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"Ce que veut Bush", nouveau livre de Guy Millière

[Autre recension: "Ce que veut Bush: Indispensable manuel de géopolitique, R. Kuen.]
Ce n’est pas un roman mais il se lit très facilement. Ce n’est pas un conte, mais il est écrit d’une manière alerte, plaisante. Le dernier livre de Guy Millière, un véritable Traité, peut être emporté en vacances. Pour se protéger contre les coups de la désinformation.
Avec la guerre en Irak, on a eu droit au sempiternel déversement de « prises de position », « analyses », « expertises », « commentaires » de la part de toute une armée d’experts sortis de nulle part, mais dont le trait commun était bien visible : l’antiaméricanisme. Que ces « analystes » se prononcent contre la guerre, c’est leur droit. Mais que tous leurs arguments –quand ils en avaient– tournent autour des « coupables » américains, cela s’appelle de la désinformation. Afin de noyer tous les mensonges gravitant autour de ce thème, Guy Millière s’arme de patience et de faits, se lance dans la bataille et publie un livre (Ce que veut Bush. La recomposition du monde, Editions de La Martinière, 2003) remarquable qui apporte des réponses aux grands enjeux mondiaux de l’après 11 septembre.
Habitué aux fantasmes antiaméricains (il en a déjà parlé dans un livre précédent, L’Amérique monde), Guy Millière expose la situation clairement mais aussi très habilement. Le 11 septembre a obligé le gouvernement américain à se ressaisir et à passer à l’attaque. L’équipe conservatrice qui entoure le Président a compris que si la démocratie ne se défendait pas elle pouvait disparaître. Lorsqu’un pays s’appuie sur plus de 200 ans de continuité démocratique, il est difficile de lui demander d’y renoncer. Les Européens, les Français en particulier, n’ont pas bien saisi que les Etats-Unis ont des « acquis » démocratiques et moraux et que personne n’a le droit de les en priver.
Paradoxalement, l’attentat du 11 septembre a été un révélateur de la situation internationale et du rôle que devraient jouer les Etats-Unis sur la scène mondiale. Sous Clinton, à part l’intervention dans les Balkans et en Somalie, rien n’a été fait et les dangers n’ont cessé de prospérer. En Chine, en Corée du Nord, le réseau de Ben Laden, Saddam Hussein qui a mis à la porte les inspecteurs de l’ONU et bien d’autres pays intéressés plus par les armes et l’oppression que par la démocratie et le bien-être du peuple. Sous Bush junior, et cela malgré son discours d’investiture de janvier 2001 qui est encore plus neutraliste que celui de Clinton, la présidence des Etats-Unis est devenue une présidence de guerre. Entouré de plusieurs « faucons », Rumsfeld, Wolfowitz, Cheney, le Président Bush a fait simplement le minimum : prendre l’initiative dans la lutte contre le terrorisme.
Il a pourtant sous-estimé l’opposition de l’Europe et de ce que Guy Millière appelle le « védrinisme ». Il s’agit de cette doctrine inaugurée par l’ancien ministre socialiste des Affaires Etrangères, Hubert Védrine, et reprise glorieusement par l’actuel, M de Villepin dont les fondements et la vision sont aussi clairs que les cunéiformes pour un élève de sixième. En gros, la doctrine est sentencieuse, donneuse de leçons et dépourvue de toute solution. Surtout ne pas agir, semble suggérer la politique étrangère française, et il faut toujours préférer les dictateurs –de préférence marxistes– aux Etats-Unis. Cette attitude et l’incompréhension de la France ont donné naissance à un autre ennemi, en plus de celui concret, constitué par les terroristes et les bombes humaines : c’est la désinformation. Impitoyable, véhiculée par tous les médias (en tout cas en France), la désinformation à l’égard des Etats-Unis a gagné toutes les couches de la société, en particulier les intellectuels.
A partir de ce constat, l’auteur passe en revue les enjeux de la planète. De Palestine où, contrairement aux affirmations des « spécialistes », les seules propositions de paix sont américaines, au Japon, pays encore sous l’emprise du « cronycapitalism », en passant par l’Argentine où les dégâts du péronisme sont encore présents. On peut ne pas suivre Guy Millière dans ses propos sur la Russie et les Tchétchénes (les Russes n’ont rien à faire dans ce pays), ou bien sur la paix au Proche Orient, mais la lucidité de l’analyse est bien présente dans ce livre.
Après l’échec de l’anti-Eglise communiste, pour reprendre l’expression de l’historien anglais Hugh Thomas, le grand danger vient aujourd’hui de l’islamisme, cette véritable Eglise capable de rassembler les masses. Les Etats-Unis se préparent déjà à l’affrontement. Quand la France sera-t-elle de la partie ?
Bogdan Calinescu
www.libres.org/
Voir aussi : «Ce que veut Bush» : un livre indispensable, par Robert R. Pingeon.
On peut également lire des extraits de ce livre qui nous ont été communiqués par l'auteur, quelques mois avant la parution de son ouvrage. Voir: "La recomposition du monde. La doctrine Bush" (extraits), par Guy Millière.
Mis en ligne le 05 juillet 2003 sur le site www.upjf.org











