05/07/05
L'action des adversaires du désengagement
Le mouvement «la maison nationale», qui est responsable des opérations de blocage de routes, ces derniers mois, pour protester contre le plan de désengagement, a annoncé à ses militants qu'ils devaient commencer à se rendre, de manière indépendante, dans le Goush Katif - rapporte le Haaretz. Les dirigeants du mouvement sont conscients du fait que leur initiative risque d'entraîner la fermeture du Goush Katif, et ils ont annoncé à leurs militants que dans un tel cas de figure, les opérations de blocage des routes deviendraient hebdomadaires. Ces opérations auront lieu deux fois par semaine, le lundi et le mercredi, entre 17h00 et 18h00, dans tout le pays.
Parallèlement, le Conseil des implantations de Judée et Samarie projette d'organiser un grand défilé de soutien, avec des milliers de voitures et de bus qui se rendront dans le Goush Katif.
D'autre part, un sondage réalisé par l'association Naamat montre que 84 % des israéliens s'opposent à impliquer des enfants dans la lutte contre le démantèlement des implantations. En revanche, 52% des sondés ultra-orthodoxes estiment qu'on peut impliquer les enfants.
Selon le Yediot Aharonot, les députés opposés au désengagement se préparent à lancer la dernière offensive susceptible de freiner le désengagement : la Commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, ainsi que la Commission des Lois doivent aujourd'hui examiner si le gouvernement "est près en vue de l'application du plan de désengagement". Le Premier ministre a été convié au débat, qui devrait être houleux, et les députés lui poseront non moins de 150 questions, comme par exemple :
▪ Après le désengagement, comment Israël compte-t-il empêcher qu'il soit porté atteinte aux habitants des villes d'Ashkelon, de Sderot, de Netivot, d'Ofakim et d'Afoula ?
▪ Comment Israël compte-t-il empêcher que des tunnels pour le trafic d'armes soient creusés dans les limites de la Ligne verte ?
Le Président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, Y. Steinitz, et le Président de la commission des Lois, M. Eytan, préparent un autre front anti-Sharon, à propos du déploiement de forces égyptiennes le long de l'axe Philadelphie. Appuyés par le Président de la Knesset, R. Rivlin, Steinitz et Eytan estiment nécessaire de soumettre cette décision à l'approbation de la Knesset. Le Premier ministre Sharon et le Conseiller juridique, M. Mazouz, affirment le contraire.
Menaces du Hamas
« Le Hamas menace de tirer des roquettes Qassam depuis la Cisjordanie », annonce la manchette du Maariv. Cette organisation intensifie ses efforts pour déplacer de la bande de Gaza vers la Cisjordanie les structures de fabrication des roquettes Qassam, tout en augmentant leur portée. L'objectif poursuivi est de créer un «équilibre de la peur» entre le Hamas et Israël, en annulant l'avantage procuré à ce dernier par la barrière de sécurité.
Un article argumenté paru sur le site Internet du Hamas explique sa stratégie. Il fait valoir que «la distance entre Tulkarem et Netanya ne dépasse pas 4 km», Ramallah et Bethléem jouxtent Jérusalem, et «la distance entre Kalkiliya et Tel-Aviv est de7 km». Le Qassam sera «la prochaine arme palestinienne de dissuasion, comme les attentats-suicide l'ont été, ces dernières années».
Les services de renseignement israéliens constatent que, depuis quelque temps, le Jihad islamique s'efforce de concurrencer sérieusement le Hamas - qui maintient un calme relatif dans le cadre de la «tahadiyeh» [trêve] - en édifiant notamment des réseaux d'aide sociale à la population palestinienne défavorisée.
Exigences palestiniennes
Le chef du Conseil national israélien de sécurité, le général (rés.) Guiora Eyland, a déclaré, hier à la Commission des AE et de la Défense de la Knesset que l'Autorité palestinienne « exige qu'on lui remette une zone de deux kilomètres au nord de la bande de Gaza (au-delà de la Ligne verte), où se trouve le village israélien, Netiv Ha-assara », rapporte notamment le Haaretz.
Selon Eyland, c'est le ministre palestinien Mohammed Dahlan qui a présenté cette exigence, en se fondant sur l'accord de cessez-le-feu israélo-égyptien de 1949, non accompagné de cartes, où il était dit que « la frontière passe à 2 km au nord de la Bande de Gaza ». Mais les Palestiniens ne tiennent pas cas d'un accord passé en 1950 et reconnu par la communauté internationale, qui sanctionne la frontière actuelle de la Bande de Gaza.
M. Dahlan a nié avoir présenté cette exigence aux Israéliens. Dans l'entourage du ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz, on nie également qu'une requête de ce genre ait été présentée par les Palestiniens.
Le Haaretz affirme, par ailleurs, que des hommes d'affaires et des agents immobiliers palestiniens de la bande de Gaza ont commencé à acheter et vendre, ces derniers mois, des terrains situés aux abords des implantations juives destinées à l'évacuation. Dans certains cas, il s'agit de terrains qui étaient la propriété privée de Palestiniens, avant leur expropriation pour la construction des colonies juives.
Dans la Bande de Gaza - à la différence de la Cisjordanie -, quelques 90 à 95 % des terres sur lesquelles ont été édifiées les implantations appartiennent au domaine public («Miri», en Droit ottoman / Ndt), le reste étant propriété privée. Le domaine public doit passer normalement sous le contrôle de l'AP, mais on a décelé, ces derniers temps, des tentatives, faites par des d'hommes d'affaires et aussi des fonctionnaires de l'AP,de fabriquer des faux titres de propriété.
L'un des secteurs les plus convoités est celui où résident les bédouins Muassi, au sud de la bande de Gaza, et dont ils ont la propriété - par exemple à Neveh Dekalim.
De son côté, l'Autorité palestinienne a fait savoir que toutes les transactions qui pourraient être réalisées ces jours-ci seront nulles et non avenues. Mais les observateurs avertis, tant israéliens que palestiniens, font valoir que ce sont justement les gens de l'Autorité palestinienne qui s'emploient le plus activement au «partage des dépouilles», précise le journal.
D'autre part, une rencontre de coordination entre les responsables israéliens et palestiniens, pour le transfert de Bethléem sous le contrôle de l'Autorité palestinienne, s'est achevée, hier, sans résultats, note le Haaretz.
Présence de forces égyptiennes
Des forces égyptiennes se déploieront le long de l'axe Philadelphie avant le désengagement, rapporte le Haaretz. Selon un mémorandum israélo-égyptien dont l'élaboration est pratiquement achevée, 750 policiers et gardes-frontières égyptiens seront déployés le long de cet axe, soit sur 15 km. Israël continue d'exiger de l'Egypte qu'elle assume entièrement la responsabilité d'empêcher la contrebande d'armes dans ce secteur, mais les Egyptiens rechignent à la tâche.
Une source israélienne a confié qu'Israël ne désire pas faire capoter les ententes déjà intervenues à ce jour, au prétexte que les Egyptiens hésitent à prendre une complète responsabilité. Tsahal ne se retirera de l'axe Philadelphie que lorsque la preuve aura été administrée que les unités égyptiennes font un «travail efficace».











