaine puisse connaître des fluctuations est impensable pour l’islam tel qu’il est. Qu’on puisse coexister pacifiquement avec d’autres gens tant qu’une terre du dar el islam n’est pas musulmane n’est pas concevable pour l’islam tel qu’il est.
La paix et la prospérité ne pourront venir au Proche-Orient, selon l’islam tel qu’il est, qu’une fois Israël détruit.
Une psychose collective s’est installée dès que l’idée que les Juifs ne seraient pas soumis a commencé à affleurer. Aucune terre du dar el islam ne saurait appartenir à des Juifs...
Les populations arabes locales, dans ce jeu, ne sont que des pions, d’éventuels martyrs. Les dirigeants arabes de la région, en faisant la guerre et en usant de divers stratagèmes, se sont conduits comme de bons militants de l’islam tel qu’il est... Certains se disent "laïques", je sais... Vous voulez rire, vraisemblablement... Dans la famille laïque, je demande l’oncle Adolf et le grand mufti, dignitaire principal de l’islam au Proche-Orient, en 1930-40...
Au coeur noir de tous les mensonges de toutes les falsifications, il y a l’islam, le dar el islam, la umma, et que sais-je encore? Et chacun le sait dans le monde musulman.
Chacun le sait en Europe aussi.
Mais personne ne le dit.
Parce qu’il y a le projet insensé d’apaiser l’islam tel qu’il est. Parce qu’il y a le projet de se montrer conciliants, bienveillants, compréhensifs...
Parce que certains se livrent à des manoeuvres assez glauques et suspectes aussi...
Soupçons
Je soupçonne - je l’affirme et je signe - certains, en France, d’adhérer à des falsifications de l’histoire comme leurs ancêtres, autrefois, adhéraient à ce qu’on écrivait dans Je suis partout [journal collaborationniste sous Vichy. Ndlr d’upjf.org].
J’en soupçonne d’autres de défendre la cause palestinienne parce qu’ils n’aiment rien tant que s’en prendre aux pays démocratiques, parce qu’ils adorent la violence et le totalitarisme, parce qu’ils sont orphelins des prolétaires d’autrefois, et que le "Palestinien" peut constituer, à leurs yeux hagards, un support de substitution.
Je dis que les premiers rêvent sans doute secrètement de voir d’autres (pourquoi pas des Arabes musulmans ? des Arabes musulmans n’ont-ils pas été les alliés du grand Reich?) finir le travail commencé entre Drancy et Auschwitz.
Et je dis que les seconds adorent conduire les gens vers des camps de concentration. Regardez-les : ils ont adoré Lénine - et quelquefois Joseph Staline -, leur amour s’est ensuite porté sur Castro, sur Mao, sur Ho Chi Minh. Leurs victoires s’appellent goulag, laogai, exode des boat people, génocide cambodgien. Que de prouesses! Pourquoi s’arrêteraient-il en si bon chemin ? Surtout que, là, ils peuvent faire d’une pierre deux coups : détruire Israël et détruire les Arabes de Cisjordanie et de Gaza. Pourquoi s’arrêteraient-ils dès lors que, faute de marxisme-léninisme, l’islam militant peut servir d’idéologie totalitaire de rechange ?....Militants de l’islam et marxistes-léninistes défroqués ont de toutes façons quelque chose d’essentiel en commun : l’aversion pour la civilisation occidentale...
Il y a, en supplément, beaucoup de lâcheté, d’accoutumance au pire, de réflexes quasi-pavloviens...
Les Juifs, sur la planète, restent ceux qui dérangent. En Europe en particulier… (6)
Le projet insensé d’apaiser l’islam tel qu’il est, de se montrer conciliants, bienveillants, compréhensifs, de se bercer d’illusions, disais-je...
Tout un air vicié du temps veut que le plus pauvre soit aussi la victime, que tous ceux qui énoncent des griefs contre l’Occident aient presque obligatoirement raison, qu’aucun problème ne puisse se régler sans une bonne dose d’amour universel...
L’islam tel qu’il est peut-il fondre (et se fondre) dans l’amour universel ? Allons...
Au nom de l’islam
C’est au nom de l’islam, que des pogroms antijuifs ont été perpétrés, au Proche-Orient, dès les années trente du Vingtième siècle. C’est au nom de l’islam aussi, que l’autorité suprême musulmane à Jérusalem, lors de la Seconde Guerre Mondiale, s’était trouvée confiée à un antisémite - admirateur d’Hitler au point de se rendre à Berlin et de pratiquer l’incitation à la solution finale. C’est au nom de l’islam encore, que cet antisémite nazi, Hajj Ali Al Husseini a pu revenir en terre d’islam pour lancer des appels à la guerre sainte contre les Juifs lors de l’immédiat après-guerre. C’est au nom de l’islam, toujours, qu’il a été décrété qu’il fallait rejeter les juifs à la mer en 1947-48 (7). Tous les Juifs.
C’est, je le dis, parce qu’on ne connaissait pas bien l’islam, qu’il a pu être décidé, à l’ONU, de créer deux Etats sur le territoire du mandat palestinien, un Etat juif et un Etat arabe. Car, oui, un Etat arabe de Palestine aurait pu être créé voici cinquante-cinq ans. Il aurait pu prospérer pacifiquement au côté de son voisin. Il aurait pu y avoir des accords de libre-échange et de libre circulation entre les deux Etats. Le rêve s’est fracassé contre la réalité. Certains vivaient au Vingtième siècle, d’autres pas. Certains avaient une conception du Droit et de la décence semblable à celle qu’on rencontre en Occident, d’autres pas...
C’est à cause de l’islam, je le dis, que presque rien n’a changé depuis. Si ce n’est en pire. Ceux qui ne vivaient pas au vingtième siècle parce qu’ils étaient soumis à l’islam tel qu’il est ont reculé encore de quelques siècles. Ils sont plus misérables, plus humiliés, plus emplis de haine, de fiel, d’idées de meurtres...
Le monde, pour l’islam, aujourd’hui, reste désespérément divisé en les mêmes deux grandes zones, dar el islam, et dar el harb. Et il faut le dire.
Hudna, la trève, on peut concevoir une trève avec l’ennemi, mais ce sera juste une trève avant de repartir au combat jusqu’à la victoire finale.
Idée suprême
Au nom de l’islam tel qu’il est aujourd’hui, il est strictement impossible pour des musulmans, sauf mensonge provisoire ou exception, de s’accommoder de l’existence de l’Etat d’Israël. Et Israël est condamné à subir l’exécration sans fin des musulmans. Et ce doit être dit.
Au nom de l’islam tel qu’il est aujourd’hui, les musulmans doivent préférer la misère et le martyre contre Israël plutôt que la prospérité au côté d’Israël. Et ce doit être dit (8).
L’idée suprême de division du monde entre dar el islam et dar el harb ne s’efface pas et n’est pas effacée...
Que cette idée subsiste en terre d’islam est une chose. Triste en soi.
Que certains en Europe s’en accommodent au nom de la compréhension et de l’apaisement est tout autre chose. Et cette "tout autre chose" est dangereuse, servile, suicidaire, je le dis...
L’islam pourra me sembler avoir changé quand des musulmans, par milliers, accepteront l’idée que des terres, autrefois conquises par le sabre, puissent, au fil de l’histoire se trouver peuplées et gouvernées par des non-Musulmans, fussent-ils juifs. L’islam pourra me sembler avoir changé lorsqu’il s’y posera des questions énoncées en termes de droits de l’homme, de démocratie, de développement, et non plus en termes de dar el islam. L’islam pourra me sembler avoir changé quand des Juifs et des Chrétiens pourront vivre dans des pays musulmans en jouissant de la pleine égalité avec des Musulmans, participer à la vie publique, construire des synagogues, des temples, des églises à côté des mosquées. L’islam pourra me sembler avoir changé quand des Juifs pourront, s’ils le veulent et sans risquer leur vie, cultiver la terre en Cisjordanie, et quand des Musulmans nombreux trouveront suspecte, très suspecte, la volonté des dirigeants palestiniens de voir une Cisjordanie ethniquement pure, judenrein [épurée de Juifs. Ndlr d’upjf.org]...
L’islam pourra me sembler avoir changé quand il se trouvera reconduit strictement à sa place de religion, quand des musulmans par milliers défendront Israël parce que c’est une démocratie, condamneront les dictatures arabes parce que ce sont des dictatures, condamneront le terrorisme islamique parce que c’est une abjection, et revendiqueront la liberté pour tous les peuples, et en particulier pour les peuples arabes du Proche-Orient, qui doivent être délivrés du fanatisme et du mensonge pour être ensuite délivrés plus largement...
L’islam pourra me sembler avoir changé quand des musulmans se lèveront pour exiger que les dirigeants palestiniens répondent de leurs crimes vis-à-vis des peuples arabes, tous les peuples arabes (sans les dirigeants palestiniens, le terrorisme arabe serait-il devenu ce qu’il est devenu ?)...
Pour le moment, l’islam ne me semble pas avoir changé. Le dar el islam, et une forme de réflexe tribal liant aveuglément à la umma ne s’effacent pas du tout...
Qu’on me prouve le contraire!
Pour le moment, nous ne faisons rien, nous, pour que dar el islam et réflexe tribal s’effacent, ni là bas, ni ici, chez les musulmans de France et d’Europe...
Je n’ai pas peur
Il a fallu des siècles au monde occidental pour que la liberté de parole existe, pour que le droit des êtres humains s’installe, pour que la démocratie soit considérée comme une valeur essentielle.
Il me parait inconcevable que nous puissions, peu à peu, commencer à renoncer à tout cela.
Et pourtant, nous y renonçons concrètement. Un peu plus chaque jour...
Nous y avons déjà renoncé selon de multiples apparences.
Nous rasons les murs, de peur d’être dénoncés, agressés peut-être...
Nous castrons nos mots de peur d’être entendus, ou de ne plus être considérés comme un "interlocuteur valable" par un barbu de passage...
Qui oserait citer encore Atatürk ["Père des Turcs, Mustapha Kemal, fondateur d’une Turquie laïque. Ndlr d’upjf.org], qui en son temps, parlait de l’islam comme de la "théologie absurde d’un bédouin immoral", ou comme du "cadavre putréfié qui empoisonne nos vies" (9) ? Qui oserait demander pourquoi Atatürk, né et élevé dans l’islam, pouvait parler ainsi et voir dans l’islam la cause de l’arriération de son pays ?
Paroles provocantes. Oui! Et alors... Que le débat s’ouvre! Sans faux fuyants. Allez...
Qui oserait parler à visage découvert comme Ibn Warraq le fait, caché pour n’être pas tué : "Il est temps pour les musulmans modérés de questionner honnêtement les principes de leur foi, d’admettre le rôle du Coran dans la propagation de la violence, et de voir ce texte pour ce qu’il est : un texte humain, contenant des erreurs morales, historiques et scientifiques sérieuses (10)".
Paroles provocantes ? Non, si nous n’avons pas quitté le terrain de la raison pour passer sur celui de l’islam tel qu’il est. Qu’on me montre que nous n’avons pas quitté le terrain de la raison. J’attends. Avec impatience !
Qui a peur de l’islam ?
Je n’ai pas peur. Ou si cela m’arrive, je sais que nous sommes le dos au mur, et que le mur se lézarde. Le mur tombera peut-être. J’essaierai, moi, de ne pas tomber.
Je sais qu’il est urgent, pour le bien des musulmans eux-mêmes en tant qu’êtres humains, que certaines choses soient dites.
Je sais qu’il est urgent de pratiquer le respect de l’être humain, quitte à ne pas respecter l’islam tel qu’il est et à pratiquer activement l’irrespect...
Je sais que je prends des risques. Vivre debout, à certaines époques, est en soi un risque. Je veux vivre debout.
L’islam sera-t-il la religion du Vingt-et-unième siècle? entends-je demander, çà et là. Il se peut. Et c’est parce que c’est possible que j’ai écrit ce livre... Si l’islam du vingt-et-unième siècle est un islam enfin ouvert, cela annoncera la possibilité d’un siècle clair, prospère et apaisé. Si c’est un islam semblable à ce qu’il est aujourd’hui, ourlé par l’islamisme et emporté par lui jusqu’au pire, ce sera très différent. Un siècle de guerres, de souffrances, de supplices...
Il m’arrive d’être pessimiste. Je ne demande qu’à être détrompé.
Détrompez-moi, s’il vous plait. Merci d’avance.
Guy Millière.
[Le texte des notes n'est pas disponible pour l'instant.]
Mis en ligne le 12 mars 2004 sur le site www.upjf.org
Update le 12 mars 2004











