[1] M. Segal, "Pourquoi je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet".
[2] " Quand les adultes ont peur des enfants ".
[3] http://michelsegal.neuf.fr/cariboost1/.
31/03/08
Le point de vue de Aldo Naouri [*]
"Autopsie de lécole républicaine" est un ouvrage remarquable sur les effets catastrophiques de la manière dont on a extrait l'enfant de sa nature d'enfant pour léduquer et linstruire comme s'il était le strict équivalent d'un adulte. À la verticalité rassurante et efficiente de la relation à lui, on a substitué une horizontalité qui obture son devenir en le maintenant dans le statut illusoire de sa toute-puissance.
Le matériel et l'extrême rigueur avec laquelle Michel Segal l'analyse, sans rien laisser dans l'ombre et encore moins au hasard, ne peuvent qu'emporter la conviction : une grave maladie a atteint l'école et l'a rendue moribonde. Accumulant les preuves, l'auteur expose une argumentation et une démonstration des plus brillantes. Dans mon livre "Eduquer les enfants. Une urgence aujourd'hui", je m'associe pleinement à ce réquisitoire en montrant les effets patents, sur les populations défavorisées, de la grave erreur quon a commise en croyant devoir penser lenfant comme on la fait.
Souhaitons que cette réalité soit au plus vite connue du pouvoir politique car les enjeux de société, voire de civilisation, sont considérables.
Paris, le 19 Mars 2008,
Aldo Naouri.
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Quatrième de couverture
L'école a été détournée de l'instruction pour ne plus assurer qu'un rôle de gardien du temple de la morale républicaine. Obsédée par la citoyenneté, la valorisation de l'individu et la modernité, celle-ci a ruiné l'enseignement public. Pavée de bonnes intentions, notre école pénalise d'abord les enfants défavorisés en leur donnant aujourd'hui deux à trois fois moins de chances d'intégrer une grande école qu'en 1975. Pourquoi ? Complaisante, « adaptée à son public », elle se fixe comme seul objectif la réussite de tous, une réussite minimale et mensongère qui ne fait que détruire des générations entières en réfutant le principe d'exigence.
Cette école ne forme pas des adultes, elle enferme les élèves dans leur nature d'enfant. Les émeutes de novembre 2005 sont un de ses résultats directs, et c'est précisément là qu'apparaît une petite partie de l'iceberg, cet immense désastre, émergeant lentement d'un océan de statistiques illusoires.
En trente ans, le principe même d'autorité a été détruit dans les programmes, les directives et les pratiques enseignantes par un ministère de l'Éducation nationale complètement irresponsable et doté des pleins pouvoirs. Aujourd'hui encore, il confirme sa volonté de négation d'héritage en consolidant les principes de ce monstre en habit républicain qui démultiplie les inégalités sociales, prépare la barbarie et enclenche le déclin économique du pays.
Il ne faut ni attendre ni souhaiter un retour vers le passé, mais plutôt une vraie modernisation qui centrerait exclusivement l'école sur l'instruction et la débarrasserait de la politique et de la morale qui l'ont tuée.
Professeur de mathématiques, Michel Segal a enseigné dans les lycées des beaux quartiers et dans les collèges ZEP de banlieue. Entré à l'Éducation nationale à 41 ans, il en donne huit ans plus tard une analyse inquiétante.
(Suite dans les "bonnes pages" de louvrage.)
Mis en ligne le 31 mars 2008, par M.











