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Newsletter d'upjf.org du 18.12.07 entièrement consacrée à l'affaire Al-Dura
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Cette newsletter est entièrement consacrée à l'affaire Al-Dura. Qu'on me pardonne d'avoir remis en course les articles 3 et 4, déjà mentionnés dans une précédente Newsletter. Ce rappel m'a paru nécessaire pour permettre aux internautes de se rendre compte de l'évolution de l'affaire et de sa couverture de presse. A celles et ceux qui veulent avoir une idée de la nature de cette couverture de presse, précisément, je recommande la consultation de l'article 5, ci-après. A mesure que nous approchons de la date fatidique de l'audience d'appel (début février 2008), il importe de rester mobilisés et attentifs à tout ce qui se publie sur le sujet. Je profite de l'occasion pour remercier ici, chaleureusement, celles et ceux qui me signalent régulièrement les articles dont ils ont connaissance : c'est en partie grâce à eux que notre site reste à la pointe de l'information sur ce sujet spécifique.
 
Cordialement. Menahem Macina
 
 
[Rappel : on peut trouver des centaines de textes afférents à la controverse Al-Dura sur mon site personnel : debriefing.org.]
 
1. Al-Dura père: La preuve par les cicatrices mise à mal par un chirurgien de l'hôpital Tel Hashomer
 
Luc Rosenzweig me transmet aimablement l’importante information suivante, que je développe ci-dessous, après avoir visionné attentivement la vidéo (en hébreu) dont le lien figure sur le site israélien Nana. Celles et ceux d'entre nous qui suivent de près l'affaire al-Dura connaissaient depuis longtemps l'existence d'un dossier médical afférent aux soins reçus, en son temps, par Jamal al-Dura à l'hôpital de Tel Hashomer. En ce qui me concerne, je savais que des enquêteurs de Tsahal avaient pris connaissance de ce dossier, mais il m'était impossible d'en faire état, à la fois pour ne pas nuire à la défense de Philippe Karsenty, et par manque de preuves concrètes. La révélation faite hier par la chaîne israélienne me délie de mon silence.
 

13/12/07, 12h 45

Dernière minute (13/12/07, 13h 38) : Metula News Agency a mis en ligne en lecture libre un compte-rendu consacré à l'information dont nous traitons ci-dessous. Ils y liront des détails intéressants qui ne figurent pas dans le bref reportage diffusé par la chaîne 10 israélienne.

 

La chaîne 10 israélienne consacrait hier soir un bref reportage à la question fort disputée de l’origine des cicatrices de Jamal Al-Dura, père de l’enfant palestinien, Mohammed al-Dura, réputé avoir été tué par l’armée israélienne.

 

Jamal Al-Dura a toujours affirmé que ses cicatrices provenaient, sans contestation possible, des balles que Tsahal avait délibérément tirées sur lui et sur son fils Mohammed.

 

En son temps, la chaîne France 2 avait même dépêché le caméraman d’Enderlin, Talal Abou Rahma,
au domicile de Jamal, et avait dûment filmé les cicatrices exhibées par lui devant la caméra.

 

Il y a quelques années, après avoir visionné ce reportage dans les locaux de France 2, même des journalistes aussi avertis que Denis Jeambar et Daniel Leconte avaient été convaincus d’abandonner leur enquête sur la possibilité que les images de la vidéo diffusée dans le monde entier, censées montrer la mort en direct de l’enfant palestinien, Mohammed  Al Dura – imputée à Tsahal –, soient le résultat d’une mise en scène et d’un montage.

 

Le témoignage d’un médecin israélien, diffusé au cours de l’émission de la X, le 12 décembre, est de nature à remettre en cause cette "preuve par les cicatrices", qui semblait indiscutable.

 

Interviewé par la chaîne israélienne, le Dr Youda David, spécialisé dans la micro-chirurgie réparatrice, a déclaré que Jamal Al Dura avait été admis, en 1994, à l’hôpital Tel Hashomer, suite à une agression violente dont il avait été victime par des malfrats qui lui avaient porté plusieurs coups de hache, avec, entre autres conséquences, une totale absence de motricité et de sensibilité de sa main droite.

 

Le Dr Youda David affiche sur l’écran de son ordinateur les photos des cicatrices de la main droite de Jamal, et affirme, en les comparant à celles qui apparaissent dans le reportage de Talal Abou Rahma, qu’elles ne sont pas consécutives à des impacts de balles, mais aux traces des interventions de micro-chirurgie réparatrice, qui ont été nécessaires pour rendre à la main droite du patient la motricité qu’elle avait perdue. Il affirme, avec la certitude que lui confère son expertise de praticien, que des cicatrices fines et longues, comme celles que l’on peut voir à l'écran, sont le résultat des interventions chirurgicales qu’a subies Jamal al-Dura, suite à son agression, et ne peuvent, en aucun cas, être le résultat d’impacts de balles, dont les traces sont très différentes et impossibles à confondre avec celles d’une opération.

 

Le bref reportage se termine néanmoins sur une prise de distance prudente avec la thèse de la mise en scène, brièvement exposée par Stéphane Juffa, lui aussi interrogé par le journaliste au cours de ce reportage de la chaîne 10.

 

Menahem Macina

 

© Upjf

 

Mis en ligne le 13 décembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

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2. Al-Dura : Une ancienne interview du psychanalyste Gérard Huber, qui fait encore référence
 
Le texte de cette interview figure dans le dossier [*] (non daté, mais probablement réalisé en 2003), consacré par le site Primo Europe au livre du psychanalyste Gérard Huber, "L’affaire Mohammed Al Doura – Contre expertise d’une mise en scène". Malgré son ancienneté, il m’a semblé utile à la documentation de cette affaire de remettre en ligne cet entretien [**]. (Menahem Macina).


2003
 

Texte repris, après relecture et corrections, du site Primo Europe : [*] Le dossier ; [**] L’interview.

 

Primo Europe : Gérard Huber, bonjour. Des milliers d'enfants meurent, jour après jour, dans des conflits. Vous avez choisi de vous intéresser à la mort du petit Palestinien Mohammed Al Dura en y consacrant votre dernier ouvrage. Pourquoi ?

Gérard Huber : Je ne me suis pas levé un matin en me disant : De nombreux enfants sont tués dans des conflits aux quatre coins de la planète. Et si je faisais un livre sur la mort de l’enfant palestinien appelé Mohammed ! Non ! J’ai décidé un jour d’écrire un livre sur le reportage de France 2 dont les images étaient interprétées par le journaliste Charles Enderlin comme le meurtre de Mohammed par les soldats israéliens, parce que j’avais vu le reportage d’Esther Schapira, une journaliste allemande de la chaîne ARD qui mettait en doute les conclusions du journaliste de France 2. Et parce que ce film m’avait profondément touché. J’avais besoin de comprendre ce qui m’apparaissait comme une énigme. D’où mon enquête.

Primo Europe : Vous parlez d'énigme. Où voyez-vous une énigme dans ces images diffusées par France 2 ?

Gérard Huber : Une énigme est quelque chose dont le sens est obscur ou ambigu. Dénouer une énigme, c’est trouver le sens intentionné. Ici, le cœur de l’énigme est le commentaire de Charles Enderlin.

Le premier élément de l’énigme est le suivant : pourquoi Enderlin dit-il, le 30 septembre 2000 : « Ici Jamal et son fils Mohammed sont la cible des tirs venus des positions israéliennes... Mais une nouvelle rafale. Mohammed est mort et son père gravement blessé ». Et pourquoi ne dit-il rien sur l’origine de ces balles, deux ans plus tard, le 4 novembre 2002, lorsqu’il projette ces images dans son émission «Le Rêve Brisé » ?

La réponse est : parce qu’entre les deux diffusions, le seul « témoin de la scène », le caméraman palestinien, Talal Abou Rahma, qui a filmé les rushes, s'est rétracté.

Dans un premier temps, le 3 octobre 2000, le caméraman palestinien disait que les Israéliens avaient tué l’enfant intentionnellement et de sang froid (témoignage donné sous serment à une organisation palestinienne des droits de l’homme à Gaza). Puis dans un deuxième temps et de façon tout aussi officielle, il écrit, le 28 septembre 2002, dans un fax officiel adressé à France 2 qu'il n'a « jamais dit à Palestinian Human Rights Organization, de Gaza, que les soldats israéliens avaient tué intentionnellement ou de sang froid Mohammed Al Dura, et blessé son père ». « Tout ce que j’ai dit, poursuit-il, dans toutes les interviews que j’ai données, est que d’où j’étais, je voyais le tir qui venait de la position israélienne ». Le désaveu du caméraman s’ajoute ainsi aux nombreuses contradictions, incohérences et autres dénégations qui jalonnent les témoignages de tous les protagonistes de cette histoire.

Le second élément est le suivant : pourquoi Enderlin maintient-il que l’enfant a été tué, alors que, dans le reportage d’Esther Schapira, on l’entend dire clairement qu’il n’a jamais dit aux radios arabes qui l’avaient interrogé que les Israéliens avaient tué l’enfant ? Pourquoi maintient-il cette version, alors qu’il a également reconnu que « quant au moment où le gamin reçoit les balles, il n’a même pas été filmé » ? Enfin, pourquoi maintient-il cette version, alors qu’on ne voit ni impact de balles, ni sang sur les corps de l’enfant (réputé pourtant avoir été atteint de deux ou trois balles) et de l’adulte (qui en aurait reçu neuf) ?

Primo Europe : Nous reviendrons à l'analyse de ces images et au rôle fondamental du caméraman palestinien. Restons un moment sur votre motivation. Vous parlez du sens intentionné à propos de l'énigme. Ne peut-on tout simplement envisager que Charles Enderlin, pressé par sa rédaction à Paris, et heureux de pouvoir s'attribuer un scoop, a diffusé et commenté ces images sans en vérifier totalement la véracité ? Et, s'étant ensuite trouvé piégé par le retentissement mondial de son reportage, qu’il a été dans l'impossibilité de rectifier, voire de se contredire sans compromettre sa réputation ?

Gérard Huber : Tout d'abord, je vous rappelle que
Metula News Agency a réalisé un film dans lequel on voit le « making of » [1] de la « mort de Mohammed » et d'autres saynètes du même genre. Assez souvent, lorsque des personnes ont assisté à une de mes conférences et vu le film de la Mena, elles sont tentées de reconstituer ce qui s’est passé dans la tête de Charles Enderlin, comme vous venez de le faire. Mais une hypothèse de ce genre ne peut trouver une infirmation ou une confirmation qu'à partir du discours même de Charles Enderlin.

Or que dit ce journaliste ? Dans une interview référencée par le Centre de Formation des Journalistes (in CFJ), au demeurant devenue inaccessible [2] depuis la parution de mon livre (je n’établis pas de relation de cause à effet mais je constate), Enderlin écrit : « le débat avec la rédaction à Paris a été très court. J'ai décidé avec Philippe Harrouard (le rédacteur en chef du week-end) de diffuser les images à l'intérieur d'un reportage factuel. Car, dès lors que les images vidéo ne sont pas intégrées dans un reportage, il y a un risque énorme qu'elles soient détachées de la réalité et deviennent de la propagande. Ensuite, j'ai retiré quelques images au montage, la séquence étant trop longue. Puis j'ai demandé que l’on prévienne les téléspectateurs de la dureté des images ».

Selon ses propos,

1. Enderlin n’a donc pas été pressé par sa rédaction, mais c’est lui qui l’a pressée.
2. Il n’a pas eu conscience qu’il s’attribuait un scoop (au sens journalistique du terme), mais que ces images étaient porteuses d’un événement exceptionnel.
3. Il s’est porté garant de la véracité des images.
4. Il n’a pas pensé à un quelconque retentissement mondial de son reportage, mais il l’a assumé, une fois qu’il a eu lieu, parce qu’il croyait fermement en cette véracité.
5. Il ne rectifiera jamais l’information de son propre chef (sauf par omission, comme je l’ai dit plus haut, au sujet de l’origine des tirs), parce qu’il est dans une logique où il est persuadé que ce qui l’a fait croire en la véracité des images est toujours opérationnel aujourd’hui, malgré tout ce qui est désormais démontré et qui contredit cette version des faits, et surtout malgré les conclusions incontournables de mon enquête.

Le sens intentionné de l’énigme est donc lui-même de l’ordre de l’énigme.

Enderlin dit qu’il est éthique que France 2 ait diffusé ces images gratuitement auprès de toutes les chaînes du monde entier. Or, je sais, de source sûre, qu’il y a eu un débat contradictoire très intense sur ce point au sein de la rédaction de France 2 de l’époque, car ce point de vue n’était justement pas évident. Même quand il [Enderlin] dit cela, on ne peut affirmer qu’on détient le sens intentionné de l’énigme qu’il pose.

Pour un psychanalyste, il peut s’agir d’une énigme oedipienne, mais aussi d’une énigme pharaonique...

Primo Europe : Est ce qu'une partie de la solution de cette énigme n'est pas dans nos rapports différents à la réalité, à la vérité, à la fable ? France 2 a proposé aux téléspectateurs occidentaux un reportage sur la mort d'un enfant. Vous parlez de mise en scène. N'est-ce pas une manière d'appréhender deux approches d'une même réalité ? L'imaginaire oriental se nourrit de faits d'armes, d'héroïsme, d'émotion. Le pragmatisme occidental, sans nier l'importance de plus en plus grande du compassionnisme, prétend à la neutralité objective. Les deux ne se sont-ils pas heurtés encore une fois ?

Gérard Huber : Ce que vous voulez dire, c’est que l’imaginaire oriental et le pragmatisme occidental sont les deux faces d’une même médaille, et que, malgré cela, ou à cause de cela, ils se heurtent périodiquement.

C’est une théorie qu’il faudrait passer beaucoup de temps à poser et, en retour, à confirmer ou à infirmer.

S’agissant du reportage de France 2, il se peut que cette chaîne ait cru en la réalité de la mort de l’enfant. Mais je vous signale que la chaîne et tel ou tel journaliste, ce sont déjà des réalités humaines différentes. Est-ce que cela aurait été pour autant suffisant pour diffuser le reportage urbi et orbi ? La Charte d’Ethique de France 2 répond que non. Cela n’est pas suffisant. Elle aurait dû vérifier le rapport des images à la réalité. Or elle ne l’a pas fait.

Rappelez-vous l’image du mort de Jénine (printemps 2002), qui tombe de son brancard, se redresse, réinstalle son linceul, pour finalement prendre à nouveau position dessus. Là, les réalisateurs palestiniens n’ont pas réussi leur coup, parce que la mise en scène propagandiste de cette saynète a été dévoilée (France 2 l’a d’ailleurs diffusée).

En revanche, ils ont réussi à propos du simulacre de meurtre du petit Mohammed, en septembre 2000, et au-delà de leurs espérances.

France 2 a donné aux téléspectateurs les éléments qui leur permettaient de comprendre que le transport du mort de Jénine était une mise en scène propagandiste : les acteurs eux-mêmes leur avaient fourni cette preuve.

Pourquoi la chaîne n’a-t-elle pas fait de même avec la « mort » du petit Mohammed, quand de nombreux éléments suspects figurent sur les images ? C'est à la chaîne de répondre.

Quelque chose a rendu possible que la mise en scène du simulacre de meurtre du petit Mohammed ait été vécue par France 2 comme un fait de guerre. Malheureusement, c’est la culture de l’image, celle-là même qui fit dire à John Ford, le réalisateur de "Qui a tué Liberty Valance" ? : « Quand la légende est plus belle que la réalité, j’imprime la légende ».

Il n'y a pas eu heurt mais collusion. Et si collusion il y a eu, ce fut entre la société du spectacle et la propagande politique. Il n’y a vraiment là aucune neutralité objective, mais, au contraire, un subjectivisme non contrôlé, qui a déjà fait des ravages dans l’histoire.

Quant à l’imaginaire oriental dont vous parlez, il porte, lui, non seulement sur la fabrication de cette fiction et sa mise en scène, mais sur sa transformation en légende et en épopée. Qu’un grand poète palestinien comme Mahmoud Darwich ait pu affirmer, dans un très beau poème, que le petit Mohammed était un « petit Jésus endormi » qui avait été abattu de sang froid par un soldat israélien, le montre bien. Darwich n’a rien vérifié, lui non plus. Mais il a cru et a exhorté ses lecteurs à croire.

Primo Europe : votre enquête vous a-t-elle permis de vous forger une conviction sur le rôle du caméraman  palestinien Abou Rahma ? Rappelons que Charles Enderlin n'assistait pas à la scène au moment où celle-ci a été tournée, et qu'il était sur un autre reportage, à plusieurs dizaines de kilomètres de l'endroit du "drame".

Gérard Huber : Là encore, reportons-nous aux propos tenus par ce caméraman. Les commentateurs, tous ceux qui ont tenté de dénigrer les résultats de mon enquête avant d'en avoir pris connaissance, ou qui se taisent depuis qu'ils les ont découverts, sont d'ailleurs sidérés (j'ai parlé avec certains) par le dossier journalistique qu'ils n'avaient même pas pris la peine d'étudier.

D'où leur silence et leur incapacité à revenir, de manière officielle, sur des propos qu'ils ont tenus sans connaître le début du commencement du dossier. Le fait qu'ils refusent le débat aujourd'hui indique d'ailleurs qu'ils préfèrent le miroir opaque de la télévision à l'épreuve de la vérité.

Ainsi, sans encore parler du débat sur la mise en scène du simulacre de meurtre, concentrons-nous seulement sur le débat qui concerne l'origine des soi-disant balles qui auraient tué l'enfant.

Ce caméraman, Talal Abou Rahma, a désavoué son témoignage sous serment, et il l'a fait en démentant tout ce qu'il avait dit auparavant dans la presse, notamment arabo-musulmane, mais également - et surtout - à Charles Enderlin. Or, c'est sur ces déclarations premières que ce journaliste avait bâti son commentaire erroné.

Cela aurait dû ouvrir les yeux sur le rôle que joue le caméraman dans ce scénario. Je signale d'ailleurs que, dans le reportage d'Esther Schapira, il affirme aussi qu'il n'a jamais dit que les soldats israéliens avaient tué l'enfant... De la même manière qu'il reconnaît que tout n'a pas été dit... [3].

En fait, Talal Abou Rahma est à la disposition de qui lui demandera de dire tout ce qu'il sait sur cette énigme. Mais il semble que personne n'ait rien à lui demander de plus que ce à quoi il a déjà répondu dans son fax adressé à la rédaction de France 2.

Bref, Talal Abou Rahma est un des facteurs essentiels du montage névrotique inconscient qu'est devenue cette énigme. Mais d'autres jouent, à leur manière, le même rôle, encore aujourd'hui. C'est leur problème.

Des journalistes voudraient sortir de cette position névrotique. Ainsi France 3 (Fogiel) ou France 2 (Durand) ont-ils récemment vaguement laissé filtrer, sur leur plateau, le fait qu'il existe un livre (le mien) qui démontre que la mort en direct de Mohammed al Dura, le 30 septembre 2000, à Netzarim, devant la caméra de France 2, est une fiction...

Mais aucun des journalistes présents sur le plateau (et Fogiel et Durand non plus) n'a osé se coltiner la réalité en face, c'est-à-dire m'inviter à expliquer cette thèse et organiser un débat sur cette enquête.

Primo Europe : En tant qu'observateur des médias, correspondant à Paris d'une agence de presse israélienne, avez-vous pu mesurer l'impact des images de la mort présumée de Mohammed Al Dura, leur influence sur le regain d'antisémitisme en Europe, leur utilisation dans la médiatisation du conflit ?

Gérard Huber : L’impact des images du simulacre de meurtre de Mohammed Al Dura sur le regain de l’antisémitisme est évident, tant dans le monde arabo-musulman qu’en Occident.

Jamal Al Dura, le père du petit Mohammed, a entrepris une tournée dans les pays voisins d'Israël, moins d'une semaine après l'événement. Il appelait à la vengeance contre l’Etat juif. Or, si les images du reportage de France 2 montrent bien qu’il n’a pas reçu une seule balle, le commentaire dit qu'il a été gravement blessé, et il est censé avoir été touché par neuf balles.

Dans les écoles palestiniennes, des enfants apprennent, depuis, sur instruction de leurs maîtres, à jouer à donner leur vie pour rejoindre Mohammed dans la mort. Des spots publicitaires sont diffusés sur la télévision palestinienne. Les effets inconscients ont été terribles. Le suicide comme arme de destruction massive a été instrumentalisé au nom de cette icône.

De la même manière, on peut dire que le lâchage d’Israël par la conscience occidentale (surtout celle de la gauche) date de cette icône, c'est-à-dire d’une image qui a pris la place de l’image éthique du Juif.

Depuis, cette icône revient comme une tache indélébile dans le miroir d’Israël, non seulement en Orient et en Occident, mais en Israël même.

Il faut dire que les excuses, puis les démentis de l’armée israélienne n’ont pu que renforcer dans leur conviction ceux qui voulaient que c’en soit fini de la culpabilité que l’on pouvait avoir à discréditer les Juifs.

Primo Europe : Comment jugez-vous l'accueil de votre livre par la presse, premièrement, et par la communauté juive en France, ensuite ?

Gérard Huber : L’accueil de mon livre confirme que la police intellectuelle est la chose au monde la mieux partagée. De la part des caciques de la presse écrite et des médias audiovisuels, et de la société du spectacle, je m’attendais à quelque chose de ce genre. J’en avais déjà fait l’analyse dans un de mes récents ouvrages et je connais leur terreur devant la pensée. Bourdieu a dit de fort belles choses là-dessus et je croyais qu’un journaliste qui lui avait répondu par un livre fort intéressant tiendrait à faire arrêt sur l’image dont je faisais la généalogie. Mais lui aussi est aux abonnés absents.

En revanche, je ne pensais pas que les institutions de la communauté juive et les intellectuels qui prétendent l’éclairer, réagiraient avec aussi peu de courage moral. Le réalisateur d’un film qui prétend démonter les mensonges propagandistes anti-israéliens n'a même pas pris le temps de lire mon livre ni de voir le film de Metula News Agency (je le lui ai proposé). Il évite d’en parler dans les débats qu’il organise. Des intellectuels juifs parisiens (écrivains, journalistes, philosophes) évitent que mon livre soit évoqué. Une radio juive a interdit à un de ses chroniqueurs de m’interviewer, sous peine de licenciement... Tout cela est le signe que le mal est très profond.

Primo Europe : Certains médias (Canal+, Libé, etc.) n'ont pas hésité à vous taxer de révisionniste, voire de suppôt de l'extrême droite israélienne. Vous, homme de gauche, comment réagissez vous ?

Gérard Huber : Ces médias ont perdu leurs repères. Ils servent une soupe indigeste à leurs lecteurs et téléspectateurs, qui sont, d’ailleurs, et pour cause, de moins en moins nombreux. Ils ne croient plus en eux-mêmes.

S’agissant plus particulièrement des noms d’oiseaux - « barjot » et « très extrémiste » (Paul Moreira, dans « Lundi Investigation » de Canal +), « mini révisionniste » (Claude Askolovitch, dans Le Nouvel Observateur), « extrémiste de droite » (Frédérique Deschamps, dans Libération) -, il faut bien voir comment cela fonctionne.

Le reportage de Canal +, dans le magazine « Lundi Investigation » avait pour sujet l'idée que l'extrême droite « souffle sur les braises » de l'antisémitisme et d'une phobie anti-arabe.

Il s'agissait de donner à croire qu’en France, la communauté juive était travaillée par des attiseurs de haine qui ne le cédaient en rien à ceux de la communauté musulmane. Parmi les attiseurs de haine juifs, il y avait les membres de la Ligue de Défense Juive, le responsable du CRIF, le réalisateur du film « Décryptage » [4], un géopoliticien [5], et votre serviteur.

S’agissant de mon travail, l’opération consistait à faire croire que toute mon argumentation n’était qu’une « pseudo-démonstration » qui reposait sur deux éléments visuels présents dans le reportage de France 2 (un trépied et le 'V' de la deuxième prise).

Chez Canal +, Moreira et Raffoul avaient vu les images du film de la MENA, et Moreira m’avait d’ailleurs dit : « je vous concède que les corps ne sont pas très entamés ». Pour sa part, Thierry Vincent a filmé, deux heures durant, ma conférence à Sarcelles et m’a interviewé à deux reprises. Pourtant, ils ne font pas état de la démonstration patiente et cohérente du film, ni d’ailleurs de mon livre.

Rien sur la critique des témoignages, des contradictions, incohérences, invraisemblances, démentis et désaveux des principaux protagonistes, le caméraman  palestinien de France 2 en tête. Rien sur la preuve qui, comme la lettre volée, trône au vu de tout le monde : l’absence totale d’impacts de balles et de traces de sang sur les corps de l’enfant et de l’adulte.

Ils jettent en pâture des conclusions préétablies, que d’autres vont s’empresser de croire vraies et de répercuter à leur tour dans leurs articles. Les autres, Frédérique Deschamps et Claude Askolovitch, ne se sont pas privés de s’engouffrer dans le dénigrement. Je dois cependant à la vérité de dire que Frédérique Deschamps a fait passer mon droit de réponse deux jours plus tard.

Les uns et les autres s’arrogent ainsi le droit de parler d’un intellectuel sans prendre la peine de se renseigner sur ses travaux, son honnêteté, son éthique ni son engagement en faveur de la paix.

Pourtant, en 1989, Libération avait publié mon analyse du crime de Carpentras. Pourtant, j’avais recommandé, dans un courrier des lecteurs du Nouvel Observateur, datant d’une vingtaine d’années, à Claude Lanzmann d’appeler « Shoah » ce qu’il appelait alors « Holocauste ». Cela n'a pas empêché ces journalistes, l’une de me qualifier d’« extrémiste de droite », l’autre, de « mini révisionniste ».

Cela ne les gêne pas, puisqu’ils n’ont pas de mémoire. Ils prennent parti comme si rien n’existait avant eux. Aucun travail archéologique ni généalogique de la pensée. Rien, si ce n’est la mince surface de glace qu’ils tentent, pour quelque temps encore, de faire passer pour une banquise.

Cette tentative de « noyade d’une information subversive », pour reprendre et adapter au contexte une phrase de Daniel Schneidermann, dans « Du journalisme après Bourdieu », et dont il dit que c’est la spécialité de Canal +, avait eu lieu dans un océan d’eau brûlante. Elle faisait suite à d’autres tentatives, tantôt en eau chaude, tantôt en eau tiède, qui l’avaient précédée et qui n’étaient pas parvenues à leurs fins.

Le 17 mars 2003, j’avais déjà adressé une Lettre Ouverte au Monde, (que ce quotidien n'a pas publiée), dans laquelle je rappelais qu’au moins deux de ses journalistes, Gilles Paris, Sylvain Cypel, ainsi que Dominique Vidal, du Monde Diplomatique (filiale du Monde), avaient écrit sur les images filmées par Talal Abou Rahma, caméraman  palestinien de France 2, sans procéder à la critique du commentaire de Charles Enderlin. J’ajoutais que s'ils l'avaient fait, « ils seraient parvenus aux mêmes conclusions que l’agence Metula News Agency : pour que mort il y eût, encore eût-il fallu que le corps de l’enfant soit criblé de balles (2 ou 3 selon les Palestiniens) et qu’apparaissent des traces de sang sur son corps. Le même raisonnement doit être tenu à propos des blessures de l’adulte (atteint par neuf balles, selon les Palestiniens). »

Il aurait aussi fallu qu'ils maîtrisent le mécanisme de déni du visuel, ce mécanisme qui s’est emparé de journalistes comme Daniel Schneidermann, Olivier Mazerolles ou d’autres, qui ont refusé de voir les images, ou de certains journalistes de TF1, France 2, France 3, M6, ou Canal +, qui les ont vues.

Primo Europe : Finalement, Gérard Huber, et c’est la conclusion de votre livre, cet épisode ressuscite l’antique dispute théologique sur le meurtre du fils. Est-ce à dire que ce conflit ne peut trouver de solution sans le sacrifice d’un enfant ?

Gérard Huber : Vous avez raison de dire que le conflit israélo-palestinien ressuscite l’antique dispute théologique sur le meurtre du fils. Mais aucun sacrifice d’enfant n’est une condition pour quelque résolution de conflit que ce soit.

Il est toujours possible de l’éviter (je précise d’ailleurs que si notre thèse est juste, il n’y a pas eu mort d’enfant le 30 septembre 2000, en direct devant la caméra de France 2). Quant à tous les autres enfants (palestiniens et israéliens) qui sont morts, dans des conditions atroces, je mets au défi qui que ce soit de prouver que leur martyre ait été utile pour avancer vers la solution de cet absurde conflit. Ils sont morts à cause de la cruauté de leurs bourreaux. Un point, c’est tout.

Revenant sur votre question, il faut aussi faire ici plusieurs remarques.

La dispute théologique, que la Torah appelle la « ligature [6] d’Isaac » est souvent appelée « le sacrifice d’Abraham », à tort puisqu’il s’agit en fait du non-sacrifice d’Isaac.

D’autre part, le geste d’Abraham ne s’explique que dans le cadre d’une culture qui a renoncé au sacrifice de l’enfant et qui l’a remplacé par le sacrifice de l’animal.

Isaac en est conscient puisque lui-même demande : « où est l’agneau ? ».

Il y a donc une régression profonde d’Abraham à un stade d’avant le sacrifice animal, régression qu’il parvient à vaincre, en substituant finalement l’animal au petit de l’homme.

Autre point : cette dispute théologique est très différente de celle que la mythologie grecque situe autour du meurtre du père et que, depuis Freud, on appelle l’Oedipe.

On voit donc que, dans l’histoire de l’Occident athénien (par différence avec l’Occident jérusalémite, si l’on reprend la distinction d’Emmanuel Lévinas au sujet des sources de l’Occident), c’est le même Père, qui avait appris à renoncer au meurtre du fils, en tout cas, à sa castration, qui est devenu l’objet de la pulsion homicide du fils.

Eh bien, dans l’histoire de l’Orient arabo-musulman, les choses se passent différemment. D’abord, Ismaël le dispute souvent à Isaac dans le rôle de l’enfant exposé. Ensuite, la culture arabo-musulmane n’accède pas à la pensée d’un père qui régresse ou d’un père qui devient objet d’une pulsion homicide. Elle est étrangère à ce type de conflit.

Du même coup, le meurtre de l’enfant, redoublé par l’impuissance du père, dans les images du simulacre de meurtre du petit Mohammed, sont les contenus d’un discours qui vise à déconstruire, voire à détruire les positions respectives du fils et de son père dans le discours occidental. En revanche, rien de ces positions n’est altéré dans le discours arabo-musulman. C’est pourquoi, Jamal Al Dura, interviewé par Nahum Shahaf (le responsable de la commission d'enquête israélienne), peut dire que son fils est vivant, après tout ce qu’il a dit sur le fait qu’il ait été tué. Pour lui, les deux propositions ne sont pas contradictoires.

Primo Europe : Vous êtes père vous-même. Après avoir passé tout ce temps en proximité avec le petit Mohammed, qu'auriez-vous envie de dire, aujourd'hui, aux mères israéliennes et palestiniennes d'un enfant tué lors d'un attentat, ou lors d'un affrontement entre armée israélienne et combattants palestiniens ?

Gérard Huber : Lorsque meurt un enfant gravement malade, les parents sont inconsolables. Il leur faut beaucoup de temps pour en faire le deuil, et si, finalement, ils acceptent de le faire, c'est par respect pour lui et pour son combat. Mais lorsqu'un enfant est arraché à ses parents dans des conditions aussi atroces que celles d'un attentat ou d'un affrontement, quel sens peuvent-ils trouver à cette mort et à leur propre survie ? Parce que là, l'enfant a, lui-même, été privé jusqu'au sens de son ultime moment de vie, du fait qu'une épreuve mortelle lui a été imposée, dans laquelle il a été désigné comme victime expiatoire, délibérément ou au hasard.

J'imagine leur détresse, leur révolte et leur désespoir. Rien, absolument rien, aucune cause théologique ou politique, ne justifie que l'on prenne le risque de tuer un enfant par les armes, le froid ou la faim. Les hommes, disait Freud, sont les descendants d'une lignée de meurtriers. Ils sont peut-être pires que leurs ancêtres, puisqu'ils agissent dans un monde de culture et d'éthique.

Il faut que l'Histoire cesse d'être l'alliée du meurtre. S'il y a une leçon à retenir de cette énigme, c'est bien celle-là.

 

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Notes de la Rédaction d’upjf.org


[1]
Un making of est un film documentaire relatant le tournage d'un film. Le terme "revue de tournage" est proposé par l'Office québécois de la langue française pour remplacer cet anglicisme. (Wikipedia).

[2] Depuis, le lien exact a été retrouvé.

[3] Souvenons-nous de sa réponse, accompagnée d’un sourire, rusé autant que gêné, à une question embarrassante d’Esther Shapira, la réalisatrice allemande du film-documentaire intitulé "Trois balles et un enfant" : « Nous avons nos secrets. Nous ne pouvons pas tout donner… »

[4] Jacques Tarnéro.

[5] Alexandre del Valle.

[6] Le terme hébreu est Aqedah, qui connote le ligotage du supplicié avant son immolation. Le terme ne figure pas tel quel dans la Tora, mais dans la littérature rabbinique. Il est formé à partir de la forme waya‘aqod (racine verbale : ‘QD), en Gn 22, 9, qui signifie "et [Abraham] lia" [Isaac sur le bûcher].

 

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Mis en ligne le 6 décembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

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3. Al-Dura : Shurat HaDin à la Cour suprême: révoquez les accréditations des journalistes de France 2

 
Une démarche sans précédent en Israël - et peut-être dans le monde. Cette société d'avocats américains et israéliens s'est déjà distinguée en assignant des organisations terroristes palestiniennes à payer d'énormes sommes, à titre de dommages et intérêts, aux survivants des victimes d'attentats perpétrés par des terroristes-suicide. Mais ici, la tâche sera plus lourde. Il s'agit, en effet, de contraindre le gouvernement israélien à poser un acte qui non seulement sera mondialement impopulaire - en ce qu'il sera présenté comme attentatoire à la sacro-sainte liberté de la presse - mais surtout qui sera préjudiciable au processus de paix cahotique que les Etats-Unis et les Arabes tentent d'imposer à Israël. On voit mal Olmert s'asseoir à la table des négociations, face aux négociateurs palestiniens avec, en toile de fond, une accusation aussi grave que celle d'escroquerie journalistique perpétrée par un caméraman palestinien ! Sans parler de l'insupportable "psychodrame" arabo-palestinien que constituera l'éclatement de la baudruche de la mort fantasmée de al-Dura, qui est l'un des plus prestigieux fleurons de la propagande palestinienne, et fait désormais partie intégrante de la saga de la naissance nationale de ce peuple. (Menahem Macina).
 

4 décembre 2007

 

Texte anglais : "Shurat HaDin Petitions High Court to Revoke France 2 Television's Press Credentials".

 

[Voir aussi, sur le site de Shurat HaDin : "Al Dura: Shurat HaDin Petitions High Court to Revoke France 2 Television's Press Credentials".]

 

 

Sur le site de IMRA. http://www.imra.org.il/

 

Traduction française : Menahem Macina.


Le Cabinet d’avocats, Shurat HaDin, en Israël, a déposé aujourd’hui une requête auprès de la Haute Cour de Justice à Jérusalem, pour demander que le Bureau de Presse du Gouvernement soit contraint de révoquer les accréditations de l’équipe de télévision de France 2 et de son Chef de Bureau, Mr Charles Enderlin, suite aux actions judiciaires dans l’affaire Mohammed al-Dura.

Le 30 septembre 2000, deux jours après le début de la Seconde Intifada, la [chaîne de] Télévision [nationale] française diffusait dans le monde entier une séquence filmée montrant l’enfant palestinien, Mohammed al-Dura recroquevillé derrière son père. La séquence présentait al-Dura et son père comme cherchant à se mettre à l’abri durant un échange de tirs près du carrefour de Netzarim. Dans la séquence, Enderlin attribuait à Tsahal la mort de al-Dura, en dépit du fait qu’il n’était pas sur les lieux.

 

Les images que l’on pouvait voir dans cette diffusion, ajoutées au commentaire oral d’Enderlin, causèrent un grand choc dans le monde entier, une vague de condamnations de l’Etat d’Israël et un accroissement de la violence anti-israélienne en Israël. La Commission Or, nommée pour enquêter sur les « événements d’octobre 2000 », établit que la mort de al-Dura a causé des violences anti-israéliennes massives dans la communauté israélo-arabe et a eu un impact énorme sur le début des « événements d’octobre 2000 » et leurs dimensions.

 

Cependant, à mesure que le temps passait, il devint évident que la séquence filmée par Talal Abu Rahma, le caméraman palestinien de la chaîne [française], avait été mise en scène à des fins de propagande palestinienne. Il était clair que les tirs en direction de al-Dura et de son père, ne pouvaient pas provenir de la position de Tsahal.

 

De plus, Enderlin induit les téléspectateurs en erreur, en prétendant que al-Dura a été assassiné par Tsahal, malgré les résultats indiscutables de nombreuses enquêtes indépendantes en cette affaire, y compris celle de la commission d’enquête officielle de Tsahal. Jusqu’à ce jour, Enderlin et la chaîne française campent toujours sur leurs positions.

 

En février 2007, Shurat HaDin adressa une lettre d’avertissement au directeur du Bureau de Presse d’Israël, Daniel Seaman, lui demandant de révoquer les accréditations de France 2, y compris celle d’Enderlin, jusqu’à ce que la chaîne française et Enderlin rétractent leurs allégations à l’encontre d’Israël, précisent que Mohammed al-Dura n’a pas été tué par Tsahal, et présentent leurs excuses à l’Etat d’Israël et à ses citoyens pour les énormes dégâts causés par les actes de la chaîne française et son équipe. Le directeur du Bureau de Presse, Daniel Seaman, répondit par une reconnaissance formelle du fait que Talal Abu Rahma avait bien mis en scène la séquence infâme de al-Dura. Seaman déclara que cette vidéo était une véritable accusation calomnieuse de crime de sang [blood libel] à l’encontre de Tsahal, et reconnut que la chaîne nationale était responsable de la vague sans précédent de violences anti-israéliennes et anti-juives.

 

Il faut noter que la lettre de Seaman constitue la première confirmation, par l’Etat d’Israël, qu’une fraude journalistique a été commise, au détriment de Tsahal, par France 2 Télévision. Toutefois, malgré ses conclusions, Seaman affirme qu’il n’est pas autorisé à révoquer les accréditations de presse de France 2.

 

Selon la directrice de Shurat HaDin, Nitsana Darshan-Leitner :

 

« Cette accusation calomnieuse moderne de crime de sang [blood libel] a eu pour résultat direct la mort de centaines de Juifs et d’Arabes, et a provoqué un incendie de haine envers Israël. Les images-vidéo de al-Dura ont été exhibées dans des manifestations anti-israéliennes jusqu’à ce jour, en Iran, dans le monde arabe, en Europe de l’Ouest, et dans les campus d’universités américaines, dans le seul but de faire monter la cote de France 2. C’est probablement la plus grande tromperie journalistique qui ait été perpétrée dans les dernières centaines d’années. Nous demandons que ceux qui sont responsables de ce délit, s’en excusent, ou assument les conséquences de leurs actes, pour que soit évitée, à l’avenir, la répétition de tels incidents, et surtout pour qu’il soit mis un terme à cette accusation calomnieuse de crime de sang, une fois pour toutes. Le Bureau de Presse du Gouvernement doit sauvegarder, dans cette affaire, un intérêt israélien manifeste. Il ne peut prétendre qu’il est habilité à accorder des accréditations de presse, mais pas à les révoquer. Nous espérons sincèrement que les juges de la Cour suprême tiendront uniquement compte des intérêts israéliens et obligeront le Bureau de Presse du Gouvernement à révoquer les accréditations de France 2. »

 


© IMRA

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IMRA - Independent Media Review and Analysis

Website: www.imra.org.il

Mis en ligne le 4 décembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

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4. Al-Dura : Enderlin pour une enquête internationale et prêt à se soumettre au détecteur de mensonges
 
En mettant en ligne, hier [voir, ci-dessus, texte n° 3], ce qui m'apparaît comme un tournant décisif de cette affaire complexe, je me suis abstenu de mentionner que j'y avais déjà fait allusion en relayant, dans un article récent, la proposition identique - et largement antérieure - qu'en avait déjà faite le psychanalyste Gérard Huber, et qu'il m'avait confiée. L'article où je relaye la suggestion de Gérard Huber m'a été demandé par la revue "Israël-Magazine", qui la publie dans son numéro 83 de décembre 2007. Le bon usage étant de ne pas mettre en ligne sur les sites les articles de la presse écrite avant que ne s'écoule un délai de quelques semaines, je le publierai sur ce site, le 25 décembre.

 

05/12/07

 

Le journal israélien, Yediyot Aharonot (Ynet), publie aujourd’hui un article intitulé "L’affaire al-Dura va venir devant la Haute Cour", qui fait état de ce que l’association d’avocats et de juristes, Shurat HaDin, a déposé une plainte auprès de la Haute Cour israélienne de Justice, pour contraindre le Bureau de Presse du Gouvernement d’Israël à supprimer l’accréditation des journalistes de France 2. Je n’ai pas traduit ce texte, car j’ai mis en ligne hier la traduction française d’un article qui dit l’essentiel à ce sujet.

 

Seul élément nouveau : selon Ynet, "Charles Enderlin a réagi en disant (*):
 

« Nous sommes prêts à l’éventualité d’une enquête internationale conforme aux normes internationales. Je suis disposé à me soumettre au détecteur de mensonges, avec un accompagnement judiciaire adéquat, et nous diffuserons toute information pertinente et vérifiée ayant un lien avec l’affaire, comme nous l’avons déjà fait.

En ce qui concerne Dany Seaman [Directeur du Bureau de Presse du Gouvernement israélien] et Shurat haDin, nous ne pourrons réagir que quand nous connaîtrons la teneur de la plainte. »

 

 

Menahem Macina

 

© Upjf.org

 

[*] Texte original traduit par mes soins : שארל אנדרלין אמר בתגובה כי "אנחנו מוכנים לחקירה בינלאומית בסטנדרטים בינלאומים. אני מוכן ללכת לפוליגרף בליווי משפטי הולם, ונשדר כל ידיעה רלוונטית ובדוקה הקשורה לנושא, כפי שכבר עשינו. בעניין דני סימן ו'שורת הדין' - רק כשנדע מה יש בה, נוכל להגיב

 

[L'article de Ynet, en hébreu, m'a été aimablement signalé par Giora Hod, en Israël.] 

 

 

Mis en ligne le 5 décembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

 

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5. Al-Dura: Le silence assourdissant des médias français depuis la projection des rushes, le 14.11.07

http://www.upjf.org/contributeurs-specialises/article-13547-145-7-al-dura-silence-assourdissant-medias-francais-depuis-projection-rushes-141107.html

 

Sur les 80 articles listés ci-après (mis en ligne depuis le 15.11.07), 48 sont de source étrangère, une quinzaine sont des traductions françaises d'articles écrits en anglais et en hébreu, la petite vingtaine restante est constituée presque uniquement d'articles mis en ligne sur des sites juifs, l'exception étant un communiqué de l'AFP [*], qui, sauf erreur, n'a été repris ou commenté par aucun média français. Sans commentaire... (Menahem Macina).

[*] Voir "Al-Dura. Reportage de l’AFP sur le visionnage, en cour d’appel, des rushes du film de France 2". Je profite du fait, assez rare pour être signalé, que l’AFP parle, relativement longuement, de l’affaire al-Dura, pour reproduire ici le texte suivant, adressé au "Figaro" et au "Monde" par notre confrère, Gabriel Lévy, qui nous en a communiqué la teneur : « Nous nous étonnons, sauf erreur de notre part, que le journal "Le Monde" n’ait pas accordé la moindre ligne au déroulement des audiences (19 septembre et 14 novembre) du procès relatif à la diffusion des images de France 2 et au commentaire de M. Enderlin, au sujet de la mort de l’enfant Al-Dura, supposé atteint par des balles de soldats israéliens, le 30 septembre 2007. Il est entendu qu’information ne vaut pas jugement, le silence encore moins. Docteur Gabriel Lévy, Fellow Atlantis Institute. » (Menahem Macina).

Al-Dura (Affaire) Textes récents
Ces articles couvrent la période qui va du 15 novembre 2007 à ce jour.
http://www.debriefing.org/index0.php?sectionid=143

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