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Une histoire intellectuelle et politique du Sionisme (1860-1940), Georges Bensoussan
Fayard, Paris, février 2002, 1079 pages
Cest LOUVRAGE par excellence en matière de Sionisme. Rigueur et érudition, alliées à une pureté et une élégance de narration qui en rendent la lecture passionnante. Nul doute quil sagit là dune somme qui restera classique.
Remarque personnelle et un brin désabusée : si lon faisait autant de bruit autour de ce volume méritant, que le tapage médiatique dont bénéficient malheureusement des ouvrages médiocres ou partisans tel celui de Poppé, racoleur et destructeur, qui fait la joie des ennemis dIsraël le vrai savoir prendrait enfin le dessus sur la démagogie et lenseignement de la haine
Georges Bensoussan est un véritable historien et lon peut se fier aux résultats de son immense analyse, bourrée de faits, qui ne néglige rien dessentiel et guide le lecteur, sans quil sen rende compte, dans le foisonnement dune histoire, intéressante en soi, mais que lauteur rend passionnante et nourricière.
Je rédigerai prochainement une recension détaillée de cet ouvrage incontournable. Mais ne lattendez pas pour acquérir cette mine dinformations et de science. Quiconque veut ouvrir la bouche et tenter de dire quelque chose de sensé et de documenté sur le conflit du Proche-Orient en général, et sur le peuple juif et son extension israélienne, en particulier, doit impérativement avoir lu ou au moins parcouru attentivement cet ouvrage de référence. Pour avoir une idée de la matière immense que cet ouvrage passe en revue, parcourez la table des matières que jai reproduite ci-après. Vous serez convaincus. Et je gage que lHistoire intellectuelle et politique du Sionisme, de Georges Bensoussan, deviendra vite votre livre de chevet. Menahem.
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"Nous ne pouvons pas ne pas être ce que nous sommes."
Ahad Haam (1)
"Il faut avoir une terre à soi pour ne pas en avoir besoin."
Jean Améry (2)
Ladjectif claque comme une insulte. Sioniste. Le terme est aujourdhui connoté si péjorativement, si déprécié, que la réalité quil recouvre a fini par disparaître sous les strates de la stigmatisation, voire, comme en certaines occasions internationales, de la diabolisation. À la réalité dune foi et dune culture, le discours antisémite a répondu par des fantasmes effrayants (le meurtre rituel, entre autres), noyant sous la peur un objet de connaissance. À la réalité dune idéologie et dun mouvement national atypique sur le fond, le rejet répond par le stigmate, mais il ne nous dit pas ce qui est, ni moins encore ce qui fut. Il est à ce point enfoui sous des couches successives de réprobation que lon aura du mal de nos jours à déterminer sereinement ce que fut le sionisme, ses conditions de naissance, son terreau nourricier comme la pluralité de ses significations. Confronté aux questions de la modernité politique, empruntant en particulier les voies de la nation, de la laïcité, de lutopie sociale et de la culture comme forme nouvelle du religieux dans des sociétés sécularisées, le sionisme, loin de ne parler quaux juifs, contribue à poser les questions capitales du XXe siècle. Quen est-il des rapports de la langue et de la nation, du peuple et du territoire, quadvient-il dune foi nationale dans le processus général de la laïcisation du monde? Quen est-il des formes culturelles du politique dans les sociétés massifiées au sein desquelles le sionisme commença à prendre forme il y a plus dun siècle? Ces questions ont disparu derrière la focalisation sur le conflit judéo-arabe. Paraphrasant Marc Bloch sadressant jadis aux historiens de la Révolution française, nous aimerions dire aux protagonistes daujourdhui: « Sionistes, anti-sionistes, par pitié, dites-nous ce que fut le sionisme! »
Pour entendre cette histoire, encore faut-il commencer par faire le récit de la déréliction nue que fut parfois la condition juive en diaspora, ce mélange de crainte et de honte faisant de la vie de chacun une existence aux aguets. Lhistoire juive est dictée par autrui, elle parle de Terre promise et de Mur des lamentations, quand ces expressions ne figurent dans aucune source juive. Etre juif saccommode et transige, il attend que lorage passe en se disant que cela pouvait être pis. Mais la mutation de lantisémitisme opérée entre 1870 et 1900 interdit cette fois toute issue pacifique. Fruit de la modernisation et du mythe dune pureté perdue dans la civilisation urbaine et mercantile, lantisémitisme, déjà rétif à toute raison, est devenu cette fois un délire exterminateur. Les pogroms russes en 1881, le premier congrès antisémite international organisé à Dresde en 1882, laffaire Dreyfus en France commencent à convaincre les contemporains que lantisémitisme nest pas un vestige archaïque appelé à disparaître, mais au contraire le fruit dune certaine modernité. De là la sensation de vivre au bord dun volcan en activité. De quelque horizon quil émerge, le sionisme apparaît ainsi et dabord comme la volonté de transformer un destin subi en une destinée assumée.
Car porté par le siècle des Lumières, dans la foulée de lÉmancipation à la française (1791), lidée nationale juive est indissociable de leffervescence nationalitaire du milieu du xixe siècle. Le sionisme nen est que lune des figures, mais cette figure est inséparable du processus de sécularisation du monde. Quand le fait religieux sétiole devant les progrès de la laïcisation, le monde juif traditionnel est en danger de disparition. Le renouveau littéraire de lhébreu précède dune génération au moins la naissance des premiers cercles sionistes en Russie. Ainsi, avant dêtre une réaction à lantisémitisme auquel on le réduit souvent, le sionisme répond dabord au désenchantement du monde et figure pour demain lidentité séculière du judaïsme.
Comme le vocabulaire, les césures chronologiques valent parfois jugement de valeur. Considérer limmigration juive en Terre sainte (alya) comme une donnée permanente de lhistoire juive est un a priori idéologique. Parler d«ancien» et de «nouveau Yishouv» (communauté Juive avant la création de lÉtat) comme on le fait couramment à lépoque introduit un clivage qui na rien dune évidence. Classer les immigrants en cinq vagues darrivées (alyot) est un procédé commode mais pour partie arbitraire. La chronologie comme lusage des mots doivent être justifiés. 1860 est ce moment crucial dans lhistoire de lEurope où sentrecroisent romantisme, processus de laïcisation et mouvements nationaux. Cest dans le même laps de temps, par exemple, quest fondée à Francfort-sur-lOder la Société allemande pour la colonisation de la Palestine (1860) et que paraît un ouvrage de Moses Hess demeuré sans écho, Rome et Jérusalem (1862). À lautre extrémité de notre période, en 1940, au seuil de la Seconde Guerre mondiale, le cadre est bâti qui donnera naissance à lÉtat huit ans plus tard. Cette société juive de Terre sainte fonctionne comme un quasi-État avant la Shoah. Lhistoire du sionisme ne sarrête, certes, ni en 1940 ni en 1948, mais lessentiel est en place qui ouvre la route de lindépendance.
Certains «nouveaux historiens» israéliens font valoir, avec raison, que des termes comme alya et Eretz Israël sont connotés. Pourtant, au risque de se couper de son objet détude, lhistorien doit sefforcer de regarder avec les yeux des contemporains en manifestant, à leur endroit, lempathie nécessaire à la connaissance. Le mot alya est de nature religieuse, et ne sapplique quà limmigration juive en Terre sainte, alors que la langue hébraïque utilise dautres termes pour évoquer limmigration «courante». Mais le mot est aujourdhui tellement consacré quil fait partie du sujet lui-même. Plus délicat encore apparaît le choix du terme destiné à désigner cette terre. Eretz Israël ou Palestine? Nous userons des deux vocables, en notant cependant que le choix dEretz Israël simposera chaque fois quil sera question de la partie juive. La Palestine est en effet le nom quavaient jadis imposé les Romains à cette province après la révolte de Bar Kochba (135 de notre ère) afin den effacer toute trace de présence juive (3). Imagine-t-on Maimonide, Yehouda Halevi ou Ahad Haam évoquer leur «nostalgie de la Palestine» ? Réciproquement, lorsquil sera question de la partie arabe, le terme Palestine prévaudra, Eretz Israël ne signifiant rien pour une conscience arabe du temps.
De toutes les réponses juives à la modernité, le sionisme seul a survécu. Ce nest pas là jugement de valeur mais constat. Le socialisme universaliste a sombré et lautonomisme du Bund a été balayé par la Shoah. Pourtant, le sionisme ne fut longtemps quune réponse marginale à linquiétude du monde moderne. Cest pourquoi aujourdhui, au regard de son succès final, lerreur serait de considérer qu'il fut toujours en position de force ou, en dautres termes, que ce qui est advenu devait advenir. La vision téléologique menace constamment lentendement quand elle affirme a-temporelle, et courant comme un fil rouge le long de lhistoire juive, lidée du « retour à Sion ». Idéologie de libération confrontée sur-le-champ à lâpre réalité du terrain, le sionisme sest rapidement mué en pragmatisme, mais les grands débats qui laffectent avant 1940 sont parfois déjà vieux de près dun demi-siècle. Débat sur la place de la Torah dans lidentité juive et dans le sionisme, débat sur le lien entre la foi et la nation, sur la possibilité démergence dune laïcité juive (peut-on imaginer des fêtes juives laïques?). Débat sur la langue (renaissance dune «langue morte» ?) entre lhébreu des lettrés et les langues juives du peuple, le yiddish au premier chef. Débat sur la terre, Eretz Israël ou nimporte quel endroit de la planète, fût-ce lOuganda de 1903, comme le Royaume-Uni en avait fait la proposition à Herzl? Sacralité du sol ou sacralité de la Loi? Débat sur le socialisme et la création de ce phalanstère pionnier, le kibboutz, tiraillé entre la rêverie idéologique et le pragmatisme de terrain. Socialisme ou nation? Syndicat ou patron quand une même instance (Histadrout) regroupe ces deux fonctions? Cécité à légard de la population arabe, « question cachée » se nourrissant du mythe dune « terre sans peuple pour un peuple Sans terre », ou question récurrente au contraire, et à ce point omniprésente que lon se force à la taire tant elle fait peur? Dans une société appelée à bannir un «Juif diasporique» chargé de tous les maux dune condition malheureuse, et qui prétend en finir avec la peur et laliénation, les sionistes ont voulu, avec dautres et en même temps queux, inventer l« homme nouveau ». Cest à létude de cette nation imaginée, hésitant sur plus dun siècle entre lépopée et labîme, que ce livre invite.
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Notes
(1) In HaShiloah [revue], avril 1898.
(2) In Par delà le crime et le châtiment, Actes Sud, 1995, p. 89.
(3) Le Mot vient de Philistins.
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Remarque personnelle et un brin désabusée : si lon faisait autant de bruit autour de ce volume méritant, que le tapage médiatique dont bénéficient malheureusement des ouvrages médiocres ou partisans tel celui de Poppé, racoleur et destructeur, qui fait la joie des ennemis dIsraël le vrai savoir prendrait enfin le dessus sur la démagogie et lenseignement de la haine
Georges Bensoussan est un véritable historien et lon peut se fier aux résultats de son immense analyse, bourrée de faits, qui ne néglige rien dessentiel et guide le lecteur, sans quil sen rende compte, dans le foisonnement dune histoire, intéressante en soi, mais que lauteur rend passionnante et nourricière.
Je rédigerai prochainement une recension détaillée de cet ouvrage incontournable. Mais ne lattendez pas pour acquérir cette mine dinformations et de science. Quiconque veut ouvrir la bouche et tenter de dire quelque chose de sensé et de documenté sur le conflit du Proche-Orient en général, et sur le peuple juif et son extension israélienne, en particulier, doit impérativement avoir lu ou au moins parcouru attentivement cet ouvrage de référence. Pour avoir une idée de la matière immense que cet ouvrage passe en revue, parcourez la table des matières que jai reproduite ci-après. Vous serez convaincus. Et je gage que lHistoire intellectuelle et politique du Sionisme, de Georges Bensoussan, deviendra vite votre livre de chevet. Menahem.
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I. Introduction de lauteur
"Nous ne pouvons pas ne pas être ce que nous sommes."
Ahad Haam (1)
"Il faut avoir une terre à soi pour ne pas en avoir besoin."
Jean Améry (2)
Ladjectif claque comme une insulte. Sioniste. Le terme est aujourdhui connoté si péjorativement, si déprécié, que la réalité quil recouvre a fini par disparaître sous les strates de la stigmatisation, voire, comme en certaines occasions internationales, de la diabolisation. À la réalité dune foi et dune culture, le discours antisémite a répondu par des fantasmes effrayants (le meurtre rituel, entre autres), noyant sous la peur un objet de connaissance. À la réalité dune idéologie et dun mouvement national atypique sur le fond, le rejet répond par le stigmate, mais il ne nous dit pas ce qui est, ni moins encore ce qui fut. Il est à ce point enfoui sous des couches successives de réprobation que lon aura du mal de nos jours à déterminer sereinement ce que fut le sionisme, ses conditions de naissance, son terreau nourricier comme la pluralité de ses significations. Confronté aux questions de la modernité politique, empruntant en particulier les voies de la nation, de la laïcité, de lutopie sociale et de la culture comme forme nouvelle du religieux dans des sociétés sécularisées, le sionisme, loin de ne parler quaux juifs, contribue à poser les questions capitales du XXe siècle. Quen est-il des rapports de la langue et de la nation, du peuple et du territoire, quadvient-il dune foi nationale dans le processus général de la laïcisation du monde? Quen est-il des formes culturelles du politique dans les sociétés massifiées au sein desquelles le sionisme commença à prendre forme il y a plus dun siècle? Ces questions ont disparu derrière la focalisation sur le conflit judéo-arabe. Paraphrasant Marc Bloch sadressant jadis aux historiens de la Révolution française, nous aimerions dire aux protagonistes daujourdhui: « Sionistes, anti-sionistes, par pitié, dites-nous ce que fut le sionisme! »
Pour entendre cette histoire, encore faut-il commencer par faire le récit de la déréliction nue que fut parfois la condition juive en diaspora, ce mélange de crainte et de honte faisant de la vie de chacun une existence aux aguets. Lhistoire juive est dictée par autrui, elle parle de Terre promise et de Mur des lamentations, quand ces expressions ne figurent dans aucune source juive. Etre juif saccommode et transige, il attend que lorage passe en se disant que cela pouvait être pis. Mais la mutation de lantisémitisme opérée entre 1870 et 1900 interdit cette fois toute issue pacifique. Fruit de la modernisation et du mythe dune pureté perdue dans la civilisation urbaine et mercantile, lantisémitisme, déjà rétif à toute raison, est devenu cette fois un délire exterminateur. Les pogroms russes en 1881, le premier congrès antisémite international organisé à Dresde en 1882, laffaire Dreyfus en France commencent à convaincre les contemporains que lantisémitisme nest pas un vestige archaïque appelé à disparaître, mais au contraire le fruit dune certaine modernité. De là la sensation de vivre au bord dun volcan en activité. De quelque horizon quil émerge, le sionisme apparaît ainsi et dabord comme la volonté de transformer un destin subi en une destinée assumée.
Car porté par le siècle des Lumières, dans la foulée de lÉmancipation à la française (1791), lidée nationale juive est indissociable de leffervescence nationalitaire du milieu du xixe siècle. Le sionisme nen est que lune des figures, mais cette figure est inséparable du processus de sécularisation du monde. Quand le fait religieux sétiole devant les progrès de la laïcisation, le monde juif traditionnel est en danger de disparition. Le renouveau littéraire de lhébreu précède dune génération au moins la naissance des premiers cercles sionistes en Russie. Ainsi, avant dêtre une réaction à lantisémitisme auquel on le réduit souvent, le sionisme répond dabord au désenchantement du monde et figure pour demain lidentité séculière du judaïsme.
Comme le vocabulaire, les césures chronologiques valent parfois jugement de valeur. Considérer limmigration juive en Terre sainte (alya) comme une donnée permanente de lhistoire juive est un a priori idéologique. Parler d«ancien» et de «nouveau Yishouv» (communauté Juive avant la création de lÉtat) comme on le fait couramment à lépoque introduit un clivage qui na rien dune évidence. Classer les immigrants en cinq vagues darrivées (alyot) est un procédé commode mais pour partie arbitraire. La chronologie comme lusage des mots doivent être justifiés. 1860 est ce moment crucial dans lhistoire de lEurope où sentrecroisent romantisme, processus de laïcisation et mouvements nationaux. Cest dans le même laps de temps, par exemple, quest fondée à Francfort-sur-lOder la Société allemande pour la colonisation de la Palestine (1860) et que paraît un ouvrage de Moses Hess demeuré sans écho, Rome et Jérusalem (1862). À lautre extrémité de notre période, en 1940, au seuil de la Seconde Guerre mondiale, le cadre est bâti qui donnera naissance à lÉtat huit ans plus tard. Cette société juive de Terre sainte fonctionne comme un quasi-État avant la Shoah. Lhistoire du sionisme ne sarrête, certes, ni en 1940 ni en 1948, mais lessentiel est en place qui ouvre la route de lindépendance.
Certains «nouveaux historiens» israéliens font valoir, avec raison, que des termes comme alya et Eretz Israël sont connotés. Pourtant, au risque de se couper de son objet détude, lhistorien doit sefforcer de regarder avec les yeux des contemporains en manifestant, à leur endroit, lempathie nécessaire à la connaissance. Le mot alya est de nature religieuse, et ne sapplique quà limmigration juive en Terre sainte, alors que la langue hébraïque utilise dautres termes pour évoquer limmigration «courante». Mais le mot est aujourdhui tellement consacré quil fait partie du sujet lui-même. Plus délicat encore apparaît le choix du terme destiné à désigner cette terre. Eretz Israël ou Palestine? Nous userons des deux vocables, en notant cependant que le choix dEretz Israël simposera chaque fois quil sera question de la partie juive. La Palestine est en effet le nom quavaient jadis imposé les Romains à cette province après la révolte de Bar Kochba (135 de notre ère) afin den effacer toute trace de présence juive (3). Imagine-t-on Maimonide, Yehouda Halevi ou Ahad Haam évoquer leur «nostalgie de la Palestine» ? Réciproquement, lorsquil sera question de la partie arabe, le terme Palestine prévaudra, Eretz Israël ne signifiant rien pour une conscience arabe du temps.
De toutes les réponses juives à la modernité, le sionisme seul a survécu. Ce nest pas là jugement de valeur mais constat. Le socialisme universaliste a sombré et lautonomisme du Bund a été balayé par la Shoah. Pourtant, le sionisme ne fut longtemps quune réponse marginale à linquiétude du monde moderne. Cest pourquoi aujourdhui, au regard de son succès final, lerreur serait de considérer qu'il fut toujours en position de force ou, en dautres termes, que ce qui est advenu devait advenir. La vision téléologique menace constamment lentendement quand elle affirme a-temporelle, et courant comme un fil rouge le long de lhistoire juive, lidée du « retour à Sion ». Idéologie de libération confrontée sur-le-champ à lâpre réalité du terrain, le sionisme sest rapidement mué en pragmatisme, mais les grands débats qui laffectent avant 1940 sont parfois déjà vieux de près dun demi-siècle. Débat sur la place de la Torah dans lidentité juive et dans le sionisme, débat sur le lien entre la foi et la nation, sur la possibilité démergence dune laïcité juive (peut-on imaginer des fêtes juives laïques?). Débat sur la langue (renaissance dune «langue morte» ?) entre lhébreu des lettrés et les langues juives du peuple, le yiddish au premier chef. Débat sur la terre, Eretz Israël ou nimporte quel endroit de la planète, fût-ce lOuganda de 1903, comme le Royaume-Uni en avait fait la proposition à Herzl? Sacralité du sol ou sacralité de la Loi? Débat sur le socialisme et la création de ce phalanstère pionnier, le kibboutz, tiraillé entre la rêverie idéologique et le pragmatisme de terrain. Socialisme ou nation? Syndicat ou patron quand une même instance (Histadrout) regroupe ces deux fonctions? Cécité à légard de la population arabe, « question cachée » se nourrissant du mythe dune « terre sans peuple pour un peuple Sans terre », ou question récurrente au contraire, et à ce point omniprésente que lon se force à la taire tant elle fait peur? Dans une société appelée à bannir un «Juif diasporique» chargé de tous les maux dune condition malheureuse, et qui prétend en finir avec la peur et laliénation, les sionistes ont voulu, avec dautres et en même temps queux, inventer l« homme nouveau ». Cest à létude de cette nation imaginée, hésitant sur plus dun siècle entre lépopée et labîme, que ce livre invite.
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Notes
(1) In HaShiloah [revue], avril 1898.
(2) In Par delà le crime et le châtiment, Actes Sud, 1995, p. 89.
(3) Le Mot vient de Philistins.
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II. Table des matières
INTRODUCTION 9
CHAPITRE PREMIER
Haskala, sécularisation et proto-sionisme
Haskala, sécularisation et proto-sionisme
HASKALA ET SÉCULARISATION 13
Science du judaïsme et Hohmat Israël, 13. - Les progrès de la sécularisation dans le monde juif avant 1914, 16. - La Russie au coeur de la « nation juive », 20. - La société orthodoxe de lEst face à la Haskala, 22. - Le ghetto aurait préservé la nation juive.... 24. -La sécularisation brisera le monde juif, 25. - Le pré-nationalisme des maskilim russes, 27.
ERETZ ISRAËL DANS LES TÊTES 28
Les idées chrétiennes de restauration juive, 28. - Alkalaï, précurseur de lidée nationale juive, 30. - Zvi Hirsch Kalisher, 32. -Le nationalisme non messianique du rabbin Natonek, 34. - Le proto-sionisme de Moses Hess, 34. - « Réveil » ou « éveil » de lidée du Retour?, 36 - Le proto-sionisme avant Hibbat Zion, 37 - Les utopies sionistes avant 1900, 41.
Science du judaïsme et Hohmat Israël, 13. - Les progrès de la sécularisation dans le monde juif avant 1914, 16. - La Russie au coeur de la « nation juive », 20. - La société orthodoxe de lEst face à la Haskala, 22. - Le ghetto aurait préservé la nation juive.... 24. -La sécularisation brisera le monde juif, 25. - Le pré-nationalisme des maskilim russes, 27.
ERETZ ISRAËL DANS LES TÊTES 28
Les idées chrétiennes de restauration juive, 28. - Alkalaï, précurseur de lidée nationale juive, 30. - Zvi Hirsch Kalisher, 32. -Le nationalisme non messianique du rabbin Natonek, 34. - Le proto-sionisme de Moses Hess, 34. - « Réveil » ou « éveil » de lidée du Retour?, 36 - Le proto-sionisme avant Hibbat Zion, 37 - Les utopies sionistes avant 1900, 41.
CHAPITRE II
Un état de déréliction
Un état de déréliction
LEFFONDREMENT RUSSE 1881-1917, 43
Le désastre du judaïsme russe en 1881, 43. -La politique du gouvernement russe, 47. - Les conséquences, 50. - La dégradation du sort des juifs russes jusquà la Première Guerre mondiale, 51. Lémigration juive de Russie, 52. - Le grand tournant: 1905-1906, 54. Lessor du socialisme juif, 57.
LES «ILLUSIONS» OCCIDENTALES, 60
UNE CONDITION MALHEUREUSE, 73
Misère et rejet, 73. - Fuir, 81. - Une déréliction, 83. - Une condition maudite?, 88.
Le désastre du judaïsme russe en 1881, 43. -La politique du gouvernement russe, 47. - Les conséquences, 50. - La dégradation du sort des juifs russes jusquà la Première Guerre mondiale, 51. Lémigration juive de Russie, 52. - Le grand tournant: 1905-1906, 54. Lessor du socialisme juif, 57.
LES «ILLUSIONS» OCCIDENTALES, 60
UNE CONDITION MALHEUREUSE, 73
Misère et rejet, 73. - Fuir, 81. - Une déréliction, 83. - Une condition maudite?, 88.
CHAPITRE III
Genèse du politique
Hibbat Zion, Herzl et le sionisme organisé
Genèse du politique
Hibbat Zion, Herzl et le sionisme organisé
A LEST, DE LA COMMUNAUTÉ AU PEUPLE, 93
Le tournant de 1881-1882: la prise en main de son destin, 94. - Les Biluim, 106. - Hibbat Zion, 107. - Quel échec?, 115.
GENÈSE DU POLITIQUE. LE RELAIS OCCIDENTAL 116
GENÈSE DUNE PATRIE. CENTRALITÉ DERETZ ISRAËL 136
Un lien charnel, 136. - Approches religieuses, 140. Lambivalence du lien entre messianisme et sionisme, 142. - Territorialisme et sionisme, 146. - Un «droit historique» sur Eretz Israël?, 151.
Le tournant de 1881-1882: la prise en main de son destin, 94. - Les Biluim, 106. - Hibbat Zion, 107. - Quel échec?, 115.
GENÈSE DU POLITIQUE. LE RELAIS OCCIDENTAL 116
GENÈSE DUNE PATRIE. CENTRALITÉ DERETZ ISRAËL 136
Un lien charnel, 136. - Approches religieuses, 140. Lambivalence du lien entre messianisme et sionisme, 142. - Territorialisme et sionisme, 146. - Un «droit historique» sur Eretz Israël?, 151.
CHAPITRE IV
Genèse dun État
Genèse dun État
LE YISHOUV DE 1881 À 1914.
La première alya, les implantations juives et le baron de Rothschild, 162. - Le refus turc, 167. - Vieux Yishouv, nouveau Yishouv, 169. -La deuxième alya, 172. - Un pays répulsif, 176. -Acquérir la terre, 182. Lopposition entre la première et la deuxième alya, 186. - Un bilan précaire, 186.
GENÈSE DUN CONFLIT, 187
La découverte, 187. - Le refus arabe, 192. -Vendre la terre?, 196 - La perception sioniste de la question, 202. - La perception de la deuxième alya, 206 - Une approche libérale et inquiète, 210.
La première alya, les implantations juives et le baron de Rothschild, 162. - Le refus turc, 167. - Vieux Yishouv, nouveau Yishouv, 169. -La deuxième alya, 172. - Un pays répulsif, 176. -Acquérir la terre, 182. Lopposition entre la première et la deuxième alya, 186. - Un bilan précaire, 186.
GENÈSE DUN CONFLIT, 187
La découverte, 187. - Le refus arabe, 192. -Vendre la terre?, 196 - La perception sioniste de la question, 202. - La perception de la deuxième alya, 206 - Une approche libérale et inquiète, 210.
CHAPITRE V
Une identité difficile
Une identité difficile
TORAH ET NATION
Se concilier lorthodoxie, 217. - Mais..., 219. -Torah, identité, nation, 222. - Face au sionisme, 231. - Méprises et contradictions, 238. - Torah et nation: du Mizrahi au rav Kook, 240. Limpact révolutionnaire européen sur le Mizrahi, 244.
LE REJET DU SIONISME DANS LE MONDE ORTHODOXE 245
LExil-chàtiment, 245. Lopposition déclarée, 250. - Contre Ahad Haam, 256. - Le refus radical du monde hassidique, 257.
LÉMERGENCE DUNE LAÏCITÉ JUIVE, 261
Le refus laïque, 261. - Dans le Yishouv: du conflit au compromis, 266 - Le conflit des premiers temps: 1880-1920, 266. Le combat culturel, Prémisses, 269. - Les concessions réciproques des débuts, 270.
Se concilier lorthodoxie, 217. - Mais..., 219. -Torah, identité, nation, 222. - Face au sionisme, 231. - Méprises et contradictions, 238. - Torah et nation: du Mizrahi au rav Kook, 240. Limpact révolutionnaire européen sur le Mizrahi, 244.
LE REJET DU SIONISME DANS LE MONDE ORTHODOXE 245
LExil-chàtiment, 245. Lopposition déclarée, 250. - Contre Ahad Haam, 256. - Le refus radical du monde hassidique, 257.
LÉMERGENCE DUNE LAÏCITÉ JUIVE, 261
Le refus laïque, 261. - Dans le Yishouv: du conflit au compromis, 266 - Le conflit des premiers temps: 1880-1920, 266. Le combat culturel, Prémisses, 269. - Les concessions réciproques des débuts, 270.
CHAPITRE VI
Sécularisation, culture et politique
Sécularisation, culture et politique
ÊTRE UNE NATION, 273
Les Juifs comme nation?, 273. -La dramatisation de lenjeu, 279. Lautonomisme et le refus du sionisme chez Simon Doubnov, 281. Lopposition juive au nationalisme juif, 284. -Universalisme ou nationalisme?, 292.
CULTURE ET POLITIQUE, 296
La presse comme vecteur du nationalisme juif, 296 - Littérature et renouveau national, 299. Lexpression littéraire du nationalisme, 300. - Un combat culturel dabord, 306 - Un sionisme refuge?, 310. - Sauver le judaïsme dabord: la «révolution de la conscience». Litinéraire de Ahad Haam (1856-1927), 315. - Les chemins parallèles, 325. - Le conflit, 327. - La «Faction démocratique», 329.
LA LANGUE, LÉCOLE ET LA GENÈSE DE l«HOMME NOUVEAU», 330
Lhébreu, cest la nation elle-même, 330. - Renouveau de la langue et émergence de la nation, 336 - Fixer la langue, 346. - Défendre la langue, 348. - Hébreu ou yiddish ?, 351. Léducation au coeur du projet sioniste, 356
Les Juifs comme nation?, 273. -La dramatisation de lenjeu, 279. Lautonomisme et le refus du sionisme chez Simon Doubnov, 281. Lopposition juive au nationalisme juif, 284. -Universalisme ou nationalisme?, 292.
CULTURE ET POLITIQUE, 296
La presse comme vecteur du nationalisme juif, 296 - Littérature et renouveau national, 299. Lexpression littéraire du nationalisme, 300. - Un combat culturel dabord, 306 - Un sionisme refuge?, 310. - Sauver le judaïsme dabord: la «révolution de la conscience». Litinéraire de Ahad Haam (1856-1927), 315. - Les chemins parallèles, 325. - Le conflit, 327. - La «Faction démocratique», 329.
LA LANGUE, LÉCOLE ET LA GENÈSE DE l«HOMME NOUVEAU», 330
Lhébreu, cest la nation elle-même, 330. - Renouveau de la langue et émergence de la nation, 336 - Fixer la langue, 346. - Défendre la langue, 348. - Hébreu ou yiddish ?, 351. Léducation au coeur du projet sioniste, 356
CHAPITRE VII
Formation dune nation
Formation dune nation
LE YISHOUV DU DÉBUT DU SIÈCLE À LAUBE DES ANNÉES 1940, 365
Le Yishouv: réalité urbaine et mythe rural, 371. -Une quasi-nation, 372.
«DE LA CLASSE À LA NATION». CLASSE, NATION, KVUTZA ET KIBBOUTZ, 381
Socialiste juif ou juif socialiste?, 381. - Le « travail juif», 385. - Intérêt privé, intérêt national?, 388. - Le terrain dabord..., 391. - La reprise du travail pratique, 393. - La victoire silencieuse du terrain, 394. - De la kvutza au kibboutz, 396. - La Histadrout, 403. - Le socialisme constructiviste ou le triomphe de la nation, 405. Socialisme et nation, socialisme national, 409. - Vers le nationalisme, 410. - David Ben Gourion: «de la classe à la nation», 413.
SE FORMER EN SOPPOSANT 418
Un refus massif, 418. - Un mythe: la «question cachée», 423. - Une ignorance «nécessaire», 427. - La vision sioniste après 1918, 429. - La radicalisation des années 1930, 435. -Dialoguer et connaître, 442. - Fraterniser?, 447 - Négocier?, 450. Argumenter, 454. - Séparer les peuples, 457. - La partition du territoire, 459. Transférer?, 464. -Brit Shalom, 468. - Jabotinsky et la «question arabe», 476 La Seconde Guerre mondiale et la radicalisation du Yishouv, 481.
Le Yishouv: réalité urbaine et mythe rural, 371. -Une quasi-nation, 372.
«DE LA CLASSE À LA NATION». CLASSE, NATION, KVUTZA ET KIBBOUTZ, 381
Socialiste juif ou juif socialiste?, 381. - Le « travail juif», 385. - Intérêt privé, intérêt national?, 388. - Le terrain dabord..., 391. - La reprise du travail pratique, 393. - La victoire silencieuse du terrain, 394. - De la kvutza au kibboutz, 396. - La Histadrout, 403. - Le socialisme constructiviste ou le triomphe de la nation, 405. Socialisme et nation, socialisme national, 409. - Vers le nationalisme, 410. - David Ben Gourion: «de la classe à la nation», 413.
SE FORMER EN SOPPOSANT 418
Un refus massif, 418. - Un mythe: la «question cachée», 423. - Une ignorance «nécessaire», 427. - La vision sioniste après 1918, 429. - La radicalisation des années 1930, 435. -Dialoguer et connaître, 442. - Fraterniser?, 447 - Négocier?, 450. Argumenter, 454. - Séparer les peuples, 457. - La partition du territoire, 459. Transférer?, 464. -Brit Shalom, 468. - Jabotinsky et la «question arabe», 476 La Seconde Guerre mondiale et la radicalisation du Yishouv, 481.
CHAPITRE VIII
Lhéritage européen
Lhéritage européen
LE MOULE RUSSE, 485
La sympathie des origines, 485. - Une bolchevisation des esprits?, 492.
LE SIONISME, UN ENFANT DE LEUROPE, 497
LÉmancipation ouvre la voie au sionisme, 497. - Le contexte des libérations nationales en Europe, 499. - Le romantisme de la nation, 501. - Héritier dune histoire européenne?, 503. -Une culture dEurope, 505.
UNE VISION COLONIALE? 510
Un mouvement de colonisation?, 512 - La naissance du « second Israël », 515.
La sympathie des origines, 485. - Une bolchevisation des esprits?, 492.
LE SIONISME, UN ENFANT DE LEUROPE, 497
LÉmancipation ouvre la voie au sionisme, 497. - Le contexte des libérations nationales en Europe, 499. - Le romantisme de la nation, 501. - Héritier dune histoire européenne?, 503. -Une culture dEurope, 505.
UNE VISION COLONIALE? 510
Un mouvement de colonisation?, 512 - La naissance du « second Israël », 515.
CHAPITRE IX
Sionisme et laïcisation
Sionisme et laïcisation
LESPRIT SÉCULIER, 523
Une identité sécularisée?, 524. - Une culture juive séculière?, 530. - La légitimité: de Dieu à la nation, 532. -Le sionisme, une réaction à la sécularisation du monde?, 534. - Une idée amorphe?, 537. - Une assimilation aux Goyim?, 539. - Le sionisme, un messianisme séculier?, 542. -Vers un Yishouv séculier?, 546
UNE FOI LAÏQUE 547
La foi, 547. - La «mission morale» dIsraël, 548. - Une nation modèle, 554. - Au service de lhumanité, 556
LE SIONISME, NOUVELLE IDENTITÉ JUIVE DE LA MODERNITÉ? 559
Le sionisme comme judaïsme séculier, 559. - Sionisme et alya: le lien rompu, 563. - La modération du sionisme allemand, 566. -Le sionisme américain ou le triomphe de lintégration en diaspora, 566 Léloignement, 569.
SE «NORMALISER» ? 571
Une identité sécularisée?, 524. - Une culture juive séculière?, 530. - La légitimité: de Dieu à la nation, 532. -Le sionisme, une réaction à la sécularisation du monde?, 534. - Une idée amorphe?, 537. - Une assimilation aux Goyim?, 539. - Le sionisme, un messianisme séculier?, 542. -Vers un Yishouv séculier?, 546
UNE FOI LAÏQUE 547
La foi, 547. - La «mission morale» dIsraël, 548. - Une nation modèle, 554. - Au service de lhumanité, 556
LE SIONISME, NOUVELLE IDENTITÉ JUIVE DE LA MODERNITÉ? 559
Le sionisme comme judaïsme séculier, 559. - Sionisme et alya: le lien rompu, 563. - La modération du sionisme allemand, 566. -Le sionisme américain ou le triomphe de lintégration en diaspora, 566 Léloignement, 569.
SE «NORMALISER» ? 571
CHAPITRE X
Dans le miroir du prolétariat et du socialisme
Dans le miroir du prolétariat et du socialisme
PAS DE SIONISME SANS SOCIALISME, 581
Le sionisme sera ouvrier ou il ne sera pas ..., 581. - Nahman Syrkin (1868-1924), 584. - Ber Borohov (1881-1917), 588. - Naissance et évolution des partis de gauche, 593. - Le tournant des années 1917-1920, 596. Lhostilité de la IIIe Internationale, 599. -Vers une société nouvelle?, 601.
LE SIONISME COMME MOUVEMENT SOCIAL 603
Un retour au peuple?, 603. - Une révolution sociale?, 604. - Un mouvement de classes moyennes et dintellectuels ?, 607. - Un instrument aux mains des notables?, 610. -Vers une bourgeoisie «de gauche»?, 612.
LA GAUCHE SIONISTE ET LACHOPPEMENT ARABE 614
Le travail juif, 616 - Solidarité internationale ?, 619. - Le sionisme ouvrier en difficulté, 620. Lillusion classiste du Poalei Zion, 624. - Des émeutes de 1929 à la révolte de 1936 -. le grand tournant du sionisme ouvrier, 627.
Le sionisme sera ouvrier ou il ne sera pas ..., 581. - Nahman Syrkin (1868-1924), 584. - Ber Borohov (1881-1917), 588. - Naissance et évolution des partis de gauche, 593. - Le tournant des années 1917-1920, 596. Lhostilité de la IIIe Internationale, 599. -Vers une société nouvelle?, 601.
LE SIONISME COMME MOUVEMENT SOCIAL 603
Un retour au peuple?, 603. - Une révolution sociale?, 604. - Un mouvement de classes moyennes et dintellectuels ?, 607. - Un instrument aux mains des notables?, 610. -Vers une bourgeoisie «de gauche»?, 612.
LA GAUCHE SIONISTE ET LACHOPPEMENT ARABE 614
Le travail juif, 616 - Solidarité internationale ?, 619. - Le sionisme ouvrier en difficulté, 620. Lillusion classiste du Poalei Zion, 624. - Des émeutes de 1929 à la révolte de 1936 -. le grand tournant du sionisme ouvrier, 627.
CHAPITRE XI
Changer le monde
Changer le monde
L«HOMME NOUVEAU», 635
Un volontarisme, 635. -Retour physique et rédemption morale, 638. - Le pionniérisme, 641. - Le rôle des mouvements de jeunesse, 647. - Une ascèse, 658. - Un mouvement de type monastique, 660. - Une régénération physique, 661. -Le culte du travail régénérateur, 663. - User de la force?, 665. Lesprit dune génération, 668. - Décoloniser limage de soi, 670. - Créer l«homme nouveau», 673.
REFUSER LORDRE DES CHOSES, 677
Libérer le judaïsme dabord ..., 677. - Contre le rabbinisme, 681. - Le refus ambigu de la diaspora, 685. -La deuxième alya et le moule formateur du refus, 687. - Une révolte contre les pères, 692. -Une révolte antibourgeoise, 696. - La rupture illusoire du canaanisme, 698. - Une révolte nietzschéenne: la figure centrale de Micha Yosef Berdichevsky (1865-1921), 699. - La «révolution morale» de Aharon David Gordon (1856-1922), 706 - Le sionisme contre le «bon sens», 710. - Ne plus subir, 713.
Un volontarisme, 635. -Retour physique et rédemption morale, 638. - Le pionniérisme, 641. - Le rôle des mouvements de jeunesse, 647. - Une ascèse, 658. - Un mouvement de type monastique, 660. - Une régénération physique, 661. -Le culte du travail régénérateur, 663. - User de la force?, 665. Lesprit dune génération, 668. - Décoloniser limage de soi, 670. - Créer l«homme nouveau», 673.
REFUSER LORDRE DES CHOSES, 677
Libérer le judaïsme dabord ..., 677. - Contre le rabbinisme, 681. - Le refus ambigu de la diaspora, 685. -La deuxième alya et le moule formateur du refus, 687. - Une révolte contre les pères, 692. -Une révolte antibourgeoise, 696. - La rupture illusoire du canaanisme, 698. - Une révolte nietzschéenne: la figure centrale de Micha Yosef Berdichevsky (1865-1921), 699. - La «révolution morale» de Aharon David Gordon (1856-1922), 706 - Le sionisme contre le «bon sens», 710. - Ne plus subir, 713.
CHAPITRE XII
Lenracinement
Lenracinement
LINVENTION DUNE NATION, 717
La Bible comme enjeu politique, 717. - Le temps et lhistoire, 720. Lhistoire et le mythe, 728. - La géographie entre science et idéologie: connaître, nommer, posséder la terre, 734. Linvention du patriotisme, 740. - Inventer une culture séculière, 747. - Une liturgie sécularisée, 750. - La guerre culturelle et scolaire, 755. - Genèse de lUniversité hébraïque (1897-1925): la science entre la foi et la nation, 756 - Une nouvelle identité?, 758. Limpasse laïque, 761. - Rupture ou continuité? Une question impossible, 763.
VERS UN «ETHOS HÉBRAÏQUE» DANS LE YISHOUV MANDATAIRE? 764
Les compromis fragiles, 764. - Être victime, encore , 769. - Du Yzkor Buch de 1911 à la révolte arabe de 1936: vers une nouvelle dynamique, 771. -La nouvelle génération: la réussite paradoxale des pères, 774.
CENTRALITÉ DU SIONISME, CENTRALITÉ DU YISHOUV, 781
Le fossé Eretz Israël-diaspora, 781. LExil encore..., 786 -La contradiction, 788.
La Bible comme enjeu politique, 717. - Le temps et lhistoire, 720. Lhistoire et le mythe, 728. - La géographie entre science et idéologie: connaître, nommer, posséder la terre, 734. Linvention du patriotisme, 740. - Inventer une culture séculière, 747. - Une liturgie sécularisée, 750. - La guerre culturelle et scolaire, 755. - Genèse de lUniversité hébraïque (1897-1925): la science entre la foi et la nation, 756 - Une nouvelle identité?, 758. Limpasse laïque, 761. - Rupture ou continuité? Une question impossible, 763.
VERS UN «ETHOS HÉBRAÏQUE» DANS LE YISHOUV MANDATAIRE? 764
Les compromis fragiles, 764. - Être victime, encore , 769. - Du Yzkor Buch de 1911 à la révolte arabe de 1936: vers une nouvelle dynamique, 771. -La nouvelle génération: la réussite paradoxale des pères, 774.
CENTRALITÉ DU SIONISME, CENTRALITÉ DU YISHOUV, 781
Le fossé Eretz Israël-diaspora, 781. LExil encore..., 786 -La contradiction, 788.
CHAPITRE XIII
Lusage du monde
Lusage du monde
SE DÉFENDRE 793
Aux origines, 793. - La deuxième alya, 797. - Le tournant: 1917-1921, 799. - Le moment Tel Haï, 803. - Le tournant des émeutes de 1920-1921, 805. - Apprendre lusage de la force, 807. - Un affrontement inévitable, 811. - La «force des choses»..., 816. - Le refus de la violence. Position de principe, 819. Lethos défensif dans le Yishouv: des années 1920 à 1936, 821. - La radicalisation des esprits, 825. Lidéologie de la force dans la droite radicale, 827. - Vers loffensive, 832.
RETOUR AU POLITIQUE, 835
Pessimisme et urgence de lhistoire, 835. - Faire avec la réalité, 840. - Le retour au politique, 844. Lentre-deux-guerres: le sionisme dans une logique politique, 846. - En diaspora, 846. - La voix discordante de Jabotinsky: le révisionnisme et la «politique juive», 849. - Dans le Yishouv, 856, - Dire le but final?, 860.
CONCLUSION, 865
NOTES, 871
BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE, 989
CARTES
1. La Zone de résidence 998
2. La population juive mondiale des origines à nos jours 999
3. Les assises géographiques des langues juives 1000
4. Les diasporas sépharades 1001
5. Les diasporas ashkénazes 1002
6. Les quatre villes saintes dEretz Israël 1003
7. Le soutien des diasporas au «Vieux Yishouv» 1004
8. Les routes des alyot modernes 1005
9. Palestine, 1856-1882 1006
10. Les implantations juives en Palestine en 1914 1007
11. Projet sioniste pour la Palestine, février 1919 1008
12. Les émeutes antijuives de 1929 1009
13. Projet de partition de la Commission Peel, 1937 1010
14. Proposition juive de partition, 1938 1011
15. Projet britannique de partition, 1938 1012
16. Restrictions britanniques à lachat de terres par les juifs 1013
CHRONOLOGIE 1015
GLOSSAIRE 1027
REPÈRES BIOGRAPHIQUES 1033
INDEX DES NOMS DE PERSONNES 1060
---------------------
UNE HISTOIRE INTELLECTUELLE ET POLITIQUE DU SIONISME
(1860-1940) de Georges Bensoussan. Fayard, 1 080 p., 47 .
Ne tergiversons pas : voilà la meilleure étude parue depuis longtemps en France sur les sources du sionisme, la plus complète, et surtout la plus honnête. Loin des historiographies mythifiées ou parcellaires, parce que marquées du sceau de lidéologie - pro ou antisioniste -, Georges Bensoussan ne prétend pas à la neutralité. Il ne supporte pas que le terme même de sioniste "claque comme une insulte" par les temps qui courent. Mais, avec cette Histoire intellectuelle et politique du sionisme, lhistorien témoigne dune probité, dune honnêteté indiscutable, rare chez quelquun qui ne cache pas "lempathie nécessaire à la connaissance" dun sujet détudes très controversé. Dire les faits, vus et vécus par les protagonistes du mouvement sioniste, les dire tous, sans parti pris, sans emphase mais sans tabou, en les inscrivant dans leur contexte sans occulter leurs aspects les plus dérangeants, séparer les éléments du débat de leur interprétation, bref, faire scrupuleusement un travail dhistorien scrupuleux : cétait lobjectif de Georges Bensoussan ; il est atteint, et avec brio.
(Suite: www.lemonde.fr/imprimer_article_ref/0,9750,3209--270863,00.html
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Bensoussan, Georges
Une histoire intellectuelle et politique du sionisme
1860-1940
Histoire
Sioniste. Ladjectif claque comme une insulte. Le terme est aujourdhui si déprécié que la réalité quil recouvre a fini par disparaître sous les strates de la stigmatisation, voire de la diabolisation. A la réalité dune foi et dune culture, le discours antisémite a répondu par des fantasmes effrayants en noyant sous la peur un objet de connaissance. A la réalité dune idéologie et dun mouvement national, atypique sur le fond, le rejet répond par un blâme tel quon aura du mal, de nos jours, à déterminer ce que furent les conditions de naissance du sionisme, son terreau nourricier comme la pluralité de ses significations. Confronté à tous les aspects de la modernité politique, en particulier aux problèmes de la nation, de la laïcité, de lutopie sociale et de la culture, le sionisme, loin de ne parler quaux Juifs, contribue à poser les questions capitales du xxe siècle.
Quen est-il des rapports de la langue et de la nation, du peuple et du territoire, quadvient-il dune foi nationale dans le processus général de laïcisation ? Quen est-il des formes culturelles du politique dans les sociétés massifiées au sein desquelles le mouvement national juif a commencé à prendre forme il y a plus dun siècle ? Ces questions ont disparu derrière la focalisation sur le conflit judéo-arabe. Paraphrasant Marc Bloch, nous aimerions dire aux protagonistes daujourdhui : « Sionistes, antisionistes, par pitié, dites-nous ce que fut le sionisme ! »
Professeur dhistoire à Paris, Georges Bensoussan est notamment lauteur de Histoire de la Shoah (PUF, 1996) et de Auschwitz en héritage ? Dun bon usage de la mémoire (Mille et une nuits, 1998).
© Librairie Arthème Fayard, 2002
Parution : 2002 - 1104 pages - 15,3 x 23,5
Prix TTC : 308,3 FF / 47
Code ISBN : 2-213-60883-0
Code EAN : 9782213608839
Code Hachette : 3510831]
Aux origines, 793. - La deuxième alya, 797. - Le tournant: 1917-1921, 799. - Le moment Tel Haï, 803. - Le tournant des émeutes de 1920-1921, 805. - Apprendre lusage de la force, 807. - Un affrontement inévitable, 811. - La «force des choses»..., 816. - Le refus de la violence. Position de principe, 819. Lethos défensif dans le Yishouv: des années 1920 à 1936, 821. - La radicalisation des esprits, 825. Lidéologie de la force dans la droite radicale, 827. - Vers loffensive, 832.
RETOUR AU POLITIQUE, 835
Pessimisme et urgence de lhistoire, 835. - Faire avec la réalité, 840. - Le retour au politique, 844. Lentre-deux-guerres: le sionisme dans une logique politique, 846. - En diaspora, 846. - La voix discordante de Jabotinsky: le révisionnisme et la «politique juive», 849. - Dans le Yishouv, 856, - Dire le but final?, 860.
CONCLUSION, 865
NOTES, 871
BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE, 989
CARTES
1. La Zone de résidence 998
2. La population juive mondiale des origines à nos jours 999
3. Les assises géographiques des langues juives 1000
4. Les diasporas sépharades 1001
5. Les diasporas ashkénazes 1002
6. Les quatre villes saintes dEretz Israël 1003
7. Le soutien des diasporas au «Vieux Yishouv» 1004
8. Les routes des alyot modernes 1005
9. Palestine, 1856-1882 1006
10. Les implantations juives en Palestine en 1914 1007
11. Projet sioniste pour la Palestine, février 1919 1008
12. Les émeutes antijuives de 1929 1009
13. Projet de partition de la Commission Peel, 1937 1010
14. Proposition juive de partition, 1938 1011
15. Projet britannique de partition, 1938 1012
16. Restrictions britanniques à lachat de terres par les juifs 1013
CHRONOLOGIE 1015
GLOSSAIRE 1027
REPÈRES BIOGRAPHIQUES 1033
INDEX DES NOMS DE PERSONNES 1060
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III. Article du "Monde"
UNE HISTOIRE INTELLECTUELLE ET POLITIQUE DU SIONISME
(1860-1940) de Georges Bensoussan. Fayard, 1 080 p., 47 .
Ne tergiversons pas : voilà la meilleure étude parue depuis longtemps en France sur les sources du sionisme, la plus complète, et surtout la plus honnête. Loin des historiographies mythifiées ou parcellaires, parce que marquées du sceau de lidéologie - pro ou antisioniste -, Georges Bensoussan ne prétend pas à la neutralité. Il ne supporte pas que le terme même de sioniste "claque comme une insulte" par les temps qui courent. Mais, avec cette Histoire intellectuelle et politique du sionisme, lhistorien témoigne dune probité, dune honnêteté indiscutable, rare chez quelquun qui ne cache pas "lempathie nécessaire à la connaissance" dun sujet détudes très controversé. Dire les faits, vus et vécus par les protagonistes du mouvement sioniste, les dire tous, sans parti pris, sans emphase mais sans tabou, en les inscrivant dans leur contexte sans occulter leurs aspects les plus dérangeants, séparer les éléments du débat de leur interprétation, bref, faire scrupuleusement un travail dhistorien scrupuleux : cétait lobjectif de Georges Bensoussan ; il est atteint, et avec brio.
(Suite: www.lemonde.fr/imprimer_article_ref/0,9750,3209--270863,00.html
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IV. Notice de léditeur
Bensoussan, Georges
Une histoire intellectuelle et politique du sionisme
1860-1940
Histoire
Sioniste. Ladjectif claque comme une insulte. Le terme est aujourdhui si déprécié que la réalité quil recouvre a fini par disparaître sous les strates de la stigmatisation, voire de la diabolisation. A la réalité dune foi et dune culture, le discours antisémite a répondu par des fantasmes effrayants en noyant sous la peur un objet de connaissance. A la réalité dune idéologie et dun mouvement national, atypique sur le fond, le rejet répond par un blâme tel quon aura du mal, de nos jours, à déterminer ce que furent les conditions de naissance du sionisme, son terreau nourricier comme la pluralité de ses significations. Confronté à tous les aspects de la modernité politique, en particulier aux problèmes de la nation, de la laïcité, de lutopie sociale et de la culture, le sionisme, loin de ne parler quaux Juifs, contribue à poser les questions capitales du xxe siècle.
Quen est-il des rapports de la langue et de la nation, du peuple et du territoire, quadvient-il dune foi nationale dans le processus général de laïcisation ? Quen est-il des formes culturelles du politique dans les sociétés massifiées au sein desquelles le mouvement national juif a commencé à prendre forme il y a plus dun siècle ? Ces questions ont disparu derrière la focalisation sur le conflit judéo-arabe. Paraphrasant Marc Bloch, nous aimerions dire aux protagonistes daujourdhui : « Sionistes, antisionistes, par pitié, dites-nous ce que fut le sionisme ! »
Professeur dhistoire à Paris, Georges Bensoussan est notamment lauteur de Histoire de la Shoah (PUF, 1996) et de Auschwitz en héritage ? Dun bon usage de la mémoire (Mille et une nuits, 1998).
© Librairie Arthème Fayard, 2002
Parution : 2002 - 1104 pages - 15,3 x 23,5
Prix TTC : 308,3 FF / 47
Code ISBN : 2-213-60883-0
Code EAN : 9782213608839
Code Hachette : 3510831]












