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Petite revue de presse avant le Shabbat, Simon Pilczer
25/06/04Dans le Figaro
D'abord pour la gourmandise, le toujours pertinent et impertinent Ivan Rioufol :
Le bloc-notes d' Ivan RIOUFOL
[25 juin 2004]
Illisible Europe
Les abstentionnistes des élections européennes n'étaient pas mauvais juges. Ils ont répondu: on n'y comprend rien, mais on ne dit pas non. Pas de quoi les blâmer, en les disant futiles, infantiles, mercantiles. Il ne peut leur être reproché d'avoir soulevé cette évidence : quelque chose cloche dans cette Union brouillonne, qui fait élire ses députés avant de savoir à quelle Constitution ils auront à répondre et si celle-ci sera adoptée par les vingt-cinq États.
Un génocide se prépare au Darfour, il a même déjà commencé.
Un million de Soudanais noirs sont concernés.
Pourquoi en faire des gorges chaudes à la télé ? Ce ne sont que des cavaliers arabes islamisés qui massacrent des noirs chrétiens réduits à l'exil ou à l'esclavage : la routine quoi !
Et puis, c'est vrai, au Darfour, il n'y a pas d'hôtels avec air conditionné comme en Israël ou à Bagdad.
Pour être journalistes, on n'en n'aime pas moins son petit confort...
Le Darfour sous la menace de la faim et des «cavaliers arabes»
Des pourparlers de paix devraient réunir la semaine prochaine à Paris des représentants du gouvernement soudanais et du Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), l'un des deux groupes rebelles qui se sont soulevés dans le Darfour. Une trêve est en vigueur depuis le 8 avril, mais les deux camps s'accusent de violer l'accord de cessez-le-feu. Par ailleurs, le secrétaire d'Etat, Colin Powell, se rendra au Soudan la semaine prochaine, au Darfour, où certains officiels américains commencent à évoquer un «génocide».
El-Geneina : de notre envoyé spécial Thierry Oberlé
[25 juin 2004]
ARABIE SAOUDITE : Malgré les appels américains
Riyad tente d'éviter la fuite des expatriés
Djedda : de notre envoyé spécial Pierre Prier
[25 juin 2004]
«Dieu est grand, et nous annonçons donc, pour la dernière fois, que nous ouvrons les portes à une amnistie et au retour vers le droit chemin de tous ceux qui s'en sont écartés et ont commis des crimes.» Cinq jours seulement après la mort du chef d'al-Qaida en Arabie saoudite, le prince héritier Abdallah pousse son avantage dans un appel solennel à la télévision. L'accrochage dans lequel les forces de sécurité saoudiennes ont abattu Abdelaziz al-Moqrin et trois de ses comparses, vendredi soir à Riyad, a mis fin à une période de poisse et de doute qui engluait la monarchie saoudienne depuis le début de la dernière vague terroriste, au mois de mai. /.../
La crise a aussi laissé des traces dans les relations entre le royaume saoudien et son protecteur américain. Dans une interview au Figaro, le ministre de l'Intérieur, le prince Nayef Ben Abdelaziz, avait accusé Washington de se montrer avare en renseignements et de ne pas faire d'efforts pour arrêter Abou Moussab al-Zarqawi, le leader d'al-Qaida en Irak. Saoud al-Fayçal, pour sa part, s'irrite devant les appels à quitter l'Arabie, lancés par leur ambassadeur à tous les Américains présents en Arabie. «Ce n'est pas un comportement sage. C'est même le meilleur moyen de faire gagner le terrorisme. Si on s'enfuit, cela ne fait qu'augmenter les problèmes. La seule façon de combattre le terrorisme, c'est de lui faire face.»
Saoud al-Fayçal refuse également d'édulcorer les positions saoudiennes vis-à-vis du conflit palestinien, sous prétexte qu'Israël est également dénoncée par al-Qaida : «Les Saoudiens ne haïssent pas l'Occident. Ils sont en colère contre les positions américaines au Proche-Orient, parce qu'ils voient l'injustice qui frappe les Palestiniens, et qu'Israël pratique le terrorisme d'Etat et s'en tire sans dommage devant la communauté internationale.» /.../
Le ministre semble pourtant admettre que le combat contre les voix extrémistes se mène aussi à l'intérieur du royaume. Tout en refusant de comparer l'enseignement fondamentaliste local avec celui de Ben Laden, il annonce un coup de balai dans les mosquées et les établissements scolaires : «Nous avons limogé 1 200 imams, renvoyé des professeurs extrémistes et des directeurs d'école.» Saoud al-Fayçal en profite pour réaffirmer que l'Arabie saoudite entend aller plus loin et réformer son système scolaire lui-même, souvent soupçonné d'engendrer une mentalité fondamentaliste. «Il est nécessaire d'agir avec force. Dans le domaine de l'éducation, le gouvernement n'acceptera rien d'autre que des changements radicaux.»
Le ministre des Affaires étrangères ne craint pas de contredire ainsi le ministre de l'Intérieur, le prince Nayef, qui s'affirme satisfait du système scolaire saoudien. Ces déclarations entrouvrent une fenêtre sur le débat qui se déroule en privé dans la famille royale à propos de l'autre grand chantier des al-Saoud, les réformes enclenchées par le prince Abdallah sous la pression de nombreux intellectuels. Selon Saoud al-Fayçal, «il y a des opinions différentes dans toutes les familles. Mais cela ne veut pas dire que la famille royale est divisée sur la nécessité d'appliquer les réformes réclamées par les citoyens».
Autrement dit, ils n'ont pas fini de bourrer la tête de leurs enfants de violence, et d'incitation à l'antisémitisme.
Lire à ce sujet le résumé de l'analyse des livres de classes de la sixième à la terminale, analyse du CMIP dirigé par Ygal Palmor, traduction française disponible à l'URL : moise.sefarad.org/print.php?id=1029
Sur Guysen :
'' La politique de Sharon est dangereuse pour ses voisins '', a déclaré l'eurodéputé socialiste Michel Rocard sur une radio juive parisienne, le 23 juin. Il a nié avoir tenu lors d'une conférence en anglais à Alexandrie les propos qui lui sont prêtés. (Guysen.Israël.News)
'' Les projets de paix ont toujours reçu un appui'' selon les sondages effectués auprès des Israéliens. '' Le Parti socialiste est un défendeur d'Israël, mais est critique du Likoud. Je suis un vieil ami de Shimon Pérès ''.
M. Rocard maîtrise encore mal son anglais. Et puis M. Rocard est-il un démocrate ?
Ariel Sharon est le "représentant élu et légitime du peuple israélien", et pour un temps limité.
Ce qui nous change un peu de la madonne arafatienne qui fait pleurer la chaisière de Bethléem.
Shimon Peres et les travaillistes israéliens ont perdu les dernières législatives en Israël :
M. Rocard le sait-il ? sait-il aussi qu'il est dans l'opposition en France, ou croit-il qu'il est encore Premier Ministre ?
Le CRIF a reçu le 23 juin, à Paris, une importante délégation du Parti socialiste dirigée par François Hollande. Celui-ci a démenti les supposées prises de position de l'ancien Premier ministre et eurodéputé Michel Rocard. (Guysen.Israël.News)
Une délégation du PS se rendra prochainement en Israël, en compagnie de membres du CRIF, et y rencontrera les dirigeants israéliens. Le PS s'est engagé à former ses militants et cadres, à sensibiliser le public scolaire et universitaire à la lutte contre l'antisémitisme et contre le terrorisme.
C'est bien : si on avait laissé passer les dérapages de M. Rocard, et malgré ses démentis sur une mauvaise traduction de ses propos en anglais, la délégitimattion d'Israël continuerait de faire son chemin au P.S.
Il est temps que le parti de Jaurès, de Blum et de Zimeray revienne vers ses idéaux de Justice et de Vérité, partagés avec Israël.
Relire le discours de François Zimeray devant le parlement européen, avant que celui-ci ne vote la rupture des liens entre l'UE et Israël.
Texte disponible sur le site de l'UPJF à l'URL : www.upjf.org/detail.do?noArticle=7607&noCat=116&id_key=116#
'' Face aux actes antisémites et racistes, l'impératif est à la mobilisation, du haut en bas et du bas au haut de la société. Il n'y a pas la moindre excuse à ces actes. Les sanctions doivent être exemplaires '', a déclaré le ministre français de l'Intérieur et des Cultes, Dominique de Villepin. (Guysen.Israël.News)
'' Aucune tolérance n'est possible à l'égard de ces actes ''. M. de Villepin, Michèle Alliot-Marie et Hamlaoui Mekachera, ses homologues à la Défense et aux Anciens combattants, ont condamné la profanation d'une cinquantaine de tombes musulmanes commise dans la nuit du 23 au 24 juin au cimetière militaire de Haguenau (Alsace). '' Des croix gammées et des slogans racistes ont été inscrits sur ces tombes.
C'est bien aussi : il ne reste plus au gouvernement qu'à se faire entendre des juges.
Libération :
Encore une bourde de juge d'instruction :
A quand la responsabilité personnelle des magistrats pour leurs erreurs si coûteuse à la société ?
Ils jugeraient moins dans la sérénité ?
Et pourquoi serait-ce toujours les victimes qui vivraient dans le stress et la frustration ?
La guerre des juges sauve les jihadistes
Le juge antiterroriste refuse des mises en examen.
Par Patricia TOURANCHEAU
vendredi 25 juin 2004 (Libération - 06:00)
Une «guerre» de pouvoir entre le parquet de Paris et les juges antiterroristes a conduit au sabordage d'une enquête sensible sur une filière d'envoi de jihadistes en Irak, via la mosquée Iqra de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), révélée par une opération de police judiciaire, le 15 juin.
Une fois n'est pas coutume de la part des juges d'instruction chapeautés par Jean-Louis Bruguière, les cinq suspects n'ont pas été mis en examen pour des faits relevant du terrorisme et tous ont été libérés. Au grand dam du procureur, qui juge les indices réunis contre ces islamistes extrémistes «graves et concordants» et fait appel de la décision du juge Philippe Coirre.
La totlité de l'article à l'URL : www.liberation.fr/page.php?Article=218399
Pour finir sur cette note de lumière et d'espérance : la découverte émerveillée de l'autre... culture
A l'URL : www.dna.fr/local/culois/20040625_DNA001486.html
Les dernières nouvelles d'Alsace
Gabriel Attias et Gaston-Paul Effa
Le Juif et l'Africain

Gaston-Paul Effa : J'ai saisi le contraste avec ce que j'ai vécu en Afrique» (Photo DNA - Alain Destouches)
Instructif dialogue entre Gabriel Attias, le Juif, et Gaston-Paul Effa, l'Africain.
Dialogue intitulé : la double offrande.
Gabriel Attias enseigne l'histoire de la civilisation hébraïque, ainsi que l'hébreu, à l'école ORT de Strasbourg. Il est né au Maroc, dans une famille juive. A part des traductions, il n'avait jamais publié. Gaston-Paul Effa possède une belle renommée d'écrivain. Enseignant la philosophie aux lycées de Dieuze et de Phalsbourg, ce Camerounais d'origine, qui s'investit beaucoup dans le développement de l'éducation à Yaoundé, est un ancien séminariste qui s'est aperçu que sa connaissance de l'histoire des religions judéo-chrétiennes était incomplète, parce qu'il lui manquait la maîtrise de l'hébreu.
« L'urgence d'apprendre »
Dans sa quête de la langue juive, ses pas l'amènent à rencontrer Gabriel Attias, très surpris qu'un « goy » entende s'éveiller à cette culture. Sept ans d'apprentissage, de découverte émerveillée de l'autre et, au-delà de l'autre - de la culture de l'autre, Gaston-Paul Effa est émerveillé. « On n'apprend pas l'hébreu comme on apprend le français. L'hébreu est une langue où l'on apprend à s'étonner au quotidien, car les Juifs sont dans l'urgence d'apprendre », indique le prof de philo, établi à Sarrebourg.
Les 700 feuillets de notes relevées durant ces rencontres débouchent aujourd'hui sur cette « double offrande » : « Je te donne, tu me donnes, constate avec passion Gaston-Paul Effa. J'ai saisi le contraste avec ce que j'ai vécu en Afrique. »
« Deux modes de subversion »
Le principal contraste n'est pas d'ordre génétique, puisque Cham, qui fonda la race africaine fut, avec Sem et Japhet, l'un des trois fils de Noë, mais culturel quoique les peuples juif et noir se retrouvent très proches dans les souffrances millénaires qu'ils ont subies : « l'Africain et le Juif sont deux modes de subversion de la civilisation occidentale qui ne supporte pas leur interpellation ni leur modalité particulière d'interroger l'humain en chacun des hommes de l'Occident », observe Armand Abécassis, dans la préface.
On ne sort pas indemne de la lecture d'un ouvrage de réflexions profondes de ce type. Au-delà de la confrontation entre l'oralité africaine et l'écriture juive, des modes de transmissions différents, des processus d'initiation, de la place de la femme et de sa dignité dans les deux sociétés, de l'attitude de chacune des communautés devant la mort et le mal, de la magie africaine ou de la mystique juive, de la musique et de l'exil, de la nature et de l'homme, naissent en effet des connivences, très souvent nourries par des références historiques ou bibliques puisées notamment dans la tradition juive. Et surtout, au détour de chaque page imprimée avec l'encre de la générosité, le lecteur se sent interpellé.
Bernard Delattre
Shabbat Chalom
Simon Pilczer
Mis en ligne le 25 juin 2004 sur le site www.upjf.org.











