Chirac d'Arabie, par Eric Aeschimann et Christophe Boltanski
Grasset, octobre 2006 - ISBN 2246691214.
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Présentation de l'éditeur

Voici venu le temps du bilan pour Jacques Chirac. Pour beaucoup de Français, il reste l'homme qui a dit non à la guerre en Irak. L'homme du dialogue et de la main tendue. L'ami des Arabes, en somme. La réalité est moins simple, moins flatteuse aussi. Les auteurs de Chirac d'Arabie, après une enquête fouillée, établissent ici le portrait d'un chef d'Etat en homme qui n'aime pas l'Occident et que l'Orient captive. Depuis son service militaire en Algérie jusqu'à sa prise de position sur le Liban, le président louvoie entre la prudence stratégique, le courage de façade, et le prisme colonial.
Ce livre sans concessions ouvre l'inventaire de notre politique étrangère : contrats d'armement et conseils paternalistes, relations personnelles et intermédiaires. Chirac a-t-il sciemment vendu la technologie nucléaire à Saddam Hussein ? A-t-il fait retarder la libération des otages français au Liban ? Pourquoi s'est-il montré si complaisant envers les leaders autocrates, de Hafez El-Assad à la famille royale saoudienne, de Mohammed VI à Bouteflika ? A-t-il pris le parti d'Arafat contre Israël ? Comment expliquer son soutien indéfectible au clan Hariri ?
La politique arabe de la France, emblème national, est-elle simplement en voie de disparition ?
Les auteurs
Eric Aeschimann, journaliste au service politique de Libération, est l'auteur, avec Pascal Riché, de La guerre de sept ans, histoire secrète du franc fort (1989-1996), (Calmann-Lévy, 1996). Christophe Boltanski, chef adjoint du service étranger à Libération, est l'auteur, avec Jihan el-Tahri, de Les sept vies de Yasser Arafat (Grasset, 1997).
2. Recension de Francis Rozange, sur le webzine La Factory
"Chirac dArabie"
25/10/06
Chirac dArabie est le roman passionnant dun jeune homme fraîchement diplômé de ladministration qui va littéralement faire ses armes en Algérie avant dembrasser le destin quon lui connaît et devenir lune des personnalités les plus populaires des pays arabes, à défaut de lêtre en France.
La scène se déroule en Algérie : Un Chirac déjà exalté défend l'usage de la torture devant le couple Joxe, qu'il a invité à dîner. Du côté des insurgés, il hésitera longuement avant de signer le soutien au général de gaulle afin d'éviter la débandade des fonctionnaires. Jusqu'au bout, il croira à l'Algérie française, où il retournera en triomphateur après son opposition à la guerre en Irak. Arafat le surnommera « docteur Chirac », tant il prendra à cur les intérêts des Palestiniens à cur, sans pour autant commettre les mêmes erreurs que Giscard, et multipliera les signes en direction des juifs de droite. C'est un Chirac sympathique - même ses adversaires lui reconnaissent cette qualité - que l'on découvre : le président de la république peu protocolaire, troquant son costume pour un survêtement noir dans l'avion officiel, entouré de ses conseillers et des journalistes. Mais il est aussi question des valises, en particulier celles de l'un de ses meilleurs amis, Rafik Hariri, devenu, comme on le sait, Premier Ministre du Liban, et qui avait l'étrange habitude de dépêcher des avions au Bourget sans qu'en descende le moindre passager.
Chirac d'Arabie, ce n'est, en effet, pas tant une aventure diplomatique quune aventure d'amitié et une fascination affirmée pour l'orientalisme, tandis qu'il s'avoue « écrasé » par la civilisation judéo-chrétienne. Ouvrage de vulgarisation plus que d'analyse politique de haute volée, Chirac est plus romanesque que jamais et, à travers sa petite histoire, se dessinent les rouages de la « grande histoire » diplomatique, dont il a toujours voulu faire partie et qui est, comme on le sait, le domaine réservé des présidents américains.
Eric Aschimann est journaliste au service politique de Libération et Christophe Boltanski au service étranger, il fallait bien cela pour cerner le « monstre » Chirac : bête politique dont, selon Bernadette, la phrase favorite est « je file », et qui n'est, semble-t-il, jamais heureux qu'en voyage.
Sympathique, on vous dit. Et
d'autant plus dangereux.
© Amazon et La Factory
Mis en ligne le 1er novembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











